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Une petite page de nostalgie

Pas à cause d'une quelconque origine géographique et sans chauvinisme aucun, mais pour ce qu'a représenté ce maillot et les gars qui couraient dedans il y a bien longtemps: du panache, de l'envie, des larmes, du suspense, de la saine combativité, un esprit d'équipe, une absence de calcul et une irrésistible envie de bien faire. C'est  ainsi que la vie est belle…

(Et dire que j'ai perdu mon album Panini complet de la saison 1975-1976…)

 

 

couverture album figurines Panini football 1976
l'équipe de la grande époque avant la rencontre contre le CSKA Sofia en 1976
l'équipe de la grande époque avant la rencontre contre le CSKA Sofia en 1976

Après avoir vaincu successivement le grand Dynamo Kiev d'Oleg Blokhine en quarts-de-finale, grâce à un match retour épique (battue 2-0 à Kiev, l'ASSE marque trois buts  pour l'emporter  après que Blockine ait fait trembler le stade Geoffroy Guichard et la France entière en se présentant seul devant “Curko“), puis le PSV Eindhoven en demi-finale, les Verts retrouvent en finale le Bayern Munich de Franz Beckenbauer.

 

Ce que l'on retiendra: Dominique Bathenay, Jacques Santini, d'improbables poteaux carrés, un coup franc injuste de Rhot,  8 minutes seulement de jeu pour “l'Ange Vert“ Dominique Rocheteau - la cuisse bandée et 8 minutes de panique pour la défense allemande, un défilé sur les Champs Élysées devant 100 000 personnes après avoir perdu 1-0 et une réception à l'Elysée...


J'avais 10 ans et j'ai pleuré. Un journal anglais, le Daily Express titra:
"Le Bayern a remporté la Coupe, Mais Saint Etienne a gagné nos cœurs ..."

 

Que sont devenus les Verts de 1976 ?

 Les héros malheureux de la finale de Glasgow, disputée le 12 mai 1976 contre le Bayern de Munich (0-1), ont ensuite connu des fortunes diverses. Après avoir fait vibrer la France et descendu les Champs-Elysées, certains sont restés dans le milieu du football, d’autres ont tourné la page, parfois contraints et forcés. Des trajectoires à l'image des retournements spectaculaires auxquels cette équipe mythique, capable de gagner 5-1 en prolongations de match retour après avoir été battue 4-1 à l'aller, avait habitué ses supporters. Les légendes ne meurent jamais. L'épopée continue!

 


 

L'équipe de Saint-Etienne contre le CSKA Sofia en 1976.

(© photoasse.com)


Les Verts de la belle époque au grand complet, 30 ans après lors d'une journée commémorative à France Inter.
(© Reuters)

Glasgow:

La malédiction des poteaux carrés

La finale de la coupe d'europe des clubs champions 1976 (devenue depuis la ligue des champions) a eu lieu à Hampden Park, à Glasgow. Elle reste célèbre pour la fameuse histoire des "poteaux carrés". A deux reprises pendant le match, sur un tir fracassant de Bathenay et une tête de Santini, le ballon heurte les poteaux du gardien allemand international Sepp Maïer (l'homme aux bras étirés). Mais les montants des cages du vieux stade d’Hampden Park sont carrés (et non ronds comme c'est à peu près uniformément le cas aujourd’hui). Le ballon revient donc en jeu par deux fois au lieu (qui sait…) de finir au fond des filets.
Finalement, les Verts s’inclineront 1 à 0 face au Bayern de Munich (but de Franz Roth sur coup franc après un contact un peu viril avec Piazza, à la 57e minute).

A l'époque la polémique des pôteaux carrés avait contribué au développement d'un sentiment d'injustice qui contribua sans doute à instaurer encore un peu plus  le mythe des “perdants magnifiques“.Le Bayern de Munich de Franz Becken Bauer  composait l'ossature de l'équipe d'Allemagne qui remporta sur ses terres la coupe du Monde 1974 contre la Hollande de Johann Cruyff.
Outre Beckenbauer (alias Kaiser Franz) au milieu de terrain, il y avait notamment Gerd Müller, le renard rablé des surfaces, meileur buteur de la coupe du Monde 1974, et l'homme élastique, Sepp Maïer dans les buts, qui disputait alors le titre de meilleur gardien du monde à l'italien Dino Zoff.


Ce qui était sans doute l'une des meilleures équipes de football de la planète n'a rien montré pendant cette finale. Tout le monde n'a vu que du vert. Alors les palmarès, dans ces conditions, on s'en fiche un peu… Comme pour le 11 d'or, la Hongrie de Puskás, 20 ans avant Saint-Etienne, qui avait enchanté la planète football pour l'amener ailleurs.


Après enquête, à l'époque, il avait été précisé que rien dans les règles  du football n'imposait d'installer des poteaux ronds. Le résultat a donc été validé officiellement.
















  L'équipe de l'ASSE finaliste de la coupe d'Europe des clubs champions saison 1975-1976:
Ivan Curkovic, Pierre Repellini, Oswaldo Piazza, Christian Lopez, Gérard Janvion, Dominique Bathenay, Jacques Santini, Jean-Michel Larqué, Patrick Revelli, Hervé Revelli, Christian Sarramagna (remplacé par Dominique Rocheteau à la 82ème minute).

Entraineur : Robert Herbin

Ivan Ćurković est né le 15 mars 1944 à Mostar, en Yougoslavie, sur le territoire actuel de la Bosnie-Herzégovine.
Après un brillant début de carrière en Yougoslavie qui le voit appelé en sélection nationale, Ćurković rejoint en 1972 l'AS Saint-Étienne. Lors de son premier match avec les Verts en amical, il encaisse quatre buts, ce qui permet au président stéphanois Roger Rocher de chambrer le recruteur Pierre Garonnaire, qui venait de le transférer : « C'est ça, Ćurković ? ». 

Mais l'inquiétude ne sera pas longue. Les bonnes performances s'enchaînent et Ćurković s'impose rapidement comme la pierre angulaire de la défense stephanoise. Il participera activement aux succès nationaux et européens des Verts dans les années 1970. On peut citer en particulier la demi-finale retour de la Coupe des Champions 1976 face au PSV Eindhoven, où il réalise un de ses matchs les plus aboutis, préservant un 0-0 qui qualifie l'ASSE (vainqueur à l'aller 1-0) pour la finale. Signe de son influence au club, Ćurković fait venir en 1974 à Saint-Étienne comme gardien remplaçant un compatriote, Esad Dugalic, qui restera cinq ans au club mais ne jouera que deux rencontres.

Il ne connaîtra pas le même succès en équipe nationale. La Yougoslavie dispose en effet dans les années 1970 d'une bonne génération de gardiens de but, et Ćurković est concurrencé par Ilja Pantelic, Enver Marić, ou encore Ognjen Petrovic. Ćurković ne figurera d'ailleurs pas dans les listes des 22 joueurs sélectionnés pour les grands tournois (Coupe du Monde 1974 et Euro 76) auxquels participe la Yougoslavie durant sa carrière.
À trente-six ans, au début de saison 1980-1981, il cède sa place lors de la 4e journée à Jean Castaneda, qu'il a formé, après une défaite à Bastia . Il mettra un terme à sa carrière professionnelle à la fin de la saison, et quittera le club suite à une rivalité avec Robert Herbin. Le président Rocher prévoyait pourtant d'en faire son successeur. En 1982, il s'occupera des gardiens de l'équipe de France lors de la Coupe du Monde.
Ćurković réussit par la suite sa reconversion sans pour autant couper les ponts avec le monde du football. 

Joueur, il avait acheté des terrains marécageux en Floride qui sont, par la suite, devenus constructibles. Une plus-value monumentale à la revente. L'ex portier international yougoslave, devenu serbe, est désormais immensément riche. En 2006, il travaillait toujours pour le compte d'une entreprise de travaux publics et assumait également, depuis 1989, la présidence du Partizan de Belgrade. Membre de la commission technique de la Fifa et du comité olympique yougoslave, Ivan le terrible, qui a été fait chevalier de la Légion d'honneur par Jacques Chirac, porte aussi la casquette de consul honoraire... des îles Seychelles en Yougoslavie. Il a également été décoré par un autre joueur mythique, qui l'avait croisé sans jamais jouer ensemble à St Etienne : Michel Platini… de l'UEFA


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Pierre Repellini

1976
(© photoasse.com)
2006
(© Reuters)
Pierre Repellini est né le 27 octobre 1950 à Hyères. Il a fait partie de l'équipe qui remporta la coupe Gambardella (coupe de France des jeunes)  en 1970 avec l'AS Saint-Étienne. Fidèle aux Verts jusqu'en 1980, Pierre Repellini perdra sa place d'arrière latéral au profit de Janvion et Farison. Joker de luxe, il passera beaucoup de temps sur le banc de touche stéphanois, devenant par la force des choses un joueur polyvalent. Herbin l'utilisait aussi bien à l'arrière, qu'au milieu et même avant-centre en 1978 quand Hervé Revelli ne marquait plus. C'est cette polyvalence qui lui permit de jouer la finale de la coupe d'Europe comme arrière gauche à la place de Gérard Farison blessé. "Celui qui préfère être remplaçant chez les Verts, plutôt que titulaire partout ailleurs" va quitter le club en 1980. 

Après avoir longtemps tenté sa chance comme entraîneur, au Red Star puis à Saint-Etienne dans un duo qui ne fonctionnera pas avec Robert Herbin (1998), il a décidé de ranger ses crampons pour occuper le poste de vice-président de l'Unecatef (Union nationale des entraîneurs et cadres techniques du football). Il est également délégué de l'équipe de France auprès de la Fédération française de football (FFF), et consultant télé.


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Oswaldo Piazza

1976
(© photoasse.com)
2006
(© Reuters)

Oswaldo José Piazza est né le 6 avril 1947 à Buenos Aires, Argentine; Il a été  défenseur de l'AS Saint-Étienne de 1972 à 1979 et l'un des acteurs majeurs de l'épopée des verts. Il occupait le poste d'arrière central, et se fit remarquer pour ses contres-attaques.

Arrivé à Saint-Etienne à l'orée de la saison 1972-73, il commence comme remplaçant, mais devient rapidement un pilier de la défense verte. Une révélation. Son duo avec Christian Lopez eut non seulement pour effet de former une défense imperméable mais l'argentin se montra très vite porté vers l'avant et ses montées offensives se montrèrent souvent payantes. Ses traits de caractères sont : la disponibilité (Dominique Rocheteau le surnommera la "Locomotive" de l'équipe) et un charisme notoire (ce qui contribua grandement à sa popularité). Peu de footballeurs peuvent se vanter, comme lui, d'avoir une chanson en leur hommage. Preuve de sa popularité grandissante, Bernard Sauvat lui dédia  : "Mon Copain l'Argentin". Mais c'est lors de sa seconde saison chez les verts que Piazza s'impose. En effet, Saint Etienne s'adjugea cette année-là le doublé coupe-championnat et Piazza marqua notamment à la 70° minute le premier but stéphanois contre le RC Lens, mettant ainsi son équipe sur la voie. Il récoltera ensuite une succession de titres avec un nouveau doublé en 1975, le championnat en 1976 et la Coupe de France en 1977.  Durant l'épopée de Verts, le joueur reçoit plusieurs distinctions. France Football l'élut en 1975 Meilleur joueur étranger de l'année et Onze Mondial le sacre meilleur joueur en 1976 et 1977.

Piazza fut sélectionné 15 fois en équipe nationale d'Argentine, César Luis Menotti faisant appel à lui pour la Coupe du Monde 1978 en Argentine. Malheureusement, pour des raisons familiales, le joueur ne pourra tenir sa place et verra sa sélection devenir championne du Monde sans lui.

A partir de 1979, il retournera dans son pays natal et jouera trois saisons au CA Velez Sarsfield.

A 35 ans, il revient en France  à l'AS Corbeil-Essonnes dans la banlieue de Paris pour une dernière saison de football, mais en tant qu'entraîneur-joueur cette fois-ci. Venu au départ pour jouer stoppeur, il se blesse grièvement en descendant du bus après un match.  Classé bon dernier en championnat, Corbeil voit son entraîneur Michel Bourlard éjecté suite à une déroute 7 à 0 à domicile contre l'AS Angoulême.
Piazza débute sur le banc par une brillante victoire 4 à 1 à l'extérieur contre La Berrichonne de Châteauroux entraînée par son avant-centre, un certain... Hervé Revelli. Mais Corbeil finit bon dernier du championnat et le club ne s'en remettra jamais. Piazza  retourne en Amérique du Sud où son parcours d'entraîneur sera plutôt moyen voire parfois décevant. D'abord le CA Almirante Brown de San Justo, en Argentine, en 1990-91, puis le Club Olimpia dans le Championnat du Paraguay (un titre de champion du Paraguay lors de la saison 1992-1993). Après quelques saisons il rejoint le CA Velez Sarsfield, en Argentine, avec lequel il gagne durant la saison 1995-96 le tournoi d'ouverture et de clôture du championnat, ainsi que la Supercopa Sudamericana. En 1998, nouveau départ pour Lima au Pérou, où il rejoint l'Universitario de Deportes jusqu'en 2000.  Il entraîne alors le CA Independiente de Buenos Aires, puis retourne à l'Universitario de Deportes en 2002.

Piazza fut proche de devenir le nouvel entraîneur des verts en 2000, mais devra patienter jusqu'en 2004 pour revenir à ses amours de jeunesse.  L'ASSE retrouve alors la Ligue 1, et change tout: l'entraîneur (Frédéric Antonetti remplacé par Élie Baup), le président (Bernard Caïazzo succède à Thomas Schmider). La nouvelle équipe dirigeante décide de faire appel à ce footballeur de l'époque mythique du club pour devenir son ambassadeur et, occasionnellement, son recruteur en Argentine. Depuis, Oswaldo Piazza passe le plus clair de son temps en Argentine à dénicher les perles rares pour le club stéphanois sans grand succès, et occupe le poste de directeur sportif du Talleres de Cordoba, club de deuxième division argentine qui appartient à plus de 50% à l'AS Saint-Étienne suite à des contrats de partenariats.


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Christian Lopez

1976
(© photoasse.com)
2006
(© Reuters)

Christian Lopez est né le 15 mars 1953 à Aïn Témouchent (alors en France, désormais en Algérie). Le libero de l'AS Saint-Étienne de 1969 à 1982, se rendit célèbre par ses tacles et son jeu de tête. Après son séjour chez les Verts, il joua à Toulouse et termina sa carrière à Montélimar.

C'est lors du quart de finale de la Coupe d'Europe des Clubs champions 1976 contre le Dynamo Kiev que Christian Lopez est entré dans l'histoire du foot français. C'est lui, revenu de nulle part, qui empêche en dernier ressort Oleg Blokhine de marquer le but qui aurait probablement éliminé Saint-Étienne, alors que Ivan Curkovic semblait battu. Sur la contre-attaque, les Verts ouvrirent le score, et  se qualifient finalement après un 3-0 (2-0 pour kiev à l'aller). Il fera aussi les beaux jours de l'équipe de France de la génération Platini Giresse, présent notamment à la Coupe du Monde 1978 en Argentine.

Après avoir mis un terme à sa carrière de joueur à Montélimar, le roi des tacles à l'anglaise a connu une passe difficile. Agent commercial, vendeur de photocopieuses puis de placements financiers, le défenseur, sans le sou, a même du vendre ses maillots pour vivre. Celui qui, à l'époque ne roulait qu'en Porsche, travaille désormais au service des sports de la mairie du Canet-Rocheville.Il a d'ailleurs pris en main les destinées du club local, qu'il a fait monter en CFA2 lors de la saison 2007-2008.

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Gérard Janvion

1976
(© photoasse.com)
2006
(© Reuters)

C'est comme attaquant que Gérard Janvion entame sa carrière à l'AS Saint-Etienne. Sa vitesse de course encourage Robert Herbin à en faire un arrière latéral droit dès 1975. C'est à ce poste qu'il connait la gloire, prenant la place d'Alain Merchadier ou Pierre Repellini les deux spécialistes du poste à l'époque. Il est ensuite sélectionné en équipe de France, avant d'être barré par Patrick Battiston. Ce même joueur lui prend sa place à Saint-Étienne en 1980, Janvion se retrouvant dès lors arrière gauche. Polyvalent, c'est au poste de stoppeur qu'on le retrouve lors de la coupe du monde 1982, à l'initiative de Michel Hidalgo. Associé à Marius Trésor, ils vont atteindre les demi-finales, lors de la fameuse rencontre de Séville contre la RFA (Schumacher/Battiston). On le voit aussi parfois en milieu de terrain défensif, comme lors de la finale de la coupe de France contre Reims en 1977. En 1983, il quitte les verts en plein marasme, pour rejoindre le Paris Saint-Germain, avant de partir terminer sa carrière à l'AS Béziers. 

Ensuite, ce sera la grande désillusion. Pendant de très nombreuses années, il errera, au sens propre comme au sens figuré dans les rues de Saint-Etienne. Démuni, pratiquement abandonné de tous, Gérard Janvion a fini par rebondir sur son île après une courte escapade en tant qu'entraîneur à La Réunion. Aujourd'hui, il a intégré le staff technique de la Ligue de la Martinique. Sélectionneur adjoint, il est également responsable des Espoirs.

 

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Dominique Bathenay

1976
(© photoasse.com)
2003
(© reimsvdt.com)
 

Dominique Bathenay est né le 13 février 1954 à Pont-d'Ain, (Ain). Il fait ses classes à Grange-les-Valences puis à Tournon. Lorsque Pierre Garonnaire le repère, il a seulement 17 ans. St Etienne est alors dans un léger creux, abandonnant 2 titres consécutifs à l’OM puis un à Nantes. 
La légende raconte que l’épopée verte a débuté face à Split en 75 : « Ce soir-là, dit-il, il s’est créé quelque chose d’extraordinaire entre nous et le public, une sorte d’union que personne n’avait encore ressentie jusqu’alors. C’est comme si les trente mille spectateurs, debout, étaient sur le terrain eux aussi. On ne faisait qu’un. Victoire 5-1. C’est le moment le plus fort que j’ai vécu avec les Verts. »
   La saison suivant la finale de Glasgow, les verts, à nouveau champion, tomberont à Liverpool. Ce match restera mémorable pour le but de Bathenay : une frappe d’anthologie qui restera longtemps au générique de feu téléfoot .« Ce but de Liverpool est une image forte pour les gens mais pas pour l’équipe puisque l’on avait perdu ce soir-là. Dans le football, on ne tire des satisfactions que collectivement. » L’aventure verte prendra fin en 78 avec le renouvellement générationnel inéluctable : H. Revelli, Larqué, nombreux sont ceux à quitter le club cette saison là. Au final, Dominique aura tout de même remporté 3 titres de champion et 3 Coupe de France.

Le parachèvement de son époque stéphanoise restera une place pour la Coupe du monde argentine. Malheureusement, le grand retour de la France, absente depuis la Coupe du monde 66 en Angleterre, ne restera pas dans les annales : 2 défaite set une victoire pour l’honneur ponctue un premier tour sans relief. La seule anecdote restera ce fameux maillot rayé vert et blanc pour le match face à la Hongrie, en raison d’un oubli de l’intendant de l’époque.

En 1978  Dominique Bathenay rejoint le PSG où il retrouve Larqué en fin de carrière. Le PSG est un club ambitieux en quête d’un premier titre, avec la pression inhérente, mais cela ne la gène pas plus que ça :« L’engouement autour des Verts ressemblait à un cyclone. Et nous, on se trouvait dans l’oeil du cyclone, on n’était donc pas les plus chahutés. » Bathenay, titulaire inamovible,contribuera grandement à la montée en puissance du PSG, grâce à son expérience. En effet, à partir de 1980 il est rejoint par Rocheteau et le PSG se transforme en petit St-Etienne. En 82, le club gagne la Coupe de France face aux Verts justement puis en 83 rebelotte face à Nantes. L’histoire est en marche pour le club de la capitale. Babath’ devient recordmen de victoire en Coupe de France avec 5 victoires. Il restera au PSG jusqu’en 85, un an avant le titre.

Il termine sa carrière au FC Sète, pour être « un peu plus tranquille ». « De toute façon, soit je restais au PSG soit je partais jouer dans le Midi. La qualité de vie est un élément non négligeable à mes yeux. En signant à Sète, j'ai vu mon salaire baisser pratiquement de moitié. L'important pour moi, c'est de continuer à jouer. Je veux évoluer encore 3 ou 4 ans et après je me dirigerais vers le métier d'entraineur ... je suis égoïste et je veux me prouver que je suis meilleur que les autres. J'ai disputé plus de 400 matchs en D1. La D2, pour moi, c'est l'inconnu mais je la considère comme une expérience nouvelle et qu'il faut tenter ... » Il y reste 2 saisons seulement et non 4 comme il l'espérait.


Aussitôt après avoir raccroché, Dominique entame une carrière d'entraineur à Sète où il reste 2 saisons. S'il fut relativement fidèle à ses clubs en tant que joueur, sur le banc il a du mal à franchir le cap de la première saison. « J’ai toujours voulu devenir entraîneur de club, explique Dominique. Mais ça ne s’est pas vraiment fait comme je l’aurais voulu. Chez les entraîneurs, il n’y a pas de solidarité. Cinquante ou 60 places sont disponibles en comptant la division 2. Chacun, individuellement, essaie d’y arriver et tous les moyens sont bons… » Ainsi en 20 ans de coaching il aura fréquenté pas moins de 10 clubs ou sélection nationales, entrecoupé de 4 ans à la tête de la Commission de la Coupe de France (1996 – 2000) : Sète, Remis, Monastir en Tunisie, Choisy-le-Roi, où il restera 4 ans, mais également St-Etienne, Nîmes puis les Seychelles, Sedan, La JS Kabylie, et enfin les Emirats. Il s’agit sans doute du signe que ce n’est pas forcément le meilleur entraîneur du monde.

En 2008, on le retrouve au Qatar où il s’occupe de la sélection olympique…

lire un portrait paru dans l'Humanité en mai, 1994 où Dominique Bathenay revient sur son parcours en vert.

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Christian Synaeghel

1976
(© photoasse.com)
2006
(© Reuters)

Christian Synaeghel est né le 28 janvier 1951 à Leffrinckoucke, dans la banlieue de Dunkerque, comme son futur sélectionneur en équipe de France Michel Hidalgo. Le jeune Ch'timi joue d'abord à l'U.S.L., le club de sa ville natale avant de rejoindre l'ASSE en 1968, juste après les événements du mois de mai et le premier doublé championnat/coupe de France de Saint-Etienne. Aux côtés de Christian Lopez, Alain Merchadier, Jacques Santini, Patrick Revelli et Christian Saramagna, Synaegehel gagne la finale de la coupe Gambardella 1970 aux tirs au but face à l'Olympique Lyonnais de Raymond Domenech et Bernard Lacombe. Agé de 19 ans, il fait ensuite ses grands débuts en D1 contre Nantes en août 1970. Successeur d'Aimé Jacquet au milieu de terrain Synaeghel disputera 160 matches de championnat avec les Verts.

Souffle, opiniâtreté, endurance, solidarité, efficacité: il apporte de son Nord natal des qualités appréciées à St Etienne, autre pays minier. Pour Bernard Pivot, « dire qu'il jouait milieu de terrain est une erreur : il était au milieu, à l'arrière et à l'avant, il était au départ des actions et à leur terme. Tant de présence ne lui a jamais valu d'être une vedette. Mais sans sa présence les autres eussent été de moindres vedettes. »

En 1974, Synaeghel contribue activement au 3ème doublé de l'histoire de l'ASSE, en inscrivant notamment un but de la tête en finale de coupe de France contre Monaco. Sa complémentarité avec Piazza est sans faille : pendant que le bel Oswaldo tombe les filles à grands coups de chevauchées fantastiques, Christian tombe... dans la surface de réparation. Lors du fantastique 8ème de finale retour de la coupe d'Europe des clubs champions contre Split, Synaeghel a la banane lorsqu'il s'écroule à la 71ème minute dans les 16 mètres des Yougoslaves. Bereta transforme le pénalty.

En 1975, Synaeghel remporte son second doublé avec les Verts et marque le premier but de l'ASSE contre Bastia lors d'un match de championnat resté dans les annales : menés 2-0 à Geoffroy Guichard à 10 minutes de la fin de la rencontre, les Stéphanois s'imposent 3-2 après un violent orage. Synaeghel est un des acteurs de la fameuse épopée européenne de la saison 1975-1976. En bon Dunkerquois, il participe à l'opération Dynamo Kiev et décroche son ticket pour Glasgow. Mais, blessé lors du match de championnat précédent la finale, contre Nîmes, il doit déclarer forfait pour la finale.


Synaeghel jouera encore deux saisons sous le maillot vert : en septembre 1977, 3 ans après son but contre le Sporting Lisbonne, il est le premier joueur français à marquer contre Manchester United. Mais les Anglais élimineront les Verts de la Coupe des coupes.

Comme la plupart de ses coéquipiers, il fut appelé pour jouer en équipe de France. En octobre 1976, Synaeghel dispute le match éliminatoire de coupe du monde contre la Bulgarie aux côtés de Dominique Bathenay, Christian Lopez, Gérard Janvion et Michel Platini, la star montante du football français. Mais comme l'arbitre de cette autre rencontre mythique, Monsieur Foote est, selon les mots du commentateur Thierry Roland “un salaud“, le meilleur souvenir en bleu de Synaeghel reste le match amical à Lens, près de chez lui, contre la Pologne de Boniek, Szarmach et Kasperczak.

Il retrouve d'ailleurs Kasperczak  à Metz, deux ans plus tard. Après les verts, Synaeghel portera le maillot grenat pendant 4 ans. Dans le club lorrain, il a pour coéquipiers de futurs joueurs verts comme Patrick Battiston et Philippe Mahut. Il met un terme à sa carrière professionnelle à l'issue de la saison 1981-1982.

Il est l'un des rares de la bande à avoir complètement tourné le dos au football par la suite. Il gère une entreprise de joaillerie à Veauche, non loin de Saint-Etienne et habite dans un tout petit village à côté de Saint-Bonnet-le-Château : Saint-Hilaire-Cusson-la-Valmitte. 

Depuis ses exploits sur les terrains, on n'a plus jamais vraiment entendu parler de lui. 
Mais son fils Yann, conçu en février 1976 après une probante victoire contre Lille (3-1), a perpétué la tradition familiale et porté le maillot vert de 1995 à 1998. Moins doué que son père, il a fait le chemin de son géniteur en sens inverse et remis cap au Nord. Il a rejoint en  2005 Renaix en Belgique, après avoir évolué à Brest et à Wasquehal.

 

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Jacques Santini 

1976
(© photoasse.com)
2006

Jacques Santini est  né le 25 avril 1952 à Delle (Territoire de Belfort). Il a effectué quasiment toute sa carrière à l'AS Saint-Étienne, dont il a porté les couleurs de 1969 à 1981. Santini a ainsi connu les grandes heures des Verts avec lesquels il a remporté quatre championnats de France, deux Coupes de France et participé à la finale de la Coupe d'Europe des Champions en 1976. Il restera l'auteur du fameux coup de tête sur les "poteaux carrés" du stade d'Hampden Park à Glasgow. Il a terminé sa carrière professionnelle à La Paillade Montpellier.

Après avoir entamé une reconversion comme entraîneur-joueur avec le club amateur du CA Lisieux en division 3 de 1983 à 1985, il a entraîné ensuite en première division : le Toulouse FC, le Lille OSC, l'AS Saint-Étienne et le FC Sochaux qu'il rejoint en cours de saison en décembre 1994.

Après une saison sans club, il est nommé directeur technique de l'Olympique lyonnais en 1997, puis en devient l'entraîneur de 2000 à 2002. C'est avec l'OL qu'il entame son palmarès d'entraîneur : une Coupe de la Ligue en 2001 et le titre de champion de France en 2002. En juin 2002, son contrat d'entraîneur s'achève sans qu'il n'en ait demandé le renouvellement, et il reprend son poste de directeur technique du club lyonnais, tout en ayant pris part à la désignation de son successeur sur le banc, Paul Le Guen.

Mais à peine quelques semaines plus tard, après l'échec des Bleus lors de la Coupe du monde de football 2002 en Asie, il est appelé en août  comme sélectionneur de l'équipe de France de football. Il parvient à emporter la Coupe des Confédérations en 2003 et qualifie facilement dans un groupe éliminatoire extrêmement faible (Chypre, Malte, Israël et Slovénie) les Bleus pour la phase finale de l'Euro 2004 au Portugal. 

Quelques jours avant le début de l'Euro il annonce sa signature dans le club anglais de Tottenham Hotspur pour la saison 2004-2005. À l'Euro, les Bleus de Santini ne brilleront guère. Après un premier tour laborieux, ils se font éliminer en quart de finale par la Grèce.

Comme annoncé, il rejoint alors aussitôt Tottenham. Mais l'aventure anglaise sera brève. Il démissionne de son poste après seulement cinq mois et 13 matches à la tête de l'équipe suite à des problèmes internes au club liés à l'organigramme des Spurs.

En juin 2005 il remplace Guy Roux au poste d'entraîneur de l'AJ Auxerre. Après une saison acceptable, il annonce son départ dès le 17 mai 2006.

Jacques Santini est souvent décrit par les journalistes sportifs comme un « mystère ». En effet, plus encore que ses prédécesseurs Aimé Jacquet et Roger Lemerre, il est rétif à parler aux journalistes et parvient à éluder les questions. 

 

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Jean-Michel Larqué

1976
(© photoasse.com)
2006
(© Reuters)


Jean-Michel Larqué est  né le 8 septembre 1947 à Bizanos (Pyrénées-Atlantiques). 
Capitaine emblématique des « verts », Jean Michel Larqué a détenu jusqu'en 2008, avec son coéquipier Hervé Revelli, le record du nombre de titre de champion de France avec 7 titres. Meneur de jeu très technique, mais aussi meneur d'hommes, son apogée de joueur se situe en concomitance avec celle de son équipe. Si Saint-Étienne a joué la finale de la coupe d'Europe en 1976, Larqué y est pour beaucoup ayant débloqué la situation contre Kiev et Eindhoven à chaque fois sur coup franc. Une mésentente avec Robert Herbin le privera de la finale de la coupe de France 1977. Titulaire en réserve, il ne sera donc que champion de France de 3e division. Il part alors pour le PSG, devenant à 29 ans le plus jeune entraîneur de France. Pourtant les résultats ne seront pas à la hauteur. Se tournant vers le journalisme et devenant consultant pour France 2 et France Inter, il continuera de jouer en 3e division au Racing pour son plaisir.

Jean-Michel Larqué poursuit une carrière dans le journalisme sportif, comme rédacteur en chef puis conseiller sportif du magazine Onze Mondial et sur RMC depuis 2001 au sein de la « Dream Team RMC » où il présente notamment chaque week-end les matchs à venir de championnat  (Larqué Foot et After Foot).

Entre 1980 et 1984, il commente avec Thierry Roland les matches de football sur Antenne 2, puis sur TF1 à partir de 1985 en remplacement de Michel Denisot. Ses réparties et ses formules toutes faites (les fameux « Tout à fait Thierry », « Avaler la trompette », «Il a bien pris le ballon d'arrière en avant et non pas de bas en haut, le corps bien équilibré» etc.) expliquent une partie de son succès au micro.

En 2005, alors que Thierry Roland est licencié par TF1 et Charles Villeneuve, Jean-Michel Larqué poursuit sa carrière de commentateur aux côtés de Thierry Gilardi, qui vienait de quitter Canal+.

Quand il lui reste un peu de temps, il s'occupe également de stages de foot pour les jeunes à Biarritz ou de l'entraînement personnel du rugbyman Dimitri Yachvili.
 

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Patrick Revelli 

1976
(© photoasse.com)
2006
(© Reuters)

Petit frère d’Hervé, Patrick Revelli a été repéré comme lui par Pierre Garonnaire. Il débarque de Gardanne à Saint-Etienne en 1968, à 17 ans à peine. Les débuts sont timides avec 2 bouts de matchs en 2 ans. Il gagne un premier titre  en 1970 et prend son envol à partir de 1971. Marquant but sur but “le Gaulois“  échoue 2 fois derrière l’OM, avant de connaître le doublé en 1974. saison pendnat laquelle il marqua 14 buts. Associé à son frère en attaque, il fait partie de la légende verte. Fin limier, son sens du placement ainsi que son jeu en remise en font un avant-centre redouté des défenses. Assez paradoxalement, il a toujours su profiter des méformes et des blessures des attaquants avec lesquels il était en concurrence. Il faut dire qu’à l’époque, le 4-3-3 était le plus souvent utilisé, ce qui offrait plus de place.

Avec les Verts, il allait connaître les années de gloire avec en apogée la finale de Glasgow. Pourtant cette saison 1975/1976 fut sans doute l'une des plus difficiles de sa carrière. Souvent blessé, il fut pourtant le héros de Kiev. Entré en jeu à la place de Christian Sarramagna, il allait déborder son vis-à-vis pour adresser un long centre à destination de Rocheteau pour la balle du 3-0, synonyme de qualification. La saison suivante, l’âge venant il allait perdre en efficacité devant le but. Ainsi, en 78, il est poussé dehors, victime de la politique de stars menée par le président Rocher. De ses années stéphanoises, il retiendra les titres, les parcours européens et le derby contre Lyon, qui à l’époque était exacerbé. Il laissera notamment cette célèbre phrase : « La rocade Est, c'est la meilleure chose que les Lyonnais aient fait pour les Stéphanois. Elle nous évite désormais de passer devant le stade de Gerland. » Ceux qui connaisent un peu la région apprécieront.
Au final, Patrick Revelli aura marqué 82 buts sous les couleurs stéphanoises en 288 matchs : « Avec le recul, j’étais peut-être un peu trop collectif. J’aurais du être un peu plus égoïste, ainsi j’aurai marqué beaucoup plus de buts. Mais j’en aurai fait marquer moins, forcément. Je ne regrette rien de cette période là. Je pense avoir fait une belle carrière, une carrière que beaucoup de footballeurs rêveraient de faire, même s'il manque un petit quelque chose, un titre qui serait celui de vainqueur et non pas celui de finaliste. »

Malgré une efficacité certaine, Patrick passera à côté d’une carrière internationale fournie. Il fait ses débuts en bleu dès 1973, face au Danemark, aux côtés de son frère. L’équipe de France est alors moribonde et les occasions de jouer son rares. Avec l’arrivée d’Hidlago au poste de sélectionneur, Patrick voit son avenir en bleu stoppé net. « Je m’en fous aujourd’hui, mais je pense que mon jeu ne plaisait pas à Michel Hidalgo ou à certains. Et quand Michel Hidalgo a été nommé sélectionneur, il m’a appelé une fois, puis plus jamais. L’équipe de France, en général, je n’en parle pas »

En 1978, il rejoint  le FC Sochaux, qui bénéficie d’une génération très prometteuse : Yannick Stopyra, Philippe Anziani, Bernard Genghini ou encore Albert Rust. L’équipe fait un parcours phénoménal en coupe de l’UEFA 1981. Patrick y trouve une seconde jeunesse en évoluant milieu de terrain. On se souvient notamment de lui, allongé dans la neige, épuisé, après un match d’anthologie face à Francfort, durant lequel son doublé avait offert les quarts de finale aux lionceaux (2-4 / 2-0). L’histoire s’achèvera à Alkmaar, dans la banlieue d’Amsterdam, un soir d’avril 81. Patrick Revelli quittera le Doubs à la fin de la saison suivante.

Il part alors pour Cannes, en D2, destination rêvée pour une préretraite dorée. Il y côtoie Jean-Marc Guillou et Arsène Wenger qui fait ses débuts comme coach : « Finir ma carrière avec des gens comme ça, qui sont super, c’est un plus dans une vie. Cela m’a permis aussi d’entraîner pendant 2 ans les jeunes de l’école de football qui avaient entre 6 ans et 9ans..

Après avoir raccroché, Patrick Revelli devient commercial chez Adidas. Il y restera 14 ans : « La première année, j’avais les départements du midi, et au bout d’un an, j’ai eu la possibilité de remonter sur la région en permutant avec un autre représentant que cela intéressait. Je me suis retrouvé en 1985-1986 dans la Loire. C’est moi qui ai demandé à revenir ici, pas mon épouse. Parce que je me sens Stéphanois. J’ai toujours gardé l’accent du sud, l’accent qui chante et qui apporte le soleil, mais comme dit la chanson, le soleil, les gens d’ici l’ont a l’intérieur, dans leur cœur. Je me sens Stéphanois pure souche. »

On le retrouve à la fin des années 90 à Saint-Etienne mais l’expérience tourne court. En effet, entraîneur de la réserve, puis conseiller au recrutement du président Soler, il est une victime collatérale d'une sombre affaire de faux passeports. Il part alors pour le Qatar où il s’occupe quelques saisons des moins de 18 ans, puis revient dans la Loire en 2004 comme entraîneur de Feurs.

Depuis 2006, il a intégré la structure commerciale de l’ASSE. Son rôle: amener, cravate du club au cou, les joueurs dans l’espace VIP.
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Hervé Revelli

1976
(© photoasse.com)
2006
(© Reuters)

Hervé Revelli est né le 5 mai 1944. Grand frère de Patrick, Hervé a comme lui fait ses classes à Gardanne. Il est repéré très jeune par Pierre Garonnaire et intègre l’ASSE à 19ans. Très vite son sens du but fait merveille et il collectionne titres et distinctions. Dès 1966, il intègre l’équipe de France, qu’il côtoiera pendant presque 10 ans, sans succès notable. En 1968 il remporte son 1er doublé coupe championnat, et remet ça en 1970 . Pierre angulaire de l’attaque stéphanoise il est associé à Yves Triantafilos puis Salif Keita puis, bien sûr, son frère avec qui la complicité naturelle se retrouve sur le terrain. Véritable chasseur de but, il tourne à plus de 20 réalisations par saison, frôlant parfois même les 30.

En 1971, il part pour l’OGC Nice. Après une première année dans le ventre mou, il connaître à nouveau le succès en 1973 échouant à la 2ème place derrière les canaris nantais.  Meilleur buteur du club avec 23 réalisations, Hervé est un des grands artisans de la bonne saison niçoise. Devant une telle efficacité St-Etienne le rappelle.

Il revient donc chez les verts où toujours associé à son frère, il forme une doublette redoutable. Après l’intermède marseillo-nantais, les verts reprennent leur marche en avant vers les succès et en 1975 Hervé remporte un nouveau doublé coupe championnat. S’en suit la plus belle épopée en 1976.
 Les saisons suivantes marquent la fin d’une époque. L’effectif doit se renouveler  et, en 1978,  c’est l’exode massif. Tandis que son frère part pour Sochaux, Hervé file lui, à 32 ans  en Suisse, avec pour mission de cacher et préserver la tristement célèbre caisse noire du club. Au final, sous les couleurs stéphanoises, Hervé aura remporté 7 championnats, 4 coupes de France et marqué 162 buts pour 2 titres de meilleur buteur.

Après la virée Suisse, il rentre en France et fait une dernière pige à Chateauroux. Il marquera uniquement 4 buts : à 35 ans les jambes ne suivent plus. En fin de saison, il tourne la page.

Hervé décide alors d’embrasser la carrière d’entraîneur. Après un bref passage comme entraîneur-joueur à Châteauroux jusqu’en 1983 (voir l'article consacré à osvaldo Piazza). On le perd ensuite de vue durant les années 1980-1990.  Il est passé par différents clubs en France (Saint Priest, Draguignan) et en Algérie ( Oran et Alger). Un temps conseillé technique auprès de la fédération qatari, il a élégamment travaillé pour le conseil général de la Loire.

A l’aube de l’an 2000, il s’est orienté vers le job de sélectionneur et a pris en main les destinées de l’Ile Maurice puis  du Bénin en 2004. Le poste est très difficile dans une sélection africaine car il faut savoir composer avec les rapports de force entre fédération et ministres très interventionnistes. Au final, en janvier 2005 il jette l’éponge et reprend le club de Setif en Algérie.  L’aventure est de courte durée. 
En 2006, on le retrouve entraîneur de Beaurepaire, dans l'Isère, où il ne restera qu’une saison. En 2008, il s’occupe de Toulouse Fontaine, un des clubs de quartiers toulousain, en CFA 2
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Christian Sarramagna

1976
(© photoasse.com)
2006
(© Reuters)


Christian Sarramagna, né le 29 décembre 1951 à Bayonne. International junior, militaire, espoir et A, il a gagné la coupe Gambardella en 1970 et était un des grands espoirs de l'AS Saint-Étienne. Gaucher d'exception, réputé pour sa frappe de balle terrible, Sarramagna n'a pas eu la carrière qu'il méritait, du fait de  blessures et aussi d'un côté fantasque se traduisant par 'une inconstance des performances. Souvent barré par Patrick Revelli, il fut abonné au banc des remplaçants. Ailier gauche, il a aussi connu l'équipe de France.
Sa finale de la coupe d'Europe fut remarquable. Virevoltant, il donna le tournis à la défense du Bayern.
En 1978, à Rouen, Serge Amouret lui fracture la jambe. Jacques Santini à ses côtés est en pleurs. Bien qu e Sarramagna soit alors en fin de contrat, Roger Rocher le garde. Il lui faudra un an pour revenir. Il quittera alors les verts pour Montpellier.

Il a entraîné l'équipe nationale du Mali à plusieurs reprises. Actuellement il entraîne l'équipe de Châteauroux, qui évolue en Ligue 2, après s'être occupé de Sète.

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Dominique Rocheteau

1976
(© photoasse.com)
2006
(© Reuters)


Né à Etaules, dans les Charentes, Dominique Rocheteau est repéré très jeune par Pierre Garonnaire, comme tous les autres. Il débarque dans le Forez à 17 ans. Les verts qui viennent de perdre 2 fois de suite le championnat amorcent un renouvellement d’effectif salutaire et la grande marée verte s’apprête à submerger la France. Les débuts sont difficiles et c’est depuis le banc de touche qu’il vit la demi-finale de Coupe d'europe des clubs champions contre le Bayern en 1975. Il commence à s’imposer à partir de cette date. Héros de Kiev,  il inscrit le but de la qualification en prolongation, ses longs cheveux bouclés lui valent alors ce surnom qu’il déteste  mais qui lui colelra à la peau« L’ange vert » est né. Après ce match, alors que tout St-Etienne fait la fête, Dominique Rocheteau rentre chez lui. C'est son meilleur souvenir en Vert. « Nous avons gagné 3-0 au match retour, dans les prolongations. J'ai marqué le troisième but, celui de la victoire, sur une passe de Patrick Revelli. C'était un bonheur incroyable, irréel! J'aurais voulu qu'il se prolonge. Quand j'ai marqué, j'ai pensé à mon père, qui refusa d'aller jouer dans la grande équipe de Reims pour continuer l'ostréiculture. » Avant de poursuivre « Personne ne pensait que nous allions gagner. Il y avait une énorme pression. J'avais envie de me retrouver seul à écouter de la musique. C'était étrange d'être en pleine campagne après une soirée comme celle-là. Je me demandais même si le match avait eu lieu. Je me suis passé le film dans ma tête, allongé par terre, le casque stéréo sur les oreilles... »

Ailier droit aux dribles chaloupés il n’affectionne rien tant que provoquer balle au pied son vis-à-vis. Devenu titulaire indiscutable, il vivra l’ascension irrésistible puis l’amorce du déclin. Les Verts ne se relèveront jamais des poteaux carrés et la victoire en Coupe de France en trompe l’œil de 1977, ne peut empêcher une fin de cycle. Entre 1978 et 1980, l’ensemble des cadres quitte le club (Dominique Bathenay, Jean-Michel Larqué, Christian Sarramagna, Patrick Revelli, etc… Dominique Rocheteau finira également par quitter les verts en 1980. En effet, les arrivées de Johnny Rep, Jacques Zimako ou Michel Platini ne parviennent pas à insuffler une nouvelle dynamique, et les jeunes sont encore trop tendres ou pas assez talentueux pour permettent à des verts désormais attendus sur tous les terrains de s’imposer. C’est au Magazine trotskiste « Rouge » qu’il donne la primeur de son transfert : « Dans le monde du foot, on ne parle pas du tout de politique. Un jour, j'ai dit que je ne pratiquais pas ce sport pour l'argent, que je pourrais jouer même si je n'en gagnais pas. Cela avait été très mal pris dans la profession. Mes engagements étaient naturels, mais je sentais qu'ils gênaient. J'ai été un peu considéré comme une bête curieuse dans le milieu du football français. J'aspirais seulement à jouer au foot et à vivre selon mes goûts. Mais mon existence était aussi très collective. Je vivais au sein de l'équipe, je ne me mettais pas en avant »

Parallèlement à ses succès stéphanois, Dominique Rocheteau devient très vite un cadre de l’équipe de France d’Hidalgo. Sa participation au mondial Argentin de 1978 dans un pays soumis à la dictature du Général Videla et de sa junte pose des problèmes à sa conscience d’homme de gauche.  Mais  une Coupe du monde, c'est dur à refuser … En bleu, Rocheteau vivra les plus belles années de la bande à platoche : du drame de Séville en 1982 contre l'Allemagne,  à Guadalajara  contre le Brésil en 1986, en passant par la victoire lors de L’euro 1984. Il sera un des portes drapeaux de la sélection nationale, un des symboles de la génération Platini.

Lorsqu’il débarque au PSG, il troque son poste d’ailier droit pour celui d’avant-centre axial avec une belle réussite sportive. Deux coupes de France et un titre de Champion en 1986 soldent son passage dans la capitale. Il y découvre également le star système devenant chroniqueur dans Onze Mondial, le magasine de son ancien capitaine, Jean-Michel Larqué.
Après le titre de1986, il raccroche avec les bleus et l’arrivée de Vahid Halilhodzic en provenance de Nantes lui pose quelques soucis. L’équipe tourne moins bien, à l’image de l’élimination au 1er tour en Coupe d'Europe des clubs champions. Sur la pente descendante, c’est Jacques Santini qui viendra le chercher pour faire doublette avec Beto Marcico à Toulouse. Après une dernière saison au TFC, l’Ange Vert redéploie ses ailes pour décoller vers une reconversion un peu chaotique. Il dispute son dernier match face au Matra Racing où joue son ex-coéquipier en Bleu Maxime Bossis qui lui aussi raccroche. « J'étais arrivé à saturation. Ce n'était pas la galère, mais on se lasse des entraînements, on baisse physiquement, et derrière les jeunes vous poussent. J'étais vraiment content de m'arrêter. ».

Rocheteau mettra donc fin à sa carrière,  en ayant été sanctionné par seulement 2 cartons jaunes en tout et pour tout. Un record qui ne me semble pas devoir être battu de sitôt compte tenu de l'évolution du football.


Dès les années 70,  les goûts musicaux de Rocheteau et sa “gueule d'ange“ en faisaient une icône pour les supportrices, au point  inspirer le légendaire Monty, auteur d’Allez les Verts

Il aura le bon gout d’interdire cette niaiserie musicale peu de temps après sa sortie.

Ce n’est donc pas vers la musique qu’il va s’orienter, lui qui déclarait « Si j'avais une deuxième vie, je choisirais d'être musicien », mais vers le cinéma, où Maurice Pialat lui propose un rôle au côté de Depardieu dans Le Garçu. Ce sera son unique film.

Entre temps, Dominique Rocheteau se sera essayé au métier d’Agent, prenant sous sa coupe un autre grand ailier droit français, David Ginola. Mais suite à divers problème il finira par abandonner cette piste de reconversion. : « J'étais parti dans cette voie plus par philosophie que pour le business. Je voulais suivre les joueurs pendant toute leur carrière. Je me suis très vite aperçu que ce n'était pas cela. C'est un milieu où il n'y a pas de règles. Une réforme du métier a bien eu lieu, mais les agents sont payés par les clubs alors qu'ils défendent les intérêts des joueurs! Ce n'est pas sain. Ils ne peuvent pas travailler à la fois pour le joueur et pour le club. »

Il crée alors le centre Footatlantic à Royan où il offre des stages d’été aux jeunes de 8 à 16 ans. Le centre fonctionne bien et tous les étés on peut le rencontrer sur les plages de Royan.

En 2005, il a publié une autobiographie "On m'appelait l'Ange Vert" dans laquelle il revient sur son parcours

Au début des années 2000 il a pris la direction du Conseil de l’éthique de la fédération, chargé de « surveiller » la commission de discipline. Celle-ci va se ridiculiser lors de l’affaire des Minots en 2006. Suite à des désaccords sur la sécurité des supporters phocéens, Pape Diouf envoie son équipe junior agrémentée de quelques remplaçants. Au terme d’un match d’une pauvreté affligeante, les Minots obtiennent un 0- 0 qui a un goût de victoire face à un PSG atone. Canal +, pour qui PSG-OM reste une affiche se scandalise et ce point du match nul est retiré au 2 équipes pour cause de match moche. Cela provoque un tollé général et la sanction est retirée en appel.


En 2007, Dominique Rocheteau décide de passer ses diplômes pour devenir dirigeant de club.

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Gérard Farison
1976
(© photoasse.com)




Gérard Farison a évolué à l'AS Saint-Étienne de 1969 à 1980. Arrière gauche moderne, il montait souvent sur son aile tout en étant un intraitable défenseur. Pro sur le tard, ce n'est que vers 28 ans qu'il s'installera définitivement dans la défense verte jusqu'à ses 36 ans. Il est né le 15 mars 1944 à Terrenoire (Loire), soit exactement la même date que son gardien Yvan Curkovic. Blessé contre Nîmes en championnat au même titre que Christian Synaeghel, il manquera la mythique finale de 1976 contre le Bayern de Munich. Il connaîtra les joies de la sélection en équipe de France, en pleine euphorie verte, lors d'un match amical contre la Pologne. Barré par Maxime Bossis, rarement blessé, on ne le verra plus en bleu, à l'exception d'une rencontre de gala contre un club allemand, mais ne comptant pas comme sélection.
Après les verts, il jouera encore un peu en 3e division avec l'équipe de Fréjus. Aujourd'hui, il coule une retraite paisible dans la station balnéaire.

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Robert Herbin

1976
(© photoasse.com)
2006
(© Reuters)

L'entraîneur mythique dit le Sphinx, n'aimait pas s'exprimer et le faisait contraint et forcé, avec parcimonie. Il tient désormais une chronique, Le “billet de Robby“, chaque mardi dans Le Progrès. Il y analyse tous les matches des Verts auxquels il assiste depuis que ses hanches - il a été opéré avec succès  - ne le font plus souffrir. Une retraite heureuse.

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Article paru dans l'Humanité, le 9 mai 1994

Dominique, un ancien de Saint-Etienne toujours vert

DOMINIQUE BATHENAY.

40 ans, habite à Thiais

Ex-joueur des Verts. Entraîneur de Choisy-le-Roi (DH) et directeur des ventes dans une société d’isolation.

Il en a, des frissons. C’est lui qui le dit. Si calme, stoïque presque, on s’étonne de voir Dominique Bathenay, ce placide quadragénaire, vibrer à l’évocation d’un souvenir rappelant ses vertes années. La fameuse épopée. L’AS Saint-Etienne qui retourna comme une crêpe la France entière, toute à sa dévotion. C’était au stade Geoffroy-Guichard bien sûr, le plus célèbre « chaudron » de France durant ces années soixante-dix. En face l’équipe de Hajduk Split. Au match aller, les Yougoslovaves se sont imposés 4-1. Entrée en scène : « Ce soir-là, dit-il, il s’est créé quelque chose d’extraordinaire entre nous et le public, une sorte d’union que personne n’avait encore ressentie jusqu’alors. C’est comme si les trente mille spectateurs, debout, étaient sur le terrain eux aussi. On ne faisait qu’un. Victoire 5-1. C’est le moment le plus fort que j’ai vécu avec les Verts. »

Dominique Bathenay aurait pu choisir cette image où il lève les bras, poings serrés, sur la pelouse de Liverpool après un tir majestueux qui troua le silence d’Anfield Road. Mais il préfère de loin l’émotion de groupe. « Ce but de Liverpool est une image forte pour les gens mais pas pour l’équipe puisque l’on avait perdu ce soir-là. Dans le football, on ne tire des satisfactions que collectivement. » Il parle posément. Bathenay a digéré depuis longtemps ces heures de folies stéphanoises. « Le vedettariat ne m’a jamais dérangé. Je me suis toujours senti assez grand. Et puis, on ne fait que du foot ! »

En 1978, il pose ses valises de footeux au Paris-SG. L’aventure verte s’est achevée. Il redescend sur terre sans trop de problèmes : « L’engouement autour des Verts ressemblait à un cyclone. Et nous, on se trouvait dans l’oeil du cyclone, on n’était donc pas les plus chahutés. » Sept ans plus tard, il file à Sète, parce que le climat méditerranéen l’attirait. Histoire aussi d’être « un peu plus tranquille », comme il dit. Une façon, déjà, de prendre du recul. Il devient d’ailleurs joueur-entraîneur. Puis reprend la route vers Reims, pour une année. Cette fois, il a définitivement changé de peau et devient entraîneur à part entière. Un monde nouveau.

« J’ai toujours voulu devenir entraîneur de club, explique Dominique. Mais ça ne s’est pas vraiment fait comme je l’aurais voulu. Chez les entraîneurs, il n’y a pas de solidarité. Cinquante ou 60 places sont disponibles en comptant la division 2. Chacun, individuellement, essaie d’y arriver et tous les moyens sont bons… » Ce genre de bagarres, Bathenay ne les aime guère. Il fera une courte expérience

    * sept mois - à Monastir, en Tunisie, pour finalement atterrir, en 1990, à Choisy-le-Roi, en banlieue parisienne.

Le président du club est un ami et lui propose une reconversion dans son entreprise d’isolation, la société NMC Kelmore. « C’est bien de se poser à un moment donné », avoue-t-il. Bathenay, le casanier, se pose donc avec toute sa famille. Pour de bon. Le club est en division d’honneur. Ambitieux défi. Mais la place de directeur des ventes offre une perspective professionnelle moins aléatoire. Cela compte dans sa décision. Choisy joue aujourd’hui en division d’honneur et a connu son heure de gloire, il y a deux ans, en recevant Nîmes pour le compte des 32es de finale de la Coupe de France.

Cela suffit à son équilibre. « Le pire, c’est de rechercher ce que l’on a vécu, glisse Dominique après mure réflexion. Et comme ça on évite les désillusions. » A quarante ans, il a ce même bleu tendre dans le regard qu’au temps où les flashes des photo-reporters crépitaient, ce même cheveu sur la langue discret et cette voix sans à-coups. Juste un peu dégarni sur le dessus du crâne, comme une marque du chemin parcouru.

Bathenay est arrivé à dix-sept ans à Saint-Etienne, jeune gamin impressionné par cet univers enchanteur. Le football n’avait pas les frontières d’aujourd’hui. Il s’est entraîné très vite avec les pros. « J’ai une image forte en tête, se souvient-il. Salif Keita et Robert Herbin jouaient encore et je me rappelle avoir disputé un jour un ballon de la tête avec eux. Ils étaient un mètre au-dessus de moi. J’ai compris en un instant ce qui me restait à accomplir pour arriver. »

Dominique ne veut toutefois pas jouer les « anciens combattants » (2), ni juger les footballeurs d’aujourd’hui. « Nous, on venait juste d’obtenir le contrat à temps, alors qu’avant un joueur était lié jusqu’à trente-deux ans à son club. Maintenant, il y a plus de transferts, plus d’argent, plus de médiatisation. » N’empêche, ni Bordeaux ni même l’OM n’ont pu recréer ce vent de passion unanime autour d’une équipe : « On représentait une ville ouvrière qui suait et se transcendait, dit-il. Les gens pouvaient se retrouver en nous. »<< Nouvelle zone de texte >>

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30 ans après

Johny Rep: une chanson de Mickey 3D

(qui, à mon humble avis, s'est trompé d'époque pour son évocation, mais on ne va pas bouder notre plaisir et lui reprocher sa jeunesse)

Session de rattrapage

pour les infortunés qui ont raté St Etienne-Kiev en 1976

Winning is not important, when you're remembered for ever

(et c'est pas moi qui le dis).

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