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Projet EuropaCity : les opposants restent mobilisés (dim., 27 mai 2018)
La mobilisation continue contre EuropaCity. Le projet de centre commercial et de loisirs entre Roissy et Le Bourget, au nord de Paris, sur des terres agricoles, n’en finit pas de diviser. Ce dimanche 27 mai, le Collectif pour le Triangle de Gonesse organise la « Fête des terres de Gonesse », où plusieurs associations et personnalités opposées au projet sont attendues. Le président du collectif, Bernard Loup, espère « plusieurs centaines de personnes, voire un millier ». Contrairement à l’année dernière, il n’y aura pas de manifestation ; les opposants resteront sur place, où des activités sont prévues. « Nous ne sommes pas dans l’affrontement violent, c’est une mobilisation familiale mais déterminée à préserver les terres agricoles de l’urbanisation massive », explique Bernard Loup. L’État toujours favorable au projet Les opposants au projet ont récemment remporté quelques victoires. Début mars, le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a annulé la création de la zone d’aménagement concertée (ZAC) du « triangle de Gonesse », où doit être implanté EuropaCity. L’État a fait appel de cette décision. La construction de la ligne 17 du Grand Paris Express, qui devait desservir le complexe, a également été reportée à 2027. À lire : Un revers judiciaire pour « Europacity » Fervent partisan d’EuropaCity, le maire de Gonesse, Jean-Pierre Blazy (PS) déclarait dans un communiqué qu’il s’agissait là d’« un contretemps, non une remise en cause » : « Ni l’aménageur public Grand Paris Aménagement, ni les investisseurs privés comme EuropaCity n’ont renoncé à poursuivre le projet. Nous sommes dans le cadre classique de procédures régulièrement attaquées pour des vices de forme. » Le collectif « Europasdutout », qui rassemble les associations de commerçants opposés à EuropaCity, déplore cette « position paradoxale de l’État » : « D’un côté il veut redynamiser les centres-villes et leurs commerces, notamment à Gonesse, de l’autre il prend position pour EuropaCity, regrette Alain Boulanger, l’un des porte-parole et cofondateur du collectif. Or, malgré les milliers d’emplois promis, ce projet se fera forcément au détriment des petits commerces de proximité, indispensables au maintien du lien social. » À lire : Projet Europacity : trois fédérations de commerçants rejoignent ses opposants Les opposants optimistes mais menacés d’expulsion En attendant, les opposants sont plutôt optimistes. Bernard Loup assure que les habitants de Gonesse sont « de plus en plus critiques envers le projet. Avant, ils étaient assez dubitatifs, mais l’opposition monte d’un cran », se réjouit-il. À la place d’EuropaCity, le Collectif pour le triangle de Gonesse propose le projet « Carma », pour « coopération pour une ambition agricole, rurale, et métropolitaine d’avenir ». L’idée : de la permaculture, du maraîchage pour proposer aux habitants d’Île-de-France des produits d’agriculture bio et de proximité. Cette mobilisation n’est pas sans rappeler Notre-Dame-des-Landes. L’établissement public foncier d’Île-de-France, à qui appartient une bonne partie des terres, traduit d’ailleurs en justice les exploitants de la parcelle agricole, désormais menacés d’expulsion. « Aurons-nous les forces de l’ordre pour évacuer des légumes ? ironise Bernard Loup. Car on n’occupe pas la zone, on ne fait que la cultiver. » L’audience est prévue pour le 11 juillet. À lire : Le projet contesté d’Europacity à Gonesse en trois questions
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[LE CHIFFRE] 10 climatiseurs seront vendus chaque seconde dans le monde d'ici 2050 (dim., 27 mai 2018)
Publié le 27 mai 2018 ENVIRONNEMENT Face à des étés de plus en plus caniculaires, magasins, bureaux et particuliers n’hésitent plus à s’équiper en climatiseurs. Un geste loin d’être anodin pour la planète. Au rythme actuel, ce sont 10 climatiseurs qui seront vendus chaque seconde dans le monde d’ici la moitié du siècle, entraînant une multiplication par deux des émissions de gaz à effet de serre. Celles-ci contribuant au réchauffement climatique…et donc augmentent encore le besoin en climatiseurs. Ils refroidissent nos intérieurs, mais réchauffent notre planète. Les climatiseurs pourraient bien devenir le nouveau fléau climatique d’ici la moitié du siècle, alerte l’Agence internationale de l’énergie (AIE) dans un rapport publié le 15 mai (1). Selon ses estimations, la demande pourrait tripler d’ici 2050 et faire grimper en flèche les besoins électriques. À cet horizon, on aurait en effet besoin de l’équivalent des capacités électriques actuelles des États-Unis, du Japon et de l’Union européenne cumulées. Ce serait alors le deuxième secteur le plus consommateur d’électricité derrière l’industrie. "La demande croissante d'électricité pour la climatisation est l'un des angles morts les plus critiques dans le débat énergétique d'aujourd'hui", a déclaré le Dr Fatih Birol, directeur exécutif de l'AIE. "Bien qu’ils apportent un confort supplémentaire et améliorent la vie quotidienne, il est essentiel d’établir des normes d'efficacité énergétique plus élevées."  Deux tiers des foyers équipés en 2050 Aujourd’hui, 1,6 milliard de climatiseurs équipe un tiers des foyers, principalement dans les pays occidentaux. Aux États-Unis et au Japon, 90 % des foyers sont déjà équipés, contre 60 % en Chine et seulement 9 % en Indonésie et 5 % en Inde. Ce sont ces trois pays qui vont connaître la plus forte croissance de la demande en raison de l’augmentation de la population et de leurs revenus. En 2050, en raison de période de fortes chaleurs de plus en plus fréquentes, ce sont les deux tiers de la planète qui seront équipés, prévoit l’AIE. Cela est particulièrement préoccupant pour les experts car pour répondre aux pics de la demande, particulièrement en fin de journée dans les pays chauds, il faudra faire tourner les centrales à gaz et au charbon, nocives pour la planète. Les émissions de gaz à effet de serre passeraient ainsi de 1,25 milliard de tonnes en 2016 à 2,3 milliards de tonnes en 2050. Des climatiseurs plus énergivores en Chine Pour limiter cet impact environnemental à travers des mesures rapides et simples à mettre en place, l’AIE recommande de fixer des normes minimales de performance énergétique et de travailler sur l’efficacité énergétique des appareils, qui peut varier de manière importante selon les modèles utilisés. En moyenne, un climatiseur acheté en Chine ou aux États-Unis est ainsi 25 % plus vorace en énergie qu’un modèle vendu au Japon ou dans l’Union européenne. La demande électrique pourrait ainsi être divisée par deux en trente ans. Autre impact lié à l’usage de ces climatiseurs, les émissions de CFC-11, un gaz contribuant au trou dans la couche d’ozone et présent dans la production de froid et d’air climatisé. Malgré une interdiction depuis 1987, elles auraient brusquement augmenté de 25 % depuis 2012, s’inquiète l’ONU Environnement. Les responsables se trouveraient dans l'est asiatique, mais des vérifications sont encore en cours. Alors que la couche d’ozone est en voie de se rétablir, une hausse continue des émissions mondiales de CFC-11 contribuerait à réchauffer encore davantage l’atmosphère.  Concepcion Alvarez, @conce1 (1) Voir le rapport.
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Hubert Reeves prend la défense des vers de terre : "Les sols où il n'y en a plus sont stériles" (dim., 27 mai 2018)
Il est grand temps de réhabiliter les vers de terre. C'est le cri d'alerte que lance le scientifique et défenseur de l'environnement Hubert Reeves, invité de C'est arrivé demain sur Europe 1, dimanche. Sans ces vers, les sols ne seraient pas cultivables et certaines espèces n'’auraient tout bonnement plus rien à manger. Mais ces êtres si utiles sont menacés. "Dans certaines régions, on constate que les vers ont perdu 80 à 90% de leur densité", alerte Hubert Reeves, qui a par ailleurs pris fait et cause pour les vers de terre dans la revue We Demain. Il existe en France 150 espèces de ver de terre. Mais une, l'allolobophora rosea, est menacée de disparaître de nos jardins. Selon Libération, sa population aurait été divisée par quatre en 40 ans.  De plus en plus de sols stériles. Pourquoi une telle déliquescence de l'espèce ? "Les traitements que l’on donne au sol, pesticides et engrais, empoisonnent les vers", note d'abord le scientifique. "Or, on sait que les vers de terre sont essentiels : ils fertilisent le sol, ils creusent des tunnels par lesquels l'air et l’eau pénètrent. Les sols où il n'y a plus de vers de terre sont stériles", alerte-t-il. Dans un rapport de l'organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), publié en 2016, plus de 200 scientifiques spécialisés de 60 pays, le constat est accablant. Entre 25 et 40 milliards de tonnes de l'épiderme de la planète sont emportés chaque année à cause de l'érosion, du tassement, de la perte de nutriments et de biodiversité, de l'acidification, des pollutions, de l'engorgement ou encore de la salinisation.  Un sujet "pas glamour" mais essentiel. Le scientifique souligne aussi le danger que représente les "grosses machines agricoles qui écrasent le sol", et empêchent les vers de terre de progresser dans leur environnement naturel. Cette catastrophe écologie "est évidemment moins spectaculaire que le réchauffement climatique", concède Hubert Reeves. "Ça ne fait pas la une des journaux. (…) C'est facile de parler de l'ours blanc, vous en faites de belles photos. Pas avec le ver de terre, car ce n'est pas glamour. Mais il est temps de le faire savoir", insiste le défenseur de l'environnement. 
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Laurent Retière, technicien de l'environnement : «Les ventes par messages privés compliquent le ... (dim., 27 mai 2018)
L'ONCFS est en première ligne dans la lutte contre le trafic d'espèces protégées sur Internet. Quelles sont ses actions ? Nous avons un volet «renseignement» où nous recevons des informations, soit d'autres services de police, soit de particuliers qui nous signalent des infractions susceptibles de se faire sur internet. Nous faisons aussi nos propres recherches avec des systèmes de mots-clefs pour scanner en temps réel ce qui se passe sur la Toile. Mais cela ne représente pas la totalité de notre activité, loin de là. Au quotidien, ce sont plutôt des problèmes de détention d'animaux. Internet est l'un des outils de commercialisation de la faune, tout simplement en raison de sa simplicité. L'anonymat sur internet doit aussi compliquer la tâche… Soit ça passe par internet, soit ça passe par des forums privés ou des groupes Facebook d'éleveurs, de passionné et d'associations, mais qui sont fermés. Les ventes peuvent s'y faire sous forme de messages privés, ce qui complique les contrôles. D'autant qu'en fonction des espèces, des noms de code particuliers sont utilisés pour éviter d'être repérés. Pour l'ivoire par exemple, ils appellent ça de la «matière précieuse». Quelles sont vos prérogatives en termes de police ? Nous intervenons souvent mais un peu dans l'ombre. Nous ne sommes pas des officiers de police judiciaire, mais nous avons des pouvoirs de police. Nous pouvons ouvrir l'équivalent des enquêtes préliminaires en gendarmerie et sommes habilités à faire des perquisitions, mener des auditions, faire des saisies sur commission rogatoire et même des réquisitions téléphoniques. Les animaux saisis sont souvent remis à l'ONCFS. Qu'en faites-vous ? Ce n'est pas le tout de faire la procédure, il faut trouver la solution pour placer l'animal. Il n'est pas question de le laisser chez la personne. Malheureusement, en France, nous avons une très grosse difficulté là-dessus. Il n'existe aucune structure étatique capable de gérer les animaux d'origine illégale. Systématiquement, on est obligés de passer soit par des parcs zoologiques, mais c'est compliqué, soit des placements dans des structures spécialisées à l'étranger, notamment en Belgique et en Hollande. Cela devient de plus en plus compliqué. Quelles ont été les saisies les plus marquantes de votre carrière ? Un jour, nous avons fait une saisie de 640 tortues chez un particulier qui tenait un élevage clandestin. On a aussi retrouvé un lion et même une panthère chez un autre particulier. Aussi étonnant que ça puisse paraître, ça n'est malheureusement pas si difficile, par exemple, de se procurer un bébé félin en France. Je me souviens d'un autre dossier où on avait saisi plus de 30 000 € en liquide sur des perquisitions. C'était du trafic de rossignols du Japon et de chardonnerets (une espèce de passereaux, NDLR). Plus anecdotique, un jour, on a aussi démantelé un atelier clandestin de godemichés en ivoire, qui étaient revendus à Cannes… Quelles sont les qualités nécessaires à l'exercice de ce métier ? C'est forcément un métier passion. Il faut qu'on soit capable d'identifier et de manipuler un nombre extrêmement grand d'espèces et être capables de connaître leur réglementation spécifique.
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Météo: un ciel couvert pour ce dimanche (dim., 27 mai 2018)
Le ciel sera donc souvent gris pour ce dimanche avec des éclaircies par moments. De rares averses chargées de sable seront possibles. La chaleur sera toujours présente. Sirocco à 40/60km/h dans l’après-midi faiblissant en soirée mais résistant à l’Est du 13. TEMPÉRATURES : 19 à 21° le matin et 24 à 28° dans l’après-midi.
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Avec Greenpeace, à bord de l'« Esperanza » (dim., 27 mai 2018)
Vingt heures, en ce début mai, à 70 milles nautiques de la côte guyanaise. L’Esperanza n’est plus qu’un petit point lumineux qui se balance au rythme de la houle, dans un océan immense, plongé dans la nuit. À la poupe, il fait doux. Les matelots ont mis quelques chaises déglinguées autour d’une table en bois, sur laquelle sont disposées des canettes de sodas et de bières. On discute, on rit, en fumant quelques cigarettes. Déjà cinq semaines que le bateau de Greenpeace – l’un des trois que possède l’ONG – est en expédition au large de l’embouchure de l’Amazone. Après une halte à Cayenne, il vient de lever l’ancre à nouveau, dans les eaux françaises. Cet instant de détente est rare. Quelques tubes tournent en boucle au-dessus de la mer déserte. Notre dossier  : À bord de L’« Esperanza », à la découverte du récif corallien de l’Amazone avec Greenpeace La mission a été imaginée deux ans plus tôt. Précisément, lors de la publication d’un article dans la revue Science Advances, dans lequel des scientifiques brésiliens décrivaient un récif corallien insoupçonné, découvert au large de l’embouchure de l’Amazone. Jusque-là, on pensait que les coraux ne pouvaient pas se développer à cet endroit : trop d’eau douce, pas assez de lumière. « Cela a fait tilt », raconte François Chartier, chargé de campagne océan chez Greenpeace. « Nous savions que des groupes pétroliers, Total en tête, avaient acquis cinq blocs de concession maritime au nord du Brésil. Il y avait quelque chose à tenter. » L’Esperanza, un ancien navire de la marine russe À Sao Paulo, siège de « GP » Brésil, comme à Paris, la stratégie ne tarde pas à se mettre en place. Plutôt qu’une opération coup de poing, dont elle est coutumière, l’ONG choisit de passer par la science. L’idée ? Fournir à l’Ibama, l’Institut brésilien pour l’environnement (qui délivre les autorisations d’exploiter), le maximum de connaissances sur ces fonds marins encore peu étudiés, à une centaine de kilomètres au large de l’État d’Amapa. Total étant un groupe français, les militants décident aussi de s’intéresser à la Guyane voisine : le récif corallien de l’Amazone va-t-il jusque-là ? Après une première expédition en janvier 2017, qui permet de rapporter de précieuses photos, une nouvelle mission est organisée ce printemps. L’Esperanza quitte Bordeaux en mars, cap sur Belém. Début avril, l’expédition démarre. Lire  : Le Japon poursuit sa chasse à la baleine Cette fois, donc, pas de baleiniers japonais à courser dans les eaux agitées de l’Antarctique ; pas de plateforme pétrolière à prendre d’assaut, armés de baudriers, de cordages et de courage. L’Esperanza, cet ancien navire de la marine russe racheté en 2000 pour la défense des océans, s’est trouvé un nouveau rôle avec cette mission de recherche. Mais tout vient rappeler ses opérations passées : une baleine bleue, peinte sur l’un de ses flancs ; des affiches de campagne, accrochées de la proue à la poupe, « Save the Whales », contre le nucléaire, la surpêche au thon, etc. On y trouve aussi les photos des pionniers, militants barbus et souriants, sur le pont du Rainbow warrior et d’autres navires. Un navire difficile à stabiliser « L’enjeu, c’est d’être le plus efficace possible, poursuit François Chartier. L’avenir de la zone est entre les mains de l’Ibama, qu’il faut aider à résister. La pression des lobbys pour exploiter le pétrole brésilien est énorme ». Pas simple, néanmoins. L’Esperanza n’a pas été conçu pour des missions scientifiques et présente un sérieux handicap : « Il n’est pas fait pour être maintenu dans un état stationnaire en mer et garder un cap précis quelles que soient les conditions de vent et de houle », reconnaît le capitaine, Vladimir Votiacov. Lire  : L’« Esperanza », bateau de Greenpeace tout terrain Or, la stabilité du navire est nécessaire pour effectuer des prises de vue et recueillir des échantillons par 100 mètres de fond. En particulier pour utiliser le robot sous-marin « ROV », un condensé de technologies de deux tonnes installé sur l’héliport du bateau, équipé de bras mobiles et de caméras que l’on utilise habituellement dans l’industrie off-shore. Coût de la location pour trois mois, selon Greenpeace : 200 000 €. Alors à la poupe, ce soir de mai, on s’inquiète. Quelles seront les conditions météo, demain ? Pourra-t-on mettre le ROV à l’eau ? Depuis le départ de Cayenne, impossible. « Cela peut sembler surprenant, car la mer semble lisse, il fait beau… Mais sous la surface, c’est tumultueux », indique le capitaine. Ces derniers jours, de puissants courants ont empêché l’opération. Le ROV est resté dans sa cage en métal, à la déception de tous. Le temps est compté De Gizele Duarte Garzia, surtout. Une petite femme au visage grave, d’une cinquantaine d’années, qui dirige l’équipe de quatre scientifiques embarquée à bord. Chaque matin, sa tasse de café à la main, cette spécialiste des micro-organismes marins, professeur à l’université de Rio, porte un regard soucieux vers les flots capricieux. Le temps est compté. Comment, en six jours, rapporter des preuves du récif en Guyane si la météo s’acharne ? Lire aussi  : Dans les cuisines de L’« Esperanza » Heureusement, l’équipe a assuré ses arrières, et dispose d’autres équipements. Un sonar « à balayage latéral », un engin effilé permettant de cartographier les fonds ; et deux petites caméras très performantes, lestées d’une drague pour récolter des échantillons, que l’on immerge aux endroits propices au récif. Là encore, les courants menacent. Au-dessus du bastingage, la vigilance est de tous les instants. Ce sont les deck hands qui opèrent. Cinq matelots dont la jeunesse semble contagieuse, qui bondissent aux ordres du bosco, actionnent les poulies, tirent sur les cordages, descendent et remontent inlassablement les délicats appareils, sous l’œil attentif des biologistes. Vie de bohème et discipline militaire Pour cette traversée, trois d’entre eux sont des filles, Mélissa, Usnya et Céline – chose rare sur les bateaux. Des trentenaires à la vie atypique, qui passent trois mois en mer, dans le huis clos du bateau, puis trois mois de congés à terre, dans un quotidien ouvert à tous les vents. Et qui souvent repartent, alternant ainsi vie de bohème et discipline militaire, assumant les risques d’embarquer avec une ONG qui se bat contre les multinationales et certains gouvernements. Lire  : Les eaux profondes, défi scientifique et industriel Ana Paula Alminhana Maciel en a payé les frais. Sur l’Esperanza, talkie autour du cou et casquette à fleurs, la jeune femme est maître de manœuvre. L’œil rivé sur sa montre, toujours en contact avec la passerelle, elle dirige l’équipe des deck hands avec une fermeté feutrée. Il y a cinq ans, cette Brésilienne a été arrêtée, comme 29 autres militants de Greenpeace, par un commando de gardes-côtes russes, alors que l’ONG menait campagne contre Gazprom dans l’océan Arctique. Poursuivie comme les autres pour « piraterie en bande organisée » – passible de quinze ans de prison – Ana Paula a passé deux mois éreintants à la prison de Mourmansk avant d’être libérée. Portrait  : Céline, 25 ans, matelot sur l’« Esperanza » « Cela n’a fait que renforcer mon engagement », assure cette Brésilienne, originaire de Porto Alegre. « Quand on part, on sait qu’il y a des risques, mais on se dit que tout va bien se passer, comme dans la majorité des expéditions. Ce qui importe, c’est que ma vie ait un sens et je le trouve à Greenpeace, en me battant pour la planète et les océans », poursuit la jeune femme, qui porte sur la nuque le tatouage d’une baleine. Depuis 2013, Ana Paula est toujours repartie en mer, refoulant derrière elle les souvenirs de la prison et des commandos de Poutine. Des expéditions risquées Parmi les « 30 de l’Arctique », d’autres n’y sont pas parvenus. « Cette expérience a été très violente », confirme François Chartier, qui n’y était pas, mais a déjà huit expéditions en mer au compteur. Avant chaque départ, ce père de famille à l’allure de vieux loup de mer mesure les risques, concédant qu’il n’est pas prêt à tout. Cette fois, au large de l’Amazone, rien de comparable aux périlleuses opérations de l’Arctique. Mais, comme tout chargé de campagne, ce dernier endosse une certaine pression, partagée avec Helena Spiritus, jeune recrue du bureau de Sao Paulo. D’abord parce qu’aucune mission en mer n’est sans danger ; ensuite parce que Total, comme les autorités, ne se font pas oublier. « On a mis six mois à obtenir l’autorisation de travailler dans les eaux françaises », assure François Chartier, qui, matin et soir, doit envoyer un rapport à la marine nationale. De son côté, Total suit le navire à la trace, contestant l’impact de ses découvertes sur la légitimité de ses projets pétroliers. « C’est bon signe, note le militant. Cela montre que l’on dérange, donc que l’on tape au bon endroit. » Chaque jour, au crépuscule, dans une petite salle du bateau bardée d’ordinateurs portables, l’équipe se réunit pour établir la stratégie du lendemain. Le lien est quasi permanent avec les bureaux à terre, notamment ceux de Greenpeace international, aux Pays-Bas. Une campagne loin d’être gagnée Par sa part, Gizele, l’universitaire de Rio, assume de travailler aux côtés d’une ONG aux visées politiques. « C’est gagnant-gagnant, estime-t-elle. Greenpeace met à notre disposition d’importants moyens logistiques, qui nous permettent d’affiner nos connaissances sur le récif ; de notre côté, nous leur apportons des données scientifiques objectives, qui peuvent servir leurs combats. » Quatre jours après le départ de Cayenne, une soudaine légèreté semble flotter au-dessus de l’Esperanza. Gizele s’est départie de sa gravité, Helena sourit. Victoire ! Après de nombreuses « plongées », les images et les échantillons ont finalement apporté les preuves tant espérées – même sans le ROV. Après avoir démontré en avril, durant la partie brésilienne de la mission, la présence du récif de l’Amazone dans les concessions de Total, Greenpeace vient de prouver qu’il se poursuit en Guyane. Relire  : Pour Greenpeace, le récif corallien de l’Amazone se prolonge au large de la Guyane Sur les vidéos, des formes et des couleurs éclairent le visage des passagers : des éponges, des coraux, des gorgones, toutes sortes de poissons, un creuset de richesses biologiques. Avant de rentrer à Cayenne, un grand barbecue est organisé à la poupe. L’heure est à la fête. Bien sûr, la campagne est loin d’être gagnée. « Le sort de ces eaux est aux mains de l’Ibama et des autorités françaises, rappelle François Chartier. Mais avec de tels résultats, il leur sera difficile d’assumer la destruction d’écosystèmes extraordinaires, qui n’ont pas encore dévoilé leurs secrets. » « Je suis confiante, glisse Helena Spiritus. Les lobbys du pétrole sont puissants, certes. Mais nous, nous sommes nombreux. » ----- Véritables « récifs » ou « formations coralliennes » ? À l’échelle mondiale, les écosystèmes coralliens représentent moins de 1 % des fonds sous-marins mais ils abritent un tiers des espèces marines connues. Souvent constitués de plusieurs espèces de coraux, ils attirent une grande diversité d’organismes marins, poissons, mollusques, crustacés, etc. Ils sont donc des lieux majeurs de biodiversité et ont une importance socio-économique réelle via la pêche et le tourisme. Toutefois, partout sur la planète, ces écosystèmes fragiles subissent des menaces, liées à la pression démographique, à l’urbanisation, à la perte d’habitats marins et au réchauffement climatique. En Australie, la grande barrière de corail (348 000 km2) a récemment subi de graves épisodes de blanchissement. Fin avril, le gouvernement australien a promis plus de 300 millions d’euros pour protéger le récif, qui constitue aujourd’hui le plus vaste ensemble corallien du monde. Au large de l’Amazone, l’écosystème décrit pour la première fois en 2016 est très différent. Il s’agit d’assemblages d’espèces disséminées sur les fonds et non d’une « barrière ». Le biologiste du CNRS Serges Planes préfère parler de « formations coralliennes ». Au sein de ces assemblages, rappelant le coralligène de Méditerranée, on trouve des éponges, des coraux, des gorgones, des poissons, des rhodolites – concrétions calcaires issues d’algues calcifiées –, etc. Pour le chercheur, il s’agit d’un « écosystème original, inattendu dans de telles zones », autrement dit à l’embouchure de grands fleuves. Il y voit « une originalité écologique et biologique »qui mérite de plus amples recherches.
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Tchad : campagne de promotion et de renforcement de la 4ème République (dim., 27 mai 2018)

Le secrétaire général de l’Alliance des Défenseurs des Droits Humains et de l’Environnement au Tchad (ADHET), Abba Daoud Nandjede. Alwihda Info Le secrétaire général de l’Alliance des Défenseurs des Droits Humains et de l’Environnement au Tchad (ADHET), Abba Daoud Nandjede. Alwihda Info Le secrétaire général de l’Alliance des Défenseurs des Droits Humains et de l’Environnement (ADHET), Abba Daoud Nandjede a fait, ce vendredi 25 mai, au CEFOD de N’Djamena, un point de presse pour annoncer le lancement de la campagne de promotion et de renforcement de la quatrième République. Cette campagne placée sous le signe de la lutte contre la corruption, le détournement des deniers publics et la protection de l’environnement, se déroulera le 15 juin prochain et s’étalera sur dix jours en réunissant les points focaux de l’ADHET et les organisations affiliées des régions du Moyen Chari, Mandoul, Logone Oriental, Logone occidental, Tandjilé, Mayo Kebbi Est et Ouest à Moundou pour la partie méridionale et des régions de Bahr El Gazel,Batha, Guera, Ouaddai, Sila et Salamat à Mongo. Elle vise à promouvoir et à assurer la promotion des valeurs incarnées par la quatrième République à l’effet d’encourager les plus hautes autorités à leur mise en œuvre effective et dans l’urgence par le mécanisme d’ordonnance dont le président de la République est habilité. Selon l’ADHET, cette procédure est la seule qui pourrait éviter la lenteur qui caractérise le mécanisme parlementaire. La campagne permettra également de contribuer au changement de comportements en raison desquels le chef de l’Etat dit inviter chaque tchadien à opérer un changement de paradigme dans la manière de concevoir l’action politique. Le secrétaire général de l’Alliance des Défenseurs des Droits Humains et de l’Environnement (ADHET), Abba Daoud Nandjede a affirmé que ces principaux changements inclus dans la quatrième République sont ceux qui mettent en avant les nouvelles valeurs de la quatrième République qui peuvent contribuer au renforcement de la bonne gouvernance, de l’unité nationale et de la protection de l’environnement. Il a souligné que ces nouvelles valeurs sont entre autres le renforcement de la démocratie, la justice sociale, la garantie de l’Etat de droit, la réorganisation de la vie politique et associative et le renforcement de la bonne gouvernance.
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Des collégiens ambassadeurs du développement durable (dim., 27 mai 2018)
1 mois - Formule Numérique - Les infos locales dès 6h du matin, 24H/24, 7J/7. Toute l'actualité sur dna.fr pendant 1 mois. Le journal en numérique sur ordinateurs, tablettes et smartphones. Les archives des 30 derniers jours. Renouvellement par tacite reconduction. Prélèvement bancaire Type de paiement accepté paiement accepté paiement accepté prélèvement avec tacite reconduction
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Aux petits soins pour les vieilles branches (dim., 27 mai 2018)
Expert conseil à l’ONF Grand Est, Michel Drouard prodigue des soins aux arbres. Son outil favori : le tomographe. Le 27/05/2018 à 05:00 édition Abonné Aux petits soins pour les vieilles branches Aux petits soins pour les vieilles branches Expert conseil à l’ONF Grand Est, Michel Drouard prodigue des soins aux arbres. Son outil favori : le tomographe. Déjà abonné ? identifiez-vous Réagir connectez-vous Cet article vous a plu ? Devenez fan de la page facebook de votre édition et suivez son compte twitter pour être informé de l’actualité d'Epinal, Remiremont, Saint-Dié, Neufchâteau et leurs environs. Soyez le premier informé en vous inscrivant gratuitement à nos newsletters d’alerte et en téléchargeant notre application mobile pour recevoir les notifications d’alerte Nous vous recommandons aussi Affaire en oriookaz maison et entrepôt maison et entrepôt Reproduction interdite Vous avez une info ? Ecrivez-nous : leralerteinfo@estrepublicain.fr
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