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Municipales à Paris: David Belliard veut interdire la construction de nouveaux hôtels (mar., 15 oct. 2019)
Le candidat écologiste à la mairie de Paris David Belliard a estimé ce mardi qu'il fallait "repenser le tourisme" dans la capitale, proposant notamment d'interdire la construction de nouveaux hôtels et les cars de tourisme des tours opérateurs". Pour lui, le tourisme ne doit plus être "de masse", mais "qualitatif et respectueux de Paris". "Rien n'a été trop beau pour favoriser le tourisme international: organisation de grands événements internationaux (Jeux Olympiques, Grand Prix de Formule E, Fashion Week, etc), création de Zones Touristiques internationales (ZTI) qui permettent l'ouverture des commerces le dimanche. Ces décisions relèvent d'une seule logique, qu'il est temps d'inverser", défend le candidat EELV dans un dossier de presse dévoilant ses propositions. "Le tourisme ne doit plus rimer avec pollution" "Le tourisme ne doit plus rimer avec pollution", estime le candidat, qui veut "interdire la construction de nouveaux hôtels", pour "rentabiliser d'abord l'offre hôtelière existante", affirmant que "17.233 chambres d'hôtel sont vides à Paris chaque soir".       Le candidat écologiste propose aussi de "soutenir les trains de nuit" plutôt que l'avion pour faire venir les touristes, "faire revenir sur le marché locatif de longue durée 15.000 appartements sur les 65.000 aujourd'hui en AirBnB", en réclamant à l'Etat "l'interdiction de la location de meublés touristiques professionnels" et "la réduction à 45 du nombre de jours de location autorisés pour les résidences principales" (contre 120 aujourd'hui). Interdire "les cars de tourisme des tours opérateurs" Il veut aussi interdire "les cars de tourisme des tours opérateurs" dans la capitale, développer l'offre d'hébergement en auberge de jeunesse, offrir à chaque visiteur venu en train un pass Vélib'découverte, mettre en place "une redevance sur les différents points d'arrêts des bus panoramiques" et créer "un service municipal de transports et de mobilité touristique à moindre émission".      David Belliard est crédité de 13% d'intentions de vote, selon un sondage de mi-septembre, face notamment à une liste de la majorité municipale qui serait menée par Anne Hidalgo (24%), à une de l'ancien porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux (17%) ou encore une menée par le député LREM Cédric Villani (15%).
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Construction de 19 logements sociaux rue de l'Industrie, à Mers-les-Bains (Tue, 15 Oct 2019)
LOGEMENTS Les futurs logements ne seront qu’à cinq minutes à pied du centre-ville de Mers-les-Bains, et à moins de dix minutes de la mer. Mis en ligne le 15/10/2019 à 18:43 La vieille bâtisse et la parcelle d’herbe à la fin de la rue de l’Industrie à Mers-les-Bains vont bientôt laisser place à un immeuble de logements sociaux locatifs. Lancés depuis le 1er octobre, les travaux sont en phase de préparation, avec la réalisation des plans d’exécution des entreprises présentes sur le chantier. Cette phase, qui devrait durer un mois et demi, sera suivie de la démolition de l’immeuble actuellement en place.
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VIDÉO. Cherbourg : bientôt 3 immeubles de 180 logements en construction dans la zone des ... (Tue, 15 Oct 2019)
Le projet de la zone des Bassins à Cherbourg prend forme, avec l'annonce de la construction de trois immeubles de 180 logements, dont une résidence seniors. Publié le 15 Oct 19 à 19:09 Vue d'artiste du quartier des Bassins à l'horizon 2020. Vue d’artiste du quartier des Bassins à l’horizon 2020. (©Capture d’écran Arka Studio) À Cherbourg-en-Cotentin, la suite des projets dans la Zone d’aménagement concerté (ZAC) des Bassins se précise. Outre le centre de santé Brès-Croizat, de nouveaux logements vont être construits sur le terrain situé entre la rue Jacques-Rouxel, l’avenue Carnot et la place Louis-Darinot. Lire aussi : Centre de santé et établissement de cure : l’offre de soins se structure au centre de Cherbourg Une résidence seniors Pilotée par la Shema (Société hérouvillaise d’économie mixte pour l’aménagement) et Eiffage, l’opération comprendra une résidence seniors de 119 logements avec services (restauration, entretien, animations…) gérée par Domytis. Ce groupe gère déjà notamment la résidence Le Phare d’Argent à Tourlaville. Le maire délégué de Cherbourg-Octeville, Sébastien Fagnen, précise : Ce sont des appartements pour vivre en autonomie, avec cuisine et salle de bains. Et il y a des espaces communs, ce qui est bon pour le lien social et la convivialité. On est sur un système assez comparable aux résidences des Roquettes (Octeville) et du Vieux-Château (Cherbourg). Cette future résidence seniors dans la ZAC des Bassins sera proche du centre-ville et de ses commerces, et proche de l’hôpital et du futur centre de santé, c’est un positionnement vraiment idéal. » Sur le site internet www.stella-management.com, on apprend qu’elle « se composera d’appartements du T1 au T3, d’une bibliothèque, d’une salle de cinéma et d’un restaurant ». Lire aussi : Cherbourg-en-Cotentin : le bus nouvelle génération fait toujours débat Plus 60 logements Outre cette résidence seniors, un immeuble de 30 logements locatifs sociaux, gérés par Presqu’île Habitat, et un autre de 30 appartements privés (pour des surfaces allant du T1 au T3) sortiront de terre. Implantés en limite de propriété, les trois bâtiments créeront un îlot central au sein duquel sera aménagé un parking paysager. Le chantier doit débuter au premier trimestre 2020, pour une livraison en 2021. [embedded content] Lire aussi : Cherbourg : une cuisine centrale dans l’ancien hôpital maritime
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Ludger Schwarte : « L'architecture est à la base du politique » (Tue, 15 Oct 2019)
Entretien inédit pour le site de Ballast Des ronds-points trans­formés en assem­blées popu­laires, un centre com­mer­cial occu­pé par des mani­fes­tants éco­lo­gistes : la révolte se sai­sit par­fois de lieux inat­ten­dus. Ludger Schwarte, dans sa récente Philosophie de l’ar­chi­tec­ture, tente de sai­sir ce moment pré­cis où les formes archi­tec­tu­rales qui nous entourent per­mettent à la révo­lu­tion de se réa­li­ser. Le res­tau­rant, les bains publics ou le théâtre, affirme-t-il, sont des espaces poli­tiques, et mon­ter sur la table d’un café pour y faire un dis­cours est un acte archi­tec­tu­ral majeur. Si le point de départ n’est pas neuf — les grands chan­tiers poli­tiques s’é­tant tou­jours sai­sis de l’ar­chi­tec­ture pour orga­ni­ser le contrôle ou l’é­man­ci­pa­tion des popu­la­tions —, la thèse l’est davan­tage : il s’a­git de pen­ser une « anar­chi­tec­ture » qui ne pla­ni­fie plus mais invente des espaces ouverts sus­cep­tibles d’ac­cueillir les luttes. « Dans quelle mesure l’espace public a‑t-il influen­cé la Révolution à Paris ? » : c’est sur cette « intui­tion » que s’ouvre votre livre. En quoi l’organisation de l’espace serait en elle-même poli­tique ? L’architecture est la base du poli­tique. Jusque-là, s’il a été ques­tion de l’architecture en phi­lo­so­phie, on l’a seule­ment trop sou­vent étu­diée comme objet esthé­tique. Or l’architecture n’est pas un simple décor ou cadre aléa­toire. On ne peut pas décrire et ana­ly­ser le dérou­le­ment des évé­ne­ments sociaux et poli­tiques sans recou­rir à elle. Je pars d’une consta­ta­tion faite en étu­diant l’histoire des espaces publics : une révo­lu­tion connaît deux types de dra­ma­tur­gies, à savoir l’assaut sur le palais du sou­ve­rain et le ren­ver­se­ment de la sta­tue du sou­ve­rain sur la place de la ville. Ce der­nier modèle a vu le jour à Paris, du 11 au 13 août 1792 : les masses révo­lu­tion­naires arrachent les sta­tues de Louis XIV et Louis XV sur la place des Victoires, la place Vendôme et la place Louis XV — rebap­ti­sée place de la Révolution, et aujourd’­hui place de la Concorde. 100 ans plus tôt, ces lieux n’exis­taient pas à Paris. L’irruption de ces masses humaines, poli­ti­que­ment moti­vées, leur débor­de­ment sur les places et les rues ne se réduit pas à des ques­tions de den­si­té démo­gra­phique ou de répar­ti­tion topo­lo­gique. Si la Révolution fran­çaise passe pour la pre­mière sor­tie bru­tale d’un grand nombre de per­sonnes hors des espaces clos, il a fal­lu pour cela qu’existent des espaces publics nou­vel­le­ment bâtis. « L’architecture n’est pas un simple décor ou cadre aléa­toire. On ne peut pas décrire et ana­ly­ser le dérou­le­ment des évé­ne­ments sociaux et poli­tiques sans recou­rir à elle. » De même, de nom­breuses places comme la place Alexander à Berlin, la place Tahrir au Caire, la place de l’Indépendance à Tunis ou la place Maidan à Kiev sont issues de ces archi­tec­tures pari­siennes. Sans l’exis­tence de ces lieux, les mani­fes­ta­tions de masse qui ont pro­vo­qué les révo­lu­tions n’au­raient pas pu sur­ve­nir. C’est le but de mon approche phi­lo­so­phique de l’architecture que de déter­mi­ner le rôle qu’elle a pu jouer dans les évé­ne­ments sociaux. Bien sûr, l’extension des espaces publics n’a cer­tai­ne­ment pas, à elle seule, cau­sé les révo­lu­tions. Prétendre cela serait tout aus­si faux que de dire, à l’inverse, qu’ils en ont été les conte­nants neutres. Mais ces espaces ont cer­tai­ne­ment don­né forme aux évé­ne­ments et donc ren­du pos­sible la révo­lu­tion. L’architecture n’est ni le « médium » ni le « théâtre » de la révo­lu­tion ; sa puis­sance consiste à conce­voir des nou­velles pos­si­bi­li­tés, à rendre pos­sible. Elle est une res­source publique. Dans Surveiller et punir, Foucault a mon­tré com­ment les tech­niques du pou­voir moderne avaient inves­ti le domaine archi­tec­tu­ral : les écoles, les hôpi­taux, les usines, les pri­sons étaient désor­mais conçus comme des dis­po­si­tifs dis­ci­pli­naires — ce modèle triom­phant dans le célèbre pan­op­ti­con. Par quelles formes archi­tec­tu­rales passent aujourd’hui le contrôle et la sur­veillance ? J’ai conçu ce livre un peu comme une réponse à Foucault. Il a beau­coup par­lé de l’ar­chi­tec­ture (dans son Histoire de la folie à l’âge clas­sique, dans laquelle il parle du « grand ren­fer­me­ment », puis dans Surveiller et punir ou dans Naissance de la cli­nique) sans avoir consa­cré d’ou­vrage à cette ques­tion. Je crois que la ligne qu’il des­sine reste assez claire et valable. Ça com­mence avec les grandes for­te­resses et les châ­teaux forts, qui sont rem­pla­cés par les palais au XVIIe siècle. On passe des don­jons aux pri­sons, qui s’a­vèrent bien moins mor­telles et où l’on trouve moins l’idée de tor­ture que d’é­du­ca­tion sociale et de mora­li­sa­tion : elles sont plus aérées, ont plus de lumière… Il y a alors une ten­dance aux espaces trans­pa­rents et hygié­niques (et on aper­çoit déjà Le Corbusier à la fin de ce déve­lop­pe­ment). Ce sont des lieux où il faut se com­por­ter selon les normes de la socié­té, où la vie ne paraît et n’a de place que dans la mesure où elle est déjà pro­duite par la norme. (Gordon Matta-Clark) Mais aujourd’­hui l’ar­chi­tec­ture est beau­coup plus fine et tech­ni­que­ment plus avan­cée : on n’a plus besoin de pri­sons ou d’é­coles pour for­mer les gens, pour les faire agir, pen­ser ou sen­tir dans la direc­tion du pou­voir et du gou­ver­ne­ment. En d’autres termes, l’architecture n’exerce plus tel­le­ment son pou­voir par la répar­ti­tion de l’espace social, de l’allocation, de l’aménagement du ter­ri­toire — même si cette dimen­sion n’est pas du tout négli­geable. Elle s’intègre dans la sub­jec­ti­va­tion et dans la bio­lo­gie. Les corps y sont des chiffres ; les intel­li­gences des états. L’architecture s’insinue dans les manières de se voir et de se for­mer soi-même, d’être en contact avec les autres. La sur­veillance se construit par exemple par des tech­niques vidéos : on ne sait jamais si la camé­ra de notre ordi­na­teur est allu­mée ou éteinte, on laisse une trace de nous depuis chaque appa­reil qu’on uti­lise. Il n’y a plus de dehors, plus d’au-delà, plus de dési­rs pro­fonds ou de puis­sances de faire autre­ment ; au contraire, même, car ces nou­velles archi­tec­tures et infra­struc­tures de la sur­veillance exercent sur nous une grande ten­ta­tion. La sur­veillance s’est inten­si­fiée et il est plus dif­fi­cile d’y résis­ter, de trou­ver un espace libre. « La sur­veillance s’est inten­si­fiée et il est plus dif­fi­cile d’y résis­ter, de trou­ver un espace libre. » Foucault a donc rai­son de décrire l’ar­chi­tec­ture comme une tech­no­lo­gie de pou­voir, contre les autres approches qui exis­taient jus­qu’à son livre et qui la conce­vaient comme un art ou comme un lan­gage. J’ai même pour­sui­vi ses réflexions jus­qu’à Giorgio Agamben, qui consi­dère que nous vivons aujourd’­hui prin­ci­pa­le­ment dans des camps, des camps de concen­tra­tion. Pour lui, notre vie, nos corps sont aujourd’hui à la dis­po­si­tion des grands appa­reils, sont inves­tis poli­ti­que­ment et bio­lo­gi­que­ment. Je suis d’ac­cord avec ça, mais ce que je vou­lais mon­trer de plus, c’est que l’ar­chi­tec­ture peut aus­si jouer un rôle dans les mou­ve­ments d’é­man­ci­pa­tion et de libé­ra­tion. Il y a à ma connais­sance un seul texte très tar­dif de Foucault où il réflé­chit sur cette pos­si­bi­li­té. Il y consi­dère cer­taines archi­tec­tures uto­piques du XIXe siècle, en disant qu’elles ont pu être ima­gi­nées comme libé­ra­trices. Il ajoute qu’il peut par exemple y avoir des archi­tec­tures pour toute sorte de pra­tiques éro­tiques libres. Mais fina­le­ment, pour lui, cette dis­po­si­tion dépend tou­jours de la pra­tique des gens et jamais de l’architecture elle-même. Pour moi, les pra­tiques libres de l’é­ro­tisme ou de l’a­mour dépendent de cer­taines infra­struc­tures. Par exemple, les dar­krooms que fré­quen­tait Foucault sont aus­si des archi­tec­tures spé­ci­fiques qui ont ren­du pos­sible ces rela­tions-là. Des lieux dédiés à la maî­trise des foules et pen­sés par le pou­voir pour rendre impos­sible l’émeute ont été réem­ployés par des mou­ve­ments révo­lu­tion­naires : la colonne Vendôme lors de la Commune de Paris ; les artères hauss­man­niennes en mai 1968 ; les Champs-Élysées avec les gilets jaunes. Comment se fait-il que de tels lieux ou monu­ments soient ain­si réap­pro­priés ? Dans un souk ou dans le Paris des petites ruelles médié­vales, il était impos­sible pour des cen­taines voire des mil­liers de gens de s’assembler, de se per­ce­voir mutuel­le­ment et de for­mer un mou­ve­ment de cette ampleur. Il faut donc d’abord ana­ly­ser ces endroits à par­tir de ce qu’ils per­mettent phy­si­que­ment. Deuxièmement, les lieux des­ti­nés à la dis­ci­pline, au contrôle ou même à l’humiliation — car l’architecture de la ville, dans ces dimen­sions-là, est une vio­lence sym­bo­lique —, appellent des réponses vio­lentes. Troisièmement, il est vrai que les foules se réap­pro­prient de tels lieux, mais elles font plus qu’y habi­ter, déve­lop­per leurs rou­tines, appli­quer leurs décors ou bri­co­ler ici où là. Certes les usa­gers dépendent tou­jours des actes archi­tec­to­niques qui sont à l’origine de ces espaces, c’est-à-dire leurs struc­tures pré­con­çues et pré­pro­gram­mées par les archi­tectes, les ingé­nieurs sociaux, les poli­ti­ciens. Pour autant, quand, en 1789, Camille Desmoulins monte sur la table pour haran­guer la foule et crier « Aux armes ! », quand il déclenche ain­si le mou­ve­ment qui va démo­lir la Bastille, il ne se contente pas de se « réap­pro­prier » un espace, il opère à son tour un véri­table acte archi­tec­to­nique qui agit comme un nou­veau prin­cipe d’usage. Car il y invente la tri­bune, typi­que­ment moderne, qui fait pas­ser les autres per­sonnes pré­sentes dans le Palais Royal d’un public dis­per­sé à une masse poli­tique consti­tuée. De manière géné­rale, quoiqu’elles soient tou­jours des mani­fes­ta­tions de la pla­ni­fi­ca­tion humaine, les confi­gu­ra­tions archi­tec­tu­rales excèdent tou­jours les inten­tions, les plans, les signi­fi­ca­tions de leur archi­tecte. Chaque ana­lyse qui cherche à révé­ler de ces espaces leur ordre, leur signi­fi­ca­tion et leur fina­li­té fonc­tion­nelle, est donc erro­née. (Gordon Matta-Clark) La place est un espace par­ti­cu­liè­re­ment inté­res­sant en ce sens car sa fonc­tion a évo­lué de manière contra­dic­toire au gré du temps et des pou­voirs. Ce sont d’abord les muni­ci­pa­li­tés répu­bli­caines du nord de l’Italie qui les ont ins­ti­tuées à la fin du XIIe siècle, d’après l’exemple antique, pour déve­lop­per de nou­velles formes de vie civile. Dans cette pers­pec­tive, elles peuvent être consi­dé­rées comme autant de car­re­fours dans un réseau de che­mins dif­fé­rents : la place ouvre des options de mou­ve­ment et sup­prime ses divers modes d’ap­pro­pria­tion, elle trans­forme la coexis­tence en union. Ainsi, les « Piazzas » de Venise, Florence, Sienne et Pise sont des mani­fes­ta­tions de mou­ve­ments répu­bli­cains et témoignent de la ger­mi­na­tion de la sou­ve­rai­ne­té popu­laire. Par la suite, un nou­vel élé­ment archi­tec­tu­ral est appa­ru sur la place, à savoir le monu­ment cen­tral ; l’arrivée des sta­tues, à Florence, s’observe jus­te­ment au moment du pas­sage de la consti­tu­tion répu­bli­caine à la consti­tu­tion prin­cière. En occu­pant le centre de la place, la sta­tue équestre de Cosimo sur la Piazza del­la Signoria, par exemple, empêche les formes d’utilisation répu­bli­caines de l’espace et trans­forme le vide cen­tral en un lieu de pro­pa­gande aris­to­cra­tique. C’est ce qu’on a appe­lé « l’es­thé­ti­sa­tion » — mais qui signi­fie concrè­te­ment l’oc­cu­pa­tion, par des monu­ments réac­tion­naires, d’un espace ouvert labo­rieu­se­ment dis­pu­té. À Berlin, quelque chose de simi­laire est en train de se pro­duire avec la recons­truc­tion du châ­teau au centre de la ville. On ne peut pas com­prendre l’organisation archi­tec­tu­rale d’une com­mu­nau­té si on ne l’apprécie pas à par­tir de son inves­tis­se­ment par dif­fé­rentes forces poli­tiques. À la suite de la place urbaine, vous décri­vez suc­ces­si­ve­ment le parc, la rue ou encore le cime­tière comme autant d’« excep­tions », rom­pant avec l’architectonique du pou­voir et ouvrant « la pos­si­bi­li­té d’événements révo­lu­tion­naires ». Qu’en serait-il des ronds-points, tels qu’ils ont pu être appro­priés par les gilets jaunes ? « Les car­re­fours et les ronds-points sont des nœuds de com­mu­ni­ca­tion qui ont inévi­ta­ble­ment un poten­tiel public. Ça n’est pas un hasard si ces lieux-là ont été inves­tis. » Les car­re­fours et les ronds-points sont des nœuds de com­mu­ni­ca­tion qui ont inévi­ta­ble­ment un poten­tiel public. Ça n’est pas un hasard si ces lieux-là ont été inves­tis. Si la plu­part du temps les villes ou les vil­lages ont été construits sans espace public — les places sont plu­tôt une excep­tion dans l’his­toire archi­tec­tu­rale mon­diale —, on n’a jamais pu évi­ter d’en faire aux car­re­fours. Je crois que ce livre répond un peu à ce mou­ve­ment qui trans­forme les routes com­mu­ni­ca­tion­nelles en lieux de mani­fes­ta­tion pour ceux qui n’ont pas été écou­tés avant, qui ont eu l’im­pres­sion de ne pas avoir eu de voix dans le sys­tème poli­tique fran­çais. Mais je ne sou­tiens pas auto­ma­ti­que­ment ce mou­ve­ment : il y a une ten­dance dans la phi­lo­so­phie poli­tique fran­çaise à consi­dé­rer que chaque mou­ve­ment social, chaque émeute, chaque révolte est d’emblée bon — c’est le cas selon moi du phi­lo­sophe George Didi-Huberman, qui a fait une expo­si­tion et un livre sur l’in­sur­rec­tion. En Allemagne, où l’ex­trême droite des­cend tous les lun­dis dans les rues, comme ça a déjà été le cas dans les années 1920, la phi­lo­so­phie poli­tique est plus pru­dente et ne fait pas aveu­glé­ment l’é­loge de la masse. Certes, depuis la Seconde Guerre mon­diale, par exemple chez la deuxième géné­ra­tion de l’École de Francfort, la phi­lo­so­phie poli­tique alle­mande a peut-être été trop éta­tiste, trop réfor­miste, elle n’a pas vrai­ment posé la ques­tion de la démo­cra­tie. Mais il faut savoir dis­tin­guer les mou­ve­ments qui tendent vers la libé­ra­tion, vers des manières de se com­por­ter pro­pre­ment libé­ra­trices, et non pas machistes ou anti­sé­mites. Car il y a aus­si des insur­rec­tions réac­tion­naires. La façon d’utiliser l’es­pace public en dit beau­coup, et peut-être davan­tage que le trai­te­ment média­tique, sur la direc­tion d’un mou­ve­ment. Le public tel que je le défends dans mon livre est inclu­sif — contre la vio­lence et contre les com­por­te­ments machistes ou racistes dans les rues. Vous oppo­sez la concep­tion de l’es­pace public que vous défen­dez à la réflexion actuelle sur le bien com­mun, que vous cri­ti­quez en par­tie. Pourquoi cette dis­tinc­tion ? Elle est essen­tielle. Les gens qui tra­vaillent sur la notion de bien com­mun ont vu quelque chose de simi­laire à ce que je sou­ligne et pour lequel je lutte. Mais il faut être net dans les concepts. Le bien com­mun reste atta­ché à l’idée de com­mu­nau­té, or la com­mu­nau­té est for­mée de ceux qui ont une place et une voix, de ceux qui comptent déjà, qui ont un nombre et un nom, une iden­ti­té, qui font par­tie d’un ensemble éta­bli et iden­ti­fiable. Il y a des com­mu­nau­tés consti­tuées, mais la démo­cra­tie consiste à ouvrir des res­sources publiques pour ceux qui n’ont pas encore de place. Car les com­mu­nau­tés ont ten­dance à se refer­mer sur elles-mêmes et à deve­nir fas­cistes — la construc­tion d’un « nous » exclu­sif impli­quant la des­truc­tion du « vous », et sur­tout de l’« Autre » qui n’a pas d’identité valide. Ça a été une faute concep­tuelle faite, entre autres, par Jürgen Habermas et Hannah Arendt, qui déve­loppent leur concep­tion de l’es­pace public à par­tir d’une fausse éty­mo­lo­gie : ils rap­prochent le terme « public » du mot grec koi­nôn, qui cor­res­pond à la com­mu­nau­té, alors qu’il fau­drait plu­tôt le lier éty­mo­lo­gi­que­ment au thea­tron, qui désigne « ceux qui se sont ras­sem­blés pour voir » et qui incluent « ceux qui ne sont pas le peuple » — les esclaves, les femmes, les immi­grés —, mais qui font aus­si par­tie de ce public. Il fau­drait donc trou­ver une archi­tec­ture qui éta­blisse des infra­struc­tures pour le public, c’est-à-dire pour tous, même ceux qu’on ne connaît pas, ceux qui n’ont pas de voix, qui n’ont pas d’i­den­ti­té. Contre cette notion de com­mu­nau­té, j’essaie d’am­pli­fier l’i­dée de res­source publique, dont la mise en forme serait la tâche de l’ar­chi­tec­ture. (Gordon Matta-Clark) Le sens de ce public-là n’est alors plus le même que celui qui est pro­duit par une forme éta­tique… Depuis le XVIe siècle et la tra­duc­tion par Jean Bodin du latin res publi­ca en « État », on confond usuel­le­ment les notions d’État et de public. Bien sûr, le public peut béné­fi­cier des « ser­vices publics » qui lui sont dédiés, et c’est une bonne chose que l’État mette à dis­po­si­tion des friches ou des toi­lettes — ou quoi que ce soit. Mais tels qu’on les conçoit le plus sou­vent, les ser­vices publics sont adres­sés aux citoyens d’un État ; ils ne fonc­tionnent donc que dans le cadre d’un État. Or le public dont je parle inclut aus­si ceux qui ne sont pas citoyens. On n’a pas suf­fi­sam­ment vu que la com­mu­nau­té et la citoyen­ne­té ne sont pas iden­tiques au public. Jusqu’au siècle der­nier, les femmes n’étaient pas consi­dé­rées comme citoyennes au sens poli­tique du terme. Et depuis 20 à 30 ans, on a vu émer­ger de larges mou­ve­ments d’é­man­ci­pa­tion qui ont lut­té pour les droits de groupes n’étant pas inclus dans la com­mu­nau­té sociale, éco­no­mique ou poli­tique. En ce sens, l’idée de démo­cra­tie radi­cale devrait aus­si inter­ro­ger ce qui est conçu comme com­mu­nau­té dans le com­mu­nisme (et par là, l’idée même du com­mu­nisme) : le com­mu­nisme sovié­tique n’a pas été suf­fi­sam­ment inter­na­tio­na­liste parce que ceux qui fai­saient par­tie du peuple étaient tou­jours défi­nis éco­no­mi­que­ment ou eth­ni­que­ment. À « l’i­déo­lo­gie pla­ni­fi­ca­trice de l’ar­chi­tec­ture » que vous cri­ti­quez, vous oppo­sez une archi­tec­ture éman­ci­pa­trice que vous qua­li­fiez d’« anar­chi­tec­ture ». Pourtant, un pro­jet tel que celui du Bauhaus en Allemagne dans l’entre-deux guerres se vou­lait révo­lu­tion­naire tout en pas­sant par des trai­tés et une théo­rie de l’ar­chi­tec­ture. Est-ce qu’il faut renon­cer à toute pla­ni­fi­ca­tion pour ima­gi­ner un acte archi­tec­to­nique éman­ci­pa­teur ? « L’idée de démo­cra­tie radi­cale devrait aus­si inter­ro­ger ce qui est conçu comme com­mu­nau­té dans le com­mu­nisme. » J’oppose ce que j’appelle « l’architectonique » — défi­nie par Emmanuel Kant comme l’art des sys­tèmes — à l’architecture pro­pre­ment dite. L’architectonique implique l’idée qu’un ordre ration­nel pré­dé­ter­mine les buts et les objec­tifs, les moyens et les fonc­tions ; elle cherche à recou­vrir toute forme de contin­gence et d’autonomie indi­vi­duelle. Ainsi conçue, l’architecture devient un sys­tème, un pro­gramme, une struc­ture, qui opère comme la loi fon­da­men­tale de notre exis­tence et de notre force d’agir. Notre action se voit alors réduite à l’alternative entre se confor­mer, réa­li­ser le plan (y com­pris dans la dimen­sion créa­tive de l’appropriation) ou se « mal » com­por­ter. De la même manière, le Bauhaus était domi­né par le dis­cours du plan, par l’idée d’une pro­gram­ma­tion sociale. Il croyait non seule­ment pou­voir pré­voir mais même pla­ni­fier le futur, par le tableau com­plet de la socié­té, la cal­cu­la­bi­li­té de la cir­cu­la­tion, de l’évolution, des fonc­tions, etc. Il était basé sur le pos­tu­lat ratio­na­liste selon lequel chaque homme éclai­ré devrait être d’accord avec le consen­sus ration­nel de prin­cipe, maté­ria­li­sé par l’ar­chi­tec­to­nique. Or de telles pré­sup­po­si­tions éli­minent toute ouver­ture de l’horizon, et avec elle toute poten­tielle éman­ci­pa­tion… Elles sug­gèrent qu’on peut se pas­ser d’un vrai pro­ces­sus d’accord et impliquent donc qu’on nie l’humanité de ceux qui ne s’y conforment pas. L’erreur du Bauhaus a consis­té à croire que l’émancipation se jouait au niveau du plan, des para­mètres et de la classe, mais pas au niveau du sin­gu­lier. Or l’émancipation est sin­gu­lière ou elle n’est pas. Je tente d’exposer ce que pour­rait être une « anar­chi­tec­ture », une archi­tec­ture qui ne soit pas une archi­tec­to­nique, et qui per­mette une vie plus libre, plus démo­cra­tique, une vie an-archique dans le sens de sans gou­ver­ne­ment : une archi­tec­ture qui ne soit pas celle qui gou­verne les gens mais celle qui les aide, qui est pour eux une pos­si­bi­li­té, une res­source. Par exemple, pour l’exposition « Making Things Public » coor­don­née par Bruno Latour et Peter Weibel en 2005 à Karlsruhe, en Allemagne, j’ai pré­sen­té le modèle d’un par­le­ment uto­pique, construit avec des amis archi­tectes (le bureau « Hütten und Paläste »). Notre modèle repo­sait sur deux prin­cipes : pre­miè­re­ment la pos­si­bi­li­té de s’assembler de dif­fé­rentes manières, sans for­mer d’unité et se confor­mer à « l’idée de l’Un », incluant ain­si une plu­ra­li­té des corps, des per­cep­tions, de manières de s’articuler ; et deuxiè­me­ment, des par­cours d’un public dis­per­sé, ouvrant la pos­si­bi­li­té de flâ­ner, d’observer ou d’intervenir, sans avoir de titre ou d’identification par­ti­cu­lière, ce qui ouvre l’assemblé à « n’importe qui », au public sans nombre, et aux sujets et thèmes qui n’ont pas encore de place dans le dis­cours, dans le débat légi­time. (Gordon Matta-Clark) De nos jours, alors même qu’il y a un désir de rendre la ville dis­po­nible à tous et toutes, son uti­li­sa­tion reste inégale, et notam­ment en fonc­tion du genre : hommes et femmes ne fré­quentent pas les mêmes espaces ni de la même manière. Que peut l’ar­chi­tec­ture pour rendre l’es­pace éga­li­taire ? Le meilleur exemple pour le com­prendre est l’histoire du res­tau­rant. Le res­tau­rant a été inven­té dans l’es­pace pari­sien au XVIIIe siècle, autour du Palais royal. Les cafés exis­taient depuis long­temps dans les mar­chés et des tri­co­teuses y allaient. Mais les res­tau­rants, ces lieux où l’on se res­tau­rait avec des soupes ou des bouillons, accueillaient plu­tôt des femmes de la haute bour­geoi­sie en rai­son du grand luxe qu’il y avait à l’intérieur. Cela leur a per­mis de se rendre en ville et de dia­lo­guer, d’être en contact avec d’autres per­sonnes. Il s’agissait d’espaces intimes, de classe et de luxe, mais qui étaient en même temps des espaces publics, bien que res­treint — le public n’est pas tou­jours les masses. Et ce sont eux qui ont assu­ré la pré­sence de ces femmes dans les pre­mières mani­fes­ta­tions de la Révolution fran­çaise ! Si la marche des femmes vers Versailles a en retour acquis une cer­taine légi­ti­mi­té, c’est aus­si parce que c’é­tait en par­tie des femmes de la haute bour­geoi­sie ou même de l’a­ris­to­cra­tie qui avaient été appe­lées depuis le res­tau­rant vers la rue. Il faut donc lais­ser mar­cher son ima­gi­naire archi­tec­tu­ral pour for­mer des archi­tec­tures qui ne soient pas machistes, comme ça a été le cas pour ces femmes au XVIIIe siècle. « Si la France ou l’Allemagne étaient de vraies démo­cra­ties, il devrait y avoir dans chaque vil­lage un lieu de ren­contre entre citoyens. » Si cela ne fonc­tionne pas aujourd’hui, c’est d’abord à cause de l’ar­chi­tec­to­nique telle que je la décris, qui ima­gine qu’on naît avec une iden­ti­té et les fonc­tions qui en découlent néces­sai­re­ment. C’est dans ce sens que Jacques Rancière cri­tique l’ap­proche socio­lo­gique de Pierre Bourdieu : pour ce der­nier, on devrait pou­voir défi­nir une fois pour toutes des iden­ti­tés et éta­blir un tableau d’ensemble, à par­tir duquel mener une poli­tique ou une archi­tec­ture mul­ti­fonc­tion­nelle adap­tée à ces iden­ti­tés. Comme s’il n’y avait pas de trans­gres­sions de classe, comme s’il y avait des femmes, des hommes, des LGBTQ, des enfants, et des espaces cor­res­pon­dant à cha­cun. On peut au contraire ima­gi­ner des espaces adap­tés pour tout genre, tout corps, tout désir ou sen­si­bi­li­té, mais qui soient néan­moins des espaces ouverts, des sortes de mem­branes, per­met­tant aux dif­fé­rentes formes de vie de s’ou­vrir à d’autres socia­bi­li­tés. La théo­rie archi­tec­tu­rale reste essen­tiel­le­ment urbaine. Pourtant, vous sou­li­gnez qu’il serait réduc­teur de s’ar­rê­ter là. Marx affir­mait dans Le 18 bru­maire de Louis Bonaparte qu’il serait impos­sible à la socié­té pay­sanne de deve­nir un agent révo­lu­tion­naire à cause du carac­tère dis­per­sé de ses membres, de leur manque de ren­contres. Cette ana­lyse tient-elle encore ? Oui. En ville aus­si, d’ailleurs. Ce qui me frappe en Suisse — qui est pour­tant sou­vent consi­dé­rée comme proche d’une démo­cra­tie directe —, c’est qu’il n’y a qua­si­ment aucun espace construit pour que les citoyens se parlent. Il y a dans cer­tains can­tons des prés ou des pelouses que l’on peut uti­li­ser pour cela, mais il n’y a pas de lieux de ren­contre pré­vus comme tel. Les mai­ries res­tent des lieux d’ad­mi­nis­tra­tion et de pou­voir cen­tral, et non des lieux démo­cra­tiques. Dans la plu­part des villes et des vil­lages, l’é­glise reste le seul endroit où une com­mu­nau­té se ras­semble. On y entre en tant que membre d’une com­mu­nau­té reli­gieuse et les com­por­te­ments sont pres­crits par les auto­ri­tés reli­gieuses — qui peuvent par­fois être tolé­rantes, bien sûr. Mais dans une socié­té laïque, chaque vil­lage devrait avoir un lieu de ren­contre, une salle où tous les same­dis les gens qui veulent se ren­con­trer et se par­ler se voient, où ils puissent orga­ni­ser des évé­ne­ments et échan­ger sur ce qui est néces­saire à la com­mu­nau­té. On a beau­coup négli­gé cet élé­ment. Souvent, ce sont les bars qui s’en chargent, mais dans pas mal de petits vil­lages un bar ne peut plus fonc­tion­ner éco­no­mi­que­ment. Si l’on vit à la cam­pagne, on ne doit pas avoir besoin d’une ville à proxi­mi­té pour voir des gens. J’ai vu dans cer­tains endroits, en Grèce ou en Allemagne, des res­tau­rants qui ne fonc­tion­naient plus être rache­tés par les citoyens du vil­lage qui le géraient ensuite de manière com­mu­nau­taire. Si la France ou l’Allemagne étaient de vraies démo­cra­ties, il devrait y avoir dans chaque vil­lage un lieu de ren­contre entre citoyens pour qu’ils forment leur opi­nion, qu’ils échangent des argu­ments et forment des lois : ça me semble la pre­mière tâche à entre­prendre. (Gordon Matta-Clark) Vous insis­tez sur l’as­pect sen­sible de nos inter­ac­tions avec l’ar­chi­tec­ture. En quoi l’architecture, en orga­ni­sant les contacts phy­siques, les ren­contres cor­po­relles, per­met-elle des modes d’expression dif­fé­rents ? Les moments d’ex­pres­sion se passent beau­coup en exté­rieur, en ville, mais d’autres espaces publics existent et les espaces de ren­contre les plus impor­tants ne sont pas néces­sai­re­ment dans le centre-ville. Les véri­tables ren­contres — lorsque vous ren­con­trez quelqu’un qui n’est pas déjà connu de votre famille ou de vos proches — ont sou­vent lieu dans des espaces publics dif­fé­rents. Ça peut être la plage. Si la plage est un espace où l’on peut faire des ren­contres, c’est parce qu’on s’y exprime, bizar­re­ment, contre les normes sociales — celles qui nous disent com­ment s’ha­biller, se com­por­ter. La fai­néan­tise, le non-tra­vail, la fes­ti­vi­té du corps y sont visibles, un peu de la même manière que dans les thermes pour les Grecs et les Romains. Ce sont des lieux de ren­contre et d’expérimentation qui per­mettent, grâce à un élé­ment inha­bi­tuel (l’eau, la mer), de prendre des dis­tances vis-à-vis des normes et d’interroger les notions d’exhibition, d’intimité, etc. Contrairement à cet index socio-éco­no­mique que consti­tuent les vête­ments, nous sommes là presque nus, en maillot, et la manière dont la socié­té forme les corps ou les vête­ments ne joue plus vrai­ment. De tels espaces sont donc socia­le­ment très impor­tants mais mal­heu­reu­se­ment, ils sont en déclin. On a beau­coup négli­gé le poten­tiel de tels espaces pour que de nou­velles ren­contres se forment. Je n’ai rien contre le cadre fami­lial, mais il cloi­sonne les indi­vi­dus dans l’es­pace pres­crit pour eux au moment de leur nais­sance. Si j’énumère dans le livre une ving­taine de lieux qui ont joué un rôle dans l’es­pace public au XVIIIe siècle, ce n’est pas pour dire que ce sont ces espaces qui seront for­cé­ment les clés pour l’a­ve­nir, mais plu­tôt pour encou­ra­ger une cer­taine inven­ti­vi­té, une cer­taine ima­gi­na­tion pour rendre pos­sible l’émancipation. Dans cette concep­tion très cor­po­relle de la démo­cra­tie, où le contact serait néces­saire à la dis­cus­sion, les formes déma­té­ria­li­sée de débat semblent consti­tuer une impasse… On a trop fait l’éloge de la « e‑démocratie », du rôle des « réseaux sociaux » ou d’Internet dans les mou­ve­ment sociaux ces der­niers temps. Il est vrai que les gens peuvent plus faci­le­ment se concer­ter, échan­ger leur avis ou se ren­sei­gner avec les moyens digi­taux d’aujourd’hui qu’avec les tracts et les pam­phlets du XVIIIe siècle. Pourtant, leur rôle reste le même, à savoir celui de moyen de com­mu­ni­ca­tion. Une révo­lu­tion ne se passe ni à la télé, ni sur Internet. Pour qu’une révo­lu­tion ait lieu, il faut prendre la rue, se ras­sem­bler dans une place et cas­ser la porte du pou­voir. Pour que la démo­cra­tie se réa­lise, il faut la conce­voir à un niveau plus phy­sique, plus soma­tique que ne l’a fait la théo­rie déli­bé­ra­tive. Il ne s’agit pas seule­ment d’échanger des argu­ments, de for­mer un dis­cours ou une déci­sion ration­nelle, mais de rendre visible des corps qui ne se laissent pas encore repré­sen­ter. Pour cela, il faut trou­ver une archi­tec­ture qui invente de nou­veaux espaces et favo­rise les ren­contres en-deçà des cli­chés et des pré-construc­tions sociales. Sinon, il reste les car­re­fours et les ronds-points… Photographie de ban­nière : Gordon Matta-Clark REBONDS ☰ Lire notre article « Tripoli, à la péri­phé­rie », Sylvain Mercadier, octobre 2019 ☰ Lire notre article « Contre le mal-vivre : quand la Meuse se sou­lève », Djibril Maïga et Elias Boisjean, février 2019 ☰ Voir notre port­fo­lio « Commercy : le pou­voir au peuple », Stéphane Burlot, jan­vier 2019 ☰ Lire notre article « Reprendre l’espace public », Thomas Moreau, juin 2017 ☰ Lire notre entre­tien avec Jacques Rancière : « Le peuple est une construc­tion », mai 2017 Publié le 15 octobre 2019 dans Philosophie par
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Archi à l'Ouest. Votre rendez-vous avec l'architecture de Bretagne [Vidéos] (Tue, 15 Oct 2019)
Architecture, urbanisme, patrimoine… Bienvenue dans « Archi à l’Ouest », votre rendez-vous avec l’architecture de Bretagne chaque mois sur Tébéo-Tébésud. Dans les pas de Frédéric Lorenzon, « Archi à l’Ouest » vous propose de découvrir des initiatives originales, des bâtiments insolites, des programmes immobiliers innovants, racontés par ceux qui les imaginent, les réalisent et les font vivre. Des particuliers vous ouvrent les portes des plus belles maisons, des spécialistes vous plongent au cœur des chantiers les plus impressionnants, des designers vous font découvrir leurs dernières créations, et tout ça bien sûr en Bretagne. Comment améliorer son isolation thermique sans en faire un gouffre financier, comment redistribuer les pièces chez soi pour s’agrandir sans ajouter de mètres carrés, comment tirer parti au mieux d’un espace inutilisé ? Chaque mois dans « Archi à l’Ouest », des idées à piocher, des techniques méconnues et des conseils pratiques. Des bords de la baie de Douarnenez au cœur du Kreiz Breizh, de Brest à Lorient et de la mer d’Iroise au Golfe du Morbihan, « Archi à l’Ouest », c’est votre magazine de reportages sur l’architecture près de chez vous, à retrouver sur vos chaînes bretonnes Tébéo et Tébésud. Première diffusion le 3e jeudi du mois à 19h45 sur Tébéo-Tébésud.
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La proposition « Les communautés à l'œuvre » de Christophe Hutin sélectionnée pour représenter ... (Tue, 15 Oct 2019)
Sur proposition du comité de sélection présidé par Philippe Madec, M. Jean-Yves Le Drian, ministre de l’Europe et des affaires étrangères, et M. Franck Riester, ministre de la Culture, ont retenu le projet « Les communautés à l’œuvre », porté par Christophe Hutin pour le Pavillon français de la Biennale internationale d’architecture de Venise en 2020. Cette décision s’appuie sur l’avis d’une commission de sélection, présidée par le professeur et architecte-urbaniste Philippe Madec, qui a examiné l’ensemble des réponses à l’appel à projets lancé par l’Institut français, opérateur du Pavillon français de Venise. Cet appel visait à sélectionner un(e) architecte ou une équipe pluridisciplinaire associant notamment un(e) architecte confirmé(e), chef de file, et un(e) jeune architecte de moins de 40 ans. Dix-neuf équipes ont répondu à l’appel à projet sur le thème « How we will live together? Comment allons-nous vivre ensemble ? » proposé par l'architecte libanais Hashim Sarkis, doyen de l'école d'architecture et de planification du MIT à Boston, commissaire général de cette 17e Biennale. POUR EN SAVOIR PLUS SUR LE PROJET SELECTIONNE : Hashim Sarkis appelle de ses vœux un « nouveau contrat spatial ». Face aux urgences que la société fait peser sur notre cadre de vie, Hashim Sarkis invite les architectes à s’engager et à imaginer des espaces de cohabitation d’un nouveau genre, généreux, solidaires et porteurs de valeurs. Il attend des pavillons nationaux des propositions concrètes plaçant l’équité, l’inclusion et l’identité au centre des communautés vivantes. La proposition « Les communautés à l’œuvre » de Christophe Hutin, constitue une contribution cohérente à la problématique posée par Hashim Sarkis. Dans un contexte de divergences politiques et d’inégalités économiques croissantes, elle expose différentes manières dont les habitants participent à la métamorphose heureuse de leur cadre de vie et de leur quotidien. La commission a notamment souligné les valeurs que portent la proposition de Christophe Hutin dont les projets présentés mettent en valeur l’architecture comme projet social et contribution au vivre ensemble ; privilégient une « architecture de la frugalité » ; envisagent le métier d’architecte comme celui d’un médiateur permettant l’expérimentation, la participation et la co-construction des habitants aux projets ; valorisent l’expérimentation comme forme d’art à travers le chantier collectif et mettent en lumière l’aspect participatif et la dimension de performance grâce à la vidéo. Enfin, la proposition de Christophe Hutin dépasse le seul cadre français et élargit le regard à la scène internationale, en particulier l’Afrique du Sud, l’Argentine, les Etats-Unis et le Vietnam. Christophe Hutin est architecte et enseignant-chercheur titulaire à l’École nationale supérieure d’architecture de Bordeaux. Diplômé en 2003, il a étudié pendant plusieurs mois et documenté les townships et les squatters camps à Soweto près de Johannesburg. Cette expérience a donné lieu à la publication de l’ouvrage « L’enseignement de Soweto, Construire librement » aux Éditions Acte Sud, co-écrit avec Patrice Goulet. Il développe ensuite une expertise reconnue sur les questions de logements en Afrique du Sud qui l’a amené notamment à concevoir et organiser depuis 2008 les événements annuels EUNIC international architecture studio soutenus par les instituts culturels européens d’Afrique du Sud à Johannesburg. Il s’agit d’ateliers de travail et d’échange entre architectes, habitants, enseignants et étudiants sur les questions de développement urbain contemporain en site critique (habitat informel, squat, etc.). Spécialisé en architecture durable fondée sur l’économie de la construction, il a réalisé de nombreux projets dans le domaine du logement mais aussi des équipements publics culturels. Plusieurs réalisations témoignent de cette recherche menée notamment en collaboration avec les architectes Lacaton et Vassal (étude urbaine des 50 000 logements, projet de transformation des immeubles G,H,I au grand parc à Bordeaux). Christophe Hutin est aussi réalisateur de documentaires, scénographe et commissaire d’exposition. Son travail photographique sur l’inventaire des shacks du Township de Soweto a donné lieu à de nombreuses expositions et diffusions, notamment au festival 2010 « Les rencontres d’Arles, Photographie ». Il a récemment proposé une installation dans le cadre de l’exposition « Constellation.s » au centre d’architecture Arc en rêve, proposant au travers des témoignages d’habitants de documenter le quotidien des quartiers populaires de Soweto, Détroit et Bordeaux. http://www.hashimsarkis.com/profile POUR EN SAVOIR PLUS SUR LE COMITE DE SELECTION : Président de la commission : Philippe Madec Philippe Madec, architecte-urbaniste (Paris, Rennes) - Philippe Madec est écrivain et professeur d’architecture (EnsaB, EnsaM-La Réunion). Il reçoit la Légion d’honneur au titre de l’Ecologie, Global Award for Sustainable Architecture 2012; il est membre titulaire de l’Académie d’architecture (Paris) et du European Chapter of the Club of Rome (Bruxelles) ainsi qu’expert auprès de l’ONU pour le sommet HABITAT III. Membres experts de la commission : Stéphanie Fabre - C’est au sein de l’agence « de l’errance à la trace » fondée avec Eric Gillet que Stéphanie Fabre, architecte de formation, produit dans la complicité du duo un travail lent et confidentiel. A l’écart de toute diffusion médiatique, ils recherchent les zones d’ombre dans leurs constructions et explorent la question de l’effacement. Stéphanie Fabre est ancienne pensionnaire de la villa Médicis à Rome. Camille Juza - Après des études à Sciences po et en philosophie politique, Camille Juza est devenue réalisatrice de films documentaires et productrice d’émissions de radio pour France Culture. Depuis une dizaine d’années, elle travaille sur des questions d’urbanisme, d’architecture et de paysages. Auteure d'une série sur l’aménagement du territoire pour public Sénat (Attention grands travaux, 24x26’), elle a ensuite produit à France Culture de nombreux longs formats documentaires : monographies d’architectes, monographies de bâtiments et documentaires thématiques. Elle est également la productrice de l’émission d’été « Le génie des lieux », une série de promenades architecturales. En 2019, elle produit quatre émissions à Berlin, Weimar et Tel Aviv pour les cent ans du Bauhaus. Elle réalise actuellement un documentaire pour France Télévisions sur la manière dont les Trente Glorieuses ont transformé le paysage français. Yves Lion - Architecte urbaniste, Yves Lion a créé son agence en 1974. Professeur à partir de 1976 dans de grandes villes telles que Lausanne, Ljubljana, Mendrisio, Montréal, Karlsruhe, Vienne, Lyon et Paris, il a fondé en 1997 l'Ecole nationale supérieure de la ville & des territoires à Marne-la-Vallée qu'il a dirigée jusqu'en 2001 et dans laquelle il a enseigné. Il fait partie aujourd’hui du conseil d'administration. Il reçoit en 2007 le Grand prix de l'Urbanisme et en 2012, il est désigné commissaire du Pavillon français à la Biennale d'architecture de Venise. Mandataire du Groupe Descartes, l'une des dix équipes lauréates de la Consultation internationale du Grand Paris et à ce titre, membre du Conseil scientifique de l'AIGP. Il entreprend de nombreux projets tant en France qu'à l'international : équipements à vocation culturelle, d'enseignement ou aménagements urbains. Corinne Vezzoni - Architecte urbaniste, Corinne Vezzoni a créé son agence en 2000. Lauréate du prix Femme architecte 2015 et des Born Awards France 2018, membre de l’Académie d’architecture, elle est enseignante à l’Université de Provence master aménagement et urbanisme et invitée des écoles des Arts et Métiers et de Polytechnique Marseille. Elle fait également partie du CESER (Conseil économique et social de la région) pour la section prospective et la section culture. Elle est engagée sur les travaux du Grand Paris et dans la réflexion sur le projet métropolitain Aix-Marseille-Provence. Membres institutionnels de la commission : Laurence Auer, Directrice de la culture, de l’enseignement, de la recherche et du réseau, ministère de l’Europe et des affaires étrangères ; Philippe Barbat, Directeur général des patrimoines, ministère de la Culture ; Pierre Buhler, Président de l’Institut français et Agnès Vince, Directrice chargée de l’architecture, ministère de la Culture.
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Bâtiment et confort : "La lumière en architecture, c'est l'architecture révélée" (Tue, 15 Oct 2019)
Quelque 500 architectes, chercheurs et professionnels du bâtiment ont participé les 9 et 10 octobre 2019 à deux évènements organisés par le fabricant de fenêtres de toit Velux à Paris, le "Daylight Symposium" et le "Healthy Buildings Day". Objectif : débattre et échanger autour des problématiques et des enjeux du bâtiment sain, en lien avec la lumière naturelle et la qualité de l'air intérieur. D'emblée, les spécialistes présents ont insisté sur la passerelle existant entre le bâti et la santé : "Les bâtiments ont une incidence considérable sur notre santé et notre bien-être", a ainsi affirmé Lone Feifer, architecte et responsable du "Healthy Buildings Day". "Nous devons être conscients de l'influence majeure qu'ils exercent, définir clairement les caractéristiques d'une conception centrée sur l'utilisateur, et chiffrer la valeur réelle qui en découle." Pour ce faire, des architectes de différents pays intègrent déjà les questions de santé et de confort dès l'étape de conception : à titre d'exemple, l'agence Nomade Architectes a dessiné des projets de logements, d'écoles et d'établissements recevant du public au sein desquels la lumière naturelle est placée au centre des préoccupations.   "La lumière en architecture, c'est l'architecture révélée, c'est ce qui la fait exister par contraste", assure Nicolas Michelin, fondateur de l'agence d'architecture et d'urbanisme Anma. "C'est ce qui permet à l'ombre de s'affirmer et à nos yeux d'apprécier les volumes."   Généraliser les cas particuliers   Globalement, la lumière naturelle occupe une place prépondérante dans les conceptions architecturales depuis les années 1990. Les participants aux évènements ont notamment cité la couverture des arènes de Nîmes, la construction de l'école d'art de Limoges, les réhabilitations du théâtre de Châtenay-Malabry et de la bibliothèque universitaire de Strasbourg, la galerie Artem à Nancy ou certaines typologies inédites de logements, à l'instar des atriums de Bordeaux. Mais dans tous les cas, il faut envisager de passer de cas particuliers à une "industrialisation" des procédés, de sorte que tous les acteurs s'y retrouvent. La société Great Gulf est spécialisée dans la promotion immobilière et tente de concilier protection de l'environnement et préservation des ressources naturelles, avec amélioration du confort de l'habitat : "La question n'est plus de savoir si les propriétaires de logements y sont favorables, mais comment nous pouvons faire de ces bâtiments sains des réussites commerciales, et faire en sorte qu'ils deviennent abordables à tous", a jugé Tad Putyra, président de la société.   Un pari qui semble atteignable pour Morten Chrone, de l'entreprise HusCompagniet, laquelle a construit plus de 20.000 maisons individuelles au Danemark, en Suède et en Allemagne : "L'habitabilité, le confort et le bien-être sont devenus des paramètres indispensables pour la plupart des propriétaires auxquels nous parlons, lorsque nous engageons le dialogue avec eux sur la maison de leurs rêves. A cet égard, ils mentionnent souvent la qualité de la lumière naturelle ainsi que des espaces de vie sains", explique-t-il. Le critère économique serait donc celui sur lequel jouer en priorité pour inciter davantage de particuliers à penser différemment la conception de leurs habitations : "Mais ils sont nombreux à considérer que de tels atouts dépassent largement leur budget. Ils sont pourtant agréablement surpris lorsque nous abordons la question du prix."   En Europe, 1 enfant sur 3 vit dans des logements insalubres   L'organisation de ces deux évènements coïncidait avec la publication du Baromètre annuel de l'habitat sain, qui s'est focalisé pour sa cinquième édition sur les enfants. En effet, les professionnels estiment que cette classe d'âge est particulièrement exposée aux risques induits par une mauvaise qualité de l'air intérieur et par un manque de lumière naturelle. Les principales conclusions de l'enquête sont pour le moins inquiétantes : en Europe, 1 enfant de moins de 15 ans sur 3, soit 26 millions de personnes, vit dans des bâtiments insalubres. Ces enfants sont ainsi exposés à quatre facteurs de risques : l'humidité ou les moisissures, le manque de luminosité, le bruit et le froid. Des facteurs de risques qui multiplient par 4,2 les problèmes de santé des enfants (eczéma, toux, souffle court, asthme, allergies et troubles respiratoires), engendrant ainsi environ deux millions de jours de classe manqués chaque année. Pourtant, si la qualité de l'air des logements était améliorée, les élèves pourraient bénéficier d'un gain de 15% de leurs performances à l'école.   Comment y parvenir ? En garantissant une meilleure aération, en réduisant les sources d'humidité ou de moisissures, en limitant les agressions sonores, en faisant davantage rentrer de lumière et en conférant une température intérieure plus stable et plus agréable. D'après les calculs du baromètre Velux, les efforts déployés pour rendre les bâtiments plus sains seraient par extension bénéfiques à l'économie, et permettraient de générer plus de 300 milliards d'euros en Europe d'ici à 2060.   "Il est indispensable de décarboner le parc de logements en Europe, afin d'atteindre nos objectifs en termes de durabilité et de climat", a souligné le député européen Morten Helveg Petersen, par ailleurs vice-président de la commission parlementaire de l'industrie, de la recherche et de l'énergie. "Le baromètre de cette année nous montre qu'une modernisation de nos bâtiments génère non seulement des retombées économiques favorables liées à la réduction de la facture énergétique, mais qu'elle stimule également l'économie européenne en palliant les carences des bâtiments qui affectent la santé de nos enfants."   Les péri-urbains aux revenus plus faibles sont davantage impactés à lire aussi   Toujours selon le baromètre Velux, 40% des écoles françaises possèderaient au moins une salle de classe dans laquelle le renouvellement de l'air est insuffisant au regard de son occupation. Les établissements scolaires comme les crèches sont plus largement confrontés à la formation de moisissures, à un manque de lumière naturelle, à des bruits gênants et à une qualité de l'air intérieur médiocre. De plus, plusieurs polluants intérieurs présents en milieu scolaire auraient des effets potentiellement néfastes : dus à certains matériaux de construction, à des produits d'entretien, à des peintures ou même à des activités basiques comme le coloriage ou le collage, ils se déplaceraient ainsi dans l'air ambiant.   Mais les enfants ne sont pas les seuls à être plus exposés : dans les zones périurbaines, les maisons individuelles affichent un environnement intérieur souvent insalubre, qui expose leurs habitants à des problèmes de santé, adultes comme enfants. Les spécialistes s'alarment de ce constat dans la mesure où le phénomène de périurbanisation a bondi de 47% en Europe entre 1961 et 2011, contre +30% pour le phénomène d'urbanisation. Qui plus est, les enfants issus de familles à faibles revenus sont davantage confrontés à des problèmes de santé : d'après l'étude, les ménages se situant dans les premiers 20% sur l'échelle des revenus présenteraient 25% de risques en plus de vivre dans des logements malsains.
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Etape majeure pour la prévention des difficultés et la lutte contre la fraude dans le BTP azuréen (Tue, 15 Oct 2019)
15 octobre 2019 NICE Journée de la Construction. 4e édition organisée par la FBTP06. Espaces métiers, espace innovation, conférence Intelligence artificielle et bâtiment (présentation du rapport de la FFB par son vice-président Alain Piquet). De 14h à 20h à l’Allianz Riviera. Programme journeedelaconstruction.com 15 octobre 2019 NICE The brainshake.  Objectif : aider un porteur de projet ou un entrepreneur lors d’une soirée d’échange, de partage d’idées, de solutions, de conseils, afin d’identifier et de trouver les clés à sa problématique le tout dans un environnement bienveillant. Tarif 7€ ou 20€. A partir de 18h30 au CEEI, 61-63 avenue Simone Veil. Inscription via eventbrite. Infos events@thebrainshake.fr 16 octobre 2019 ST LAURENT DU VAR Comment maximiser sa levée de fonds dans une stratégie de rupture ? Atelier animé par Pierre-Arnaud Sarda. De 8h30 à 10h à l’UPE06, 273 avenue Guynemer. Infos et inscription www.upe06.com 17 octobre 2019 NICE Salon des maires, des élus locaux et des décideurs publics des Alpes-Maritimes. 3e édition organisée par l’Association des maires des Alpes-Maritimes. Programme : assemblée générale de l’ADM06, 65 exposants fournisseurs de biens, services et équipements pour les collectivités, tables rondes, animations et temps forts. Au Palais Nikaïa. Infos et programme https://salondesmaires-alpes-maritimes.fr 17 octobre 2019 CANNES Stratégie de financement de la recherche et innovation. Atelier animé par Reucirs. De 12h30 à 14h à la pépinière CréACannes Lérins, 11 avenue Maurice Chevalier. Inscription obligatoire deveco@cannespaysdelerins.fr 17 octobre 2019 NICE Prévoyance, retraite, épargne salariale : les impacts de la loi PACTE. Formation organisée par Olifan Group à destination des experts-comptables, notaires, avocats et conseillers spécialisés. De 9h à 17h dans les locaux d’Olifan Group Nice, 1 rue Lamartine. Contact nice@olifangroup.com 17 octobre 2019 NICE IUC-China : rencontres et pitches. Programme européen de coopération internationale urbaine. Délégation composée d’experts européens en charge du programme IUC-Asie, des représentants techniques de la ville d’Haikou et de Liuzhou, ainsi que des investisseurs chinois (fonds en capital-risque). Objectif : développer des ponts entre les entreprises niçoises et chinoises qui œuvrent dans la e-santé, le multimédia numérique, le developpement durable, le tourisme, l’IoT et la smart city. De 9h30 à 11h30 au CEEI (Open loft – RdC), 61-63 avenue Simone Veil. Infos et inscription www.ceeinca.org 17 octobre 2019 NICE Rencontre de la silver éco. Village de startups et tables rondes. De 16h30 à 20h30 à la CCI, 20 bd Carabacel. Contact nadege.bouget@cote-azur.cci.fr 22 octobre 2019 NICE CCI Business Forum. Programme : déjeuner du CB06 ; conférence de Pierre-Arnaud Sarda sur le thème Donner du sens à votre entreprise, faites la différence ; networking gourmand ; big speed meeting. De 12h à 18h30 à la CCI, 20 bd Carabacel. Infos et inscription www.cote-azur.cci.fr 23 octobre 2019 ST LAURENT DU VAR Comment booster mes ventes avec la RSE ? Atelier animé par Juliette Guesdon (Green Expertise). De 8h30 à 10h à l’UPE06, 273 avenue Guynemer. Infos et inscription www.upe06.com   24 octobre 2019 CANNES Construire et mettre à jour son tableau de bord. Atelier animé la DFCG. De 9h à 12h à la pépinière CréACannes Lérins, 11 avenue Maurice Chevalier. Inscription obligatoire deveco@cannespaysdelerins.fr 24 octobre 2019 SOPHIA ANTIPOLIS Get in the Ring Sophia Antipolis. 5e édition co-organisée par BA06 et le magazine Start. Pitches sur un ring de boxe sous la forme de battles en 5 rounds de 30 secondes devant un jury d’investisseurs. Inscription gratuite pour les startups. Infos gitr@ba06.com 30 octobre 2019 NICE 10e Rencontres Economiques Territoriales. Rencontres entre élus et chefs d'entreprise organisées par l'UPE06 et la CCI NCA. Deux thématiques abordées : la loi d’orientation des mobilités (LOM) et ses conséquences pour les entreprises, et smart city et mobilité. A 16h45 à la CCI, 20 bd Carabacel. Infos et inscription www.upe06.com   05 novembre 2019 NICE Food Hotel Tech. Salon international du digital et des innovations technologiques 100% hôtellerie-restauration. A Acropolis. Programme et inscription www.fhtnice.com 08 novembre 2019 ST LAURENT DU VAR Réception et garantie de parfait achèvement : conditions et modalités de mise en œuvre. Matinale juridique du BTP organisée par la SCP Delage-Dan-Larribeau et CFDP Assurances. De 8h30 à 10h30 au Novotel Cap 3000. Inscription www.lesmatinalesdubtp.com 12 novembre 2019 CANNES Pitch party. Organisée par P Factory. De 18h à 20h à la pépinière CréACannes Lérins, 11 avenue Maurice Chevalier. Inscription obligatoire deveco@cannespaysdelerins.fr 14 novembre 2019 CANNES Evolution de la loi PACTE. Atelier animé ADA (association des Avocats en Droit des Affaires). De 8h30 à 10h à la pépinière CréACannes Lérins, 11 avenue Maurice Chevalier. Inscription obligatoire deveco@cannespaysdelerins.fr 20 novembre 2019 SOPHIA ANTIPOLIS SophI.A Summit. Congrès dédié à l’intelligence artificielle organisé par Université Côte d'Azur, la CASA et le Département des Alpes-Maritimes. Quatre thématiques : Développement dans l'intelligence artificielle fondamentale ; Intelligence artificielle et santé ; Intelligence artificielle et biologie ; Intelligence artificielle et territoire intelligent. Au Beachcomber French Riviera, 3550 route des Dolines. Infos sophia-summit.fr 26 novembre 2019 CANNES Trustech 2019. Salon des professionnels du secteur des cartes et des technologies de confiance numérique. Au Palais des Festivals et des Congrès. Infos et programme www.trustech-event.fr 28 novembre 2019 MANDELIEU LA NAPOULE Entrepreneur, gérer son temps et son espace libre. Atelier animé par Créactive 06. De 13h à 14h à l’hôtel d’entreprises CréACannes Lérins, allée Maurice Bellonte. Inscription obligatoire deveco@cannespaysdelerins.fr 12 décembre 2019 ST LAURENT DU VAR Les Jeudis du cabinet, toute l'actualité sociale du trimestre. Formation du cabinet Barthélémy Avocats animée par Magali Boutin et Pauline Serandour. Tarif abonnés 300€ HT (non-abonnés 330€ HT). De 14h à 18h au Novotel Cap 3000. Inscription nice@barthelemy-avocats.com 13 décembre 2019 NICE Journée d'actualités sociales. Formation à destination des cadres, salariés, RH, organisée par le Cabinet Schwal & Associés. Intervenants : Me Schwal et Me Fraisier. Tarif : 600€, repas et support inclus. De 9h à 17h à l'hôtel Westminster, 27 Promenade des Anglais. Inscription www.schwal-avocats.fr  
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FRTP Occitanie : "Notre cible, c'est le bloc communal" (Tue, 15 Oct 2019)
Les élections municipales sont de toutes les discussions chez les acteurs des travaux publics. A cinq mois précisément de l'échéance électorale, la Fédération régionale des travaux publics (FRTP) Occitanie pose les bases du débat et s'apprête à jouer les aiguillons auprès des élus en rappelant les enjeux des investissements en travaux publics pour les territoires. Et pour leur profession. Dans une conférence de presse le 15 octobre, Olivier Giorgiucci, le président de la FRTP Occitanie (26 000 salariés en Occitanie, 3,9 Mds € de chiffre d'affaires pour 2 000 entreprises) dresse un tableau inquiet. « Notre activité dépend à plus de 65 % de la commande publique, rappelle-t-il en préambule. Nous construisons et entretenons des voiries, des ponts, des réseaux d'eau et d'énergie. Les collectivités locales sont prépondérantes : chaque année, en Occitanie, elles réalisent plus de 2 Mds € de dépenses d'investissement et d'entretien de travaux publics. Près de 80 % de ces dépenses sont réalisées par le bloc communal : les communes, les intercommunalités, les syndicats d'eau, d'ordures ménagères, d'électrification. » Un patrimoine conséquent à entretenir... L'Occitanie compte 4 190 communes de moins de 3 500 habitants. Selon la FRTP, à elles seules, elles réalisent la moitié des travaux publics de l'ensemble des communes, soit « presque autant que les Départements et près de six fois plus que la Région ». Ce qui fait dire à Olivier Giorgiucci que « pour nous, chacun des maires, de chaque ville ou village, est important », au regard du patrimoine conséquent d'infrastructures et de réseaux que gère cet échelon territorial. Ainsi, les communes d'Occitanie gèrent-elles 92 000 km de voirie, soit les deux tiers de l'ensemble des routes de la région. De leur côté, les intercommunalités d'Occitanie ont la charge des réseaux d'eau potable et d'assainissement, qui représentent plus de 100 000 km chacun et 3 000 stations d'épuration. A ce patrimoine communal et intercommunal, s'ajoutent l'éclairage public, des aménagements et des ouvrages divers, des équipements touristiques et de loisirs, des réseaux de transport et d'énergie, des zones d'activité, etc. ... mais une glissade « sans précédent » des investissements « Il faut entretenir le patrimoine, martèle Olivier Giorgiucci. Le cas des ouvrages ou des ponts est assez emblématique. Comme pour les voiries, on connaît en fait assez mal l'état réel d'entretien du patrimoine communal. Le classement de la qualité des infrastructures du Forum de Davos est paru hier : la France est passée de la 7e à la 18e place en un an ! Quand on n'entretient pas correctement les infrastructures ou les réseaux, on génère bien sûr des risques pour les utilisateurs, mais on génère aussi des coûts futurs : on peut multiplier par 10 le coût des réparations si on doit reconstruire ! Mieux vaut donc entretenir régulièrement pour ne pas creuser la "dette grise". » Et le président de la FRTP Occitanie d'affirmer que « le mandat municipal qui s'achève a été marqué par une baisse historique de l'entretien et de l'investissement dans les travaux publics ». Selon lui, les comparaisons réalisées sur les dépenses en travaux publics du bloc communal en Occitanie entre le mandat municipal en cours (de 2014 à 2018) et le précédent (de 2008 à 2012) révèlent une baisse de 1 Md €, soit un recul de 17 %. « Pendant la même période les dépenses courantes des collectivités ont connu une évolution positive, ajoute Olivier Giorgiucci. Les finances de ces collectivités sont saines. Or durant le mandat qui s'achève, la glissade a été sans précédent. » Malgré un regain d'activité depuis un an et demi, le secteur n'a pas retrouvé le niveau attendu et s'interroge sur la nature, conjoncturelle (du fait des élections à venir) ou structurelle, des investissements réalisés. Irréaliste et dangereux Le président de la FRTP pointe la fracture territoriale et numérique mise en lumière par la crise des Gilets jaunes, et affirme que se contenter d'un modèle qui accompagnerait la croissance des métropoles en pensant que celles des autres territoires suivra est « irréaliste et dangereux ». Autre enjeu majeur : la transition climatique et environnementale dans une région très exposée à des épisodes météorologiques violents. « Nous ne sommes pas vraiment en avance, pointe-t-il. Aujourd'hui encore, 25 à 30 % de l'eau produite en Occitanie est perdue dans les fuites des réseaux... Dans certaines communes les pistes cyclables, les transports collectifs, les équipements intermodaux reviennent dans les débats après avoir été un peu oubliés. C'est très bien, mais il faut des projets qui s'inscrivent dans la durée et qui survivent au cycle électoral... Il ne faut pas opposer écologie et travaux publics ! Les travaux publics dans les communes du littoral illustrent bien cette évolution de nos métiers. Il y a aujourd'hui une génération de jeunes qui sont familiers des techniques de préservation de l'environnement. » La fin des maires bâtisseurs ? « Municipales 2020 : coup de frein ou relance de l'investissement ? ». Tel sera le sujet des Assises régionales des travaux publics qui se tiendront le 24 octobre au Cap d'Agde. La fédération a invité le politologue Emmanuel Négrier et l'économiste Nicolas Bouzou. Au menu, des interrogations portant sur la pérennité de la reprise actuelle de l'investissement des collectivités, l'hypothétique fin des maires bâtisseurs, la portabilité de projets structurants, ou la dichotomie entre les besoins et les objectifs affichés. « Notre cible, c'est le bloc communal », scande Olivier Giorgiucci.
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