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Projet d'exploitation du gaz de houille en Lorraine (2/4) : Les opposants (mer., 02 déc. 2020)
Le projet d’exploitation du méthane présent dans les couches de charbon de la Moselle-est par La Française de l'énergie (LFDE) ne fait pas l’unanimité. Des opposants montent au créneau pour dénoncer un projet industriel nuisible pour l’environnement et à rebours de la volonté de sortir des énergies fossiles exprimée par le président de la République. Les associations environnementales sont en première ligne pour dénoncer le projet de LFDE. La plus en pointe dans ce combat est l’Association pour la Protection de l’Environnement Local de Moselle (APEL57). Sa secrétaire Marieke Stein connait le dossier sur le bout des doigts. APEL57 se définit non pas comme une association de lutte mais d’information du public. Nous ne pratiquons pas la politique de la chaise vide. En siégeant au comité de suivi nous voulons avoir accès aux informations. Nous avons ce rôle depuis 2015. Marieke Stein, secrétaire de l'association APEL57   Concernant la concession de La Française de l'énergie la préfecture précise que la mise en place d'un comité de suivi des travaux n'était pas obligatoire. Cette instance est obligatoire pour les projets industriels classés Seveso seuil haut ce qui n'est pas le cas de La Française de l'énergie. Il est présidé par le préfet ou son représentant et se compose d'élus, d'associations, de services de l’État et de LFDE.  C'est un lieu d'échanges et d'explications. Ces explications ont permis de lever certaines craintes et d’aboutir à plus de confiance vis-à-vis de l’encadrement réglementaire des travaux, dont l’objectif est de réduire au maximum, voire de supprimer, leurs impacts sur l'environnement. Préfecture de la Moselle La préfecture estime qu'il  demeure cependant normal et légitime que des oppositions de principe perdurent vis-à-vis de la recherche et l’exploitation d’énergie fossile et le comité de suivi n’a pas vocation à faire renoncer à des convictions. LFDE: un groupe, deux visages APEL57 considère que La Française de l'énergie a deux visages. Côté face, l’image est positive. Avec sa filiale Gazonor dans les hauts-de-France, le groupe pompe pour le valoriser le gaz de mine accumulé dans les galeries des anciennes exploitations. Plateforme Gazonor de récupération de gaz de mine. Hauts-de-France Plateforme Gazonor de récupération de gaz de mine. Hauts-de-France Plateforme Gazonor de récupération de gaz de mine. Hauts-de-France • © La Française de l'énergie Sans ce pompage, 600.000 tonnes de ce puissant gaz à effet de serre s’échapperaient dans l’atmosphère. Côté pile sa volonté d'exploiter le méthane présent dans les couches de charbon est pour l’association un non-sens. Marieke Stein prend au mot le président de la République dans son discours du 27 novembre 2018 où ce dernier déclare qu'il faut nous désintoxiquer des énergies fossiles. On va chercher une des pires énergies fossiles, celle qui est naturellement séquestrée dans les veines de charbon non-exploitées, à rebours de l’accord de Paris. Marieke Stein, secrétaire de l'association APEL57 Pour APEL57, si l'Etat autorise l'exploitation de ce gaz, il sera impossible d'atteindre la neutralité carbone en 2030 telle qu'annoncée dans la présentation des grands axes de la politique énergétique de la France par le président de la République. Des trous et des couacs Pour atteindre les couches de charbon situées à environ 1.000 mètres de profondeur, LFDE ne recourt pas à la fracturation hydraulique interdite depuis 2011 ni à la stimulation. Elle fore un puits verticalement jusqu’à la veine puis déploie plusieurs drains horizontaux sur 2.000 mètres pour pomper l’eau dans le charbon. En créant cette dépression le gaz se libère naturellement et remonte à la surface via les drains et le puits. Gaz de couche de charbon. Schéma de forage Gaz de couche de charbon. Schéma de forage Gaz de couche de charbon. Schéma de forage • © La Française de l'énergie APEL57 pointe deux problèmes majeurs : les forages horizontaux sortent accidentellement des couches de charbon car le creusement des drains à grande profondeur est difficile à piloter. Sur le site de Lachambre, le charbon aurait aussi tendance à s’effondrer, bloquant la progression des creusements souterrains et la remontée du gaz. Selon l'association, les essais de rendement ne seraient pas à la hauteur des attentes. Sur 14 mois de test LFDE n’a sorti que 30.000 m3 seulement. C’est ce qu’ils espéraient sur une journée. Cela laisse présager de mauvais rendements. Marieke Stein, secrétaire de l'association APEL57 Le second problème relève de la principale crainte exprimée par les opposants. Les forages verticaux traversent la nappe phréatique. Cette opération relève d’une réglementation très stricte. Ce point sensible est évoqué dans le rapport du BRGM de 2013. Le risque où il faudra porter le plus d’attention est la nappe d’eau douce du trias. Elle est stratégique pour la Lorraine. Didier Bonijoly, géologue BRGM Les forages sont réalisés par une société spécialisée dans le captage de ressources d’eau potable. Le puits doit être parfaitement étanche mais APEL57 met en doute la capacité de l’opérateur à garantir l’étanchéité du cuvelage. Elle relève des incidents sur celui de Diebling, aujourd’hui condamné et dûment bouché. LFDE n’a jamais réussi à cimenter correctement cette partie. Il y a eu irruption des nappes phréatiques en 2006, "on pompait l’océan" dixit un géologue présent sur le site  Marieke Stein,secrétaire de l'association APEL57 Contactée à propos des incidents survenus sur le puits de Diebling, la préfecture explique que ce forage est un puits de reconnaissance géologique s’inscrivant dans cette démarche qui a été réalisé en 2007 et qui n’a pas été conçu dans l’optique d’une réutilisation future. Les travaux de fermeture définitive de ce puits ont donc été réalisés directement après la phase de tests, en décembre 2007. Comme pour tout forage des incidents techniques ont pu avoir lieu (casse d’outils de forage), mais aucun incident ayant des conséquences sur l’environnement n’a été constaté. Préfecture de la Moselle Malgré les garanties apportées par La Française de l'énergie et l'Etat sur l’innocuité des adjuvants, APEL57 s’inquiète de la présence de produits chimiques utilisés dans les boues de forage. Elle affirme que des biocides passent dans la nappe phréatique. Quelles quantités ? Impossible de le savoir, dit-elle, car aucune analyse de l’eau n’aurait été faite au préalable pour définir un point zéro. Pas de produits toxiques selon la préfecture LA DREAL en charge de la surveillance et de la conformité des travaux apporte les précisions suivantes: l'opération de forage ne diffère pas des opérations classiques de forage. La boue arrive à l’outil de forage d’où elle remonte par l’espace formé entre le train de tige et les parois du trou, chargée des déblais formés au fond du puits. Après être remontée au jour, la boue passe par des installations dans lesquelles elle est débarrassée des déblais afin de pouvoir ensuite être circulée à nouveau dans le puits. Les adjuvants ne sont pas toxiques et ont été validé utilisés par un hydrogéologue agréé lors de l'instruction de la demande d'autorisation. DREAL Enfin, la préfecture précise que les travaux de forages sont des opérations ponctuelles, d’une durée de quelques semaines, et que depuis 3 ans plus aucune opération de forage n’a été réalisée sur ce secteur. Impact paysager Si la technique prônée par La Française de l'énergie avec un seul puits vertical et le déploiement de drains souterrains multiples permet de limiter le nombre de plateformes en surface, la société en prévoit quarante à terme. APEL57 dénonce un bétonnage excessif des terrains disponibles, des terres agricoles pour l'essentiel. Plateforme de forage La Française de l'énergie. Lachambre Plateforme de forage La Française de l'énergie. Lachambre Plateforme de forage La Française de l'énergie. Lachambre • © La Française de l'énergie Enfin, l’association pointe les nuisances collatérales : la création de routes, la circulation de camions et les foreuses culminant à 50 mètres de hauteur. Les séquelles de l'exploitation du charbon La Houve a cessé son activité en 2004 mais avec la fermeture de la dernière mine, l’histoire du charbon en Moselle n’est pas close. Pour les habitants du bassin houiller elle se poursuit avec les dégâts liés à des décennies l’exploitation: affaissements, remontée de la nappe phréatique et risques d’inondations. Secteur le plus touché: Rosbrück. La ville est descendue de quinze mètres au fil du temps et des foudroyages des galeries. Rosbrück Rosbrück Rosbrück • © Eric Molodtzoff/France3 Lorraine Le collectif de défense des bassins miniers lorrains mène depuis des années une lutte opiniâtre pour faire reconnaitre la responsabilité des exploitants miniers et aujourd’hui de l’Etat dans la gestion des dégâts miniers dont sont victimes les communes et les particuliers. Maison fissurée. Rosbrück Maison fissurée. Rosbrück Maison fissurée. Rosbrück • © Eric Molodtzoff/France3 Lorraine Concernant le projet de La Française de l'énergie son secrétaire Loris Ravasio résume la position du collectif  sous forme de cri indigné: "Vous n’allez pas nous mettre une nouvelle exploitation sous les pieds avant d’avoir réglé les problèmes liés à l’extraction du charbon !"  Soumettre le code minier à la charte de l’environnement Fort de son expérience dans le bassin ferrifère, Le collectif de défense des bassins miniers lorrains se méfie de la gestion politique d’un tel dossier. Bernard Glanois dénonce une gestion partiale des dossiers liés à l’après-mine. Pour ce membre historique du collectif,  la direction régionale de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement (DREAL) est plus encline à protéger les intérêts des entreprises privées que ceux des citoyens.   Loris Ravasio et Bernard Glanois. Collectif de défense des bassins miniers Loris Ravasio et Bernard Glanois. Collectif de défense des bassins miniers Loris Ravasio et Bernard Glanois. Collectif de défense des bassins miniers • © Eric Molodtzoff/ France3 Lorraine Le collectif guette comme le lait sur le feu la révision du code minier. Ce code datant de 1810 et plusieurs fois remanié définit les règles d’exploitation des ressources du sous-sol. Il est aujourd’hui obsolète. Il prévoit de mieux prendre en compte les enjeux environnementaux et une plus large participation du public. Le collectif a d’ailleurs été consulté sur sa refonte et il y met une condition. Nous refusons tout nouveau projet d’exploitation tant que le code minier ne sera pas soumis à la charte de l’environnement. Loris Ravasio, Collectif de défense des bassins miniers Le collectif estime que seule cette soumission à la charte de l’environnement apportera les garanties nécessaires dans le cadre d’une future exploitation du gaz de couche de charbon. Sur ce point Bernard Glanois et Loris Rivasio ne se font pas d’illusions. Les industriels feront le forcing pour obtenir un code « light », sans volet après-mines. Traduction : un code minier qui les exonèrera de toute responsabilité en cas de désordres liés à l’exploitation.  
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"Le Solar Impulse" l'avion qui vole à l'énergie solaire, même la nuit ! (Wed, 02 Dec 2020)
Si le but initial de Solar Impulse est de démontrer qu’un avion est capable de voler en utilisant uniquement l’énergie solaire, il a surtout démontré l’intérêt de l’énergie photovoltaïque et de toutes ses possibilités dans notre quotidien, y compris quand le soleil dort. Nous l’avons compris, l’énergie photovoltaïque produit de l’électricité. Mais comment adapter ce type d’énergie à notre vie quotidienne ? Produire l’électricité de nos maisons ou pour de grands bâtiments grâce à des panneaux solaires est déjà courant. Quelques panneaux de signalisation routière sont aussi dans notre paysage comme ceux de limitations de vitesse, des passages piétons etc.. Les abris bus avec leurs affichages à LED s’installent petit à petit. Le grand défi est l'utilisation de l'énergie photovoltaïque sur nos véhicules. L'exemple est la voiture Lightyear one avec ses 800kms d'autonomie. La France a tenté la première route solaire longue d’un kilomètre. Utiliser les millions de kilomètres comme support aux panneaux photovoltaïques était dans l’absolu une bonne idée. Mais les contraintes techniques et le coût des installations rendent le projet plus complexe. Nul doute, Solar Impulse aura impulsé de grandes idées à mettre en application. [embedded content] à réécouter Avions : comment les compagnies réduisent-elles leur impact carbone. L'électricité est de plus en plus utilisée pour nos véhicules. à réécouter Savez-vous ce qu'est un NVEI ?
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SOUDAN DU SUD : Asunim et I-kWh rejoignent le projet solaire (20 MWc) Juba (Wed, 02 Dec 2020)
Un consortium formé d’Asunim Solar et d’I-kWh vient de rejoindre un projet solaire en développement près de Juba, la capitale du Soudan du Sud. Les deux entreprises travailleront aux côtés d’Elsewedy Electric. En décembre 2019, l’entreprise égyptienne a décroché le contrat de construction de cette centrale solaire photovoltaïque de 20 MWc. Au Soudan du Sud, le projet solaire de 20 MWc en développement près de la capitale Juba s’enrichit de deux nouveaux acteurs. Il s’agit du fournisseur de systèmes photovoltaïques Asunim Solar, basé aux Émirats arabes unis et la société de conseil en solutions d’énergies renouvelables I-kWh. Les deux entreprises rejoignent ainsi Elsewedy Electric, qui a obtenu la réalisation de ce projet solaire en décembre 2019. L’entreprise égyptienne a obtenu le contrat à l’issue d’un appel d’offres lancé par le ministère sud-soudanais de l’Électricité, des Barrages, de l’Irrigation et des Ressources en eau. La future centrale solaire photovoltaïque sera construite sur un terrain de 25 hectares. Asunim Solar fournira des services d’ingénierie, d’approvisionnement et de construction (EPC). La filiale du groupe Asunim basé à Londres s’occupera également du dimensionnement et de la vérification des produits, ainsi que de la supervision du site d’exécution du projet. La centrale solaire photovoltaïque sera aussi dotée d’un système de stockage par batteries d’une capacité de 35 MWh « ce qui permettra de dynamiser les zones concernées par le projet solaire 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 et de stabiliser le réseau électrique national », indique Andreas Schuenhoff, le directeur du groupe Asunim. Actuellement, ce pays d’Afrique de l’Est dépend à 100 % des importations de pétrole qui produit des gaz à effet de serre et d’autres polluants atmosphériques (dioxyde de carbone, oxyde d’azote, etc.), nocifs pour l’environnement et la santé des populations. La société I-kWh, basée à Sharjah (Émirats arabes unis) apportera son expertise en matière de stockage et de système de gestion de l’électricité dans le cadre du projet solaire. Au moins 59 000 foyers alimentés en électricité « Les quelque 29 millions de kWh d’énergie propre produits par la future centrale solaire permettront de répondre aux besoins en électricité de plus de 59 000 ménages au Soudan du Sud », souligne Mohamed Shiha, le directeur technique de la société égyptienne de services énergétiques Elsewedy Electric T&D (EETD). L’installation permettrait également d’éviter les émissions de 10 886,2 tonnes de CO2 par an. Le projet solaire de Juba durera 12 mois. Sa mise en œuvre nécessitera un investissement de 45 millions de dollars de la part du ministère sud-soudanais de l’Électricité, des Barrages, de l’Irrigation et des Ressources en eau. Il pourra s’appuyer sur un prêt de la Banque africaine d’import-export (Afreximbank), un établissement financier panafricain créé sous les auspices de la Banque africaine de développement (BAD). Inès Magoum
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La Chambre africaine de l'énergie prévoit que la demande d'électricité en Afrique continuera d ... (Wed, 02 Dec 2020)

African Energy Chamber La capacité de production d’électricité de l’Afrique a augmenté en moyenne de 4,8% par an depuis 2008 ; La Chambre reste déterminée dans son engagement à rechercher une résolution juste et équitable qui fasse valoir les intérêts des Africains, des entreprises, des investisseurs et de la croissance économique ; Ceci est un extrait du Africa Energy Outlook 2021. Obtenez votre exemplaire gratuit aujourd'hui sur www.EnergyChamber.org. La production totale d'électricité en Afrique s'est élevée à 870 térawattheures (TWh) en 2019, soit une augmentation de 2,9% par rapport à 846 TWh en 2018. La capacité de production d'électricité de l'Afrique a augmenté en moyenne de 4,8% par an depuis 2008, contre 2,7% dans le monde. Néanmoins, la part de l’Afrique dans la production mondiale d’électricité est d’environ 3% depuis 2000. La Chambre africaine de l'énergie prévoit que la production 2021 se situera probablement entre 870 et 900 TWh si la demande augmente de manière agressive tout au long de l'année suite aux dé-confinements progressifs et à la réouverture des économies africaines au commerce et transport internationaux. Notre prévision de base utilisant une croissance annuelle prudente de 4,5% (politiques actuellement déclarées) montre que la production d'électricité sur le continent augmentera de 25%, 55% et 141% des niveaux de référence 2020 pour atteindre 1057, 1138 et 2047 TWh d'ici 2025, 2035 et 2040 respectivement. Ce chiffre passe à 1 520 en 2030 et à 2 700 TWh en 2040 dans le cadre d'une tentative plus agressive d'augmenter la capacité de 6% par an. Cette dernière évaluation repose sur le fait que l'Afrique s'efforce de développer de manière agressive l'approvisionnement en électricité et les services énergétiques modernes dans le cadre de l'Agenda 2063 de l'Afrique sur le développement de l'énergie et des infrastructures. Cela garantira que l'expansion de la production puisse devancer la croissance démographique du continent (l'Afrique comptera 1,8 et 2,45 milliards d'habitants d'ici 2040 et 2050). En ce qui concerne le mix d'approvisionnement, le gaz naturel (39%) constitue l'élément le plus important dans le mix de production d’électricité en Afrique, suivi du charbon (29%), de l’hydroélectricité (15%) et du pétrole (10%). Alors que l’énergie nucléaire représentait 2% supplémentaires, la part des énergies renouvelables (ER) dans le mix de production de l’Afrique augmente, quoique à un rythme plus lent que dans d’autres régions (5%). La majeure partie de la croissance des énergies renouvelables provient des centrales solaires, éoliennes et géothermiques, et cela devrait se poursuivre jusqu'en 2030. L'Afrique a généré 830 mégawatts (MW), 5748 MW et 7236 MW de capacité géothermique, éolienne et solaire en 2019 respectivement, ce qui représente des taux de croissance de 17,4%, 26,1% et 60,2% depuis 2010. Néanmoins, la plupart de ces développements d’énergie renouvelable sur le continent se limitent principalement à l'Afrique du Nord (Maroc, Égypte) et du Sud-Est (Afrique du Sud, Kenya). Compte tenu de la baisse des coûts des technologies clés des énergies renouvelables et des préoccupations croissantes concernant les émissions de CO2, le niveau de déploiement des énergies renouvelables, en particulier l'énergie solaire et éolienne, devrait augmenter de 1,5% par an au cours de la prochaine décennie jusqu'en 2030. En ce qui concerne la consommation d’électricité sectorielle, le secteur industriel reste le plus gros utilisateur du continent (41%), suivi des services résidentiels (33%), commerciaux et publics (18%) et de l’agriculture (4%). Les transports en consomment une faible proportion (environ 1%) tandis que les 3% restants étaient attribués à d'autres secteurs. Au niveau sous régional, l’Afrique du Nord et l’Afrique du Sud représentent plus de 70% de la demande d’électricité en Afrique. Ceci est un extrait tiré de l’Africa Energy Outlook 2021. Obtenez votre exemplaire gratuit aujourd'hui sur www.EnergyChamber.org. Engagez-vous avec nous sur nos réseaux sociaux en utilisant #ChamberNews #ChamberEnergy Outlook. Distribué par APO Group pour African Energy Chamber. Pour nos actualités et mises à jour, suivez nos réseaux sociaux : Twitter : @energy_african LinkedIn : African Energy Chamber Youtube : African Energy Chamber À propos de la Chambre africaine de l'énergie : Déterminée à promouvoir la croissance du secteur énergétique africaie, la Chambre africaine de l'énergie (www.EnergyChamber.org) encourage la collaboration entre les entreprises et les gouvernements et joue un rôle de premier plan dans l'élaboration des politiques, le partage des meilleures pratiques et l'utilisation des ressources pour créer de la valeur. Source : https://www.africa-newsroom.com/press/african-ener...
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L'hydrogène est-il une solution d'avenir ? (Wed, 02 Dec 2020)
Décryptage signé Alexis Berhault et Charly Gay, consultants chez Spinpart. L’Union Européenne, engagée dans une transition énergétique visant à décarboner l’économie, réanime l’espoir d’une société hydrogène. Les plans de relance de la France et de l’Allemagne prévoient des investissements de plusieurs milliards pour la construction d’une filière hydrogène verte complète, de la production à l’usage, destinée en priorité à la mobilité. Les années 70 ont déjà vu une telle démarche s’enclencher à la suite des chocs pétroliers…mais en vain. Dans cet article, SpinPart vous apporte un éclairage sur les raisons qui expliquent cet engouement et les obstacles à prendre en compte pour le développement d’une filière hydrogène verte au 21ème siècle. Des technologies existantes insuffisantes pour garantir l’indépendance énergétique et décarbonée de l’UE L’UE vise à être neutre en carbone en 2050, incluant un jalon à -40% d’émissions en 2030 (voire -55%). Afin de respecter ses engagements internationaux, il est indispensable de modifier en profondeur le secteur de la mobilité qui représente 25% des émissions. Le développement des transports en commun, du fret ferroviaire et des mobilités douces (vélo, marche à pied) répond à une partie de la problématique. Il est cependant nécessaire d’avoir des véhicules non carbonés pour les usages indispensables (déplacements quotidiens en zones rurales, véhicules d’urgence, transport de marchandises au dernier km, etc.). Pour répondre à ce besoin, deux formes de mobilités coexistent à grande échelle aujourd’hui. Chacune avec ses forces et faiblesses : Aucune de ces deux formes ne répond véritablement aux enjeux de l’Union Européen sur le long terme. L’hydrogène est régulièrement cité comme la réponse idéale. Qu’en est-il vraiment ? L’espoir de la mobilité hydrogène : un véhicule propre à un prix abordable avec un réseau de recharge adapté La terminologie courante de « véhicule à hydrogène » (1) décrit un véhicule fonctionnant avec une pile à combustible. Il se compose d’un moteur électrique et d’un générateur chimique à pile à combustible. La pile à combustible permet de générer de l’électricité alimentant le moteur du véhicule tout en rechargeant la batterie. La principale technologie utilisée dans l’automobile est la PEMFC (2) qui utilise aussi bien du dihydrogène que du bioéthanol et qui comporte de nombreux avantages : compacte, adaptée à tous types de véhicules, et fonctionne à basse température (70-80°C). Enfin, elle fonctionne aussi bien au dihydrogène qu’au bioéthanol. La principale limite de ce type de pile réside dans l’utilisation de platine comme catalyseur qui augmente son coût de fabrication et son impact écologique. D’autres technologies n’utilisant pas de platine existent, comme par exemple les SOFC (3), qui fonctionnent à très haute température (entre 500 et 1000 °C) : l’apport important de chaleur se substitue au platine comme catalyseur. Cette technologie est pour l’instant uniquement utilisable pour des mobilités lourdes (Maritime, Fret routier, etc.) Quelle que soit la pile à combustible, un second élément s’ajoute à l’équation économique d’un véhicule, le coût élevé du réservoir de stockage de l’hydrogène. En effet, un réservoir résistant à la haute pression (700 bars) est primordial pour obtenir une autonomie de 500 km sur un véhicule particulier. Le réservoir constitue surtout une problématique de sécurité pour l’ensemble des constructeurs. Le dihydrogène étant compressé à haute pression, il en devient très explosif en cas d’impact important s’il reste confiné. En revanche, à l’inverse des autres gaz de type GNV ou GPL, la légèreté du dihydrogène le rend moins dangereux en cas de fuite du réservoir car le moindre interstice peut lui permettre de s’échapper dans l’environnement extérieur avec peu de risques d’asphyxie. A noter également que le dihydrogène contient 3,5 fois moins d’énergie explosive que le GNV. Un comparatif rapide permet de déterminer le type de véhicule adapté en fonction de l’usage : Le coût global du véhicule à hydrogène est plus élevé (coût initial et prix de recharge). Son autonomie et son temps de recharge en font une meilleure alternative vis-à-vis du véhicule électrique pour la mobilité longue distance et la mobilité lourde (fret routier et maritime, etc.). Chercher à développer ce type de mobilité implique un investissement dans l’aménagement du réseau de stockage et de distribution de dihydrogène. A ce jour, une quarantaine de stations de recharge seulement sont implantées et ouvertes au public en France. Se focaliser dans un premier temps sur l’usage longue distance nécessitera un réseau moins dense de stations, et donc un investissement plus progressif. D’autre part, des évolutions technologiques et un développement à grande échelle sont nécessaires pour rendre le coût unitaire du véhicule plus abordable, notamment en s’appuyant sur les constructeurs européens. Intégrer ces derniers leur permettra demain d’être leaders du marché. Enfin, le facteur clé favorisant la technologie hydrogène est le fait que son usage n’émette aucune pollution. Mais qu’en est-il de la production d’hydrogène ? Les enjeux autour de sa production : verdir et augmenter les capacités productives Le dihydrogène n’est pas à proprement parlé une source d’énergie mais un vecteur. La production actuelle de dihydrogène, compte tenu de son coût, est effectuée à 95% via l’utilisation de combustible fossile contre 5% via de l’électricité. En effet, le prix fossile est de 1,5 à 2,5€/kg contre 6 à 12€/kg de dihydrogène pour l’électricité selon France Stratégie [A] . La technique la plus utilisée est le vaporeformage (4) à base de méthane (CH4). Le mécanisme consiste en une double réaction chimique initiée à haute température (entre 840 et 950°C) fortement émettrice de C02. Elle est utilisée par l’industrie (fertilisants, aérospatial) et représente aujourd‘hui 3% des émissions de C02 de la France. La production électrique du dihydrogène se fait par électrolyse. Cette solution répond aux enjeux climatiques si la production électrique est décarbonée (renouvelable ou nucléaire) selon le principe suivant : Infographie Le Monde  Afin de réduire son coût, de forts investissements doivent être consentis en R&D et en industrialisation pour développer de nouvelles capacités productives. Il est possible que les facteurs d’échelles et les avancées techniques permettent de réduire les coûts, à l’image de ce qui a été fait avec les ENR depuis 15 ans. De plus, l’Europe peut s’appuyer sur un ensemble d’acteurs privés pour constituer une filière indépendante (5) (Air Liquide, Engie, GRDF, etc.). Dans le cadre d’un usage généralisé pour la mobilité, les capacités productives en hydrogène et en électricité devront être augmentées : l’énergie finale pétrolière utilisée pour la mobilité en France représente 68 Mtep (Tep : Tonnes équivalent pétrole). Produire l’équivalent d’électricité nette implique une augmentation d’environ 560TWh/an (6), soit un doublement de la production actuelle (550 TWh net en 2018). Un avenir qui reste à confirmer Le développement d’une filière hydrogène verte répond à la fois aux enjeux climatiques et environnementaux, à une indépendance stratégique avec des acteurs européens et à une mobilité économiquement viable. Si l’Europe confirme sa détermination à sortir progressivement d’une mobilité carbonée dans le cadre de son plan climat, l’hydrogène pourrait remplacer le pétrole pour une partie des usages liés à la mobilité (transports lourds, longue distance). De nombreux freins restent à lever tels que le coût du véhicule, les infrastructures de distribution et la production verte de l’hydrogène à grande échelle. Deux éléments permettront d’accélérer le déploiement de la filière : Accompagner la transition pour rendre l’hydrogène progressivement compétitif et accessible face aux solutions fossiles dont le prix de production reste marginal et les infrastructures déjà existantes Repenser nos usages et nos besoins énergétiques en vue de les rationaliser afin d’accélérer et réduire le coût global de la transition ———— Notes et sources : Le véhicule à hydrogène au sens propre du terme est un véhicule disposant d’un moteur « classique » à combustion interne fonctionnant sur le principe du moteur à explosion. Aujourd’hui, cette technologie est progressivement abandonnée en raison des quantités importantes de dihydrogène nécessaires et des contraintes de compression.  PEMFC : Pile à Membrane échangeuse de protons ou Proton Exchange Membrane Fuel Cell Solid Oxyd Fuel Cell On produit également du dihydrogène via d’autres énergies fossiles à partir de la combustion partielle d’une matière organique (charbon, biomasse, etc.) en présence d’air ou d’oxygène (nommée gazéification)  Hypothèse : ~60% de rendement pour la pile à combustible, ~70% de rendement pour l’électrolyse contre un rendement de ~30% dans un moteur thermique soit un facteur d’équivalence de 1,4 en faveur de l’hydrogène vis-à-vis de la production d’électricité nette. [A]  Y a-t-il une place pour l’hydrogène dans la transition énergétique ? », Note d’analyse de France Stratégie, août 2014. [B]  https://www.lemonde.fr/economie/article/2020/09/27/l-hydrogene-nouvel-eldorado_6053802_3234.html [A]  Y a-t-il une place pour l’hydrogène dans la transition énergétique ? », Note d’analyse de France Stratégie, août 2014.  [B]  https://www.lemonde.fr/economie/article/2020/09/27/l-hydrogene-nouvel-eldorado_6053802_3234.html  Articles similaires
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Comment mieux protéger les oiseaux des éoliennes ? (Wed, 02 Dec 2020)
Ces travaux norvégiens reflètent les observations réalisées au niveau mondial, qui indiquent que les rapaces sont les premières victimes des éoliennes, à côté de quelques autres groupes comme les martinets, les outardes et les lagopèdes. Les vautours fauves en Europe, et les aigles royaux aux États-Unis, payent un tribu particulièrement lourd. Déterminer l’ampleur du phénomène reste cependant une gageure. Selon une étude publiée en 2015 sur la mortalité aviaire en Amérique du Nord, les collisions avec les éoliennes, qui concernent quelques centaines de milliers d’oiseaux par an, arrivent loin derrière d’autres menaces, à commencer par les chats, qui en tuent des milliards chaque année, les collisions avec les immeubles (des centaines de millions), les voitures (des dizaines de millions) et les lignes électriques (des millions). « Ces estimations sont entachées de très grosses incertitudes, avec des biais de détection énormes, tempère cependant le biologiste Olivier Duriez, maître de conférences à l’université de Montpellier, rattaché au CEFE (Centre d’écologie fonctionnelle et évolutive). Les chats ramènent aux hommes les cadavres d’oiseaux, qui sont aussi faciles à compter près des buildings. Mais ceux qui finissent aux pieds des éoliennes ou des lignes électriques sont sans doute bien plus nombreux que ce qu’on arrive à compter car ils sont rapidement éliminés par les charognards dans la nature. Sans compter que les chats tuent surtout des passereaux, dont les grandes populations tolèrent davantage un prélèvement que les espèces rares comme les grands rapaces. » La vulnérabilité des oiseaux face aux turbines, très variable d’une espèce à l’autre, reste aussi en partie une énigme. Pour l’heure, les scientifiques en sont encore réduits aux conjectures. « Concernant les rapaces, on suppose que leur mode de déplacement en vol plané, qui leur fait rechercher les secteurs ventés générant des courants ascendants, crée un conflit d’usage de l’espace avec les éoliennes. Étant un peu « prisonniers » des vents, ils se retrouvent dans les mêmes endroits, avance Olivier Duriez. Une partie de la réponse tient aussi sans doute au fait que ces prédateurs sont en haut de la chaîne alimentaire et qu’ils ne sont pas programmés pour se méfier du danger. Il y aurait peut-être également une raison plus physiologique : même si l’acuité visuelle des rapaces est meilleure que celle des hommes, il semblerait que chez certaines espèces la vision des contrastes soit nettement moins bonne que la nôtre. D’où l’intérêt de l’article norvégien, qui va dans le sens de cette hypothèse. Mais il ne repose que sur un très petit nombre d’observations. Il faudra répéter l’expérience sur d’autres sites pour conforter ces résultats. »
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ÉNERGIE : Un projet éolien dans le nord Côte-d'Or reconnu pour la qualité de la concertation avec ... (Wed, 02 Dec 2020)
Le projet éolien des Hauts de l’Armançon sera développé dans des forêts du Tonnerrois. Il rayonne jusque dans le Montbardois et les équipes de l'énergéticien Wpd sont basées à Dijon. Communiqué de Wpd Onshore France du 1er décembre 2020 : Eolien : une concertation reconnue au cœur du projet des Hauts de l’Armançon Le projet éolien des Hauts de l’Armançon a été primé pour la qualité de sa concertation et son travail d’information aux habitants. Porté par l’entreprise wpd et soutenu par les mairies de Cry, Nuits et Aisy-sur-Armançon, le projet est lauréat, ce mardi 1er décembre, des « Trophées de la participation et de la concertation », organisés par le Think Tank français Décider Ensemble. A travers cette récompense, c’est tout un projet de territoire qui démontre l’importance de la concertation dans un projet éolien, se construisant avec l’adhésion locale. Au cœur de ce projet, des outils innovants pour une information régulière des habitants mais aussi un travail étroit avec les associations et forces vives du territoire, ainsi qu’un programme environnemental inédit. Le projet éolien des Hauts de l’Armançon, initié en 2016, part d’une volonté des communes de Cry, Nuits, et Aisy-sur-Armançon (Yonne) de faire activement participer leur territoire à la transition climatique tout en préservant la biodiversité locale et en le développant économiquement. Le développeur éolien wpd onshore France a été sélectionné à l’issue d’un appel à projet lancé par les 3 communes. Fortes de leur implication, les communes ont fait le choix de développer le projet essentiellement dans des bois communaux. Un dialogue territorial ancré Tout au long du développement du projet, une démarche continue a été mise en place pour informer et échanger avec le territoire et ses habitants autour de la construction du parc. Dès 2016, wpd a souhaité inclure les riverains, exploitants agricoles, chasseurs, syndicat de bassin versant, fédération départementale de pêche aux côtés des élus locaux dans cette démarche. Objectif : accompagner la bonne insertion du projet dans son environnement et répondre aux attentes du territoire. Plusieurs centaines de personnes ont participé à des rencontres publiques : - Des expositions publiques présentant le projet et des conférences thématiques (par exemple sur l’environnement) ont constitué des temps d’échange qui ont permis d’ajuster certaines mesures d’accompagnement. - Des outils de communication innovants, tel que la réalité virtuelle et des maquettes 3D ont été utilisées pour que les habitants puissent se rendre compte de la réalité du projet. - Une campagne de porte-à-porte a permis de recueillir les avis, remarques et propositions des riverains. - Possibilité a été offerte de visiter le parc éolien voisin en cours de construction à Quincy-le-Vicomte (21) pour que les habitants, élus et scolaires puissent voir concrètement un projet dans toutes ses dimensions. - Une information a régulièrement été donnée par un site internet dédié et des lettres d’informations. Le programme environnemental, un volet inédit pour œuvrer pour la biodiversité du territoire Le projet éolien s’est construit dès son début autour d’un solide programme environnemental, qui en a constitué le socle. Ce programme environnemental est né de la volonté partagée des élus et de wpd de préserver le potentiel écologique du territoire et de proposer des mesures de gestion de la biodiversité locale, de l’environnement et du paysage allant au-delà du parc éolien. Une concertation en associant les acteurs du territoire (communes d’implantation et limitrophes, associations, exploitants agricoles, utilisateurs de la forêt, les pêcheurs et riverains) a permis de définir diverses mesures, par exemple : la création de 8 vergers de sauvegarde, la protection de 2000 arbres, la réouverture d’une zone humide ou encore la plantation de plus de 4km de haies. Une importante partie du projet porte également sur l’eau dans le territoire, pour assurer la préservation de la ressource en eau et protéger la biodiversité des cours d’eau. Ces mesures ont été validées avec les experts tel que l’Office National de la Forêt (ONF), les fédérations de chasse et de pêche de l’Yonne, le Syndicat Mixte du Bassin Versant de l'Armançon (SMBVA), les exploitants agricoles et une coopérative engagée dans l’agriculture biologique. Ce projet environnemental s’inscrit dans le long terme, puisqu’il durera a minima pendant la trentaine d’années d’exploitation du parc. Sur le plan économique, le territoire bénéficiera d’un million d’euros par an de retombées fiscales et locatives, représentant une importante capacité d’investissement pour les collectivités. L’entreprise wpd s’engage également à solliciter en priorité les entreprises locales dans toutes les étapes de réalisation du parc éolien. Grégoire Simon, président de wpd onshore France : « Notre volonté a été forte dès le début de co-construire ce projet avec les élus bien sûr, mais aussi tous les acteurs et forces vives du territoire. Notre équipe de Dijon est présente quasi quotidiennement sur le terrain, et c’est cette implication qui permet des temps d’échanges réguliers. Nous sommes un producteur d’énergie 100% renouvelable et notre engagement en faveur de la biodiversité, avec le constat actuel, est très important pour nous ». Jean-Louis Gonon, maire de Nuits : « Si on veut un débat apaisé dans un projet collectif de territoire comme le nôtre, la communication n’étant qu’un des éléments d’appropriation par la population, le dialogue territorial, la concertation permanente et surtout la participation de tous les acteurs sont la clé de la réussite pour mener à bien tout projet qui impacte les habitants dans leur vie quotidienne. Quand ils le souhaitent, les habitants doivent pouvoir être associés à la réflexion et la mise en œuvre de ce qui les touchent de près. » José de Pinho, maire de Cry : « Élu maire en mars 2008, sans cesse j’entendais dire : « Le Tonnerrois est un territoire sinistré économiquement ». Suite à ces dires, l’idée d’un projet éolien sur les plateaux calcaires du Sud du Tonnerrois a muri peu à peu dans les têtes de trois maires. Restait à nous mettre d’accord pour agir ensemble et construire un projet de territoire accompagné d’un programme environnemental impliquant le maximum de communes du Tonnerrois et du Nord Côte-d’Or. Aujourd’hui, le projet est en instruction et il a été présenté plusieurs fois aux propriétaires de sites et aux élus des communes. » Olivier Murat, maire actuel d’Aisy sur Armançon, et Roland Bugraf, ancien maire de la commune : « Ce projet va nous permettre, à nous communes rurales, de participer à l’investissement de projets d’avenir importants, à l’échelle de notre territoire, tout en préservant son environnement, et c’est dans ce sens que le programme environnemental a été construit, en s’appuyant sur les différents acteurs du territoire ». A propos des trophées de la participation et de la concertation : Depuis 2016, Décider ensemble, en partenariat avec la Gazette des communes, récompense et valorise les démarches participatives innovantes mises en place par les associations, collectivités ou entreprises à travers ses Trophées de la participation et de la concertation. Plus d’informations sur le projet éolien des Hauts de l’Armançon sur le site internet dédié Les chiffres clés du projet éolien des Hauts de l’Armançon :
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Une centrale géothermique en Seine-et-Marne (Wed, 02 Dec 2020)
Publié le 2 déc. 2020 à 8:24 Énergie au potentiel peu exploité en France (seulement 17 MW de puissance électrique installé et 509 MW de puissance thermique des réseaux de chaleur selon le baromètre Eurobserv'ER 2018), la géothermie devrait connaître une étape importante avec les avancées du projet de Champs-sur-Marne. Cette centrale implantée au cœur de la cité Descartes fait partie des installations les plus importantes en cours de réalisation. Elle s'appuie sur la technique de géothermie profonde basse énergie qui permet d'approvisionner un réseau de chaleur en puisant dans les nappes souterraines des eaux dont les températures oscillent entre 30°C et 90°C. >>> Lire aussi : Aluminium ou PVC, quels volets choisir pour une meilleure isolation ? Terre de géothermie Si le projet est ambitieux, il n'a rien d'inédit dans l'est parisien. Le territoire est une zone fertile pour cette technologie et a accueilli les premiers forages dès la fin des années 1960, à Melun. Cette prédisposition a un nom : le « Dogger », un aquifère situé entre 1 500 et 2 000 mètres de profondeur. Sa nappe souterraine contient des eaux dont les températures varient entre 60°C et 80°C. C'est grâce à ce terrain, particulièrement productif, que GéoMarne (filiale locale d'Engie solutions associée, sur ce projet, à la Communauté d'Agglomération Paris-Vallée de la Marne) va alimenter la centrale. Le dispositif fonctionne au moyen de deux puits forés à 1 900 mètres de profondeur. Les calories de l'eau sont transférées au réseau de chaleur, avant que le liquide ne soit réinjecté dans le sous-sol afin de ne pas refroidir la nappe et de préserver la ressource. Ce procédé devrait conduire à la valorisation de 82% d'énergie verte pour alimenter un réseau de chaleur qui s'étend de Champs-sur-Marne à Noisiel. >>> Lire aussi :Smart grids, un marché en plein essor Des citoyens locaux engagés Au final, l'objectif est de produire 297 GWh d'énergie verte par an, afin de fournir en chauffage 10 000 logements et d'économiser, au passage, 25 000 tonnes de CO2, soit l'équivalent des émissions de 17 000 véhicules. Pour cela, le groupement en charge du projet a dépensé 40 millions d'euros, mais a aussi innové en confiant une partie de l'investissement aux habitants. En 2019, un financement participatif ouvert aux citoyens locaux via la plateforme spécialisée Lumo a ainsi permis de récolter un million d'euros. Après des opérations de forages stratégiques réussies en 2019, le projet est désormais sur les rails. Les premiers kilomètres de réseau ont été réalisés cet été et les travaux de la centrale vont commencer dans la foulée. Objectif : pouvoir démarrer l'exploitation fin 2021, au même moment qu'un autre grand projet géothermique francilien, la centrale de Vélizy-Villacoublay.
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D'où vient la chaleur de la Terre ? (Wed, 02 Dec 2020)
Piton de la Fournaise Piton de la Fournaise (Jean-Claude Hanon, CC BY-SA 3.0 <https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0>, via Wikimedia Commons) François Vannucci, Université de Paris La Terre chauffe. On sait que la température intérieure augmente quand on s’enfonce dans la croûte terrestre. À 25 km de profondeur, elle atteint 750 degrés ; au centre, on l’estime à 4000℃. Des sources chaudes sont connues depuis l’antiquité et aujourd’hui on utilise la géothermie pour chauffer les appartements. Les éruptions volcaniques, les geysers, les séismes sont autant de signes d’une énergie interne. On mesure un flux thermique moyen émis par la surface de 87 milliwatts par m2, soit un dix millième de la puissance reçue du Soleil, pour une puissance totale émise par la Terre de 47 térawatts, soit plusieurs milliers de centrales nucléaires. L’origine en est restée longtemps un mystère, on sait aujourd’hui que la majeure partie relève de la radioactivité. Comment naissent les atomes ? Pour comprendre l’origine de cette chaleur, il faut remonter à la genèse des éléments atomiques. Le Big Bang a produit de la matière sous forme de protons, neutrons, électrons et neutrinos. Vers 370 000 ans, les premiers atomes se sont formés, les protons attirant des électrons pour donner de l’hydrogène. D’autres noyaux un peu plus lourds, deutérium, hélium, se sont produits en parallèle, c’est ce qu’on appelle la nucléosynthèse primordiale. Le chemin a été beaucoup plus laborieux pour créer les éléments lourds. Il a fallu attendre la formation des étoiles et les noyaux lourds sont nés par accrétion dans le chaudron stellaire ; c’est la nucléosynthèse stellaire qui a demandé des milliards d’années de gestation. Puis, ces éléments se sont répandus dans l’espace au moment de la mort des étoiles pour se retrouver capturés au niveau des planètes. La composition de la Terre est donc très compliquée et on y trouve, heureusement pour notre existence, tous les éléments naturels depuis l’hydrogène, l’atome le plus simple, jusqu’aux atomes lourds tels que l’uranium en passant par carbone, fer… et toute la table de Mendeleïev. Les entrailles de la Terre renferment la panoplie des éléments atomiques rassemblés dans différentes couches qui se répartissent selon une structure en oignon. Notre planète contient tous les éléments représentés dans le tableau périodique des éléments. Scaler, Michka, Wikipedia, CC BY-SA On connaît assez mal l’intérieur de notre planète, les mines les plus profondes atteignent au plus 10 km alors que son rayon est de 6500 km. La connaissance expérimentale plus interne est obtenue par mesures sismiques. A partir de telles données, les géologues ont divisé la structure terrestre en différentes strates : au centre le cœur, présentant une partie interne solide et une partie externe liquide, puis viennent les manteaux interne et externe et enfin la croûte. Or la Terre, du fait de sa composition en éléments lourds qui sont instables, est radioactive, et cela suggère une méthode complémentaire originale pour examiner son intérieur et mieux comprendre d’où vient sa chaleur. Qu’est-ce que la radioactivité ? Médicaments et cosmétiques contenant une petite dose de radium, au début du XXᵉ siècle. Rama, Wikipedia, CC BY-SA La radioactivité est un phénomène naturel très commun et incontournable. Tout sur Terre est radioactif, c’est-à-dire produit spontanément des particules élémentaires, et nous-mêmes nous émettons quelques milliers de particules chaque seconde. L’opinion publique ne s’en effrayait nullement au temps de Marie Curie. Au contraire, on en vantait les bienfaits : on achetait des crèmes de beauté certifiées radioactives et on glorifiait les propriétés des eaux minérales, ce qu’évoque la littérature de l’époque. Maurice Leblanc écrit d’une source thermale qui sauve Arsène Lupin au cours d’une de ses aventures : « L’eau contient des principes d’énergie et de puissance qui en font vraiment une fontaine de jouvence, principes provenant de la radioactivité stupéfiante. » (Maurice Leblanc, La demoiselle aux yeux verts, 1927) On connaît divers types de radioactivité, chacun donnant lieu à une émission spontanée de particules et dégageant de l’énergie qui se révèle par un dépôt de chaleur. Pour ce qui va suivre, on s’intéressera à la désintégration de type «beta» qui émet un électron accompagné d’un neutrino. L’électron est absorbé dès qu’il est produit, mais le neutrino a la propriété très remarquable de pouvoir traverser beaucoup de matière sans être arrêté. La Terre entière est transparente aux neutrinos et donc la détection de neutrinos engendrés par les désintégrations radioactives à l’intérieur de la Terre permet, en principe, de jeter un coup d’œil sur ce qui se passe à grande profondeur. Les géoneutrinos, nom donné à ces particules produites par notre planète, donnent donc une méthode originale d’investigation de la Terre profonde. Encore faut-il les détecter, ce qui est un tour de force puisqu’un neutrino réagit très peu avec la matière. Néanmoins, des détecteurs suffisamment massifs existent et se sont révélés adaptés à une telle recherche. Les géoneutrinos ont pour sources principales les éléments lourds à temps de vie très longs dont on connaît précisément les propriétés grâce aux études en laboratoire. Il s’agit principalement des éléments uranium, thorium et potassium. Par exemple, la désintégration du noyau de l’uranium 238 donne en moyenne 6 neutrinos en même temps qu’elle libère 52 méga-électron-volt d’énergie portée par les particules émises qui s’arrêteront dans la matière et déposeront de la chaleur. Chaque neutrino porte une énergie autour de 2 méga-électron-volt. Rappelons qu’une énergie de 1 méga-électron-volt correspond, en unités officielles, à 1,6 10-13 joules. Cela signifie que la chaleur totale de la Terre demande environ 1025 désintégrations chaque seconde. Peut-on détecter ces neutrinos ? Comment voir les géoneutrinos ? En pratique, on est limité à faire une mesure globale au point où est situé le dispositif qui voit arriver des flux venant de toutes les directions. Il est ensuite compliqué d’obtenir l’information précise sur les origines, la direction d’arrivée ne pouvant être mesurée. Il faut s’appuyer sur des modèles à partir desquels on développe des simulations informatiques. Connaissant les spectres d’énergie de chaque mode de désintégrations et modélisant la densité et l’emplacement des différentes strates géologiques contribuant au résultat final, on extrait un spectre global des neutrinos attendus et on en déduit le nombre d’événements prédits dans un détecteur donné. Ce nombre est toujours très faible : il s’élève à une poignée d’événements par kilotonne de détecteur et par an. Deux expériences ont récemment contribué à cette recherche : Kamland, un détecteur tapi sous une montagne japonaise pesant 1000 tonnes et Borexino installé dans une galerie creusée sous la montagne du Gran Sasso en Italie et pesant 280 tonnes. Dans les deux cas, le milieu sensible est constitué de « scintillateur liquide ». En effet, pour détecter les géoneutrinos ou du cosmos, il faut mettre en œuvre une détection efficace aux basses énergies : c’est l’excitation d’atomes d’un liquide scintillant. Un neutrino interagit sur un proton et les particules produites se révèlent in fine par de la lumière qu’on sait repérer. L’expérience Sno+ utilise le détecteur Snolab au Canada, notamment pour détecter des géoneutrinos. SNOLAB Kamland annonce plus de 100 événements et Borexino une vingtaine d’événements attribuables aux géoneutrinos avec des incertitudes de 20 à 30 %. On ne sait pas remonter à leur point d’émission, mais cette mesure globale – bien qu’assez grossière – suffit pour montrer l’accord avec les prédictions des simulations dans la limite de la faible statistique obtenue. Ainsi, l’hypothèse avancée dans le passé de la présence d’un réacteur nucléaire au centre de notre Terre, qui aurait été constitué d’une boule d’uranium fissionnant comme dans les réacteurs produisant de l’électricité, est aujourd’hui exclue. La fission est un type de radioactivité non plus spontané, mais simulé. Dans le futur, on attend la contribution de nouveaux détecteurs plus performants en préparation au Canada, SNO+, et en Chine, Juno, qui affineront notre connaissance sur les géoneutrinos. « Loin d’être un appauvrissement, l’adjonction à la chose visible de la chose invisible fait plus que de l’enrichir, elle lui donne un sens, elle la complète. » (Paul Claudel, Positions et propositions, 1928).The Conversation François Vannucci, Professeur émérite, chercheur en physique des particules, spécialiste des neutrinos, Université de Paris Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original. The Conversation
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