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TRIBUNE. Les Émirats, maîtres de la contre-révolution arabe - Le Point (jeu., 23 mai 2019)
De l'Algérie au Yémen, Abu Dhabi soutient par tous les moyens les pouvoirs autoritaires pour étouffer toute contestation démocratique dans le monde musulman. À voir ce qu'il se passe depuis plusieurs semaines dans le monde méditerranéen musulman, de l'Égypte à l'Algérie en passant par le Soudan, bien mal inspiré celui qui pourrait donner un pronostic sur les chances de démocratisation de cette région en grande difficulté. Pourtant, les Émirats arabes unis s'érigent aujourd'hui en médiateur idéal dans les situations de crise et appliquent le même remède partout : l'étouffement démocratique. Au début de ce que l'on avait appelé, à tort, les « Printemps arabes », en 2011, le vent d'espoir et de liberté qui soufflait sur la Tunisie, le Maroc, la Libye, la Syrie, le Yémen et l'Égypte, notamment, pouvait laisser présager le meilleur. Aujourd'hui, à part quelques pays miraculeusement rescapés comme la Tunisie « sous assistance » et « sous influence », les espoirs soulevés dans les pays qui ont connu une révolution victorieuse ont fait long feu. La perception que l'on a des Émirats arabes unis (EAU) comme un îlot libéral au milieu de l'archipel de monarchies conservatrices du Golfe est un mythe. Dans l'ombre des gratte-ciel clinquants et d'une image soigneusement travaillée, les EAU se sont transformés ces dernières années en un État policier – un État autoritaire qui ne cherche pas seulement à renverser les acquis des révolutions arabes, mais encore plus d'imposer son idéologie en réalité plus intransigeante et machiavélique que celle du royaume saoudien sur laquelle on a tendance à se focaliser. Les Émirats ne font pas que préparer le lancement d'une sonde sur Mars : ils s'acharnent également à étendre leur influence dans le monde et à mener une campagne contre-révolutionnaire de plus en plus active et radicale. C'est le plan mis en place par Mohamed Ben Zayed, prince héritier d'Abu Dhabi, pour externaliser et « glocaliser » sa doctrine sécuritaire dans tous les pays qui ont espéré la démocratisation. Cette « doctrine MBZ » a déjà transformé en partie le pays en « petite Sparte » du Golfe, certes puissante sous l'Antiquité, mais bien peu réputée pour son pacifisme. Soutien ou ingérence ? Abu Dhabi est omniprésente dans la vie politique de l'ensemble des pays en crise de la région, de sorte que chacun des pays du Printemps arabe a quasi réglé la situation de déstabilisation qu'il a pu connaître en 2011. La Tunisie s'est stabilisée et a entamé sa transition démocratique par une nouvelle Constitution, une vie politique active et des élections fin 2019. Mais dans ce pays, Abu Dhabi soutient clairement la présidence actuelle bien mal en point et largement critiquée à l'intérieur, contre le premier parti du pays, la formation islamiste Ennahda. Quant à la Syrie, après des années de guerre, elle est revenue à l'autoritarisme stable avec le maintien de Bachar el-Assad au pouvoir et la défaite de Daech : l'accord du 15 mars 2019 entre la Russie et les Émirats ouvre les portes de ce pays détruit à Abu Dhabi, qui est désormais son premier partenaire. L'Égypte, elle, après une révolution du 25 janvier 2011 pleine d'espoir a tout perdu avec le putsch contre le président Mohamed Morsi en 2013 et l'installation du nouveau raïs, le maréchal Abdelfattah Sissi, jusqu'à au moins… 2030. Le pays doit son retour à la dictature au soutien des Émirats arabes unis. Lire aussi Tunisie : séisme politique en vue En Algérie, pays qui a enfin entamé son nouveau printemps algérien, après celui de 1988, elle voit son chef d'état-major Gaïd Salah – un général qui effraie les Algériens en quête de démocratie – être en contact permanente avec le puissant Mohammed Ben Zayed. Et le militaire algérien ne cache même plus ses nombreux allers-retours à Abu Dhabi. Quid du Yémen et de la politique « humaniste » qu'Abu Dhabi prétend mener sur place depuis cinq ans avec le concours de Riyad ? Cette guerre a provoqué la pire catastrophe humanitaire du monde avec près de 100 000 enfants morts et des millions de déplacés : tout cela pour venir à bout de la « rébellion » houthiste, soutenue par l'Iran. Et nous arrivons enfin à la Libye, pour laquelle les Émirats arabes unis prétendent détenir la solution. Ce pays, dans lequel le renversement de Muammar Khadafi a provoqué un chaos quasi régional, n'est arrivé à rien en huit ans de conflit. À la décharge des Émirats, personne d'autre n'a trouvé de solution à ce jour. La guerre comme la lutte de clans et de gouvernements entre Tripoli et Benghazi n'en finit pas et la communauté internationale gère l'ingérable : l'intrusion de tous dans une histoire politique qui devrait être réglée par les Libyens en premier et en dernier ressort. Les dernières révélations de la BBC sur les crimes de guerre pratiqués par Abu Dhabi en Libye, après celles il y a deux ans des prisons émiriennes au Yémen où seraient pratiquées la torture, n'ont pas fini de faire des remous. Derrière le soutien émirien à une nouvelle Libye à son image, un homme : le peu commode Maréchal Khalifa Haftar. Il est accusé ces dernières semaines de crimes de guerre dans la ville de Derna, alors que les combats font toujours rage dans la capitale du pays. Basé à Tripoli, le gouvernement d'Union nationale dirigé par Fayez el Sarraj, reconnu par les Nations unies, est chaque jour menacé par celui qui n'est autre que la main des Émirats dans l'Ouest libyen. Le désastre humanitaire qui guette pourrait être, à l'image du Yémen, la prochaine grave crise à venir. Les chiffres parlent d'eux-mêmes : à ce jour, près de 18 000 Libyens ont été déplacés à Tripoli, ville qui compte un million d'habitants. L'offensive d'Haftar à venir sur Tripoli, après plusieurs tirs d'intimidation à la mi-avril 2019, pourrait entraîner des dizaines de milliers de morts et des centaines de milliers de déplacés. Que ce soit l'Arabie saoudite ou les Émirats arabes unis, l'expertise de ces deux pays en règlements de conflits depuis cinq ans s'avère douteuse, à l'image de celle de leur mentor américain. Puisque le droit international ne prévaut plus actuellement, nul besoin de gagner une guerre pour mener la danse. Mais doit-on continuer à observer, dans l'indifférence la plus totale, le redécoupage du Moyen-Orient tant rêvé par Abu Dhabi, peu importe le nombre de morts et le chaos ? Le « projet » émirien : dessiner une carte avec de nouveaux pouvoirs autoritaires partout dans la région et empêcher la démocratisation, source de bien trop d'instabilités, par tous les moyens. Mais en agissant ce la sorte, Saoudiens et Émiriens ont mis le doigt dans un engrenage infernal dont il sera difficile de sortir : celui de la contagion des pouvoirs armés contre les peuples en alerte. *Sébastien Boussois est chercheur en sciences politiques associé à l'Université libre de Bruxelles, auteur de "Pays du Golfe : les dessous d'une crise mondiale" (Éditions Armand Colin).
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Donald Trump veut contourner le Congrès pour vendre des armes dans le Golfe - RFI (Sat, 25 May 2019)
Ces contrats d’armement avec l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis dépassent les 7 milliards de dollars. Il s’agit en grande partie de munitions, notamment certaines sophistiquées à guidage de précision. Aux États-Unis, le gouvernement peut vendre des armes si le Congrès ne s’y oppose pas dans les 90 jours. Or, les élus américains ont déjà exprimé leur forte hostilité, notamment en avril avec le vote d’une résolution demandant l’arrêt de l’assistance militaire à l’Arabie saoudite en raison de sa guerre au Yémen. Résolution à laquelle Donald Trump avait opposé son veto. Cette fois, son administration invoque une clause de la loi qui l’autorise à contourner le Congrès en cas d’urgence pour la sécurité nationale. Des contrats pour aider leurs « alliés » contre l’Iran Mais selon le chef de la diplomatie américaine, « l’agression iranienne » menace justement les intérêts des États-Unis dans la région. Pour Mike Pompeo, ces contrats vont aider les « alliés » de l'Amérique à se défendre face à l’Iran. La manœuvre va lui permettre de débloquer les armes dès les prochains jours, mais elle rend les parlementaires furieux. ►À écouter : Le débat du jour - Le golfe arabo-persique est-il au bord de l'embrasement ? Côté républicain, le très influent sénateur Lindsay Graham, habituel soutien de Donald Trump, affirme ce jeudi qu’on ne peut pas continuer à faire des affaires comme avant avec les Saoudiens en raison de la crise humanitaire au Yémen, mais aussi de l’implication du prince Mohammed ben Salman dans l’assassinat en octobre du journaliste Jamal Khashoggi. « Inacceptable », répondent de leur côté les démocrates. L’opposition dénonce un « abus de pouvoir » et un « dangereux précédent », tout en accusant Riyad de crimes contre l’humanité au Yémen.
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Riyad convoque un sommet des États du Golfe après les attaques de drones - FRANCE 24 (Sun, 19 May 2019)
Première publication : 19/05/2019 - 09:09Dernière modification : 19/05/2019 - 11:23 Le roi Salman d'Arabie saoudite a invité, samedi, les dirigeants des États du Golfe à organiser un sommet d'urgence pour discuter des conséquences des attaques de drones menées quelques jours auparavant contre deux puits de pétrole saoudiens. PUBLICITÉ Lire la suite L'Arabie saoudite se dit prêt à réagir. Riyad a demandé, samedi 18 mai, la convocation de sommets de la Ligue arabe et du Conseil de coopération du Golfe (CCG) à la suite du sabotage de navires dans le Golfe et d'attaques contre des stations de pompage dans le royaume. Ces deux sommets extraordinaires se tiendraient le 30 mai prochain à La Mecque "pour discuter de ces agressions et de leurs conséquences sur la région", selon SPA, l'agence de presse officielle saoudienne. Il s'agit "de se consulter et de se coordonner avec les dirigeants frères" à propos de "tous les sujets susceptibles de renforcer la sécurité et la stabilité dans la région". Cette initiative a aussitôt été saluée par les Émirats arabes unis. Renforcer la sécurité dans la région Le prince héritier saoudien, Mohammed ben Salmane, s'est, selon l’agence SPA, entretenu au téléphone avec le secrétaire d'État américain, Mike Pompeo, concernant des mesures à adopter afin de renforcer la sécurité dans la région. Mardi 14 mai, les houthis, des rebelles pro-iraniens contrôlant de vastes zones au Yémen, ont revendiqué une attaque dans la région de Riyad. Effectuée avec des drones, celles-ci visaient deux stations de pompage d'un oléoduc reliant l'est à l'ouest du royaume saoudien. Dimanche, quatre navires avaient été sabotés au large des Émirats arabes unis, à l'entrée du Golfe : deux pétroliers saoudiens, un navire norvégien et un cargo émirati. Le communiqué saoudien souligne "les graves conséquences de ces attaques", notamment pour "les routes d'approvisionnement et la stabilité des marchés mondiaux du pétrole". "Menace" de l’Iran Le 5 mai dernier, les États-Unis, invoquant une "menace" de l'Iran, avaient annoncé le déploiement, dans le Golfe, du porte-avions Abraham Lincoln ainsi que des bombardiers B-52. Durant une conférence de presse à Riyad, le ministre saoudien des Affaires étrangères, Adel al-Jubeir, a affirmé que son pays "ne veut pas une guerre" avec l'Iran et "va tout faire pour la prévenir", tout en assurant que Riyad est prêt "à se défendre et à défendre ses intérêts" si l'autre partie choisit d'aller vers la guerre. Avec AFP
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Au Yémen, la coalition saoudienne frappe Sanaa - FRANCE 24 (Fri, 17 May 2019)
Première publication : 17/05/2019 - 07:37 La coalition formée par l'Arabie saoudite pour combattre les rebelles chiites houthis au Yémen a mené une série de raids aériens jeudi à Sanaa en représailles à une attaque de drones sur un oléoduc pétrolier saoudien. PUBLICITÉ Lire la suite La coalition menée par l'Arabie saoudite au Yémen a lancé une série de raids aériens sur la capitale yéménite de Sanaa, quarante-huit heures après une attaque de drones sur un oléoduc pétrolier saoudien revendiquée par les rebelles Houthis, mais que Riyad a directement imputée à l'Iran. Selon un médecin, au moins six personnes ont été tuées et dix blessées dans l'un de ces raids. La chaîne de télévision Al-Massirah, contrôlée par les Houthis, a fait état de 19 raids au total dans la région de Sanaa, dont 11 sur la capitale même. Elle a attribué les frappes aux "avions de l'agression" saoudienne. Six corps sont arrivés à l'Hôpital républicain de Sanaa, ainsi que dix blessés, a déclaré à l'AFP ce médecin, Mokhtar Mohammed, ajoutant que toutes ces victimes avaient été dénombrées dans un même quartier de la capitale. Sur Twitter, Médecins sans frontières (MSF) annonce au moins 4 morts et 48 blessés. Une vidéaste de l'AFP a filmé des hommes au milieu de décombres, transportant un corps enroulé dans une couverture vers une ambulance. Les raids ont commencé vers 8h, heure locale, alors que de nombreux habitants dormaient encore, a affirmé un autre témoin à l'AFP. "Il y a eu de nombreuses frappes", a-t-il signalé. Reprise des opérations sur l'oléoduc attaqué Les Houthis contrôlent Sanaa et sont combattus depuis 2015 par une coalition militaire dominée par l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis. Cette coalition avait promis mercredi soir de riposter "avec force" aux attaques des rebelles pro-iraniens du Yémen, au lendemain d'une attaque aux drones dans la région de Riyad qui avait endommagé deux stations de pompage d'un oléoduc reliant l'est à l'ouest du royaume et nécessité l'interruption des opérations sur cette installation clé. Le géant pétrolier saoudien Aramco a annoncé jeudi soir la reprise des opérations sur cet oléoduc. Ces "actes terroristes" ont été "ordonnés par le régime à Téhéran et menés par les Houthis", a déclaré jeudi dans un tweet le prince Khaled ben Salmane, fils du roi saoudien et vice-ministre de la Défense. De son côté, Adel al-Jubeir, ministre d'État saoudien aux Affaires étrangères, a déclaré que les Houthis agissaient sur les ordres des Gardiens de la Révolution de l'Iran. Un conflit qui s'enlise Dans un communiqué, la coalition sous commandement saoudien a affirmé avoir mené jeudi des opérations aériennes sur des "cibles militaires légitimes, y compris des bases, des installations militaires et des dépôts d'armes et de munitions des miliciens terroristes Houthis", notamment à Sanaa. La guerre au Yémen oppose depuis plus de quatre ans des forces progouvernementales, appuyées militairement par Riyad et Abou Dhabi, aux rebelles Houthis, qui contrôlent de vastes zones de l'ouest et du nord du Yémen dont la capitale Sanaa. Les Houthis sont soutenus par l'Iran, qui réfute toutefois leur fournir une aide militaire. Le conflit a tué des dizaines de milliers de personnes, dont de nombreux civils, selon diverses organisations humanitaires. Environ 3,3 millions de personnes sont toujours déplacées et 24,1 millions, soit plus des deux tiers de la population, ont besoin d'assistance, d'après l'ONU. Avec AFP et Reuters
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Iran/USA : des soldats américains déployés au Moyen-Orient - LaDepeche.fr (Sun, 26 May 2019)
l'essentiel 1 500 soldats américains supplémentaires seront déployés au Moyen-Orient. Le gouvernement américain évoque des «menaces persistantes» de la part de l'Iran, alors que les tensions entre les deux pays continuent d'escalader. Les relations entre l'Iran et les Etats-Unis étaient déjà particulièrement tendues depuis le début du mois. Elles ont atteint un nouveau stade ce vendredi. Avant de s'envoler vers le Japon, le président américain a annoncé le déploiement de 1 500 soldats supplémentaires au Moyen-Orient, «pour la plupart (des troupes) préventives». Pour le chef du Pentagone, ces renforts américains sont purement défensifs et destinés à «améliorer la protection et la sécurité des forces américaines, compte tenu de menaces persistantes de la part de l'Iran». Il a ajouté dans un communiqué «ceci est une réponse prudente à des menaces crédibles de la part de l'Iran». Les effectifs supplémentaires seront envoyés sur les bases dont les Etats-Unis disposent au Moyen-Orient, mais pas sur les zones de conflit. Ce déploiement décidé par Washington inclut cependant un bataillon de 600 hommes qui se trouvaient déjà dans la région mais qui devait la quitter. Des appareils de reconnaissance et de surveillance et un escadron de 12 avions de chasse renforcera le dispositif. «Une menace pour la paix et la sécurité internationale» Parallèlement, l'administration Trump a également informé vendredi le Congrès de nouvelles ventes d'armes à l'Arabie saoudite, grand ennemi régional de l'Iran, et aux Emirats arabes unis. Début mai, le Pentagone avait déjà dépêché au Moyen-Orient un porte-avions, un navire de guerre, des bombardiers et une batterie de missiles. Cette annonce a immédiatement fait réagir Téhéran : «l'accroissement de la présence américaine dans notre région est très dangereux et constitue une menace pour la paix et la sécurité internationales à laquelle il faut faire face», a déclaré le ministre iranien des Affaires étrangères Javad Zarif. Pour l'amiral de l'état-major américain, Michael Gildman, ce nouveau déploiement n'est pas une provocation et résulte de «menaces» de la part de l'Iran. Il évoque notamment des attaques contre plusieurs pétroliers au large du port de Fujairah (Emirats arabes unis). Il a également accusé les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique du régime iranien, d'avoir «tenté de déployer des boutres modifiés capables de lancer des missiles de croisière» dans le Golfe et d'être responsable d'un tir de roquette sur la Zone Verte à Bagdad où se trouve l'ambassade américaine. «Nous sommes tout à fait convaincus que ceci provient de la direction iranienne au plus haut niveau», a-t-il ajouté. Depuis le début du mois, les relations entre les deux pays se sont envenimées. Téhéran a suspendu certains de ses engagements pris en vertu de l'accord de 2015 encadrant son programme nucléaire, tandis que l'administration Trump a renforcé ses sanctions économiques contre l'Iran.
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L’Arabie saoudite et les Emirats accusés de « contrer » les Révolutions arabes - TSA - Tout Sur l'Algérie (Sun, 26 May 2019)
La Yéménite Tawakkol Karman, prix Nobel de la paix 2011, accuse ouvertement les Emirats arabes unis et l’Arabie saoudite d’être derrière « la contre-Révolution » dans les pays arabes, dont l’Algérie. « Ces deux pays craignent les révolutions même au Mozambique ou dans un Etat en Amérique du Sud », a-t-elle déclaré lors d’un iftar à Istanbul, en Turquie, organisé par sa fondation et la chaîne yéménite Balquis. « Les despotes de notre monde arabe ont parié sur la destruction totale afin que les peuples abandonnent toute aspiration à la démocratie. Au moment même où ils ont cru qu’ils contrôlaient tout, un coup venu d’Algérie et du Soudan les a surpris. Aujourd’hui, ils tentent de s’ingérer dans les affaires de ces deux pays pour transformer leur printemps en automne », souligne Tawakkol Karman, citée par l’agence turque Anadolu. En Algérie et au Soudan, les manifestations populaires pacifiques ont obligé les présidents Abdelaziz Bouteflika et Omar Al Bachir à quitter le pouvoir après plus de vingt ans de règne. « La bataille que livrent les contre-révolutions contre le Printemps arabe, mobilisant l’argent du Golfe, la complicité occidentale et les gangs locaux, ne peut qu’échouer (…) quand la jeunesse du Printemps arabe exprimait la nécessité du changement démocratique réelle, certains régimes et États dictatoriaux activaient, publiquement et secrètement, pour revenir en arrière », a-t-elle dit. « Une idéologie machiavélique » Tawakkol Karman n’est pas la seule à pointer du doigt ces deux pays. Cette semaine, Sébastien Boussois, chercheur en Sciences politiques à l’Université libre de Bruxelles, a, dans une tribune publiée par l’hebdomadaire français Le Point, analysé le rôle négatif des Emirats arabes unis dans la région arabe. « Les Émirats arabes unis s’érigent aujourd’hui en médiateur idéal dans les situations de crise et appliquent le même remède partout : l’étouffement démocratique (…) La perception que l’on a des Émirats arabes unis (EAU) comme un îlot libéral au milieu de l’archipel de monarchies conservatrices du Golfe est un mythe. Dans l’ombre des gratte-ciel clinquants et d’une image soigneusement travaillée, les EAU se sont transformés ces dernières années en un État policier – un État autoritaire qui ne cherche pas seulement à renverser les acquis des révolutions arabes, mais encore plus d’imposer son idéologie en réalité plus intransigeante et machiavélique que celle du royaume saoudien sur laquelle on a tendance à se focaliser », a-t-il écrit. Et d’ajouter : « Les Émirats ne font pas que préparer le lancement d’une sonde sur Mars : ils s’acharnent également à étendre leur influence dans le monde et à mener une campagne contre-révolutionnaire de plus en plus active et radicale. C’est le plan mis en place par Mohamed Bin Zayed, prince héritier d’Abu Dhabi, pour externaliser et « globaliser » sa doctrine sécuritaire dans tous les pays qui ont espéré la démocratisation. Cette « doctrine MBZ » a déjà transformé en partie le pays en « petite Sparte » du Golfe, certes puissante sous l’Antiquité, mais bien peu réputée pour son pacifisme ». En février 2018, plusieurs chercheurs et politiques ont souligné « le rôle nocif » de l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis dans la « contre-Révolution », lors d’un débat organisé par le Centre des études d’Al Jazeera et le Centre des études asiatiques stratégiques à Istanbul. « Dès le premier jour, les Emirats et l’Arabie saoudite ont voulu « renverser » le printemps arabe », a relevé Aymen Nour, leader d’un parti d’opposition égyptien. Les intervenants ont cité comme exemple l’évolution violente de la situation en Libye, en Syrie et au Yémen.
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Le roi Salman invite l'émir du Qatar à deux sommets - Boursorama (Sun, 26 May 2019)
LE CAIRE, 26 mai (Reuters) - Le roi Salman d'Arabie saoudite a invité l'émir du Qatar, cheikh Tamim Ben Hamad Al Thani, à assister à deux sommets à La Mecque le 30 mai, a annoncé dimanche le ministère qatari des Affaires étrangères. Ryad a proposé la tenue de deux sommets le 30 mai à La Mecque pour discuter des conséquences des attaques de drones ainsi que du "sabotage" de quatre navires, dont deux pétroliers saoudiens, au large des côtes des Emirats arabes unis. L'Arabie saoudite, les EAU, Bahreïn et l'Egypte ont mis en place un boycott économique et diplomatique du Qatar depuis juin 2017 en raison de la proximité de ce dernier avec l'Iran. Les Saoudiens accusent les dirigeants qataris de soutenir le terrorisme, ce que ces derniers démentent. (Nayera Abdallah; Arthur Connan pour le service français)
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