planète Moyen-Orient actualité Moyen-Orient
AMO
AMO
AMO
AMO
nos éditions nos flux rss
Trump informé d'un tir de missile sur l'Arabie saoudite - Le Figaro (jeu., 20 juin 2019)
Le président américain Donald Trump a été informé d'un tir de missile sur l'Arabie saoudite, a indiqué ce jeudi la Maison Blanche, après l'annonce par les rebelles Houthis du Yémen d'une attaque contre une station électrique dans le sud du royaume saoudien. «Le président a été informé d'un tir de missile sur l'Arabie saoudite. Nous suivons de près la situation et nous continuons de consulter nos partenaires et nos alliés», a déclaré, dans un communiqué la porte-parole de la Maison Blanche, Sarah Sanders, dans un communiqué. » LIRE AUSSI - Des rebelles yéménites attaquent un aéroport en Arabie saoudite Dans la nuit de mercredi à jeudi, la télévision Al-Massirah des rebelles yéménites a revendiqué une attaque à l'aide d'un missile de croisière contre une station électrique dans le sud de l'Arabie saoudite. L'attaque a visé, selon cette télévision, la station d'al-Chaqiq dans la province saoudienne de Jazan. L'Arabie saoudite n'a pas fait état d'une telle attaque. La coalition anti-rebelles qu'elle conduit au Yémen a indiqué qu'un drone lancé à partir du Yémen avait été intercepté mercredi avant d'atteindre le territoire saoudien. Les Houthis ont intensifié ces dernières semaines les attaques de drones contre l'Arabie saoudite, qui intervient militairement depuis 2015 au Yémen à la tête d'une coalition pro-gouvernementale. Deux de ces engins, dirigés contre le sud de l'Arabie saoudite, ont été interceptés lundi soir, selon la coalition. Mercredi dernier, 26 civils de diverses nationalités avaient été blessés dans une attaque au missile contre l'aéroport d'Abha. L'ONG Human Rights Watch a qualifié cette opération d'apparent «crime de guerre», pressant les Houthis de cesser immédiatement toute attaque sur des infrastructures civiles saoudiennes. Ces développements interviennent alors que la tension grandit dans la région, Washington et Riyad accusant l'Iran d'avoir perpétré les attaques de jeudi dernier contre deux pétroliers en mer d'Oman, ce que Téhéran a démenti. La guerre au Yémen oppose des forces pro-gouvernementales soutenues par l'Arabie saoudite et les Emirats arabes unis aux rebelles houthis appuyés par Téhéran et qui contrôlent une bonne partie du nord et l'ouest du pays ainsi que Sanaa. Le conflit a tué des dizaines de milliers de personnes, dont de nombreux civils, selon diverses organisations humanitaires.
>> Lire la suite

Enquête. Mohammed ben Zayed, l'homme le plus puissant du Moyen-Orient The New York Times - Courrier International (Thu, 20 Jun 2019)
Mohammed Ben Zayed, prince héritier des Emirats arabes unis, représenté par André Carrilho, Portugal, pour Courrier international. À 58 ans, le prince héritier d’un des plus petits États arabes est l’homme le plus écouté par le prince saoudien MBS tout comme par Washington, et cela malgré ses échecs régionaux. Il partage avec Donald Trump la même haine de l’Iran, des Frères musulmans et la volonté de trouver une solution définitive au conflit israélo-arabe. Le New York Times révèle l’ampleur de son influence dans la région. En 1991, quelques mois après l’invasion du Koweït par l’Irak, le prince Mohammed ben Zayed, 29 ans et à la tête de la très modeste force aérienne des Émirats arabes unis, est venu à Washington pour acquérir des armes. Le jeune prince voulait acheter tellement de matériel militaire pour protéger sa monarchie pétrolière que le Congrès craignait qu’il ne déstabilise la région. Mais le Pentagone, cherchant à cultiver des alliés accommodants dans le Golfe, avait vu en lui un partenaire prometteur. Fils préféré de ce Bédouin presque illettré qui a fondé les Émirats arabes unis, Mohammed ben Zayed était un type sérieux, pilote d’hélicoptère formé par les Britanniques, qui avait persuadé son père de transférer 4 milliards de dollars au Trésor des États-Unis pour les aider à payer la guerre en Irak de 1991. Richard A. Clarke, alors secrétaire d’État adjoint, avait tenu à rassurer les députés : le jeune prince “n’est pas et ne sera jamais une menace pour la stabilité ou la paix dans la région, avait témoigné Clarke devant le Congrès. C’est inimaginable. Je dirais même que son pays œuvre pour la paix.” Trente ans plus tard, Mohammed ben Zayed, 58 ans et prince héritier d’Abou Dhabi, de facto à la tête des Émirats arabes unis, est indéniablement le dirigeant le plus puissant du monde arabe. Il compte également parmi les personnalités étrangères les plus écoutées à Washington, incitant les États-Unis à suivre sa stratégie de plus en plus va-t-en-guerre dans la région. Son pays compte moins d’habitants que le plus petit des États américains. Mais Mohammed ben Zayed est sans doute l’homme le plus riche du monde. Il est assis sur un fonds souverain d’une valeur de 1 300 milliards de dollars, ce qui est plus que tout autre pays. Son entregent à Washington est légendaire. Son armée est la plus puissante du monde arabe, équipée, grâce à sa collaboration avec les États-Unis, d’engins de surveillance dernier cri et d’une force de frappe qui s’étend bien au-delà de ses frontières. Pendant plusieurs dizaines d’année, Mohammed ben Zayed a été un partenaire privilégié des Américains, et suivait la direction montrée par Washington, mais il fait désormais cavalier seul. Ses forces spéciales sont actives au Yémen, en Libye, en Somalie et dans le nord du Sinaï en Égypte. Il a cherché à contrecarrer les transitions démocratiques au Moyen-Orient, permis d’installer un autocrate fiable en Égypte [le maréchal Sissi] et placé un de ses protégés [Mohammed ben Salmane, dit MBS] au pouvoir en Arabie Saoudite. Parfois, le prince est même allé à l’encontre de la diplomatie américaine et n’a pas hésité à déstabiliser des pays voisins. Les groupes de défense des droits de l’homme lui reprochent de jeter en prison les dissidents, d’avoir contribué à la crise humanitaire au Yémen et d’avoir soutenu le prince saoudien, dont les agents ont tué [octobre 2018] le journaliste et auteur dissident Jamal Kashoggi. Pourtant, depuis l’arrivée de Trump au pouvoir, son influence à Washington est apparemment plus forte que jamais. Il entretient d’excellentes relations avec le président, qui adopte fréquemment ses vues sur le Qatar, la Libye et l’Arabie Saoudite, au grand dam de ses ministres ou des hauts dirigeants de la sécurité nationale. Dans le cercle des intimes de Trump Selon les diplomates occidentaux qui connaissent bien Mohammed ben Zayed – qu’ils appellent MBZ –, ce dernier aurait deux ennemis jurés : l’Iran et les Frères musulmans. Une obsession partagée par Trump, qui, la semaine dernière, a pris des mesures afin de continuer à vendre des armes à la fois à l’Arabie Saoudite et aux Émirats arabes unis en se passant de l’approbation du Congrès. “MBZ a un talent extraordinaire pour faire passer ses propres intérêts pour des conseils avisés, explique Ben Rhodes, ancien conseiller à la sécurité nationale sous Obama, dont les sympathies pour les “printemps arabes” et la volonté de négocier avec l’Iran avaient suscité de vives critiques de la part de l’homme fort des Émirats. “Quand il s’agit d’activer les réseaux à Washington, MBZ est un vrai génie.” Avant l’élection présidentielle, le prince Mohammed a déployé tout son zèle pour pénétrer le cercle des intimes de Trump ; et a réussi à organiser une réunion secrète lors de la période de transition avec le gendre du président, Jared Kushner. Le prince a également essayé de jouer les entremetteurs entre l’administration Trump et la Russie, une tactique qui l’a fait apparaître dans le rapport Mueller sur l’ingérence de la Russie dans la présidentielle [américaine]. Aujourd’hui, au moins cinq personnes qui travaillent pour MBZ sont visées par des enquêtes à la suite de ce rapport. Alors que, ces trente dernières années, il se rendait régulièrement aux États-Unis, Mohammed ben Zayed évite le pays depuis deux ans. En partie parce qu’il craint que la justice américaine ne cherche à l’interroger ou interroger ses collaborateurs. Son frère [Abdallah ben Zayed] en revanche, le ministre des Affaires étrangères, n’a pas interrompu ses séjours. L’ambassade des Émirats arabes unis à Washington a décliné tout commentaire. Les admirateurs de MBZ aux États-Unis, et ils sont nombreux, disent qu’il est prudent de sa part de vouloir peser sur la politique américaine, comme le font de nombreux gouvernements, et considèrent son interventionnisme comme une manière de compenser le retrait des Américains dans la région [du Moyen-Orient]. Diplômé, mince et athlétique Mais pour ses détracteurs, sa montée en puissance montre bien les effets pervers de la stratégie américaine. Le jeune prince inconnu adopté par Washington, qui pensait s’en faire un allié docile, est maintenant en train de jeter de l’huile sur le feu au Moyen-Orient. En procurant aux EAU des technologies de surveillance dernier cri, des commandos et des armes, avance Tamara Cofman Wittes, ancienne du département d’État et membre de la Brookings Institution, “nous avons joué les Frankenstein”. Si la plupart des émirs arabes sont [...] David D. Kirkpatrick Source The New York Times New York www.nytimes.com/ Avec 1 300 journalistes, 13 bureaux à l’étranger et 125 prix Pulitzer, The New York Times est de loin le premier quotidien du pays, dans lequel on peut lire “all the news that’s fit to print” (“toute l’information digne d’être [...] Lire la suite
>> Lire la suite

« Les Émirats et l'Arabie saoudite sont plus dangereux que le Qatar » - Le Point (Wed, 05 Jun 2019)
ENTRETIEN. Après deux ans de blocus contre Doha, le chercheur Sébastien Boussois dénonce le redécoupage autoritaire de la région par Riyad et Abu Dhabi. Deux ans d'embargo n'ont pas mis à genoux le Qatar. Au contraire. C'est le constat qui ressort d'une note d'information publiée lundi par le Fonds monétaire international (FMI), 24 mois après le blocus terrestre, aérien, maritime et commercial imposé par l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis. D'après l'étude du FMI, demandée par Doha, la croissance du PIB du Qatar pour l'année 2018 est en progression à 2,2 %, contre 1,6 % l'année précédente. Or, la veille de cette publication, les pays voisins du Golfe faisaient de nouveau étalage de leurs divisions. Invité – fait rare – la semaine dernière par l'Arabie saoudite à trois sommets à La Mecque pour dénoncer les « actions criminelles » de l'Iran, le Qatar a rejeté les conclusions de ces rencontres. Le minuscule mais richissime émirat gazier est accusé depuis deux ans par Riyad et Abu Dhabi d'une trop grande proximité avec la République islamique d'Iran et de soutenir l'organisation des Frères musulmans. Chercheur en sciences politiques associé à l'Université libre de Bruxelles, Sébastien Boussois est l'auteur de Pays du Golfe : les dessous d'une crise mondiale (éditions Armand Colin)*. Dans une interview au Point, ce spécialiste du Moyen-Orient explique pourquoi le blocus du Qatar par l'Arabie saoudite et les Émirats n'est, d'après lui, qu'une illustration d'un redécoupage beaucoup plus vaste de la région. Le Point : un rapport du FMI souligne la résistance de l'économie qatarienne. Deux ans après, la mise au ban du Qatar est-elle un échec sur le plan économique ? Sébastien Boussois © DRSébastien Boussois © DR Sébastien Boussois est Docteur en sciences politiques, chercheur Moyen-Orient relations euro-arabes/ terrorisme et radicalisation, enseignant en relations internationales, collaborateur scientifique du CECID (Université Libre de Bruxelles), de l'OMAN (UQAM Montréal) et du CPRMV (Centre de Prévention de la Radicalisation Menant à la Violence/ Montréal). © DR Sébastien Boussois : Il est clair que le Qatar n'a pas tant pâti du blocus imposé par l'Arabie saoudite et les Émirats et de la fin des relations avec ces deux pays voisins. Depuis les années 1990, le Qatar, comme les Émirats, a tenté de s'affranchir de sa dépendance aux hydrocarbures, contrairement à l'Arabie saoudite ou même à l'Algérie. Au Qatar, cette « vision nationale qatarienne », mise en place par le précédent émir, Hamad Al Thani, en 1995, visait à compenser le poids énorme des importations vers l'Émirat par une hausse des exportations grâce à une diversification de l'économie. Cela a été rendu possible par une politique d'investissements tous azimuts. Ainsi, au plus fort du blocus de 2017 imposé par l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, le Qatar a décidé, pour amortir le choc, d'investir dans son économie 10 % de son fonds souverain, soit 10 milliards de dollars. Puis, pour contrebalancer les effets du boycott, Doha a renforcé ses échanges économiques avec la Turquie, l'Iran, mais aussi des pays occidentaux comme l'Australie. Ces décisions lui ont permis d'annoncer qu'il quittait l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) en décembre dernier, et de créer une banque de l'énergie en mars, dans la perspective de la chute, voire de la fin, des ressources d'hydrocarbures. Seul contre tous Comment expliquer le pouvoir de résilience de ce minuscule émirat ? À mon sens, la façon dont les Qatariens se sont battus en 2017 contre cet embargo montre que ce pays possède une particularité. Prenant modèle sur les Britanniques, dont ils étaient un protectorat jusqu'en 1971, ils demeurent profondément insulaires : ils sont dans une logique de survie, « seuls contre tous », et tentent par tous les moyens d'être indépendants de toute autre puissance. C'est déjà ainsi qu'ils ont arraché leur indépendance. De fait, le Qatar s'est-il rapproché d'un axe composé par la Turquie, l'Iran, voire la Russie, au détriment de l'alliance Washington-Riyad-Abu Dhabi ? La crise du blocus a permis au Qatar de mesurer la solidité de ses alliances. La relation avec l'Iran est avant tout économique car, lorsque l'on partage le plus grand champ gazier du monde avec un pays (North Field pour le Qatar/South Pars pour l'Iran), ce n'est pas une bonne idée de se fâcher avec lui. Pour ce qui est de la Turquie, le Qatar cultive des liens historiques avec ce pays de par leur proximité commune avec les Frères musulmans. Toutefois, l'émirat est un pays suffisamment organisé pour ne pas s'embarquer dans les dérives actuelles du président turc Recep Tayyip Erdogan. Enfin, en ce qui concerne la Russie, les Qatariens ont montré depuis 2017 une volonté de renforcer leur coopération sécuritaire et militaire avec Moscou, sans pour autant chercher à se brouiller avec les États-Unis de Donald Trump. Leur stratégie est d'être en bons termes avec tout le monde, je pense qu'ils ont pas mal réussi sur ce plan. Comment l'Occident, allié du Qatar, de l'Arabie saoudite et des Émirats arabes unis, s'est-il positionné dans cette crise ? Les puissances occidentales sont alliées avec les deux camps. Le Qatar ne peut être considéré comme un ennemi à long terme des États-Unis à partir du moment où ce pays accueille la plus grande base américaine hors sol dans le monde. Autrement, Donald Trump aurait dû rapatrier les 10 000 soldats américains sur place. Pour ce qui est de la France, elle conserve des relations avec les deux camps. Paris participe en février au salon géant de l'armement Idex à Abu Dhabi et inaugure en mars avec Jean Nouvel le Musée national du Qatar, à Doha. Le Premier ministre qatarien était présent au dernier sommet à La Mecque. S'agit-il d'un signe de réchauffement entre l'Arabie saoudite et le Qatar ? La présence à ce sommet du Premier ministre qatarien a pu faire croire que la crise allait s'apaiser deux ans après le début des hostilités. Ce n'est malheureusement absolument pas le cas. Preuve en est, les conclusions du sommet de La Mecque ont été dénoncées par le Qatar, ce qui montre qu'en réalité ce triple sommet avait d'autres objectifs. Tout d'abord, l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis voulaient tenter de redorer leur blason après des mois, si ce n'est des années, de politique interne et étrangère catastrophique pour leur image. Qu'entendez-vous par là ? Les Saoudiens et les Émiriens sont à l'origine de la guerre au Yémen, qui a fait plus de 100 000 morts, dont de nombreux enfants, et a créé une immense catastrophe humanitaire. En Libye, ces deux pays soutiennent la guerre hasardeuse du maréchal Khalifa Haftar, qui a fait au moins des centaines de morts. Et il ne faut pas oublier l'assassinat en octobre 2018 du journaliste dissident saoudien Jamal Khashoggi au consulat d'Arabie saoudite à Istanbul, pour lequel il n'y a eu aucune enquête internationale menée. Or, si cela avait été le cas, elle serait probablement remontée jusqu'au prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane (MBS). L'axe Washington-Abu Dhabi-Riyad-Tel-Aviv Le sommet était consacré à la menace que ferait peser l'Iran sur la région. Un des moyens pour les pays du Golfe de se rassembler est de faire bloc contre un ennemi commun qui est l'Iran. Lors de ce sommet, les Saoudiens et les Émiriens ont jaugé les soutiens dont ils disposaient dans leur lutte contre l'Iran, et dans le cas du déclenchement d'une guerre contre ce pays. Ainsi, l'objectif de cette réunion était de renforcer une alliance qui va en réalité au-delà du monde arabe. Il s'agit de l'axe Washington-Abu Dhabi-Riyad-Tel-Aviv. À mon sens, celui-ci est aujourd'hui beaucoup plus dangereux que la simple menace iranienne. Petit à petit, cette alliance est en train d'étouffer toutes les aspirations démocratiques du Moyen-Orient et menace sa stabilité. Et elle est d'autant plus dangereuse qu'elle est friable, contre nature, et n'existe que contre la menace iranienne. Combien de temps, en effet, les autres pays arabes vont-ils accepter que Riyad et Tel-Aviv soient les meilleurs alliés du monde ? S'il existe actuellement un rapprochement entre l'Arabie saoudite et Israël contre l'Iran, n'est-il pas prématuré de parler de « meilleurs alliés du monde » ? Ce sont les meilleurs amis du monde pour des raisons stratégiques, sécuritaires, militaires et énergétiques. Pour Israël, la principale menace vient du Hezbollah, mouvement lié à l'Iran. Pour l'Arabie saoudite, il s'agit de la « menace nucléaire chiite ». Et cette menace fédère des pays qui n'étaient pas destinés à devenir aussi proches : les deux principaux alliés des États-Unis dans la région sont engagés dans une dynamique et une synergie extrêmement puissantes dans le but de faire de l'Iran l'ennemi numéro un. Or les Iraniens n'aspirent qu'à un processus de démocratisation. Le régime des mollahs ne sera pas éternel et ce n'est pas en les braquant qu'on obtiendra la stabilité. La République islamique est pourtant accusée de nombreuses ingérences dans les pays arabes de la région. C'est vrai, on peut considérer que le régime iranien soutient des groupes terroristes, mais pas au point de faire oublier que les premières ingérences au Moyen-Orient viennent des Émirats arabes unis et de l'Arabie saoudite. Ces pays sont présents en Algérie en soutien au chef d'état-major de l'armée Gaïd Salah, en Tunisie aux côtés du président Béji Caïd Essebdi, en Libye en aide au maréchal Khalifa Haftar, en Égypte derrière le président Abdel Fattah al-Sissi, et jusqu'au Soudan en finançant les militaires toujours au pouvoir. Il ne s'agit clairement pas du même rapport de force que pour l'Iran. Pour moi, ces politiques régionales totalement suicidaires et le soutien inconditionnel que leur apporte Donald Trump sont très néfastes. C'est oublier que le Qatar est un ardent soutien des Frères musulmans dans tous les pays que vous citez. Ce soutien a existé jusqu'à l'effondrement des Printemps arabes, sauf dans certains pays où il représente un enjeu dans les guerres de procuration que le Qatar livre avec les Émirats arabes unis et l'Arabie saoudite. Dès 2011 et le mal nommé « Printemps arabe », le Qatar a toujours soutenu les mouvements d'opposition les plus présents au niveau local. Or, en réalité, la seule vraie alternative dans ces pays demeure les Frères musulmans. Mais qu'est-ce que les Frères musulmans aujourd'hui ? Le président égyptien Mohamed Morsi est toujours en prison et les Frères musulmans sont interdits en Égypte. Là-dessus, le Qatar a fait amende honorable. Mais, encore une fois, les forces contre nature dans la région viennent davantage du prince héritier d'Abu Dhabi, Mohammed Ben Zayed (MBZ), qui se présente comme le grand sauveur de la région alors qu'il veut y installer ou protéger des pouvoirs autoritaires. Dites-moi où le Qatar possède une part de responsabilité dans les guerres qui minent la région. Par sa politique, Abu Dhabi étouffe toute velléité démocratique. Le Qatar n'a-t-il pas soutenu les mouvements rebelles islamistes, si ce n'est djihadistes, en Syrie ? En Syrie, l'objectif du Qatar a été de soutenir ces mouvements de guérilla contre un pouvoir autoritaire qui allait à l'encontre de ses intérêts. Mais ils n'ont pas misé sur le bon cheval, le monde étant aujourd'hui dans une stratégie de normalisation de ses relations avec Bachar el-Assad. Mais est-ce vraiment une bonne solution que de glorifier le président syrien ? À mon sens, le rapport de force entre l'Arabie saoudite et les Émirats, d'un côté, et le Qatar, de l'autre, est celui d'un éléphant face à une souris. Or c'est la souris que l'on est en train de montrer du doigt en permanence. Cependant, depuis l'affaiblissement du Qatar, tous les paradigmes dans la région ont penché en faveur de l'Arabie saoudite, des Émirats, d'Israël et des États-Unis, et ont contribué à la déstabilisation du Moyen-Orient. En 2017, l'Iran n'était pas sur la sellette comme aujourd'hui ; le Yémen n'était pas dans la même situation ; Bachar el-Assad n'avait pas encore gagné la guerre ; MBS n'avait pas été adoubé par l'Occident comme le probable futur Saddam Hussein ; l'Arabie saoudite n'avait pas la capacité d'agir à sa guise en toute impunité. Pourquoi insistez-vous sur le rôle-clé de MBZ et beaucoup moins sur celui de MBS au sein de cet axe ? Il existe en réalité deux hommes forts dans la région : Mohammed Ben Zayed et le ministre émirien des Affaires étrangères, Anwar Gargash. Ils entendent remodeler le Moyen-Orient dans le but de stabiliser leur pouvoir selon leurs propres intérêts. Pour ce faire, ils luttent contre toute forme de processus démocratique. Car la démocratie n'est pas pour eux synonyme de stabilité, ce qui est d'ailleurs également le cas pour le Qatar. Par sa politique, Abu Dhabi étouffe toute velléité démocratique. En Tunisie, par exemple, que l'on érige souvent en modèle, la situation est aujourd'hui catastrophique. Le pays n'a jamais été aussi endetté de son histoire. Or l'économie était le facteur déclenchant du Printemps arabe et peut, encore aujourd'hui, tout faire basculer. Il est urgent d'arrêter de gaspiller des dizaines de millions de dollars dans la guerre. Deux tiers des populations de la région ont aujourd'hui moins de 30 ans. Il faut offrir à ces démographies galopantes de vraies perspectives. La jeunesse arabe de la Méditerranée et du Moyen-Orient n'a jamais été autant une poudrière qu'aujourd'hui. N'est-il pas trop simple de poser le Qatar et l'Iran en victimes dans ce Moyen-Orient où les torts sont souvent partagés ? La victimisation est une religion nationale dans le monde arabe. L'Iran et le Qatar exercent en effet une part d'influence. Par exemple, ces deux pays ne partageaient pas du tout la même vision en Syrie, où l'Iran soutenait Bachar el-Assad et le Qatar, la rébellion. Mais, en comparant leurs politiques à long terme, d'un côté, et les politiques à court terme installées par l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, de l'autre, soit le redécoupage du Moyen-Orient avec le placement de régimes autoritaires, nous ne sommes pas dans le même ordre de grandeur. La crise avec le Qatar est-elle, d'après vous, partie pour durer ? Elle durera aussi longtemps que le cartel que je vous ai cité arrivera à faire croire au monde que les intérêts du Qatar concordent avec ceux de l'Iran. Sébastien Boussois est l'auteur de "Pays du Golfe : les dessous d'une crise mondiale" (Éditions Armand Colin, février 2019). © DR
>> Lire la suite

Tensions avec l'Iran : le prince saoudien se dit prêt à « réagir » - Le Point (Sun, 16 Jun 2019)
L'Arabie saoudite a à son tour accusé l'Iran, son grand rival régional, d'être l'auteur des attaques commises jeudi contre deux pétroliers en mer d'Oman. Après les États-Unis et la Grande-Bretagne, Riyad a attribué au « régime iranien » les attaques non revendiquées qui ont endommagé deux tankers. Téhéran nie catégoriquement toute implication dans ces faits survenus près du détroit d'Ormuz, par lequel transite le tiers du pétrole transporté par voie maritime dans le monde. Les attaques, qui ont fait bondir les cours de l'or noir, ont frappé un navire japonais transportant du méthanol et un pétrolier chypriote transportant du naphta. Elles sont survenues au moment où le Premier ministre japonais, Shinzo Abe, était en visite à Téhéran dans l'espoir de réduire les fortes tensions entre Iran et États-Unis. « Le régime iranien n'a pas respecté la présence du Premier ministre japonais à Téhéran et a répondu à ses efforts en attaquant deux pétroliers, dont l'un était japonais », a déclaré le prince héritier d'Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, dans une interview au quotidien Asharq al-Awsat. « Mais nous n'hésiterons pas à réagir à toute menace » « Nous ne voulons pas une guerre dans la région [...] Mais nous n'hésiterons pas à réagir à toute menace contre notre peuple, notre souveraineté, notre intégrité territoriale et nos intérêts vitaux », a averti le prince saoudien. Auparavant, l'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et le Conseil de coopération du Golfe (CCG) avaient appelé samedi à la sécurisation des approvisionnements en énergie venant du Golfe à la suite des attaques contre des pétroliers dans cette région. Les attaques de jeudi sont intervenues environ un mois après le sabotage de quatre navires, dont trois pétroliers, au large des Émirats. Les États-Unis ont également accusé de ces actions l'Iran, qui a démenti. Avant que son prince héritier n'accuse ouvertement l'Iran, l'Arabie saoudite, allié des Émirats et des États-Unis, a demandé samedi une réponse « décisive » aux menaces sur l'approvisionnement énergétique « créées par les récents actes terroristes ». Sécuriser la navigation Les Émirats, dont l'une des façades maritimes donne sur la mer d'Oman, ont appelé la communauté internationale à « coopérer pour sécuriser la navigation internationale » et les approvisionnements en énergie venant du Golfe. Le ministre émirati des Affaires étrangères, cheikh Abdallah ben Zayed Al-Nahyane, cité par l'agence de presse officielle WAM, a plaidé pour une « désescalade », sur fond de guerre des mots entre les ennemis iranien et américain. « La région est complexe et a beaucoup de ressources, que ce soit du gaz ou du pétrole, qui sont nécessaires pour le [reste du] monde. Nous voulons que le flux de ces ressources reste sûr afin d'assurer la stabilité de l'économie mondiale », a déclaré le ministre émirati en Bulgarie. Le secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe (CCG), Abdellatif al-Zayani, a jugé les attaques de « menace directe » contre les approvisionnements en énergie et a lui aussi appelé les puissances mondiales à protéger les voies maritimes internationales. La veille, le président américain Donald Trump a affirmé que « l'Iran a fait ceci », en référence aux attaques, s'appuyant sur une vidéo publiée par le Pentagone, présentée comme l'accostage d'un des tankers ciblés par une vedette des Gardiens de la Révolution, armée idéologique iranienne, où l'on voit des hommes qui retirent une mine non explosée de la coque du pétrolier. L'Iran a rejeté comme « sans fondement » ces accusations. Le chef de l'ONU, António Guterres, a appelé à une enquête « indépendante » pour déterminer les responsables. « Objet volant » Frappé par l'une des attaques, le méthanier japonais Kokuka Courageous est en route vers les Émirats, a indiqué son armateur. « Nous ne savons pas encore si le tanker va à Khor Fakkan ou à Fujairah car [les deux villes] sont très proches », a déclaré le porte-parole de l'opérateur. L'équipage, secouru, a dit avoir vu lors de l'attaque un « objet volant » se diriger vers le tanker puis une explosion. Sa cargaison de méthanol est intacte. À son arrivée aux Émirats, des experts tenteront de transférer à quai la cargaison hautement inflammable, selon un responsable anonyme cité par les médias étatiques japonais. L'autre navire attaqué, le Front Altair, qui transportait du naphta, a été remorqué hors des eaux iraniennes et subira une évaluation des dégâts, a déclaré son opérateur. « Les 23 membres d'équipage du Front Altair sont sains et saufs », a-t-il indiqué. Le Front Altair, propriété d'un armateur chypriote d'origine norvégienne, a été secoué par trois explosions qui ont provoqué un incendie finalement maîtrisé. L'Iran a plusieurs fois menacé de fermer le stratégique détroit d'Ormuz en cas de confrontation avec les États-Unis. Les Iraniens « ne vont pas fermer [le détroit]. Il ne va pas être fermé pendant longtemps et ils le savent. Cela leur a été dit dans les termes les plus forts », a assuré Donald Trump. Mais les transporteurs maritimes sont inquiets. « Si ces eaux devenaient dangereuses, l'approvisionnement de l'ensemble du monde occidental pourrait être menacé », a déclaré Paolo d'Amico, le président d'Intertanko, une association de pétroliers, dont font partie les deux propriétaires des navires touchés jeudi.
>> Lire la suite

Les Émirats arabes unis perdent une bataille judiciaire contre le Qatar - Jeune Afrique (Sun, 16 Jun 2019)
La bataille judiciaire entre les deux émirats rivaux devant la Cour internationale de justice (CIJ) de La Haye a connu un nouveau rebondissement vendredi. C’est le dernier épisode de la bataille judiciaire que se livrent les deux émirats du Golfe depuis le déclenchement du blocus contre le Qatar en juin 2017. La Cour internationale de justice de La Haye a rejeté le 14 juin la demande de mesures spéciales contre le Qatar qui avait été présentée par les Émirats arabes unis Discriminations Le 11 juin 2018, Doha avait saisi la Cour de justice internationale contre les Émirats en raison de « violations alléguées de la convention internationale » sur les discriminations raciales. Le Qatar reproche à Abou Dhabi d’avoir pris des mesures de rétorsion contre les citoyens qataris résidant aux Émirats depuis le début de l’embargo, notamment l’interdiction pour des Qataris d’entrer ou de transiter par les Émirats, la fermeture de l’espace aérien et des ports émiratis au trafic vers et depuis le Qatar, et une discrimination contre des étudiants aux Émirats. >>> À LIRE – Crise du golfe : Qatar-Arabie saoudite, la guerre fratricide Doha avait demandé à la CIJ d’ordonner aux Émirats « de suspendre et d’abroger immédiatement les mesures discriminatoires actuellement en vigueur », « de condamner publiquement la discrimination raciale à l’égard » des Qataris. La CIJ avait en partie donné raison au Qatar en juillet 2018, en ordonnant aux Émirats arabes unis de protéger les droits des citoyens qataris. Faire invalider la plainte qatarie Les Émirats ont contre-attaqué en mars auprès de la même Cour, accusant à leur tour Doha « d’entraver les efforts déployés par les Émirats pour venir en aide » aux citoyens qataris et réclamant une indication de mesures conservatoires « afin de sauvegarder leurs droits procéduraux » et « d’empêcher le Qatar d’aggraver ou d’étendre encore le différend entre les parties (…) ». Il s’agissait, entre autres, pour les Émirats de faire invalider la plainte qatarie. C’est donc cette demande qui a été rejetée par la CIJ. >>> À LIRE – [Analyse] Droits de l’homme : le Qatar soigne son image et avance ses pions Le Comité national des droits de l’homme du Qatar (NHRC, lié aux autorités) s’est félicité dans un communiqué de la décision de la CIJ. « Le NHRC estime que la politique de fuite en avant des Émirats arabes unis pour couvrir leurs crimes et leurs violations contre le peuple qatari et les peuples du Golfe sera stérile et n’empêchera pas (…) la condamnation internationale », précise le communiqué. Principal organe judiciaire des Nations unies, la Cour internationale de justice de La Haye ne possède pas de pouvoir de coercition sur les États. Le différend judiciaire entre les deux émirats a donc surtout une portée symbolique, mais cette dimension est centrale dans la guerre de communication qu’ils se livrent. Sur ce terrain, Doha vient de remporter une nouvelle bataille.
>> Lire la suite

L'Arabie saoudite et les Emirats se moquent du Qatar - Libération (Mon, 03 Jun 2019)
L'Arabie saoudite et les Emirats se moquent du Qatar Moyen-Orient. L'Arabie saoudite et les Emirats arabes unis ont tourné en dérision lundi le rejet par le Qatar des conclusions des sommets de La Mecque jeudi et vendredi derniers sur les tensions régionales avec l'Iran. Le Qatar, représenté par son Premier ministre en Arabie saoudite, a dit dimanche n'avoir «pas été consulté» sur les communiqués du Conseil de coopération du Golfe (CCG) et de la Ligue arabe, dont des dispositions sont «contraires à la politique étrangère de Doha», qui en conséquence «émet des réserves». Dans un tweet lundi, le ministre d'Etat saoudien aux Affaires étrangères, Adel al-Jubeir, a répliqué : «des pays [...] pendant des sommets annoncent leurs positions et leurs réserves selon les coutumes, et non pas après les réunions». De son côté, le ministre d'Etat émirati aux Affaires étrangères, Anwar Gargash, a accusé Doha d'être «faible» face à des «pressions» dont il n'a pas divulgué l'origine. L'Arabie saoudite a obtenu un soutien quasi unanime face à l'Iran lors des sommets de La Mecque après que le roi Salmane eut averti que des attaques «terroristes» dans la région du Golfe pourraient mettre en péril l'approvisionnement pétrolier mondial. Depuis juin 2017, une grave crise oppose le Qatar à l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn et l'Egypte. Ces quatre pays accusent Doha de soutenir des organisations islamistes radicales et de ne pas prendre assez de distance avec l'Iran. Doha rejette ces affirmations. (Photo AFP)
>> Lire la suite

L'Arabie saoudite intercepte deux nouveaux drones rebelles yéménites - Paris Match (Tue, 18 Jun 2019)
L'Arabie saoudite a annoncé avoir intercepté deux nouveaux drones par les rebelles yéménites houthis. L'Arabie Saoudite a intercepté deux nouveaux drones lancés lundi soir par les rebelles yéménites houthis, dont l'un a visé la ville d'Abha (sud), déjà ciblée à plusieurs reprises la semaine dernière, a annoncé mardi la coalition militaire antirebelles menée par Ryad. L'un des engins a visé un secteur civil d'Abha et le second a été abattu dans l'espace aérien yéménite après son lancement en direction de l'Arabie saoudite, a précisé la coalition, dans un communiqué diffusé par l'agence de presse officielle saoudienne SPA. Les attaques de ces drones, équipés de charges explosives, n'ont pas fait de victime, selon la coalition. Les Houthis ont intensifié ces dernières semaines les attaques de drones contre l'Arabie saoudite, qui intervient militairement depuis 2015 au Yémen à la tête d'une coalition progouvernementale. La chaîne de télévision des Houthis, Al-Masirah, a annoncé plus tôt que les rebelles avaient lancé des attaques de drones sur l'aéroport d'Abha, ciblé de manière répétée la semaine dernière. Les rebelles ont revendiqué une autre attaque de drone, tôt lundi, sur cet aéroport, mais elle n'a pas été confirmée par la coalition. 26 civils blessés dans une attaque contre l'aéroport d'Abha Mercredi, 26 civils de diverses nationalités avaient été blessés dans une attaque au missile contre l'aéroport d'Abha. L'ONG Human Rights Watch a qualifié cette opération d'apparent "crime de guerre", pressant les Houthis de cesser immédiatement toute attaque sur des infrastructures civiles saoudiennes. Ces développements interviennent alors que la tension grandit dans la région, Washington et Ryad accusant l'Iran d'avoir perpétré les attaques de jeudi contre deux pétroliers en mer d'Oman, ce que Téhéran a démenti. En représailles aux attaques rebelles, la coalition a intensifié ses raids aériens contre des positions houthis dans la province de Hajjah (nord du Yémen) et a procédé à des frappes sur la capitale Sanaa, tenue par les rebelles, a indiqué samedi la télévision d'Etat saoudienne. La guerre au Yémen oppose des forces progouvernementales soutenues par l'Arabie saoudite et les Emirats arabes unis aux rebelles houthis appuyés par Téhéran et qui contrôlent une bonne partie du nord et l'ouest du pays ainsi que Sanaa. Le conflit a tué des dizaines de milliers de personnes, dont de nombreux civils, selon diverses organisations humanitaires. Toute reproduction interdite
>> Lire la suite

Israël sera représenté à la conférence de Bahreïn - Le Figaro (Mon, 17 Jun 2019)
Israël sera représenté à la conférence organisée fin juin en présence de pays arabes à Bahreïn sur le volet économique de l'initiative américaine pour résoudre le conflit avec les Palestiniens, a déclaré le ministre des Affaires étrangères Israel Katz. «Israël sera représenté à l'atelier économique de Bahreïn d'une manière qui sera décidée ultérieurement», a dit Israel Katz sur Twitter dimanche soir. » LIRE AUSSI - Plan de paix israélo-palestinien: Washington dévoilera le volet économique fin juin à Bahreïn Interrogé, son ministère n'a pas fourni plus de précisions, en particulier sur la nature de la représentation israélienne, constituée d'officiels ou d'hommes d'affaires. Une participation d'officiels serait significative. Parmi les pays arabes, Israël n'a fait la paix qu'avec l'Egypte et la Jordanie. Les pays arabes ont historiquement fait du règlement de la question palestinienne la condition d'une normalisation. Cependant, après des décennies d'hostilités, les signes d'un certain rapprochement se sont succédé ces derniers mois. L'administration du président américain Donald Trump s'emploie en particulier à un réchauffement entre Israël et l'Arabie saoudite, ses deux alliés. Le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou ne cesse de proclamer que les nouvelles réalités régionales, à commencer par ce qu'il décrit comme la menace iranienne, créent une convergence d'intérêts avec les pays arabes. L'administration Trump organise les 25 et 26 juin à Manama, capitale de Bahreïn, une conférence économique censée préluder à la présentation de l'initiative diplomatique attendue depuis des mois pour résoudre le conflit israélo-palestinien. L'idée est de faire miroiter aux Palestiniens un développement économique considérable en cas d'accord de paix avec Israël. L'administration Trump a besoin à cette fin du soutien des pays arabes. «Israël a les capacités pour contribuer au développement de la région à travers la technologie, l'innovation et d'autres moyens», a affirmé le ministre des Affaires étrangères israélien. Les Emirats arabes unis et l'Arabie saoudite, alliés de Washington, ont annoncé leur participation. La Maison-Blanche a aussi annoncé celle de l'Egypte, de la Jordanie et du Maroc. Les trois pays, placés face à une décision délicate, se sont gardés jusqu'alors de confirmer. La direction palestinienne boycottera quant à elle la conférence de Manama. Elle a gelé les contacts avec l'administration Trump, discréditée selon elle par son parti pris outrancier à ses yeux en faveur d'Israël. Le plan américain fait face à un grand scepticisme quant aux chances du président Donald Trump de parvenir à ce qu'il a appelé «l'accord (diplomatique) ultime». Donald Trump et son secrétaire d'Etat Mike Pompeo ont eux-mêmes émis des doutes. Un conseiller de Donald Trump, Jason Greenblatt, a évoqué dimanche un probable nouveau report à début novembre de la présentation de cette initiative.
>> Lire la suite

Ryad reçoit un soutien arabe face à l'Iran - Le Point (Thu, 30 May 2019)
L'Arabie saoudite a reçu vendredi un soutien quasi unanime de ses alliés du Golfe et de ses voisins arabes à l'issue de deux sommets organisés dans la ville sainte de La Mecque à la suite d'attaques qui ont ravivé la tension dans la région. Ces deux rencontres ont donné l'occasion au roi Salmane, souverain de la puissance sunnite qu'est l'Arabie saoudite de se livrer à de violentes charges contre le rival chiite de son pays qui est l'Iran. Ces deux sommets doivent être suivis samedi à l'aube par un troisième, celui de l'Organisation de la coopération islamique (OCI). Les trois rencontres sont destinées à mobiliser contre l'Iran qui n'a reçu que le soutien de l'Irak, pays où le régime de Téhéran exerce une influence politique et entretient des liens étroits étroits avec des groupes chiites. L'Irak n'a pas approuvé le communiqué du sommet de la Ligue arabe, très hostile à l'Iran. Sabotage de navires à l'entrée du Golfe, attaques contre des installations pétrolières saoudiennes, ingérences dans les affaires de ses voisins et menaces contre l'approvisionnement en pétrole du marché mondial: tels sont les principaux griefs formulés par le souverain saoudien, à l'encontre de l'Iran. Et d'appeler ses partenaires du Conseil de coopération du Golfe (CCG) à se dresser ensemble, en dépit de leurs divisions, contre les "actions criminelles" de l'Iran. "Les récents actes criminels nous obligent à agir avec sérieux pour préserver la sécurité et les acquis du CCG", a-t-il affirmé. Il a accusé l'Iran de ne pas avoir cessé durant quatre décennies de soutenir "le terrorisme, de nuire à la stabilité de la région et de poursuivre une politique d'expansion". Dans un communiqué à l'issue de ses travaux, le sommet du CCG a exprimé sa solidarité avec l'Arabie saoudite et les Emirats arabes unis après les récentes attaques. Soutien à la stratégie US A propos des liens avec les Etats-Unis, les pays du CCG ont renouvelé leur "appui à la stratégie américaine à l'égard de l'Iran y compris en ce qui concerne ses programmes nucléaire et balistique, ses activités de déstabilisation, son soutien au terrorisme et aux activités hostiles du Hezbollah, des Gardiens de la révolution et de la milice des Houthis" au Yémen. A l'ouverture du sommet arabe, qui a suivi la première réunion, le roi Salmane a repris les mêmes arguments en appelant notamment les pays du monde à "user de tous les moyens" pour dissuader l'Iran. Il n'a pas mâché ses mots face à Téhéran alors que Ryad s'est abstenu jusqu'ici de mettre en cause directement l'Iran dans les récentes attaques. Certes, le ministre saoudien des Affaires étrangères, Ibrahim al-Assaf, a une nouvelle fois fustigé mercredi soir l'"ingérence" iranienne mais le conseiller américain à la sécurité nationale, John Bolton, en visite le même jour à Abou Dhabi, s'est montré plus direct en soutenant que l'Iran était vraisemblablement derrière les actes de sabotage du 12 mai contre des pétroliers au large des Emirats. L'Iran a rejeté comme "risibles" les accusations de John Bolton, perçu comme le principal instigateur de la politique américaine d'extrême fermeté face à l'Iran. Le communiqué final du sommet arabe a consacré dix de ses onze points à dénoncer les "ingérences" de l'Iran, son soutien aux rebelles Houthis et ses menaces contre le trafic maritime. Le texte s'est contenté de renvoyer en ce qui concerne le conflit israélo-palestinien aux résolutions des sommets arabes précédents, appelant à une solution à deux Etats, sans mentionner le plan de paix que l'administration du président américain Donal Trump s'apprête à dévoiler et qui a été rejeté par les Palestiniens. L'Irak, qui a des relations étroites avec l'Iran, a annoncé son rejet du contenu de ce communiqué. Le Qatar présent Le Qatar a été représenté aux deux réunions par son Premier ministre, cheikh Abdallah ben Nasser Al-Thani, premier responsable qatari de ce rang à se rendre en Arabie saoudite depuis la rupture le 5 juin 2017. Ryad et trois de ses alliés (Emirats arabes unis, Bahreïn et Egypte) avaient alors rompu avec le Qatar, accusé de soutenir des groupes extrémistes et à qui ils reprochaient son rapprochement de l'Iran. Doha a nié soutenir des extrémistes et accusé ces quatre pays de chercher un changement de régime au Qatar. Les Etats-Unis, alliés à la fois de Ryad et de Doha, ont salué la participation du Qatar aux réunions de La Mecque. Washington n'a cessé depuis deux ans de tenter des médiations pour régler cette crise qui nuit à sa stratégie d'isolement de l'Iran. Dans les images montrées par la télévision saoudienne avant l'ouverture des travaux, le responsable qatari est apparu crispé. Le Qatar et ses adversaires restent en conflit malgré les nombreuses tentatives de médiation, notamment celles du Koweït. Les tensions régionales se sont exacerbées depuis que l'administration Trump a inscrit en avril les Gardiens de la Révolution iraniens, armée idéologique du régime, sur sa liste noire d'"organisations terroristes" et renforcé en mai les sanctions économiques contre Téhéran après avoir quitté, il y a un an, l'accord international sur le nucléaire iranien. 31/05/2019 04:25:17 -          La Mecque (Arabie saoudite) (AFP) -          © 2019 AFP
>> Lire la suite