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Au Yémen, la « guerre sans fin » - Journal La Croix (jeu., 25 juin 2020)
Après plus de cinq années de combats, une issue à la guerre au Yémen n’est pas à l’ordre du jour. Mardi 23 juin, le porte-parole de la coalition arabe menée par l’Arabie saoudite, Turki Al Maliki, a annoncé l’interception de « huit drones bourrés d’explosifs », « trois missiles balistiques », et un quatrième visant « des sites ainsi que des civils » dans la capitale saoudienne Riyad. Une « attaque de grande envergure », comme l’ont qualifiée les rebelles houthistes, à l’origine de l’offensive. Depuis 2014, la guerre civile oppose ces derniers, chiites, soutenus par l’Iran, au gouvernement sunnite, exilé à Riyad, qui peut compter sur la coalition arabe, immiscée dans le conflit en 2015 et qui peine désormais à sortir de l’impasse yéménite. « Depuis cinq ans, rien ne change. C’est une guerre sans fin, se résigne François Frison-Roche, politologue et chercheur au CNRS. Les Saoudiens ne veulent pas perdre la face, ils continuent d’afficher leur force. Et les Houthis envoient des missiles pour montrer leur capacité de nuisance. Ils savaient que les drones allaient être détruits, ils voulaient simplement envoyer un message. » Un double front L’attaque houthiste intervient alors que l’Arabie saoudite s’embourbe sur un autre front avec les séparatistes du Conseil de transition du Sud (CTS). Anciens alliés de la coalition contre les rebelles, ils prennent le contrôle de territoires dans le sud du Yémen, divisant un peu plus ce pays décimé par les combats. Après la prise, par le CTS, de l’île de Socotra, à 350 km au large d’Aden, Turki Al Maliki a annoncé lundi 22 juin l’organisation de pourparlers en vue d’une trêve. Les négociations de l’automne 2019 n’ont pas été suivies d’effet, rappelle cependant François Frison-Roche. « Riyad a planifié les discussions à grands frais, mais les séparatistes ne respectent pas l’accord. L’Arabie saoudite en ressort décrédibilisée. » Un véritable « chaos » Ces difficultés révèlent la fragilité de la coalition arabe. Car ce sont les Émirats Arabes Unis, membres de cette coalition, qui fournissent les armes au CTS. « Il y a sans doute un différend entre les Émirats et l’Arabie saoudite, on ne sait lequel et ils le cachent. On ignore beaucoup de choses dans ce conflit, c’est la grande confusion », pointe le chercheur. Ce « chaos » ne serait-il pas un objectif recherché par les parties, notamment les milices, qui se sont construites sur une économie de guerre ? « Une partition du Yémen en deux, voire plus, permettrait d’alimenter chacune selon ses intérêts », estime François Frison-Roche, pour qui le conflit ne s’éteindra pas « tant qu’aucun des camps ne prendra de décision forte pour la mise au pas des milices » et ne respectera ses engagements.
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Comment les Émirats arabes unis sont devenus curieusement le partenaire économique et commercial incontournable de Damas - Atlantico.fr (Thu, 02 Jul 2020)
Après neuf années de guerre, la Syrie est revenue à ce que l’on peut appeler un autoritarisme stable avec le maintien de Bachar el-Assad au pouvoir et la défaite de Daech. Pour Abu Dhabi, l’opportunité était trop belle afin de permettre à Mohamed Ben Zayed d’enclencher partenariats et accords militaires et économiques avec Damas. Une alliance pragmatique ? Pas si sûr, tant les Emirats opèrent, parfois via la Russie, des rapprochements depuis un an avec l’ennemi régional, l’Iran, et du coup ses alliés, dont la Syrie fait assurément partie du cercle des proches. Mais peut-être aussi pour les refaçonner à son image. Pour comprendre ce revirement, il faut revenir sur l’évolution des relations entre la Syrie et les EAU qui sont significatives de l’intérêt avant tout économique majeur qu’Abu Dhabi porte à Damas. Depuis le 8 janvier 2019, les ambassades émiraties et bahreïnies sont déjà réouvertes à Damas alors que beaucoup de chancelleries occidentales résistent encore. Version officielle : contrer l’influence iranienne. En dehors du respect du droit international, MBZ, une fois encore, brave toutes les résolutions et sanctions des Nations Unies qui condamnent la Syrie. En réalité, MBZ a fait son choix sur ce dossier entre Moscou et Washington : l'accord du 15 mars 2019 entre la Russie et les Émirats-Arabes-Unis ouvre les portes de ce pays détruit à Abu Dhabi qui est désormais son premier partenaire économique. Il est loin le temps où les EAU soutenaient les groupes rebelles au régime de Bachar al Assad en 2011. En effet d’une position relativement ambiguë, où les EAU soutenaient clairement l’opposition au dictateur syrien, Abu Dhabi maintenait tout de même des relations avec Damas. L’arrivée de la guerre au Yémen a fait progressivement se retirer les EAU du terrain syrien avant de s’y réengager agressivement, économiquement, et sans grande humanité, depuis la fin de la guerre et excité par le champ des possibles économiques. Business is business. Déjà en 2012, les hommes d’affaires émiratis étaient à l’affût mais ils appliquaient leurs convictions à géométrie variable : « À la fin de 2011, les Émirats avaient également commencé à accueillir les hommes d'affaires syriens résidant aux Émirats Arabes Unis et opposés au régime de Damas. En novembre 2012, la Chambre de commerce et d'industrie de Dubaï a organisé une conférence intitulée «Un partenariat pour investir dans l'avenir de la Syrie» sous le patronage du ministère des Affaires étrangères des Émirats Arabes Unis et avec la participation de nombreux hommes d'affaires syriens basés aux EAU pour relancer l’économie dans l'ère post-Assad. Les hommes d'affaires syriens présents à la conférence ont déclaré qu'ils investiraient 1 milliard USD dans divers secteurs de l'économie syrienne (immobilier, services, santé et éducation) en cas de chute du régime d'Assad ». Et les délégations économiques émiraties depuis plusieurs mois se pressent en Syrie, car il faut reconstruire et vite. Décidément tout roule pour Mohamed Ben Zayed au royaume de Bachar ! C’est ainsi, que les EAU continuent à étendre leur soft power, en dehors de toute considération éthique et humaine, pour faire partie avec la Russie des « généreux » contributeurs à la résurrection de ce pays détruit pendant sept ans, celui d’un dictateur qui a tué des centaines de milliers de personnes dans son pays. Mais face à l’opprobre général, les businessmen doivent au moins se faire discrets. Si le drapeau émirati se fait de plus en plus présent à Damas, les 38 hommes d’affaires présents à la Foire Internationale de Damas en 2019 ont évité les médias. L’ambassade américaine avait été claire : « Il est inacceptable et inapproprié pour les hommes d’affaires, les particuliers et les chambres de commerce hors de Syrie d’y participer. Selon Washington, Abu Dhabi devrait donc être passible de sanctions internationales. Pourtant rien n’est arrivé. Bien au contraire, jamais les perspectives économiques n’ont été là-bas aussi florissantes pour Mohamed Ben Zayed. Depuis plusieurs mois déjà, le soft power à l’émiratie fait son œuvre. Les Émirats Arabes Unis renforcent progressivement leur engagement avec la Syrie contrôlée par le gouvernement, déployant son soft power sous forme d'aide humanitaire et d'investissement dans le secteur du divertissement local. Au cours des dernières semaines du ramadan 2019, des colis de nourriture ont été distribués sur la place Marjeh, dans le centre de Damas, portant l'emblème des Émirats arabes unis. Le camion transportant l'aide portait une pancarte indiquant: «Don de Son Altesse Sheikha Latifa Bin Mohammad Ben Rachid al-Maktoum, épouse du prince héritier d'Al Fujairah», l'un des sept émirats des Émirats arabes unis. ». La priorité de MBZ en Syrie est triple : l’immobilier, le transport et le commerce. Et les hommes d’affaires émiratis ne semblent pas bouder leur plaisir. En décembre 2018, une autre société basée aux EAU, Damac Properties, l'un des plus grands promoteurs immobiliers des EAU et du monde arabe, a également envoyé une délégation à Damas pour rencontrer des représentants de deux sociétés syriennes, Telsa Group et al-Diyar al-Dimashqiah. Le propriétaire de ce dernier est Mohammad Ghazi al-Jalali, ancien ministre de la Communication et actionnaire minoritaire, qui siège au conseil de Syriatel, qui appartient à Rami Makhlouf. Plus généralement, les sociétés de développement immobilier émiriennes telles que Reportage Properties, Rotana, Arabtec et Horizon Energy LLC étaient bien représentées à la Foire internationale de Damas en 2019. Côté tourisme, ça a démarré aussi très tôt : « De plus, en juillet 2018, le ministère syrien du Tourisme a octroyé une licence pour la gestion d'un hôtel de charme dans le centre de Damas à une société émirienne, Coral Hotels, et à son partenaire local Julia Dumna. Les investisseurs devaient investir 750 millions de SYP, soit environ 1,7 million USD, dans la rénovation de cet hôtel quatre étoiles. » (déjà cité). Côté transports, les EAU ne comptent pas être en reste. En 2017, ils constituaient le septième ou le huitième marché des exportateurs syriens, représentant 44,5 millions USD. Les principaux produits importés étaient les suivants : graisses et huiles animales et végétales (6,5 millions USD); articles en pierre, plâtre, amiante, mica et matériaux similaires (6,3 millions USD); perles naturelles et de culture, pierres précieuses et semi-précieuses et métaux précieux (5,6 millions USD); et café, thé, maté et épices (5,5 millions USD). Toutefois, la balance commerciale était clairement en faveur des Émirats arabes unis, les exportations émiraties à destination de la Syrie ayant atteint 968 millions USD la même année, y compris les machines, le matériel et les pièces électriques (479 millions USD); tabac (280 millions USD); machines (64 millions USD); et plastique (20,7 millions USD). Des sanctions potentielles par les États-Unis infligées aux Émirats-Arabes-Unis ? Non : « Les exportations émiraties à destination de la Syrie ont continué d'augmenter en 2018 pour atteindre 1,5 milliard USD, bien que cette croissance soit principalement imputable aux produits chinois transitant par Dubaï et renommés de la sorte aux Émirats Arabes Unis afin de bénéficier des avantages de l’accord de la zone de libre-échange arabe (GAFTA). » (Ibid). Derrière tout cela, il y a un dernier intérêt majeur pour les EAU qui leur font braver tout risque de sanction : l’ouverture vers la Méditerranée pour DP World (Dubaï Port Authority qui contrôle la gestion de dizaines de ports partout dans le monde) est la cerise sur le gâteau. Cela explique pourquoi les entreprises émiraties ont rapidement entamé une reprise des contacts avec la Syrie en matière de transport, de commerce et de services, d’autant plus que la Syrie est une passerelle unique vers la mer Méditerranée. Début janvier 2019, DP World, toujours elle, la fameuse société de gestion portuaire des Émirats Arabes Unis, a annoncé la création d’un corridor de transport de 2 500 km reliant Jebel Ali à Dubaï au poste-frontière Nassib-Jaber entre la Jordanie et la Syrie. L’exploitant du terminal a déclaré que le nouveau corridor permettrait une étroite collaboration entre les autorités douanières et les prestataires de services logistiques des Émirats Arabes Unis, d’Arabie Saoudite, de Jordanie, de Syrie et du Liban afin de créer un flux de marchandises plus efficace à destination et en provenance de Syrie : « DP World a déclaré que le premier convoi de trois camions immatriculés à Dubaï avait effectué le voyage en six jours, une réduction importante par rapport à la moyenne de 24 jours qu'il avait fallu pour terminer le voyage avant la réouverture de la frontière. » (Ibid).  En conclusion, la Syrie est à un carrefour stratégique pour les Émirats par bien des aspects et les perspectives sont gigantesques. Il ne faut pas oublier enfin que la communauté syrienne a toujours été très présente dans les EAU. Traditionnellement portés vers le business, ils ont joué depuis 2011 un rôle d’intermédiaire essentiel pour maintenir les contacts coûte que coûte avec les différentes opportunités qui allaient s’ouvrir après la fin du conflit. Depuis la révolution syrienne, le pays a étendu le nombre de permis de résidence à plus de 100 000 Syriens, dont 6 000 investisseurs, académiques, entrepreneurs. Aujourd’hui, 240 000 Syriens vivent aux EAU et y opèrent essentiellement dans la construction, les médias, la santé et le tourisme.
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L'Arabie saoudite soutient la candidature des EAU à un poste de membre non permanent du Conseil de sécurité pour 2022-2023 - WAM French (Thu, 02 Jul 2020)
Wed 01-07-2020 21:20 PM NEW YORK, 1er juillet 2020 (WAM) - Le Représentant permanent adjoint du Royaume d'Arabie saoudite auprès des Nations Unies, le Dr. Khaled ben Mohamed Manzalawi a affirmé que le Royaume d'Arabie saoudite soutient les Émirats arabes unis dans sa candidature membre permanent du Conseil de sécurité des Nations Unies pour la période 2022-2023, exhortant les pays à soutenir sa candidature. Dans son discours lors de la réunion du Groupe Asie-Pacifique (APG), qui s'est tenue pratiquement hier et dirigée par la délégation de la République populaire de Chine auprès des Nations Unies, le Dr. Manzalawi a déclaré que le Royaume d'Arabie saoudite partage avec les Émirats arabes unis sa vision modérée qui n'épargne aucun effort pour instaurer la paix et la sécurité dans le monde. Selon l'agence de presse saoudienne, il a indiqué que les Émirats arabes unis étaient parvenus à résoudre des problèmes majeurs étroitement liés à la coopération internationale, à la paix, à la sécurité et au développement durable, ajoutant qu'il avait une action humanitaire de premier plan, représentée par sa coopération étroite avec les Nations Unies et partenaires internationaux pour atteindre l'objectif commun de parvenir à une paix durable au Moyen-Orient et dans le monde entier. Il a souligné que les Émirats arabes unis cherchaient toujours à promouvoir le message de paix, à diffuser une culture de tolérance, en plus de son travail de soutien aux efforts diplomatiques visant à régler les différends par des moyens pacifiques par le dialogue et le renforcement de la confiance. En conclusion, M. Manzalawi a noté que les Émirats arabes unis ont toujours affirmé leur attachement à l'action collective, l'adhésion à la Charte des Nations Unies ainsi que sa promotion de la diplomatie multilatérale. Traduit par: Mervat Mahmoud. http://wam.ae/en/details/1395302852672 WAM/French
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Le rare avertissement des Émirats à Israël - Le Point (Mon, 15 Jun 2020)
L'ambassadeur émirien à Washington a prévenu l'État hébreu que toute annexion de la Cisjordanie mettrait un terme au rapprochement entamé avec le Golfe. Le procédé est sans précédent. Pour la première fois, un haut diplomate arabe du Golfe a décidé de s'exprimer, en hébreu, dans un journal israélien. Dans une tribune publiée vendredi par le quotidien Yediot Aharonot, Youssef al-Otaiba, l'ambassadeur des Émirats arabes unis à Washington, avertit Israël que l'annexion de tout ou partie de la Cisjordanie, annoncée à partir du 1er juillet prochain bien que contraire au droit international, sonnerait le glas du rapprochement israélo-arabe entamé au cours des dernières années. UAE Ambassador writes in Israeli newspaper outlining the costs of annexation - versus the great potential of warmer ties.https://t.co/m5RGi3xf7t pic.twitter.com/Mh5x1qDqGM — هند مانع العتيبة Hend Al Otaiba (@hend_mana) June 12, 2020 « L'annexion mettra certainement fin aux aspirations israéliennes à de meilleures relations avec le monde arabe et les Émirats sur les plans sécuritaire, économique et culturel », souligne l'influent ambassadeur émirien, dont le pays est à l'avant-garde du réchauffement diplomatique en cours entre les monarchies du Golfe (Arabie saoudite, Oman, Koweït) et Israël. Unis par une crainte commune de l'Iran, Abou Dhabi, Riyad et Tel-Aviv sont peu à peu devenus des alliés objectifs contre la République islamique. S'ils n'entretiennent pas officiellement de relations diplomatiques, en l'absence d'une résolution de l'épineux conflit israélo-palestinien, les trois pays coopèrent notamment sur le plan du renseignement face aux « activités déstabilisatrices » de l'Iran dans la région. L'essentiel de ces échanges a beau rester secret, certains signes publics illustrent sans ambages ce changement de paradigme au Moyen-Orient. Le 19 mai dernier, un vol direct de la compagnie Etihad Airlines a relié pour la première fois Abou Dhabi et Tel-Aviv. Affrété par les Nations unies, l'avion-cargo contenait de l'aide médicale destinée aux territoires palestiniens dans le cadre de la lutte contre le Covid-19. L'opération humanitaire a été réitérée le 9 juin. « Dans l'intérêt d'Israël » En novembre 2018 déjà, l'ancienne ministre israélienne de la Culture et des Sports Miri Regev accompagnait à Abou Dhabi l'équipe nationale de judo, qui participait pour la première fois au grand chelem d'Abou Dhabi sous les couleurs israéliennes. Un mois plus tôt, c'est l'ancien ministre israélien des Communications Ayoub Kara qui s'était rendu à Dubaï pour participer à une conférence internationale sur les télécommunications, à l'invitation de son homologue émirien. « Beaucoup de ces progrès mis en valeur lorsqu'un vol Etihad atterrit à l'aéroport Ben-Gourion ou quand un athlète israélien participe à une compétition à Abou Dhabi et Dubaï seront rendus plus difficiles », avertit l'ambassadeur Youssef al-Otaiba, dans une interview vidéo au quotidien émirien The National. « Le changement d'attitude dont vous avez été témoins – les gens moins hostiles à l'encontre d'Israël – pourrait être sapé par la décision d'annexer. » Interrogée par Le Point, une source diplomatique du Golfe rappelle les nombreux domaines dans lesquels Israéliens et Arabes pourraient renforcer leur coopération. « Situé à la porte d'Israël, le Golfe représente tout le capital économique, militaire et politique de la région. Ces pays pourraient intensifier leurs échanges sur le plan sécuritaire, économique, commercial, scientifique et permettre d'accroître la tolérance du judaïsme dans la région », souligne la source, qui se laisse aller à cette confidence : « J'aurais pensé qu'il serait dans l'intérêt d'Israël d'avoir de meilleures relations avec les États arabes du Golfe. » Pays arabes en porte-à-faux Mais sous le coup d'une triple inculpation pour corruption, le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, qui a été désigné en mai à la tête d'un gouvernement d'urgence nationale en compagnie de l'ancien chef d'état-major de Tsahal Benny Gantz, voit dans l'annexion de la Cisjordanie dès le 1er juillet une occasion unique de marquer définitivement l'Histoire de son pays, surtout que son allié Donald Trump n'est plus certain de l'emporter à la présidentielle de novembre prochain. Sous le couvert de l'anonymat, un expert vivant dans le Golfe s'étonne que les considérations de politique intérieure de l'État hébreu l'emportent sur sa sécurité à long terme. Lire aussi Pourquoi le plan Trump embarrasse les pays arabes L'année 2020 s'annonçait pourtant sous d'autres auspices pour la relation israélo-arabe. Forts de leur relation privilégiée avec l'administration Trump, Mohammed ben Zayed (MBZ), le prince héritier d'Abou Dhabi, et Mohammed ben Salmane (MBS), le prince tout-puissant d'Arabie saoudite, avaient discrètement accompagné les efforts de Jared Kushner, gendre et conseiller spécial du président américain, visant à concocter son « plan de paix » sur le Proche-Orient. Fin janvier, Youssef al-Otaiba, l'ambassadeur des Émirats arabes unis aux États-Unis, était même présent à la Maison-Blanche pour assister à la révélation du document. Promesse de campagne de Netanyahou Or, cet « accord du siècle », a en réalité, ouvert la voie à l'annexion israélienne de la Cisjordanie, promesse de campagne du Premier ministre Benyamin Netanyahou, se contentant d'un hypothétique État palestinien enclavé sous certaines conditions strictes. Il a surtout mis en porte-à-faux les pays arabes du Golfe, face à leur opinion publique, toujours sensible à la question palestinienne, les contraignant à faire machine arrière. « Nous soutenons depuis des années les efforts de paix au Proche-Orient, mais restons des soutiens enthousiastes du peuple palestinien et de l'initiative de paix du monde arabe », rappelle dans sa tribune Youssef al-Otaiba, en référence à la proposition saoudienne de 2002 selon laquelle les États arabes se disaient prêts à normaliser leurs relations diplomatiques avec Israël en échange d'un État palestinien dans les frontières de 1967 (donc sans les colonies israéliennes en Cisjordanie et le Golan occupé, NDLR). Risque de « conflit majeur » Pour tenter d'amener Israël à la raison et le faire renoncer à son projet unilatéral d'annexion, Anwar Gargash, ministre d'État émirien aux Affaires étrangères, a assuré sur Twitter que son pays mettait en œuvre « tous les moyens diplomatiques possibles pour affronter cette étape et tous les risques qu'elle comporte pour la paix et la stabilité dans la région ». « Personne ne surestime l'influence des Émirats arabes unis », poursuit la source diplomatique du Golfe. « Il s'agit simplement de s'assurer que les Israéliens comprennent entièrement le choix qu'ils ont à faire. » في خضم القلق العربي والدولي الكبير تجاه القرار الاسرائيلي المتوقع بضم أراضي فلسطينية وبصورة غير شرعية وتصعيدية، اختارت الامارات أن تتحرك بكل السبل الدبلوماسية المتاحة لمواجهة هذه الخطوة بكل ما تحمله من مخاطر على مسار السلام وإستقرار المنطقة. — د. أنور قرقاش (@AnwarGargash) June 12, 2020 D'autres États arabes, qui reconnaissent pourtant officiellement l'État d'Israël, se sont en effet montrés moins diplomates. Dans une interview le 15 mai dernier à l'hebdomadaire allemand Der Spiegel, le roi Abdallah de Jordanie, dont le pays risque d'être déstabilisé par une annexion de la Cisjordanie, a averti l'État hébreu d'un « conflit majeur » s'il franchissait le pas.
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Amnesty International : La France forme des soldats saoudiens pour faire la guerre au Yémen - TRT Français (Thu, 26 Mar 2015)
La France a soutenu financièrement comme politiquement l’implantation sur le territoire, d’un campus destiné à former des militaires saoudiens, révèle Amnesty International, dans un rapport rendu public jeudi. Ainsi, l’organisation internationale estime « qu’en toute impunité et en flagrante contradiction avec ses engagements internationaux, la France fournit des armes à l’Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis, pays engagés dans le conflit au Yémen ». D’ailleurs l’ONU a qualifié ce conflit de « pire catastrophe humanitaire au monde ». En lien avec sa campagne « silence on arme », Amnesty a donc mené cette enquête qui révèle la « manière dont la France va un cran plus loin, en permettant à des militaires saoudiens de venir se former sur le sol français ». Ainsi, l’auteur du rapport, Audrey Lebel, explique que dans le commerce des armes « la formation est un pan moins connu mais elle en fait bien partie ». Selon ce rapport, la France s’apprête à former des militaires saoudiens au maniement des dernières versions d’armes, déjà utilisées dans le conflit au Yémen. « Grâce à un centre de formation flambant neuf, implanté dans la ville de Commercy en Meuse avec de l’argent du contribuable français, et en violation des traités internationaux », expose encore d‘Audrey Lebel. La guerre au Yémen Qualifié par les Nations unies de « pire catastrophe humanitaire au monde », a fait plus de 230 000 morts. En effet, l’Arabie Saoudite mène depuis 2015, une guerre au Yémen contre les forces houthis soutenues par l’Iran. Amnesty critique les autorités françaises « qui ne se privent pas d’accueillir en France, à coup de subventions et d’aides de toutes sortes, une entreprise fabricante d’armes impliquée dans ce conflit » Des politiques interviennent pour des subventions Selon cette enquête, dès 2011 Gérard Longuet, alors ministre de la Défense, intervient directement pour faire installer en France le fabricant d’armes belge John Cockerill en lui accordant une subvention d’un million d’euros. Par la suite, Longuet deviendra membre de conseil d’administration de cette même entreprise et percevra 25 000 euros par an pour ce poste. Par la suite, via des sous-traitants, pour un montant de 4,5 milliards d’euros, la firme sera chargée de livrer environ 700 tourelles-canons pour équiper les 928 véhicules blindés légers canadiens envoyés à Riyad. « En plus d’assurer pendant sept ans la livraison de ces tourelles-canons de calibre 105 et 30 mm notamment, le contrat comprend la fourniture d’un système de simulation, créé tout spécialement pour l’occasion, et surtout de la fameuse formation à ses armes avec ce même système », explique encore l’enquête. Ventes d’armes à l’Arabie Saoudite Par la suite, le le 26 mars 2015, l’Arabie saoudite lance l’opération « Tempête décisive » contre le Yémen. « Pour autant, ce conflit, n’a pas mis fin aux relations entre l’entreprise, la commune et l’État », insiste encore Audrey Lebel. « Je ne suis pas en mesure d’interdire la guerre dans le monde », s’est défendu Gérard Longuet. Cerise sur le gâteau, alors que le monde entier a les yeux rivés sur cette guerre, le conseil régional de Lorraine s’apprête à décider d’une nouvelle subvention de 600000 € à l’entreprise John Cockerill. Par ailleurs, le rapport explique « qu’aucun pays ni aucune entreprise n’a le droit, en vertu des traités internationaux de former ou de fournir des armes à une puissance qui les retourne contre des civils ». Pourtant en fournissant des armes et en mettant à disposition un centre de formation, la France bafoue donc les traités internationaux. Le massacre des civils ne freine pas les ardeurs Toujours selon l’enquête, « l’État français n’a pas pris ses distances avec l’entreprise belge depuis le déclenchement de la guerre au Yémen ». Ainsi, l’auteur explique qu’en 2016, lors du Salon Eurosatory, le ministre de l’Économie de l’époque, actuel président de la République, Emmanuel Macron, s’est rendu sur le stand Agueris, société créée spécialement par Cockerill pour le contrat signé avec l’Arabie saoudite afin de développer « le premier simulateur embarqué de tourelle au monde ». Pour rappel, ce sont donc sur ces appareils que les militaires saoudiens doivent s’entraîner. Plus récemment, « en avril 2019, Geneviève Darrieussecq, la secrétaire d’État auprès de la ministre des Armées, vient en personne à Commercy inaugurer le campus Cockerill », révèle encore l’auteur de l’enquête. « Pourtant citée par plusieurs enquêtes journalistiques prouvant son implication sur le sol yéménite, l’entreprise, a plus que jamais ses entrées jusqu’à la tête de l’État », rapporte Audrey Lebel. Pour preuve, le 1er janvier dernier, le Premier ministre Édouard Philippe nommait le PDG du groupe d’armement, Bernard Serin, chevalier de la Légion d’honneur. Pourtant Emmanuel Macron n’avait pas hésité à accuser la Turquie « d'avoir dans le conflit libyen une « responsabilité historique et criminelle ». Selon des sources diplomatiques, la France a aidé le maréchal Haftar à mener une guerre sans merci contre des civils. L’ONU a d’ailleurs ouvert une enquête sur des charniers découverts dans les zones contrôlées par le maréchal putschiste, notamment dans la ville de Tarhouna. Publié en 2019, « Histoire secrète de la DGSE », livre du journaliste Jean Guisnel, détaille l’intervention de la France en Libye depuis 2011 et surtout le rapprochement opéré entre le chef de la diplomatie français, Jean-Yves le Drian, et le maréchal putschiste Haftar à partir de 2014. Aujourd’hui, la France fait du chantage à l’OTAN pour que cette organisation se range à ses côtés, sans réel succès pour autant. Or, au vu de ces révélations, le public est en droit de se demander si la France ne cherche pas, de par ses gesticulations diplomatiques, à cacher ses propres crimes de guerres ? AA
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Les Émirats arabes unis se préparent à leur rendez-vous avec Mars - FRANCE 24 (Wed, 10 Jun 2020)
À un peu plus d’un mois de la date officielle de lancement de la sonde émiratie Mars Hope, les Émirats arabes unis ont précisé, lundi, les contours et les enjeux de cette mission sans précédent dans le monde arabe. Publicité Lire la suite Les Émirats arabes unis comptent débuter dans un peu plus d’un mois un long chemin de 493 millions de kilomètres pour entrer dans l’histoire de la conquête spatiale. Ils ont précisé, lundi 8 juin, les détails de Mars Hope, la première mission interplanétaire du monde arabe, dont le décollage est prévu pour le 14 juillet. La sonde, entièrement "made in UAE" (pour United Arab Emirates), doit être lancée depuis la petite île japonaise de Tanegashima pour un voyage qui devrait lui permettre d’entrer dans l'orbite de Mars en février 2021, a précisé l’agence de presse Emirates News Agency. Elle observera ensuite la planète rouge pendant une année martienne, c’est-à-dire 687 jours. Une histoire d’eau À son bord, l’engin spatial transportera trois capteurs lui permettant d’étudier la dynamique de l’atmosphère martienne afin de mieux comprendre son climat. D’un point de vue scientifique, ce sera du jamais-vu pour une planète qui est pourtant régulièrement visitée par des sondes venues de la terre depuis la seconde moitié du XXe siècle. "Un grand nombre de missions se sont intéressées à la géologie de Mars ou à certains éléments de son atmosphère, mais ce sera la cartographie la plus complète jamais réalisée du climat de cette planète", reconnaît Ian Blatchford, directeur du Science museum de Londres, interrogé par la BBC. Un travail susceptible aussi de retenir l’attention des climatologues s’intéressant à l’avenir de notre planète. L’un des objectifs de la mission émiratie est de comprendre comment et pourquoi l’oxygène et l’hydrogène - deux éléments essentiels à la formation de l’eau - ont disparu de Mars. La planète rouge a, en effet, eu des caractéristiques similaires à la Terre avec, probablement, des rivières, des océans et une atmosphère plus clémente il y a plusieurs milliards d’années. Comprendre où est partie l’eau martienne reste l’un des grands mystères, et le percer pourrait apporter des indices sur les facteurs contribuant à assécher une planète. Ce n’est pas étonnant qu’un pays situé dans une zone du globe où l’accès à une eau toujours plus rare est un enjeu économique et géopolitique majeur, ait jeté son dévolu sur cet aspect de l’exploration martienne. "Pour nous, l’eau est la source de la vie, et il est pour le moins inquiétant de savoir qu’il existe une planète dans notre système solaire qui, lorsque le climat a commencé à changer, en a perdu toute trace", a affirmé Sarah al-Amiri, cheffe de projet adjointe du programme Emirates Mars, interrogée par le site Wired. Plus d’espace, moins de pétrole Mais Mars Hope n’est pas qu’une histoire d’eau. La mission n’est qu’un "moyen pour arriver à une fin qui est le futur du pays et notre survie", a assuré Omran Sharif, chef de projet de ce programme. Derrière cette affirmation aux accents un brin dramatique se cache l’ambition émiratie de faire de la course aux étoiles l’un des principaux outils de diversification de l’économie afin de la rendre moins dépendante du pétrole. Dans la région, le pays est l’un des premiers à avoir investi le domaine spatial. Mars Hope est l’aboutissement d’un programme initié en 2014 avec la création de l’agence spatiale nationale. D’autres monarchies pétrolières ont suivi, mais plus tard, à l’image de l’Arabie saoudite qui n’a créé sa propre agence spatiale qu'en 2018.  L’espace a déjà coûté 5,4 milliards de dollars aux Émirats arabes unis. En contrepartie, ils ont pu lancer leur premier satellite entièrement fabriqué sur le territoire national en 2018, et l’année suivante un astronaute émirati a posé un pied sur la Station spatiale internationale. Des accomplissements qui "sont notables pour un pays qui n’existe que depuis une cinquantaine d’années et n’avait qu’une culture rudimentaire en ingénierie spatiale il y a quelques années", note The Guardian. Sarah al-Amiri, également ministre des Sciences avancées et présidente du Conseil des scientifiques, espère que ces succès feront naître des vocations. "Aujourd’hui, notre économie est fondée sur les services, la logistique, le pétrole et le gaz, mais si on se projette dans l’avenir, on se rend compte que les secteurs qui demandent un savoir-faire technologique [comme l’aérospatiale, NDLR] deviennent de plus en plus importants", explique-t-elle au site Arab News. En d’autres termes, les autorités émiraties veulent que les jeunes intéressés par les métiers d’ingénieurs rêvent d’aller sur Mars depuis les Emirats plutôt que d’immigrer aux États-Unis, ou en Europe. L’espace de plus en plus peuplé C’est aussi une manière de s’acheter la paix sociale, suggère la scientifique. "Dans notre région, une majorité de la population a moins de 35 ans, et si vous n’arrivez pas à canaliser toute cette énergie correctement, cela peut entraîner des conflits", explique-t-elle à Wired. En outre, "depuis la Guerre froide, la conquête de l’espace a toujours eu un aspect géopolitique, et c’est aussi le cas avec cette mission", assure Ahmad Bani Younes, directeur du laboratoire de recherches spatiales à l’université de San Diego en Californie, interrogé par Wired. Il y a, en effet, de plus en plus d’acteurs qui veulent casser le triumvirat des puissances spatiales historiques (États-Unis, Europe, Russie). La Chine, l’Inde, l’Indonésie ou encore l’Afrique du Sud ont démontré, avec leurs programmes spatiaux, qu’ils pouvaient mériter une place à la table des grands. Dans le monde arabe, les EAU espèrent rester à la pointe de ce secteur de plus en plus concurrentiel. Mais d’autres pays, comme le Liban, l’Égypte et surtout l’Arabie saoudite comptent bien leur contester le leadership régional. Ainsi, Riyad a doté son agence spatiale d’un budget d’un milliard de dollars. La réussite du lancement de la sonde pour Mars, prévue le 14 juillet, pourrait permettre aux Émirats arabes unis de garder une longueur d’avance sur leurs concurrents régionaux. Mais c’est loin d’être gagné. La pandémie de Covid-19 a considérablement compliqué la tâche des scientifiques émiratis. Ils ont, par exemple, dû être placés en quarantaine préventive à leur arrivée au Japon, et les nouvelles procédures sanitaires pour réduire le risque de contamination ont ralenti les préparatifs. Pour l’heure, l’agence spatiale émiratie assure que le calendrier pourra être tenu. S’ils y arrivent, ils devront alors s'atteler à leur autre pari : installer une colonie sur Mars en 2117.
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L'Union européenne tente d'apaiser les tensions avec la Turquie - Les Échos (Sun, 05 Jul 2020)
Publié le 5 juil. 2020 à 10h00 Josep Borrell, le patron de la diplomatie de l'Union européenne, se rend ce lundi en Turquie pour essayer de « trouver des solutions aux questions » ainsi que l'a résumé laconiquement son porte-parole, vendredi. Des questions sensibles, depuis le « chantage » aux réfugiés syriens sur son territoire, que le président turc, Recep Tayyip Erdogan menace régulièrement de lâcher sur l'Europe, jusqu'aux forages gaziers d'Ankara en Méditerranée orientale, jugés illégaux par la Grèce et Chypre. Les négociations d'adhésion à l'Union , que la Turquie réclame depuis 1987, sont au point mort depuis une demi-douzaine d'années, au vu de la régression spectaculaire de l'Etat de droit orchestrée par le président turc. A cela s'est ajouté ces derniers jours un vif contentieux avec la France, à la suite d'un incident maritime en Méditerranée.  Paris accuse la marine turque d'avoir menacé début juin d'ouvrir le feu sur la frégate française Courbet, qui essayait de contrôler un cargo soupçonné de faire de la contrebande d'armes en Libye pour le compte de la Turquie, malgré l'embargo de l'ONU sur les armes. Le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlüt Cavusoglu, a exigé des excuses de la France, l'accusant de diffuser de fausses informations. L'Alliance ne soutient pas Paris Un incident sans précédent entre deux alliés de l'Otan. La France a demandé une enquête de l'Alliance atlantique. Son secrétaire général, Jens Stolenberg, a jugé préférable d'enterrer l'affaire. Furieux, l'Elysée a suspendu temporairement, mercredi, la participation de la France à l'opération de sécurité maritime de l'Otan en Méditerranée. Paris est un peu plus soutenu par l'Union européenne, qui a accepté de convoquer une réunion des ministres des Affaires étrangères le 13 juillet pour discuter de sanctions éventuelles contre la Turquie. Elle avait déjà mis en oeuvre des sanctions économiques contre Ankara en octobre dernier, en représailles à ses forages au large de Chypre. Le président français Emmanuel Macron a jugé, lundi dernier, que la Turquie, qui « prétend être membre de l'Otan » , avait une « responsabilité historique et criminelle » dans le conflit libyen. Ankara, qui n'a commencé à s'impliquer qu'il y a quelques mois dans un pays en proie au chaos depuis la chute de Mouammar Kadhafi en 2011, a rétorqué jeudi que l'Otan n'existerait plus sans elle, qui garde son flanc sud oriental et que l'armée turque en constituait le troisième contingent, numériquement. Le rôle des drones turcs Lors d'un déplacement à Berlin, Mevlüt Cavusoglu a accusé la France d'envoyer des armes aux forces du maréchal Khalifa Haftar, l'homme fort de l'est de la Libye en lutte contre le gouvernement d'union nationale (GNA) de Tripoli. Ce dernier est le seul reconnu comme légitime par l'ONU. Mais il n'est soutenu militairement que par Ankara. Avec l'appui de drones turcs, le GNA a récemment engrangé d'importantes victoires face aux forces du maréchal Khalifa Haftar, qui cherchait depuis avril 2019 à s'emparer de la capitale libyenne. Le front s'est depuis stabilisé. Khalifa Haftar, qui se présente volontiers comme un « de Gaulle » libyen, est soutenu diplomatiquement et financièrement par l'Egypte, l'Arabie saoudite et les Emirats arabes unis, ainsi que des mercenaires russes, et, en sous-main, par des agents français, selon nombre d'analystes. Ce que dément Paris, qui affirme n'avoir soutenu Haftar que ponctuellement, il y a deux ans, contre des djihadistes. La provocation de Sainte Sophie La politique internationale très offensive de Recep Tayyip Erdogan, ainsi que son soutien systématique aux mouvements islamistes, via notamment un entrisme assumé dans les sociétés occidentales, a provoqué des épisodes de brouilles spectaculaires ces dernières années, notamment avec les Etats-Unis. Ces derniers ont, comme la France, demandé à Recep Tayyip Erdogan de suspendre son projet de transformer en mosquée la basilique Sainte-Sophie, à Istanbul. Cette dernière, longtemps plus grand bâtiment du monde et classée au patrimoine de l'humanité, fut construite au VIe siècle mais est devenue une mosquée après la chute de l'empire orthodoxe byzantin au XVe siècle. Elle n'a été transformée en musée qu'en 1934, sur décision du dirigeant laïc Atatürk.
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Les pays arabes ont-ils abandonné la cause palestinienne ? - Journal La Croix (Tue, 30 Jun 2020)
► « Les conflits internes l’emportent sur l’opposition à Israël » Bertrand Badie, politiste, professeur émérite à l’Institut d’études politiques de Paris La question israélo-arabe, puis israélo-palestinienne, a été le principal dénominateur commun des politiques étrangères des pays arabes jusqu’à la guerre de 1967, qu’ils soient conservateurs ou révolutionnaires, dans le camp soviétique ou dans le camp américain. Réunissant les armées syrienne et égyptienne, jordanienne comme marocaine, cette guerre des Six Jours a manifesté l’identité de vue et la solidarité passées du monde arabe face à la question palestinienne. → REPORTAGE . Ariel, la « colonie-ville » en pole position pour l’annexion Cette unité a commencé à se déliter dès l’échec de cette guerre. Le jeu diplomatique dans la région s’est modifié, comme l’a montré le revirement de la Jordanie à l’occasion de la guerre de 1973, puis la signature des accords de Camp David entre l’Égypte et Israël. La question de la Palestine perdait du même coup son caractère prioritaire. Pourquoi cette évolution ? La fin de la bipolarisation du monde a joué, de même que la diversification des stratégies politiques entre pays arabes. À partir des années 1970, il est apparu que l’unité de façade cachait des différences importantes dans la nature des régimes en place et leur vision du monde. La course au leadership à l’intérieur du monde arabe a aggravé cette dissension. Plus récemment, en particulier, les stratégies anti-turques et anti-iraniennes ont pris de l’ampleur. Les « printemps arabes », enfin, ont avivé les craintes de déstabilisation des régimes en place, jusqu’à servir de fondement aux nouvelles stratégies politiques et diplomatiques. Désormais, les conflits internes l’emportent sur l’opposition à Israël. D’autant que la cause palestinienne est de plus en plus identifiée aux courants islamistes les plus radicaux, en raison de la montée du Hamas, lié aux Frères musulmans et soutenu par l’Iran. Les planètes semblent alignées pour le projet de Netanyahou Les planètes semblent alignées pour favoriser le projet d’annexion de Benyamin Netanyahou : il est revenu au pouvoir pour 18 mois ; il n’est pas sûr qu’en novembre, les Américains éliront un autre président aussi favorable à ses vues ; et le monde regarde ailleurs. L’expérience l’a installé dans la conviction que rien de dangereux ne peut venir du monde arabe et, par ailleurs, la Russie reste silencieuse quand l’UE fait part de sa préoccupation mais affiche ses divisions. → À LIRE. Benyamin Netanyahou veut toujours annexer une partie de la Cisjordanie La diplomatie israélienne, qui fonctionne exclusivement sur le mode du rapport de force traditionnel, a toutefois un talon d’Achille : elle a coutume de négliger le risque d’une explosion de la « rue arabe », en particulier des territoires palestiniens humiliés plus que jamais, en considérant que « les choses finiront par se calmer ». Mais l’année 2019 nous a rappelé que le social court plus vite que le politique, que les sociétés peuvent s’enflammer bien plus que ce que laisseraient penser les relations intergouvernementales. Le risque existe que ce projet aggrave encore le désespoir des Palestiniens, leur conviction qu’ils n’ont d’autres solutions que l’affrontement, et que cette escalade insensée mène finalement à l’explosion. ------------------- ► « Le statut des Palestiniens dans le monde arabe est ambigu » Marc Lavergne, géopolitologue, spécialiste du Moyen-Orient arabe et de la Corne de l’Afrique Parmi les populations des pays arabes, c’est dans les pays voisins que la sensibilité à la cause palestinienne est la plus prégnante. Historiquement, la Palestine fait partie du Bilaad-es-Sham (le Levant) avec le Liban, la Syrie et la Jordanie. C’est là que l’osmose est la plus forte : leurs peuples partagent les mêmes noms de famille, le même dialecte, les mêmes coutumes. Dans les pays plus éloignés, l’attachement est plus virtuel : ceux du Golfe, notamment, sauf le Koweït, premier à avoir acquis son indépendance en 1961 et qui a beaucoup fait appel aux ingénieurs et techniciens palestiniens – dont Yasser Arafat – pour développer son industrie pétrolière. → DÉBAT. Israël osera-t-il annexer des pans de la Cisjordanie ? Au Maghreb également, la sensibilité est moins vive, d’autant que ces pays avaient la particularité d’accueillir une communauté juive importante. Le Maroc a toujours gardé de bonnes relations avec Israël, et le président tunisien Bourguiba, même attaché à la cause palestinienne, n’a jamais considéré que la guerre était la solution de régler le problème. Même les Égyptiens ont le sentiment d’avoir déjà suffisamment payé, et considèrent les Palestiniens un peu comme des enfants gâtés. Un soutien surtout politique Plus qu’au sein de la population, c’est donc surtout sur un plan politique que le soutien a été très fort parmi les « pays du refus », constitués après la signature d’accords de paix par Israël avec l’Égypte en 1979, puis avec la Jordanie en 1994. Il était toutefois plus marqué dans les Républiques arabes que dans les monarchies, à qui le nationalisme arabe des Palestiniens a toujours fait peur… La Jordanie, dont deux tiers de la population est d’origine palestinienne, est devenue une sorte d’arrière-cour d’Israël. Mais une reconfiguration de la région est en cours. La proximité des États du Golfe avec l’Occident leur rend impossible tout soutien autre qu’humanitaire aux Palestiniens. Pour parvenir à leurs fins au Yémen, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis ont fait appel aux États-Unis : ils ne peuvent aujourd’hui refuser à Donald Trump le soutien à son plan. Même le Qatar, qui fait vivre Gaza – ce qui arrange tout le monde –, prend garde à rester dans un subtil jeu d’équilibre avec Washington. Le statut des Palestiniens dans le monde arabe est ambigu en réalité : ils constituent un rappel permanent de son impuissance face à Israël et à l’Occident. On a conscience d’être injuste, et on crie d’autant plus fort sa solidarité que l’on sait qu’on ne va rien faire. Parler de « normalisation » à propos des relations entre certains pays comme les Émirats arabes unis et Israël est d’ailleurs abusif : il ne s’agit que d’inscrire sur le papier des choses qui existent déjà dans la réalité. Si une annexion est annoncée le 1er juillet, c’est qu’Israël aura obtenu l’assurance qu’elle peut se faire. Il y aura des hauts cris, mais qui ne seront pas suivis d’effets, sauf sous la forme de dons financiers.
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"Le Qatar ne veut pas que l'OM soit racheté par leur plus grand pays rival" - paristeam.fr (Sun, 05 Jul 2020)
Depuis quelques jours, une rumeur enfle du côté de Marseille, avec un possible rachat de l'OM, via un projet impliquant des fonds saoudiens, et indirectement le prince héritier Mohammed ben Salmane. Un projet que ne voit pas d'un bon oeil le Qatar, propriétaire du PSG, comme l'explique Nicholas McGeehan, directeur de l’ONG FairSquare Projects, au Parisien du jour : "L’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis ont coupé leurs relations diplomatiques avec le Qatar, principalement pour des divergences politiques à propos de leur vision sur la manière dont le Moyen-Orient devrait être gouverné. Il y a aussi un réel antagonisme personnel entre les monarques. Ils ne s’aiment pas. Le football est devenu un terrain de bataille pour exprimer cette rivalité (...) Le PSG est un joyau de la couronne pour le Qatar et le pays utilise ce club de manière très efficace au niveau politique. La dernière chose qu’il veut, c’est voir leur plus grand club rival racheté par leur plus grand pays rival." Georges Malbrunot, journaliste au Figaro et spécialiste du Moyen-Orient, expliquait récemment sur Twitter : "L'un des objectifs non avoués du rachat de l'OM par des fonds du Golfe - saoudiens en particulier - c'est de concurrencer le Qatar, propriétaire du PSG, confie un intermédiaire, impliqué dans le projet parrainé par Mourad Boudjellal, ex-patron du RC Toulon (rugby)." OM: L'un des objectifs non avoués du rachat de l'OM par des fonds du Golfe - saoudiens en particulier - c'est de concurrencer le Qatar, propriétaire du PSG, confie un intermédiaire, impliqué dans le projet parrainé par Mourad Boudjellal, ex-patron du RC Toulon (rugby). pic.twitter.com/qc5rzNJKs6 — Georges Malbrunot (@Malbrunot) June 26, 2020
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Libye: le champ clos de l'affrontement entre le Qatar et les Émirats arabes unis - Le Figaro (Thu, 25 Jun 2020)
Plus encore que la Syrie, la Libye est devenue le champ clos de l’affrontement entre monarchies du Golfe. Avec d’un côté, l’axe antirévolutionnaire et anti-islam politique, conduit par les Émirats arabes unis (EAU) et l’Arabie saoudite en soutien de l’Égypte et du maréchal Khalifa Haftar ; de l’autre, le Qatar, allié de la Turquie, qui défend le Gouvernement d’union nationale (GAN) de Fayez al-Sarraj, reconnu par la communauté internationale. À lire aussi : En Libye, le torchon brûle entre Ankara et Le Caire Obsédés par les Frères musulmans et le Qatar, avec lequel ils sont en guerre depuis 2017, les EAU, après la débâcle de leur protégé Haftar, reconnaissent qu’«il n’y a pas de solution militaire» et appellent à un cessez-le-feu général. «Nous sommes au bord d’une confrontation régionale qu’il faut éviter à tout prix», prévient-on à Abu Dhabi. Pour le spécialiste de la Libye, Jalel Harchaoui, il y a toutefois une différence entre les ingérences qatarienne et émirienne. «Le soutien du Qatar auprès du GAN est surtout politique, ajoute le chercheur à l’Institut Cet article est réservé aux abonnés. Il vous reste 76% à découvrir. Abonnez-vous : 1€ pendant 2 mois Annulable à tout moment Saisissez votre email Déja abonné ? Connectez-vous
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