planète Moyen-Orient actualité Moyen-Orient
AMO
AMO
AMO
AMO
nos éditions nos flux rss
Crises dans le Golfe : entre les Émirats et l'Arabie saoudite, une alliance de raison - Jeune Afrique (mer., 16 oct. 2019)
Au nom d’une vision commune de la sécurité et de la stabilité, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis n’envisagent plus l’avenir l’un sans l’autre. Les récents événements régionaux, de l’Iran au Yémen, ont mis leur alliance à l’épreuve. Mais au plus haut sommet des deux États, on semble bien déterminé à garder le cap. Sur les bus, les panneaux d’autoroutes, les taxis… Ces dernières semaines, à Abou Dhabi, les deux sabres croisés surmontés d’un palmier, emblème de l’Arabie saoudite, étaient partout. Le 23 septembre, le royaume fêtait son 89e anniversaire. L’occasion de rappeler à la population les liens étroits qui unissent désormais les Émirats arabes unis à leur imposant voisin. Sur les réseaux sociaux, Mohammed Ben Zayed, le prince héritier d’Abou Dhabi, s’était d’ailleurs fendu d’un communiqué sans équivoque : « Notre partenariat stratégique est profond. Nous nous serrons les coudes pour maintenir la sécurité et la stabilité dans la région, et faire face aux menaces qui nous entourent. » Pas question de plaisanter, ici, avec la sacro-sainte alliance. Le sujet est ultra-sensible, au point qu’il a probablement inspiré l’annonce, début septembre, d’« une surveillance accrue des réseaux sociaux et des restrictions pour lutter contre ceux qui ternissent la réputation du pays ». Quelques personnalités nationales très actives sur Twitter s’étaient en effet permis de critiquer les choix saoudiens au Yémen, dans des termes perçus comme insultants par Riyad. C’est que l’été a été chaud sur le front de l’alliance entre Émiratis et Saoudiens au Yémen. D’autant plus chaud que le dossier est inextricablement lié à celui de l’Iran, qui soutient les rebelles Houtis en fournissant missiles et drones. Réduction du contingent émirati au Yémen Flash-back. Début juillet, un coup de tonnerre retentit dans le ciel bleu azur du Golfe. Les Émirats annoncent qu’ils réduisent leur contingent au Yémen, où ils luttent depuis 2015 aux côtés de l’Arabie saoudite pour chasser les Houtis et rétablir au pouvoir le gouvernement en exil de Mansour Hadi.
>> Lire la suite

Opération séduction pour Poutine en Arabie Saoudite - Courrier International Blogs (Mon, 14 Oct 2019)
Le prince héritier saoudien Mohammad ben Salmane et le président russe Vladimir Poutine durant le sommet du G20 à Osaka au Japon, le 28 juin 2019. PHOTO REUTERS/KEVIN LAMARQUE C’est dans un contexte particulièrement agité après l’offensive turque dans le nord de la Syrie, que le président russe s’entretient aujourd’hui avec Mohammed ben Salmane à Riyad, avant de rencontrer Mohammed ben Zayed demain à Abou Dhabi, explique le quotidien francophone libanais L’Orient-Le Jour. Cela faisait douze ans que Vladimir Poutine ne s’était pas rendu en Arabie Saoudite. Signe du rapprochement entre les deux pays deux ans après la visite du roi Salmane à Moscou, le président russe sera reçu aujourd’hui à Riyad avant de s’envoler demain pour les Émirats arabes unis. Au menu des discussions : la Syrie, le Golfe, le Yémen ou encore les prix du pétrole. À lire aussi: Vu de Turquie. Offensive contre les Kurdes : des médias turcs se félicitent de l’exécution de civils Prévu de longue date, le déplacement du maître du Kremlin intervient dans un contexte particulièrement agité, en raison du lancement de l’offensive turque dans le nord-est de la Syrie mardi dernier dans l’objectif de déloger les forces kurdes des Unités de protection du peuple (PYG), branche syrienne du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan) et bête noire d’Ankara. Poutine maître des horloges dans la région Une opération qui n’aurait pas été possible sans l’aval de Moscou, estiment de nombreux observateurs, et qui renforce un peu plus le statut de maître des horloges du dirigeant russe dans la région, compte tenu de la volonté des États-Unis de s’en désengager. Vladimir Poutine pourrait à ce titre profiter du climat de doute quant à l’effectivité du parapluie sécuritaire américain au Moyen-Orient, après l’abandon des Kurdes syriens et la non-réponse américaine après l’attaque, imputée à l’Iran, contre les installations d’Aramco en Arabie Saoudite, le 14 septembre dernier. La Russie cherche ainsi à se présenter comme un allié plus solide que les Américains. Essayant de consolider son assise au Moyen-Orient, la Russie a d’ailleurs présenté un projet de sécurité collective dans le Golfe en juillet dernier, visant à établir une organisation pour la sécurité et la coopération dans la région. La capacité du Kremlin à avoir des contacts diplomatiques avec tout le monde dans la région n’a pas échappé au cours de ces dernières années aux pays du Golfe, qui affichent leur volonté de diversifier leurs relations et leurs intérêts. À lire aussi: Arabie Saoudite. Un an après le meurtre de Jamal Khashoggi, MBS presque seul au monde Le timing de la visite de Vladimir Poutine est d’autant plus opportun pour le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane est isolé par les Occidentaux, depuis l’assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi dans le consulat de son pays, en octobre 2018. Signe que le terrain diplomatique entre Moscou et Riyad est fertile en coulisses, Iouri Ouchakov, conseilleur de Vladimir Poutine pour les relations étrangères, a précisé jeudi dernier que “le président Poutine et le roi Salmane communiquent régulièrement par téléphone”. Ce voyage s’inscrit dans la continuité de l’impulsion donnée à la relation entre Riyad et Moscou lors de la venue en Arabie Saoudite de Vladimir Poutine en 2007 pour rencontrer le monarque saoudien de l’époque, le roi Abdallah. Ce déplacement a marqué la première visite officielle d’un dirigeant russe sur le sol du royaume wahhabite. Dix ans plus tard, le roi Salmane rendait la pareille en se rendant en Russie, scellant leur rapprochement par une quinzaine d’accords militaires et stratégiques, dont l’un frayant le chemin pour l’achat du système antiaérien russe S-400. Tendre la main à Damas “On peut tracer une ligne entre 2007, qui était un coup de maître en diplomatie, et 2019”, nous explique Theodore Karasik, conseiller à Gulf State Analytics, un cabinet de conseil géostratégique situé à Washington. Moscou devrait saisir les opportunités présentées par ce voyage pour évoquer le retour de la Syrie au sein de la Ligue arabe, enjoignant à l’Arabie saoudite de tendre la main à Damas. Riyad et Moscou entretiennent par ailleurs une étroite coopération sur le plan énergétique alors que la Russie est partenaire de l’Opep, dont Riyad est un poids lourd. La Russie va œuvrer avec l’Arabie Saoudite contre toute “tentative de déstabiliser” le marché pétrolier, a assuré Vladimir Poutine, dans une interview à des chaînes de télévision arabophones, diffusée le 13 octobre. Si quelqu’un croit que les actes comme la saisie de pétroliers ou des frappes contre des infrastructures pétrolières pourraient affecter de manière quelconque la coopération entre la Russie et nos amis arabes, ils se trompent tous profondément”, a déclaré M. Poutine, dont le pays est partenaire de l’Iran en Syrie. La visite de Vladimir Poutine devrait également être fructueuse sur le plan économique alors que 30 contrats et accords devraient être signés, a indiqué Moscou. Kirill Dmitriev, PDG du Fonds d’investissement direct russe, a affirmé jeudi dernier lors d’une conférence téléphonique que “la visite montrerait le niveau sans précédent du développement des liens entre la Russie et l’Arabie Saoudite dans de nombreux domaines”. 10 milliards d’investissement en Russie Kirill Dmitriev a également précisé qu’une dizaine d’accords devraient être annoncés dans les domaines pétrochimiques, de l’agriculture ou encore des hautes technologies. Selon le Fonds d’investissement direct russe, Riyad a accepté d’investir 2 milliards de dollars en Russie, faisant partie d’un engagement saoudien à hauteur de 10 milliards de dollars et dont 2,5 milliards ont déjà été encaissés. Vladimir Poutine doit également participer à un forum d’investissements russo-saoudien devant réunir “la plus grande délégation d’hommes d’affaires russes de l’histoire des relations russo-saoudiennes”, a souligné l’institution. Selon Theodore Karasik, “ce voyage fait aussi partie d’une poussée majeure de la Russie en direction des États du Golfe pour aller en Afrique, juste avant le sommet Russie-Afrique à Sotchi”, qui doit se tenir les 23 et 24 octobre. Présentant des intérêts économiques et géostratégiques, l’Afrique est en ligne de mire de Riyad et Abou Dhabi qui y ont déjà investi plusieurs milliards de dollars, tandis que les Émirats arabes unis (EAU) disposent de bases aéronavales en Érythrée et au Somaliland [territoire du nord-ouest de la Somalie ayant déclaré son indépendance en 1991]. À l’instar de la Russie, les EAU sont aussi particulièrement actifs en Libye, où ils soutiennent tous deux le maréchal Haftar face au gouvernement libyen d’union nationale reconnu par la communauté internationale. Julie Kebbi Lire l’article original Source L’Orient-Le Jour Beyrouth www.lorientlejour.com/ Longtemps le quotidien francophone de Beyrouth, né en 1970 d’une fusion entre L’Orient et Le Jour, a été la parfaite illustration du “Liban de papa” francophone et chrétien que la guerre civile allait tourner en dérision. Le départ [...] Lire la suite
>> Lire la suite

Iran : pourquoi Trump inquiète l'Arabie saoudite - Le Point (Fri, 20 Sep 2019)
Les atermoiements du président américain après l'attaque, attribuée à Téhéran, des sites pétroliers saoudiens agacent son allié historique du Golfe. La visite à Djeddah (Arabie saoudite) du secrétaire d'État américain devait lui permettre d'évoquer avec le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane la réponse à apporter après l'attaque du 14 septembre contre deux sites pétroliers d'Arabie saoudite, pour laquelle Washington et Riyad accusent tous deux la République islamique d'Iran. « Cette attaque à peine voilée de l'Iran contre l'Arabie saoudite est sans précédent dans sa portée, son échelle et sa valeur stratégique », estime Barbara Leaf, ambassadrice des États-Unis aux Émirats arabes unis de 2014 à 2018, désormais chercheuse au Washington Institute for Near East Policy. « Elle change les règles du jeu », ajoute la diplomate. « En un seul coup, l'Iran a franchi plusieurs paliers dans son escalade vis-à-vis des États-Unis. » Pourtant, le chef de la diplomatie américaine a étonné en indiquant, à l'issue de sa visite en Arabie saoudite, qu'il privilégiait une issue diplomatique à cette crise. « Nous sommes ici pour bâtir une coalition destinée à parvenir à la paix et à une solution pacifique », a déclaré Mike Pompeo à l'occasion de la deuxième étape de son voyage à Abu Dhabi, espérant que l'Iran voie les choses « de la même manière ». Ceux qui attendaient une réaction militaire des États-Unis, après que son meilleur allié arabe au Moyen-Orient a été frappé en plein cœur, devront patienter. Donald Trump avait pourtant assuré mercredi avoir « beaucoup d'options » contre l'Iran, dont « l'option ultime ». Il a finalement décidé vendredi soir l'envoi de troupes supplémentaires « défensives » dans le Golfe, à la demande de ses alliés arabes, et de nouvelles sanctions « substantielles » contre Téhéran : « les plus sévères jamais imposées à un pays » contre la Banque centrale iranienne, pourtant déjà visée par les sanctions américaines. Pacte de Quincy Jeudi soir, le ministre d'État saoudien Adel al-Jubeir avait laissé poindre un certain agacement sur Twitter. « [Toute] complaisance avec le régime iranien ne fera que l'encourager à commettre plus d'actes de terrorisme et de sabotage de notre région et du monde entier », a-t-il écrit sur le réseau social. « Les Saoudiens ont été très surpris par ce qui s'est passé », confie une source diplomatique occidentale. « Cet épisode a révélé la vulnérabilité des systèmes de défense antiaérienne saoudiens, et a entraîné une perte de crédibilité de la part de l'Arabie saoudite, mais aussi des États-Unis, censés les protéger. » Pour l'ancienne ambassadrice américaine Barbara Leaf, « l'attaque a démontré que la dissuasion américaine ne fonctionnait pas. Cela dit, ajoute-t-elle, les partenaires du Golfe des États-Unis reconnaissent que la situation ne se prête pas à une réponse simple, ni même militaire, car ils se retrouveraient sur la ligne de front de toute confrontation directe entre Washington et Téhéran ». Lire aussi Iran : comment Trump mine la dissuasion militaire américaine En principe, l'Arabie saoudite et les États-Unis sont liés par le pacte de Quincy. Scellé en 1945 sur le croiseur américain USS Quincy entre le président américain Franklin Roosevelt et le fondateur du royaume d'Arabie saoudite, le roi Ibn Saoud, il est censé garantir la sécurité de la pétromonarchie contre son engagement à assurer l'approvisionnement énergétique américain ainsi que la stabilité du marché pétrolier. Or, depuis que les États-Unis sont devenus le premier producteur mondial d'hydrocarbures, grâce à l'exploitation du pétrole de schiste, l'alliance américano-saoudienne a du plomb dans l'aile. MBS influence Trump Les premières dissensions sont apparues en 2011, sous le mandat de Barack Obama. En plein Printemps arabe, l'Arabie saoudite n'a pas apprécié que l'administration américaine ne fasse pas obstacle au renversement du président égyptien Hosni Moubarak, grand allié de Riyad. Elle n'a pas supporté non plus que le président américain favorise, dès 2013, l'ouverture de discussions, tout d'abord secrètes, avec son grand rival régional, la République islamique d'Iran, qui ont abouti deux ans plus tard à l'accord sur le nucléaire iranien. Après l'arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche en 2016, Riyad a pesé de tout son poids et de ses réseaux pour infléchir la politique étrangère des États-Unis. Aidé en ce sens par les Émirats arabes unis, le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a noué une relation de proximité avec le gendre et conseiller spécial de Donald Trump, Jared Kushner. Avec un certain succès. Déjà notoirement hostile à la République islamique, le nouveau président américain a réservé son premier déplacement à l'étranger à l'Arabie saoudite, où il a désigné en mai 2017 l'Iran comme « principal financeur et organisateur du terrorisme » dans le monde et annoncé la signature de 380 milliards de dollars de contrats. « Donald Trump a été accueilli comme le messie à Riyad », explique la source diplomatique occidentale. « Après George W. Bush et Barack Obama, il partageait la préoccupation des Saoudiens pour l'Iran et a mis en place tout un système de sanctions qui a mis en branle l'économie iranienne. » Un an plus tard en effet, le président américain se retirait de l'accord sur le nucléaire iranien et imposait des sanctions sans précédent contre Téhéran. « Pearl Harbor » saoudien Problème, cette « pression maximale » de Washington était censée contraindre l'Iran à revenir à la table des négociations pour signer un accord global aux conditions de Donald Trump (sur le programme nucléaire, balistique et les « activités régionales » de la République islamique). Or, loin de céder au président américain, Téhéran a, au contraire, repris certaines activités nucléaires sensibles (fin de la limitation du stock et du degré d'enrichissement de l'uranium, reprises des activités de recherche et de développement nucléaires). En parallèle, la République islamique est soupçonnée d'être derrière la multiplication d'incidents dans le Golfe, depuis le mois de mai, contre les alliés arabes des États-Unis, notamment l'Arabie saoudite (attaques contre des pétroliers saoudiens en mer d'Oman et contre un oléoduc majeur dans la région de Riyad). «  L'Iran envoie un message très clair pour faire monter les enchères vis-à-vis des États-Unis, et montrer à Donald Trump la conséquence de ses incohérences », estime Pierre Razoux, directeur de recherche à l'Institut de recherche stratégique de l'École militaire (Irsem). «  Les Iraniens se disent probablement que ni les Américains ni les Saoudiens n'ont intérêt à une riposte militaire visant le territoire iranien. » Lire aussi Sites pétroliers frappés en Arabie saoudite : une attaque de drones ? S'il a annoncé l'envoi de troupes américaines supplémentaires dans la région, Donald Trump n'a jamais adressé de riposte militaire à l'Iran, que les services de renseignements estiment pourtant responsable des mystérieuses attaques. Pire, en juin, le président américain a refusé à la dernière minute de frapper la République islamique alors que les Gardiens de la révolution iraniens venaient d'abattre un drone de surveillance américain. Près d'une semaine après l'attaque des deux sites pétroliers qui a été vécue comme un « Pearl Harbor » saoudien, Donald Trump ne semble pas non plus prêt à venger militairement son allié. « Les Saoudiens auraient aimé une réponse ferme de la part des États-Unis », affirme la source diplomatique occidentale. « Mais ils ont compris que Trump ne souhaitait pas entrer en conflit ouvert avec l'Iran. » Vendredi après-midi, le président américain a réuni ses principaux ministres et conseillers dans le bureau ovale pour se pencher sur les différentes options se présentant à lui. « Il n'y a jamais eu de pays plus préparé » à des frappes militaires, a-t-il prévenu, selon l'Agence France-Presse (AFP). « Mais ce n'est pas ce que je privilégie, si possible » , a-t-il néanmoins ajouté. Au contraire, Donald Trump a déclaré que le meilleur moyen d'« afficher la force » des États-Unis était de « faire preuve d'un peu de retenue ». « Coup fatal » « Le discours [ambivalent] du président des États-Unis participe à l'inquiétude des dirigeants du Golfe », estime l'ancienne ambassadrice américaine aux Émirats Barbara Leaf. « Restaurer la dissuasion – et donc assurer la sécurité des fournisseurs en énergie du Golfe – requiert des messages disciplinés des États-Unis, pas des menaces qui sonnent clairement creux pour Téhéran. » Dans une tribune publiée ce vendredi dans le New York Times, le journaliste spécialiste du Moyen-Orient Robert F. Worth est allé encore plus loin. D'après lui, « les missiles qui ont frappé le week-end dernier l'Arabie saoudite n'ont pas simplement détruit des réservoirs de pétrole, ils ont porté un coup fatal à une doctrine qui pâlit depuis des années : la croyance selon laquelle les États-Unis maintiennent un parapluie sécuritaire capable de protéger les États riches en pétrole du golfe Persique de leurs ennemis – et spécialement de l'Iran ».
>> Lire la suite

L’Iran et l’Arabie Saoudite enfin prêts à coexister ? - Libération (Wed, 02 Oct 2019)
Salmane ben Abdelaziz al-Saoud et le Premier ministre irakien, Adel Abdel-Medhi, le 25 septembre en Arabie Saoudite. Salmane ben Abdelaziz al-Saoud et le Premier ministre irakien, Adel Abdel-Medhi, le 25 septembre en Arabie Saoudite. Photo Bandar Al-Jaloud. AFP Dans son discours à l’ONU, le président iranien a proposé une «coalition de l’espoir» et «une initiative de la paix d’Hormuz» avec tous les pays riverains, en incitant Riyad à constater que son voisin historique et futur est l'Iran et non pas les Etats-Unis. La géographie est la science de la cohabitation, mais celle-ci serait-elle possible entre l’Iran et l’Arabie Saoudite que l’on dit au bord de la guerre ? Paradoxalement, l’attaque des sites pétroliers saoudiens le 14 septembre par des drones et missiles de croisière dont l’origine est discutée, mais qui servent la politique iranienne, pourrait débloquer la situation. En mettant en évidence l’impuissance des grandes puissances, elle souligne l’urgence d’un dialogue entre les deux principaux riverains rivaux du Golfe. L’échec de la médiation diplomatique française entre l’Iran et les Etats-Unis lors de la récente assemblée générale de l’ONU semble par ailleurs avoir précipité les événements. L’Arabie Saoudite a d’abord constaté que son puissant allié américain n’a pas été capable de la défendre et que son propre gigantesque arsenal militaire ne fonctionnait pas. En voyage éclair à Riyad, le secrétaire d’Etat Mike Pompeo a signifié qu’il n’était pas question de faire la guerre à l’Iran et qu’une réponse «non militaire» devait être privilégiée. En clair : l’Arabie Saoudite doit reconnaître l’émergence de l’Iran comme puissance régionale et accepter de discuter avant que sa position ne soit à nouveau affaiblie. Cette stratégie n’exclut pas un discours tactique de Donald Trump accentuant une nouvelle fois de plus les sanctions contre Téhéran pour satisfaire ses alliés, notamment en Israël. Geste impossible Le constat d’échec de la politique américaine et de ses alliés des monarchies pétrolières impose de trouver une issue acceptable avant l’élection présidentielle de novembre 2020. Tout a été dit sur le fiasco militaire et politique en Afghanistan et en Irak, mais le pire serait une défaite humiliante de l’Arabie Saoudite au Yémen. Tandis que les Emirats arabes unis, principal partenaire dans la coalition arabe, ne veulent plus être en première ligne dans ce conflit sans fin, Riyad envisage la possibilité d’un cessez-le-feu. Dans le même temps, la politique américaine de «pressions maximales» contre l’Iran n’a pas eu les résultats escomptés. La République islamique résiste assez bien malgré la catastrophe économique imposée aux Iraniens et l’exacerbation des conflits politiques internes. A lire aussiL’Arabie Saoudite et les Houthis entre confrontation et désescalade Le volontarisme de la France pour sauver l’accord de 2015 sur le nucléaire iranien en cherchant à établir un dialogue direct entre l’Iran et les Etats-Unis a permis de faire baisser la tension et d’ouvrir la route à un futur dialogue, mais le président Hassan Rohani a refusé de prendre Donald Trump au téléphone lors l’Assemblée générale de l’ONU. Un geste impossible si on prend en compte la culture politique iranienne. Mais cet échec traduit peut-être aussi le fait que les grandes puissances du Conseil de sécurité de l’ONU ne sont plus capables de s’imposer pour régler les problèmes régionaux comme ce fut le cas en 2015 avec l’accord sur le nucléaire. Silence pour le moment du côté saoudien Ces échecs diplomatiques et l’opération militaire contre l’Aramco ont donc imposé une nouvelle dynamique. Dans son discours à l’ONU, le président iranien a proposé une «coalition de l’espoir» et «une initiative de la paix d’Hormuz» avec tous les pays riverains, en incitant l’Arabie à constater que son voisin historique et futur est l’Iran et non pas les lointains Etats-Unis. La Chine, jusqu’ici très discrète, mais principal client du pétrole et du gaz du golfe Persique, a complété l’initiative iranienne en proposant d’y associer, outre la Chine, le Japon, l’Inde, la Russie et l’Europe. Il s’agirait d’un accord de sécurité régionale dirigé par les pays asiatiques, les nouveaux émergents, excluant les Etats-Unis qui ne sont plus crédibles. La cohabitation, ou du moins la coexistence pacifique entre les pays voisins du Golfe, est loin d’être acquise. L’Irak, premier partenaire économique de l’Iran et allié des Etats-Unis, s’impose depuis plusieurs mois comme un intermédiaire efficace. A son retour de Riyad, son Premier ministre Adel Abdel-Mehdi a déclaré : «Iran et Arabie sont prêts à négocier.» Silence pour le moment du côté saoudien, mais l’hypothèse d’un dialogue irano-saoudien est désormais crédible. En 1973, après le retrait britannique de la région, Richard Nixon avait désigné l’Iran et l’Arabie Saoudite comme «gendarmes du Golfe». Un rôle qu’aucun des deux pays n’était alors capable d’assumer. Mais cinquante ans plus tard, le rapport de force semble avoir changé : fin du leadership américain, affirmation des grands pays d’Asie, et surtout volonté d’autonomie des nouvelles puissances régionales longtemps rivales et qui pourraient devenir simplement concurrentes. Bernard Hourcade Spécialiste de l’Iran, directeur de recherche émérite, CNRS
>> Lire la suite

A la roulette syrienne, c’est les Russes qui gagnent - Libération (Thu, 17 Oct 2019)
Un convoi de militaires syriens et russes à proximité de Kobané, mercredi. Un convoi de militaires syriens et russes à proximité de Kobané, mercredi. Photo AFP Attaque turque, retrait des troupes américaines, alliance des Kurdes avec Damas… Et finalement un cessez-le-feu annoncé jeudi soir par Washington. En quelques jours, les cartes ont été rebattues en Syrie. Moscou, l’allié d’Al-Assad, est désormais en position de force, militairement et diplomatiquement. Dix jours après le début de l’opération «Source de paix» - l’offensive turque contre les milices kurdes du nord syrien -, le vice-président américain, Mike Pence, a annoncé un cessez-le-feu de cent vingt heures. Il venait de s’entretenir plusieurs heures à Ankara avec le président turc, Recep Tayyip Erdogan. Depuis le 9 octobre, les cartes ont été complètement rebattues entre les forces sur le terrain (lire ci-contre). Washington, après avoir provoqué l’embrasement en décidant intempestivement le retrait de ses troupes le 6 octobre, avait condamné l’opération et réclamé la fin des combats en menaçant la Turquie de sanctions. Mais depuis une semaine, c’est surtout la Russie qui est à la manœuvre, négociant avec toutes les parties belligérantes. Depuis l’Arabie Saoudite et les Emirats arabes unis, où il recevait lundi un accueil grandiose dans les bastions pro-américains du Moyen-Orient, Vladimir Poutine a pu savourer les points marqués par ses négociateurs sur le théâtre nord-syrien. Après avoir rejoint le concert de condamnations internationales en qualifiant l’attaque turque d’«inacceptable», Moscou avait ajouté que l’opération devrait être «limitée dans le temps et dans l’espace». Et a commencé à œuvrer très vite pour qu’il en soit ainsi, en multipliant initiatives et pourparlers. Les forces kurdes, en plein désarroi après la trahison américaine, ont été acculées à faire appel au régime de Bachar al-Assad. Leurs dirigeants ont été invités dimanche sur la base russe de Hmeimim, sur la côte syrienne, pour s’entendre avec les officiers de l’armée syrienne. Encadrée par des soldats russes, celle-ci se déploie en plusieurs points stratégiques de la région contrôlée depuis des années par l’autorité autonome kurde, sans jamais avoir pénétré dans la «zone sécurisée» définie par Erdogan (trente kilomètres en Syrie), jusqu’à la prise de la ville frontalière de Kobané, mercredi soir. Maître du jeu Dans le même temps, les Russes ont promis aux Turcs que les milices kurdes du YPG seraient totalement évacuées de cette même zone. «Si la Russie, accompagnée par l’armée syrienne, éloigne les forces du YPG de la région, nous ne nous y opposerons pas», a déclaré mardi le ministre turc des Affaires étrangères. Ainsi, en offrant d’une part une protection aux Kurdes abandonnés et désespérés et d’autre part la possibilité aux Turcs d’atteindre leur principal but de guerre, tout en abrégeant des batailles sanglantes et les récriminations internationales, la Russie s’impose comme le maître du jeu. «Poutine cherchait depuis qu’il a établi un partenariat avec Erdogan à ce que la Turquie se réconcilie avec le régime de Damas. Il est sur le point de réussir, note Bayram Balci, chercheur spécialisé sur la Turquie au Ceri-Sciences-Po. Son objectif principal, visant à ce que le régime de Bachar al-Assad reprenne le contrôle de l’ensemble du territoire syrien, est en voie de parachèvement.» Moscou s’est immiscé dans le dossier syrien dès le début du conflit, pour défier Washington plus que pour défendre le régime de Bachar al-Assad, dont il est devenu néanmoins le protecteur. Quand Vladimir Poutine s’engage en Syrie en septembre 2015, «son but principal était de prouver qu’il pouvait mettre un frein à ce qu’il considère comme la politique américaine de faire tomber des régimes indésirables, écrit le journaliste russe Konstantin Eggert. Tout le reste - asseoir la présence militaire russe en Méditerranée orientale, tester de nouvelles armes, prouver à ses quelques alliés que le Kremlin était fiable - était secondaire». Dans un Proche-Orient convulsé, dont les Etats-Unis se désinvestissent progressivement, jusqu’au dernier retrait, Moscou a pu mettre en œuvre, dès son intervention musclée et armée en 2015, ce qu’il sait faire de mieux en termes de stratégie : une réactivité éclair, une capacité à s’adapter et à s’engouffrer dans la moindre brèche. Et, surtout, parler à tout le monde, en toutes circonstances. «Depuis le début, en 2011-2012, contrairement aux autres participants du conflit, la Russie mène une politique cohérente et claire, même si souvent extrêmement impopulaire. Elle a décidé de soutenir Assad et s’y est tenue absolument. Contrairement aux autres acteurs, qui n’avaient pas de stratégie et ne savaient pas ce qu’ils voulaient», explique Fiodor Loukianov, le rédacteur en chef de Russia in Global Affairs, un expert de la région. Petits détails Dans les territoires reconquis par le régime, les émissaires russes ont négocié dans les plus petits détails. «Les Russes n’ont pas une recette unique pour obtenir une capitulation ou des arrangements sécuritaires», indique un chef rebelle syrien qui a participé à des discussions avec les Russes sur le terrain. «Ils ont procédé étape par étape, région par région. A Alep, la Ghouta ou Homs, c’est après des bombardements intenses qui ont détruit écoles, marchés et hôpitaux pour briser le moral des gens et les pousser à faire pression sur les combattants antirégime pour réclamer un cessez-le-feu, que vient l’offre russe de discuter. Ils choisissent souvent leurs interlocuteurs, civils ou militaires, parmi les personnalités les plus faibles, raconte l’ancien militaire. Toutes les discussions se déroulent directement avec les diplomates ou les militaires russes sans que jamais les représentants du régime ne soient présents.» Aujourd’hui, les hommes de la police militaire russe sont déployés à travers le territoire syrien pour pallier les défaillances des forces de l’ordre syriennes. «L’armée du régime n’a eu à mener aucun combat ces derniers jours pour reprendre position dans le Nord face à la Turquie, assure le chef rebelle. Ils n’ont plus aucune force combattante sérieuse et ce sont quelques miliciens portant le drapeau syrien, encadrés par des militaires russes, qui ont investi les villes cédées par les Kurdes. La reconquête est célébrée - et racontée - grâce aux caméras des télévisions russes.» Pour Loukianov, qui relaye sobrement le discours officiel, le seul objectif de la Russie est de «rétablir un Etat syrien viable. Et à cette fin elle a recours à tous les moyens - militaires, politiques, diplomatiques, économiques… Mais elle ne compte pas prendre la place des Etats-Unis au Proche-Orient, et encore moins celle de l’Union soviétique. La Russie ne vise pas une hégémonie régionale.» Reste que le Kremlin a renforcé sa prise sur la région, en s’imposant, à l’issue de cette dernière séquence, comme la puissance mondiale prête à prendre la place laissée vide par les Etats-Unis. Veronika Dorman , Hala Kodmani
>> Lire la suite

Trois sans-fautes, deux faux pas - FIFA.com (Wed, 16 Oct 2019)
Les EAU et la RI Iran se font surprendre Premier match de compétition de la République de Corée à Pyongyang Plein de points pour le Japon, la Syrie et l'Australie Les surprises ont marqué la quatrième journée du Tour 2 des qualifications asiatiques pour la Coupe du Monde de la FIFA, Qatar 2022™ : outre les défaites inattendues de la RI Iran et des Émirats Arabes Unis, l'Arabie Saoudite, la République de Corée et la RP Chine ont été tenues en échec loin de leurs bases. Seules trois sélections sont restées sur un sans-faute. Avec trois victoires en autant de sorties, le Japon, l'Australie et la Syrie sont en bonne voie de se qualifier pour le tour suivant. FIFA.com revient sur les temps forts de la journée. Résultats de la quatrième journée (15 octobre) Groupe A : Philippines 0-0 RP Chine, Syrie 4-0 Guam Groupe B : Chinese Taipei 1-7 Australie, Jordanie 3-0 Népal Groupe C : Bahreïn 1-0 RI Iran, Cambodge 0-4 Irak Groupe D : Palestine 0-0 Arabie Saoudite, Singapour 1-3 Ouzbékistan Groupe E : Inde 1-1 Bangladesh, Qatar 2-1 Oman Groupe F : Tadjikistan 0-3 Japon, Mongolie 1-2 République kirghize Groupe G : Thaïlande 2-1 Émirats Arabes Unis, Indonésie 1-3 Viêt-Nam Groupe H : RDP Corée 0-0 République de Corée, Sri Lanka 0-3 Liban L'affiche Thaïlande 2-1 Émirats Arabes Unis Buts : Teerasil Dangda 26', Eakkanit Punya 51' pour la Thaïlande ; Ali Mabkhout 45'+2 pour les EAU Dans le Groupe G, la Thaïlande a défait les Émirats Arabes Unis, mondialistes en 1990, pour s'emparer de la tête de la poule (2-1). Portés par leur public, les hommes d'Akira Nishino ont dominé de bout en bout les Emiratis, qui les devancent pourtant de 48 places au Classement Mondial FIFA/Coca-Cola. Eakkanit Punya s'est illustré en offrant la passe décisive de l'ouverture du score, avant d'inscrire le but de la victoire. L'ailier de 19 ans a tout d'abord distillé un centre à Teerasil Dangda qui a conclu d'une tête à la 26ème minute. Ali Mabkhout a égalisé avant la pause, puis Punya a scellé la rencontre en marquant son premier but international sur un centre de Sasalak Haiprakhon peu après le retour des vestiaires. Dans l'autre match, le Viêt-Nam s'est imposé en Indonésie 3-1. Les Golden Dragons et la Thaïlande sont premiers à égalité de points, suivis des EAU à une unité du duo. Les autres rencontres Dans le Groupe A, le capitaine Omar Al Soma a contribué d'un triplé au 4-0 assené par la Syrie à Guam à Dubaï. Ce troisième succès consécutif permet aux Aigles de Damas de prendre le large en tête. Parallèlement, un nul vierge décevant aux Philippines a fait tomber la RP Chine de Marcello Lippi à la deuxième place. La Team Dragon devra rectifier le tir lors de son prochain match, qui la confrontera aux Syriens à Dubaï dans un mois. Leader du Groupe B, l'Australie a conforté sa place à la faveur du 7-1 infligé à Chinese Taipei. Adam Taggart, Jackson Irvine et Harry Souttar ont marqué un doublé chacun. Les Socceroos de Graham Arnold se sont ainsi adjugé leur troisième victoire d'affilée. Dans l'autre match de la poule, la Jordanie, deuxième, a rebondi à domicile aux dépens du Népal (3-0). Ce résultat lui laisse une chance de s'emparer de la première place à condition de gagner sa prochaine rencontre qui la mettra aux prises avec l'Australie. Tous deux vainqueurs dans le Groupe C, l'Irak et Bahreïn s'installent à la première place à égalité de points. Le premier a disposé du Cambodge 4-0, tandis que le second a déjoué les pronostics en battant la RI Iran 1-0 par Mohamed Al Hardan, auteur du seul but à la 65ème minute. Dans le Groupe D, l'Ouzbékistan s'est imposé à Singapour 3-1. Le capitaine Odil Ahmedov a ouvert les hostilités dès le premier quart d'heure, suivi du dynamique attaquant Eldor Shomurodov, auteur d'un doublé en deuxième période. Les Loups blancs s'offrent leur deuxième victoire consécutive après le 5-0 infligé au Yémen sur leurs terres. Conjugué au nul vierge arraché par la Palestine à l'Arabie Saoudite dans l'autre rencontre, ce résultat propulse les Ouzbeks à la première place avec un point d'avance. Dans le Groupe E, le Qatar a consolidé sa position de leader en vainquant Oman 2-1 grâce à Akram Afif et Almoez Ali. Dans le même temps, l'Inde a égalisé en fin de match par Adil Khan face au Bangladesh, qui avait ouvert la marque en première période par Saad Uddin (1-1). Le Japon domine le Groupe F avec trois points d'avance après avoir l'avoir emporté au Tadjikistan 3-0. L'attaquant du Red Bull Salzbourg Takumi Minamino a donné l'avantage aux Samouraïs Bleus d'un doublé après la pause, avant que Takuma Asano porte l'ultime banderille dans les dernières minutes. De son côté, la République kirghize a ajouté à sa victoire 7-0 sur Myanmar, un nouveau succès 2-1 en Mongolie. Elle prend la deuxième place, à égalité de points avec le Tadjikistan. Co-leaders du Groupe H, la République de Corée et la RDP Corée se sont séparées sur un nul vierge à Pyongyang. Elles conservent la première place, les Guerriers Taeguk de Paulo Bento menant à la différence de buts. Ce résultat a profité au Liban, qui a vaincu le Sri Lanka 3-0 pour se placer à une longueur de la tête de la poule. Le saviez-vous ? Le face-à-face RDP Corée - République de Corée était le premier match de compétition entre les deux équipes disputé à Pyongyang et la première apparition de la République de Corée dans la capitale de son voisin du nord en trois décennies. Il a aussi marqué leur quatrième nul en sept rencontres de qualifications pour la Coupe du Monde.
>> Lire la suite

« Vendre des armes à l'Arabie saoudite pour bombarder le Yémen est contraire au droit international » - Le Monde (Mon, 30 Sep 2019)
Tribune. Depuis peu, la justice de certains Etats (Royaume-Uni, Belgique, France et Canada) a été saisie de recours sur la légalité des transferts d’armes vers de la coalition de pays dirigée par l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis. Cette guerre qui affecte une population de 27 millions de personnes a donné lieu à des crimes de guerre commis par toutes les parties au conflit. Les rapports d’experts des Nations unies et de chercheurs indépendants sur le terrain démontrent que les forces de la coalition de pays dirigée par l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis ont participé à plusieurs reprises à des attaques, aériennes et terrestres dont les victimes sont principalement des civils. La guerre qui oppose la coalition prétendument destinée à soutenir le « gouvernement yéménite » contre les « insurgés Houthi », est à l’origine, selon le rapport du Armed Conflict Location & Event Data Project de plus de 90 000 morts depuis 2015. Save the Children a dénoncé la mort indirecte de plus de 85 000 d’enfants de moins de 5 ans pour cette même période. Le Conseil de sécurité des Nations unies du 17 juin 2019 a déclaré que la guerre a plongé plus de 24 millions de personnes, 80 % de la population, dans une demande d’assistance humanitaire. Obligations qu’impose le droit international En dépit des demandes répétées du Conseil de sécurité de l’ONU et ce depuis le 14 avril 2015, les parties au conflit ne se sont pas acquittées des obligations que leur impose le droit international, notamment le droit international humanitaire (DIH) et le droit international des droits de l’homme (DIDH). De nouvelles violations ont d’ailleurs été commises, le 29 juillet 2019, lors du bombardement d’un marché situé dans le nord du Yémen à Al-Thabet dans la province de Saada. Le bilan fait état de 14 morts, dont deux enfants, et 27 blessés. Il n’y a pas que des attaques dont les victimes sont des civils : le blocus imposé au Yémen par la coalition entraîne une famine qui touche surtout la population civile alors que le DIH interdit « l’utilisation de la famine contre les civils comme méthode de guerre », comme l’a souligné, avec justesse, le Groupe d’experts des Nations unies. Les récentes informations diffusées par le site d’investigation Disclose sur l’activité des navires de guerre français dans le blocus confirment l’importance de l’implication de la France.
>> Lire la suite

Palestine - Arabie Saoudite : un match de football à la portée diplomatique ambigüe - Franceinfo (Mon, 14 Oct 2019)
L\'équipe de football d\'Arabie saoudite arrive à Ramallah, le 13 octobre 2019. L'équipe de football d'Arabie saoudite arrive à Ramallah, le 13 octobre 2019. (ABBAS MOMANI / AFP) Ce 15 octobre à 15h, heure de Paris, les Palestiniens vont vibrer au stade Al Husseini d’Al Ram, une petite localité située en Cisjordanie, à peu près à mi-chemin entre Jérusalem et la capitale de l’Autorité palestinienne, Ramallah. C’est un événement pour les Palestiniens : jamais la grande Arabie saoudite n’est venue jouer dans les Territoires depuis 1967 et le début de l’occupation israélienne. Le match est tout ce qu’il y a de plus sérieux ; il s’agit des éliminatoires en vue de la Coupe du monde de football 2022 au Qatar. Les deux équipes sont dans la même poule, la poule D de la zone Asie. Et la FIFA a évidemment donné son accord. La délégation saoudienne, composée d’une centaine de personnes, est arrivée dimanche 13 octobre à Ramallah. Les Palestiniens vont donc pouvoir soutenir leur équipe, à domicile. C’est en soi un fait marquant : jusqu’à présent leur équipe a presque toujours été contrainte de jouer dans un pays voisin, le plus souvent en Jordanie. C’est d’ailleurs là que s’était déroulé le précédent match entre Palestiniens et Saoudiens, il y a quatre ans.   Donc quel que soit le résultat, c’est une forme de victoire politique pour les Palestiniens, en tous cas à première vue. Seul le Maroc, parmi les principaux pays arabes, est déjà venu jouer en Palestine. Ajoutons quelques équipes de clubs, venues d’Irak, du Bahreïn, des Emirats. Mais ça n’a pas la même portée symbolique qu’une équipe nationale. L’Autorité palestinienne est donc ravie de la présence de l’Arabie saoudite. Le ministre des Sports Jibril Rajoub, qui s’exprime rarement sur les réseaux sociaux, a tweeté une photo de la délégation saoudienne. انرتم فلسطين يالاخضر السعودي اهلا وسهلا بكم فى بلدكم الشقيق فلسطين pic.twitter.com/3HG1nxBm2r — Jibril Rajoub (@RajoubJibril) October 10, 2019 Et pour lui, c’est aussi un succès personnel. Rajoub n’est pas un personnage mineur en Palestine : c’est l’un des successeurs possibles à Mahmoud Abbas, le président palestinien. Avec son portefeuille des sports, il détient un pouvoir non négligeable. C’est le seul portefeuille commun, partagé, entre les deux "frères ennemis" : l’Autorité palestinienne qui pilote la Cisjordanie, et le Hamas qui dirige la bande de Gaza. Ajoutons que les Palestiniens sont de vrais fans de football. Donc si leur équipe l’emporte à domicile contre l’Arabie saoudite, grande favorite de la poule, ce sera la liesse.   Mais ce match profite aussi à Israël et peut-être encore plus. Pourquoi les grands voisins arabes ne sont jamais venus jouer dans les Territoires palestiniens ? Parce que, pour y accéder, il faut un visa israélien. C’est ce qu’ont demandé les Saoudiens cette fois-ci. Et c’est implicitement une forme de reconnaissance de l’Etat d’Israël. Avec lequel l’Arabie saoudite n’a toujours aucune relation diplomatique. D’ailleurs, l’organisation dissidente palestinienne FPLP, et plusieurs chefs religieux palestiniens ont critiqué cette décision saoudienne en la qualifiant de "normalisation de l’occupation israélienne". En fait, c’est l’illustration d’un bouleversement diplomatique en cours. Face à l’ennemi commun qu’est l’Iran, Israël et les monarchies du Golfe se sont beaucoup rapprochés ces dernières années. Le tabou est en train d’être levé, a fortiori avec les jeunes dirigeants du Golfe comme Mohammed Ben Salmane. Donc ce match, c’est aussi, par ricochet, une victoire symbolique pour Israël.   A lire aussi Sujets associés
>> Lire la suite

Ces armes européennes qui équipent l'armée turque, engagée contre les Kurdes - Basta ! (Tue, 15 Oct 2019)
Plusieurs pays européens, dont la France, ont annoncé la suspension des exportations d’armes vers la Turquie. Un peu tard pour préserver leur allié kurde. Depuis le début de l’offensive turque lancée contre les Kurdes de Syrie le 10 octobre, plusieurs pays ont annoncé qu’ils suspendaient, complètement ou en partie, leurs exportations d’armes vers la Turquie : la Norvège, les Pays-Bas, l’Allemagne, et la France, comme l’a déclaré la ministre de la Défense Florence Parly. La Turquie n’est pas vraiment un gros client des exportations d’armes françaises. Avec 590 millions d’euros de prise de commande depuis 2009 (selon le rapport au Parlement 2019 sur les exportations d’armements), la Turquie arrive loin derrière l’Inde (13 milliards), l’Arabie saoudite (11 milliards d’euros), l’Égypte (7 milliards) et les Émirats arabes unis (5 milliards d’euros de contrats depuis 2009). Reste que la France a livré à la Turquie entre 2013 et 2015 des radars militaires de Thales pour équiper des avions patrouilleurs [1]. Des centaines de chars allemands, des hélicoptères de combat italien, des missiles norvégiens… L’Allemagne a de son côté fourni à la Turquie plus de 350 chars Léopard depuis une décennie. Sur les deux dernières années, 2017 et 2018, l’Allemagne a exporté pour plus de 300 millions d’euros de matériels militaires à la Turquie [2]. L’Italie a vendu des hélicoptères de combat, des canon navals, les Pays-Bas de nombreux radars, la Norvège des missiles anti-navires, l’Espagne des avions patrouilleurs [3]. Le Royaume Uni a approuvé pour plus de 820 millions d’euros d’exportation de matériel militaire vers Ankara depuis 2016, date de la tentative de coup d’État et de la vague de répression qui a suivi dans le pays [4]. Ces matériels sont-ils utilisés dans l’offensive actuelle ? C’est très probable. Lors de l’offensive de 2018 des forces turques contre les unités kurdes YPG dans le canton d’Afrin, en Syrie, l’armée turque avait engagé dans les combats des chars Léopard de fabrication allemande. Ce qui avait provoqué un débat outre-Rhin. « Dans la plupart de ces campagnes de bombardement, en Turquie, en Irak et en Syrie, l’aviation turque a utilisé des avion de combat Lockheed Martin F-16 des États-Unis et des hélicoptères de combat T-129 produits en joint venture entre Turkish Aerospace Industries et AgustaWestland », indique l’ONG britannique Campaign Against Arms Trade. AgustaWestland est une filiale de l’entreprise italienne d’armement Leonardo (anciennement Finmeccanica). « Les F-16 utilisés par la Turquie pour bombarder Afrin utilisaient des systèmes de laser produits par Leonardo à Édimbourg. BAE Systems (une entreprise britannique) produit aussi des composantes pour les F-16 », ajoute l’ONG britannique. « À l’heure où l’armée turque attaque les forces kurdes en Syrie, les civils sont gravement en danger », alerte Amnesty International. Plus de 100 000 personnes auraient déjà fui la zone des combats, venant s’ajouter aux 6,6 millions de déplacés internes à la guerre civile, et peut-être demain aux 5,5 millions de réfugiés qui ont quitté leur pays dévasté. Quand la question migratoire sera de nouveau instrumentalisé par les extrêmes droites européennes, il est à craindre que la responsabilité des exportations d’armes vers des régimes autoritaires comme la Turquie sera fortuitement « oubliée ». La France poursuit cependant ses ventes d’armes vers un autre théâtre de guerre, au Yémen... - Utilisation d’armes françaises dans la guerre au Yémen : le gouvernement continue de mentir Photo : Chars Léopard de fabrication allemande utilisés par l’armée turque / DR Notes [1] Source :bases de données du Stockholm International Peace Research Institute (SIPRI). [2] Source : rapports 2017 et 2018 du gouvernement allemands sur les exportation d’armements, Rüstungsexportbericht 2017 et 2018. [3] Source : bases de données du Stockholm International Peace Research Institute (SIPRI).
>> Lire la suite

L'Arabie saoudite «condamne l'agression» de la Turquie en Syrie - Le Figaro (Wed, 09 Oct 2019)
Par Le Figaro avec AFP L'Arabie saoudite condamne «l'agression de l'armée turque lancée dans le nord-est de la Syrie» contre les forces kurdes, a indiqué mercredi 9 octobre le ministère des Affaires étrangères saoudien. L'offensive turque risque d'avoir des «répercussions négatives sur la sécurité et la stabilité de la région» et de «saper les efforts internationaux de lutte contre le groupe terroriste Etat islamique», a écrit le ministère sur Twitter. La Turquie a lancé mercredi, malgré plusieurs mises en garde internationales, son offensive contre les forces kurdes du nord-est de la Syrie, alliées des Occidentaux dans la lutte contre l'EI. Cette offensive intervient après la décision du président américain Donald Trump de retirer des troupes américaines de secteurs frontaliers en Syrie et les déclarations contradictoires de la Maison blanche qui ont ouvert la voie à cette opération d'Ankara. Les Emirats arabes unis, proches alliés de Ryad, ont également condamné l'offensive turque qualifiée d'«ingérence flagrante dans les affaires arabes», selon l'agence de presse officielle WAM. L'Arabie saoudite a estimé que «l'agression turque constitue une violation flagrante de l'unité, de l'indépendance et de la souveraineté du territoire syrien». Les relations entre l'Arabie saoudite et la Turquie sont tendues, Ankara étant considéré comme un soutien de poids de l'organisation des Frères musulmans, bêtes noires de Ryad. Elles se sont dégradées en octobre 2018 avec le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi au sein du consulat du royaume à Istanbul, pour lequel plusieurs responsables saoudiens sont poursuivis.
>> Lire la suite