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[Analyse] Yémen: comprendre un si long conflit - RFI (lun., 25 mars 2019)
François Frison-Roche est docteur en sciences politiques, spécialiste des transitions démocratiques. Chercheur au CNRS, il travaille actuellement au Centre d’études et de recherches de sciences administratives et politiques (Cersa) de l’Université Paris 2 Panthéon-Assas. Ayant dirigé le projet « Aide à la transition au Yémen », il a été détaché par le gouvernement français auprès de la Conférence de dialogue national et de la Commission de rédaction de la Constitution yéménite de 2012 à 2014. RFI : Quel est le point de départ de cette guerre, François Frison-Roche ? Est-ce l’onde de choc du « printemps arabe » sur la région ? François Frison-Roche : On peut dire d’une certaine manière que le mouvement yéménite s’est déclenché au moment des révolutions arabes. Mais au Yémen, c’était davantage un règlement de comptes entre prédateurs yéménites que le déclenchement d’une révolution au sens où on peut l’entendre. Bien sûr qu’il y avait un ras-le-bol général de la population après 33 ans de dictature d’Ali Abdallah Saleh, mais c’était surtout un règlement de comptes entre trois prédateurs locaux, qui souhaitaient garder le pouvoir ou se le répartir différemment. Ces trois prédateurs étaient l’ancien président Ali Abdallah Saleh, le général Ali Mohsen al-Ahmar, plutôt proche des Frères musulmans et du parti al-Islah, et Hamid al-Ahmar, un chef d’une confédération de tribus très importantes, lui aussi plutôt de tendance islamiste al-Islah. Donc, quand le président Ali Abdallah Saleh a voulu mettre son fils à sa place, les deux autres prédateurs ne l’ont pas accepté et ont profité du moment du printemps arabe pour écarter le président Ali Abdallah Saleh et tenter de redistribuer les cartes du pouvoir politique et économique. Pour sortir de la crise, sous l’hospice de l’Arabie saoudite et du Conseil de coopération du Golfe, un accord politique est signé à Riyad et Ali Abdallah Saleh passe la main à son vice-président, l’actuel président Abd Rabbo Mansour Hadi. On prévoit d’organiser une conférence de dialogue nationale, la rédaction d’une nouvelle Constitution et de nouvelles élections, mais cela ne va pas se passer ainsi. Après environ deux ans et demi de transition, alors que le projet de Constitution est en préparation, le président Hadi décide notamment que la région, qui devait être sous contrôle des Houthis, n’aurait pas d'accès à la mer et cela déclenche évidemment leur retrait de toute coopération. L’étincelle qui déclenchera le début de la guerre civile, c’est que le président Hadi, sur pression du Fond monétaire international (FMI), va supprimer énormément de subventions qui font flamber les prix. La population se révolte en quelque sorte et accepte que les Houthis, qui étaient en train de descendre avec leurs forces militaires sur Sanaa, puissent prendre le contrôle de la capitale. Le président, après des négociations, est mis en résidence surveillée. Il parvient à s’enfuir sur Aden, et de là, il est exfiltré sur Riyad où il demande l’aide militaire de l’Arabie saoudite pour être rétabli dans ses fonctions de président. Pour quelles raisons l’Arabie saoudite va-t-elle s’impliquer ? L’Arabie saoudite a un bon prétexte : rétablir la légalité au Yémen. Mais elle a surtout des arrière-pensées et c’est pour cela qu’elle crée une coalition arabo-sunnite avec son allié principal, les Emirats arabes unis, et décide de mettre un terme à une sorte de coup d’Etat houthi au Yémen, les Houthis étant d’obédience chiite. Car l’Arabie saoudite craint énormément l’Iran et ce qu’on appelle « l’arc chiite », c'est-à-dire l’Iran, la Syrie, l’Irak et le Liban. Alors que l’Arabie saoudite fait face à l’Iran, elle ne veut pas voir dans son dos un Yémen sous contrôle potentiel iranien. Donc, l’Arabie saoudite décide d’intervenir et bombarde avec les Emirats. Les Emirats se concentrant sur le sud du Yémen, l’Arabie saoudite intervenant plutôt sur la partie nord du pays. Aujourd’hui, cela fait quatre ans que l’Arabie saoudite et les Emirats sont engagés dans cette guerre, que s’est-il passé durant cette période ? Pendant ces quatre ans évidemment les choses ont énormément évolué. Sur le plan intérieur, l’assassinat de l’ancien président Ali Abdallah Saleh par les Houthis a décapité son parti qui avait contrôlé en quelque sorte le Yémen. Ensuite, il faut comprendre que la partie nord, contrôlée par les Houthis, c’est le Yémen « utile », peuplé par 25 millions de personnes alors qu’il n’y a que 5 millions d’habitants dans le Sud. Or, quand l’Arabie saoudite décide de bombarder et de casser tout ce qui se trouve dans le Nord-Yémen et qu’elle instaure une interdiction aérienne et surtout un blocus naval du pays, eh bien au bout de quatre ans nous avons ce résultat qui est l’impossibilité de ravitailler la population. Cela va déclencher une énorme crise humanitaire, avec 18 à 20 millions de personnes en situation de pré-famine, voire quelques millions en situation de famine véritable. En quatre ans, il y a eu énormément d’évolutions sur le plan militaire. Les terrains d’action ont évolué, il y a plusieurs fronts : le front Nord qui se trouve un peu sur la frontière avec l’Arabie saoudite, le front de la mer Rouge, du côté du port d’Hodeïda, le front Sud avec le conflit autour de la ville de Taïz et le front Est dans la région de Mareb. Le conflit yéménite est à la fois très compliqué sur le plan politique et sur le plan militaire, et le fait qu'il y ait plusieurs fronts complique énormément les choses. La région nord du Yémen est montagneuse et les Houthis qui ont l’habitude de ces reliefs tiennent très bien ce territoire en échappant aux bombardements. C’est pour cela que l’Arabie saoudite n’envoie pas de troupes au sol, car elle sait très bien qu’elle ne pourrait pas tenir le terrain. ►A lire aussi: Yémen: aucune paix en vue après quatre années de guerre Et dans ce paysage se greffent aussi les organisations extrémistes de Daech et d’Al-Qaïda ? La question d’Al-Qaïda et du terrorisme islamique existe évidemment au Yémen même si peut-être de nos jours les choses sont différentes de ce qu’elles étaient il y a plusieurs années. Les Américains, à partir de leurs bases, notamment de Djibouti, ont largement utilisé leurs drones pour éliminer physiquement les leaders d’Al-Qaïda ou de Daech qu’ils pouvaient repérer au Yémen. Il y a eu aussi l’intervention des Emirats dans le Sud, là où Al-Qaïda se déployait. Les Emirats ont largement contribué, après un certain temps d’ailleurs, à nettoyer un petit peu cette zone. Ce qui fait que la dangerosité d’Al-Qaïda comme de Daech au Yémen est quand même sous contrôle, même si évidemment tous les éléments favorables à une flambée de terrorisme existent avec la famine et le chômage. N’importe quelle organisation terroriste, prête à donner 100 dollars et une kalachnikov à un Yéménite qui est en situation de famine, fait évidemment une nouvelle recrue. Donc, potentiellement, le terrain reste tout à fait favorable à al-Qaïda même si de nos jours le danger semble largement circonscrit. Vous êtes très critique à l’égard de l’implication de l’ONU dans ce conflit. Que s’est-il passé ? L’ONU porte manifestement une lourde responsabilité dans l’évolution de ce conflit. Entre 2011 et 2014, le représentant sur place du secrétaire général de l’ONU n’a pas su apprécier la situation et manifestement a laissé s’instaurer un climat de défiance qui a abouti à la situation que l’on connaît. Son successeur malheureusement n’a pas eu beaucoup de possibilités d'action, car il y a eu entre-temps l’arrivée de l’actuel président américain Donald Trump ainsi que des événements qui ont fait que l’Occident se focalisait davantage sur des conflits comme la Syrie, et l’ONU a laissé filer en quelque sorte le dossier yéménite. Il a fallu [le 5 janvier, NDLR] l’arrivée de Martin Griffiths, un Britannique, pour essayer de régler les choses, même s'il n’a pas eu la façon adéquate pour aborder tout cela, comme on le voit avec l’échec des accords de Stockholm qui devaient régler la question du contrôle du port d’Hodeïda. C’est manifestement une erreur de croire qu’au Yémen, en 2019, on est dans la configuration de 2014 avec un gouvernement légitime et des rebelles Houthis. En quatre ans, les choses ont considérablement évolué sur le plan politique, le président Hadi est décrédibilisé, les Sudistes revendiquent leur indépendance avec le soutien des Emirats. Je ne pense pas que les tentatives de règlement soient bien orientées par l’actuel représentant du secrétaire général, même si évidemment celui-ci obtient le soutien unanime de tous les membres du Conseil de sécurité de l’ONU. Quelle est la situation actuellement sur le plan intérieur et régional ? Sur le plan intérieur, on a évidemment cette crise humanitaire, que nos sociétés occidentales auront de plus en plus de difficulté à accepter, surtout s’il y a des images. Vingt millions de personnes qui meurent de faim ce n’est pas tolérable et donc il va bien falloir que quelque chose se passe. En même temps dans le sud du Yémen, il y a un Conseil de transition du Sud qui remet en cause la légitimité de l’actuel président Hadi. Sur le plan politique, cela sera très compliqué de réunir à nouveau les Yéménites dans un pays même si l'option fédérale suggérée est maintenue. Sur le plan régional, il faut comprendre que ce conflit yéménite est tout à fait révélateur d’un basculement des équilibres et d'une reconfiguration des sentiments d’intérêts nationaux qu’ont les pays de cette zone. L’Arabie saoudite se sent menacée par l’Iran. Les Emirats arabes unis, qui veulent absolument jouer un rôle, sont en train de former un arc militaire tout autour du golfe d’Aden, un arc militaire à partir de la côte sud du Yémen, d'Assab en Erythrée où ils ont construit une base aéronavale, ils modernisent un port dans le Somaliland en Somalie, un autre à Bossasso dans le Puntland. On sent que les Emirats veulent instaurer leur système de sécurité dans cette zone, car par le détroit de Bab-el-Mandeb passe environ 35 à 40 % du commerce maritime mondiale. C’est très important pour des pays comme l’Egypte parce que le canal de Suez est évidemment dépendant du libre passage par Bab-el-Mandeb, mais aussi Israël ou la Jordanie, car les ports d’Eilat ou d’Aqaba dépendent de la liberté de transit par Bab-el-Mandeb. Il y a manifestement un basculement de la sécurité vers le sud de la péninsule arabique et vers la corne de l’Afrique. Quand vous voyez la situation humanitaire, les tensions entre les pays de la région et la concentration militaire, comme en République de Djibouti avec de très nombreuses bases aéronavales, y compris des principaux membres du Conseil de sécurité, on peut craindre le pire. Quels sont les perspectives et les scenarios qui se dessinent dans l’état actuel des choses ? Les scenarios sont difficiles à imaginer, car on était très optimiste au début de la transition au Yémen et l'on s’est aperçu que, les choses allant en dérivant, on aboutit à être aujourd’hui au début d’une cinquième année de conflit. Donc, il faut être très prudent quand on examine le futur. Manifestement les Houthis sont dans une situation qui ne sera pas tenable très longtemps, non seulement parce qu’ils ont certainement épuisé tous les stocks d’armes qu’ils pouvaient trouver sur place après 33 ans d'accumulation par Ali Abdallah Saleh, mais aussi car il y a cette crise humanitaire, que l’ONU dénonce avec raison, à laquelle il va bien falloir trouver à un moment une solution. Quitte à ce que tout le monde accepte, non seulement de se mettre autour d’une table, mais de partager le pouvoir. Maintenant, la balle n’est pas uniquement dans le camp des Houthis, qui sont quand même suicidaires dans leur attitude actuelle, mais aussi dans le camp de l’Arabie saoudite et des Emirats arabes unis parce qu’il faut que ces pays acceptent que le Yémen ne devienne pas uniquement leur marionnette dans le sud de la péninsule arabique. Cela fait beaucoup de conditions, qui sont difficilement envisageables aujourd’hui, même s'il est vrai après l’affaire Jamal Khashoggi, c'est-à-dire l’assassinat de ce journaliste saoudien en Turquie par les services de son pays, des pressions occidentales ont pu être exercées sur l’Arabie saoudite qui dirige cette coalition. Maintenant, est-ce que cela sera suffisant pour véritablement faire en sorte que le conflit au Yémen cesse dans les prochains mois ? Permettez-moi d'en douter.
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Les Emirats arabes unis renversent l'Arabie saoudite pour la première de Bert van Marwijk - L'Équipe.fr (Thu, 21 Mar 2019)
Foot Amical EAU Publié le jeudi 21 mars 2019 à 17:53 Pour la première de Bert van Marwijk, les Emirats arabes unis ont renversé l'Arabie saoudite en amical, ce jeudi (2-1). partages Football - Football - Van Marwijk a réussi sa première. (Presse Sports) Van Marwijk a réussi sa première. (Presse Sports)
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Guerre au Yémen : Paris exhorté de nouveau à cesser la vente d’armes à l’Arabie saoudite - FRANCE 24 (Fri, 22 Mar 2019)
Dans une conférence de presse commune, jeudi à Paris, plusieurs ONG ont réclamé l’arrêt des ventes d’armes par la France à l’Arabie Saoudite, à la tête de la coalition contre le Yémen, dévasté par quatre ans de guerre. PUBLICITÉ Lire la suite Plusieurs ONG parmi lesquelles Amnesty International, Oxfam ou Action contre la faim ont lancé un appel commun jeudi 21 mars, à Paris, pour exhorter la France à suspendre ses ventes d'armes à l'Arabie saoudite et à faire pression pour un processus politique au Yémen, ravagé par quatre ans de conflit et plongé dans une des pires crises humanitaires au monde. Contacté par France 24, Aymeric Elluin, spécialiste à Amnesty International France de la question des ventes d'armes, estime que l’Arabie saoudite commet des violations des droits de l’homme de façon "systématique et généralisée" dans ce pays. Malgré les multiples cris d’alarme, la France a maintenu ses ventes, faisant d’elle le troisième fournisseur d'armes de l'Arabie saoudite. La France doit rendre des comptes sur ses exportations d’armes "La France doit rendre compte de ses exportations d'armes, au Parlement et à la société civile française", déclare Aymeric Elluin, en exhortant Paris à "suivre l'exemple allemand". Berlin a décidé d'un gel de ses livraisons d'armes à l’Arabie saoudite après l'affaire Khashoggi, en octobre 2018. Paris réplique régulièrement que ses ventes d'armes à Ryad sont contrôlées et ne servent pas à la guerre au Yémen. Auditionné le 13 février 2019 à l’Assemblée nationale sur les ventes d’armes, Jean Yves le Drian, ministre des Affaires étrangères, affirmant que l’action militaire de l’Arabie saoudite au Yémen se faisait essentiellement par voie aérienne, a déclaré que la France ne fournissait "rien à l’armée de l’air saoudienne". Mais un document public produit il y a un an par le Parlement britannique vient contredire ses propos. Le 14 mars 2018, la Chambre des communes britannique a exigé du ministère du Commerce international une liste détaillée des exportations pour des transferts vers l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis. Opacité de l’exécutif sur la vente d’arme en France Dans ce document, on apprend qu’en 2016 et 2017, le gouvernement britannique a exporté vers la France des composants destinés à la fabrication de pods Damocles (système de téléguidage laser de bombes embarqué sur les avions de combats) pour l’Arabie Saoudite. Par ailleurs, d’autres pods Damocles sont vendus aux Émirats arabes unis pour équiper leurs Mirages 2000-9, de fabrication française. Pour Amnesty International, ce document est une preuve. Selon les recherches de l'Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (SIPRI), la France aurait livré près de 60 pods Damocles à l’Arabie saoudite entre 2009 et 2017. "Cette technologie est destinée à équiper les avions de combat saoudiens et des Émirats, en cause dans les frappes de la coalition", explique Aymeric Elluin. C’est quand même incroyable d’apprendre ces informations par le Parlement britannique et pas par la France elle-même", fustige l'expert d'Amnesty en dénonçant l’opacité de l’exécutif et "l’inertie du Parlement". "La paix est possible, mais elle n'arrive jamais" "Je ne sais pas combien de Yéménites doivent encore mourir, être blessés ou affamés, jusqu'à ce que le monde soit enfin convaincu que la guerre doit cesser", a déclaré Radhya Almutawakel, présidente de l'ONG yéménite Mwatana lors de la conférence de presse des ONG à Paris. Radhya Almutawakel, présidente de Mwatana for Human Rights : "La paix est possible, encore faut-il une volonté politique pour y parvenir. Mwatana a documenté de graves violations de droits humains. Le Yémen ne peut attendre 4 ans de plus" #YemenCantWait pic.twitter.com/tHtWr8mpdt   Oxfam France (@oxfamfrance) 21 mars 2019 La Yéménite, première femme du pays à intervenir au Conseil de sécurité de l’ONU en 2017, a rappelé durant la conférence de presse que tous les belligérants du conflit commettaient des "violations des droits de l’homme". Elle a ensuite exhorté les pays Occidentaux à cesser d'alimenter le conflit en vendant des armes à l'Arabie saoudite. Les députés Insoumis réclament une commission d’enquête parlementaire Le 12 mars, le groupe des députés Insoumis a plaidé pour une commission d'enquête parlementaire sur "l'implication de la France" dans le conflit au Yémen. Le député Alexis Corbière a expliqué avoir déposé une proposition de résolution en ce sens, afin qu'un "débat public puisse s'ouvrir sur ce conflit qui passe trop souvent en dehors des radars", et pour "mesurer" l'implication de la France. Alexis Corbière s'exprimait notamment aux côtés du juriste canadien Daniel Turp, qui a travaillé sur la légalité des ventes d'armes, et du président de l'Association Action Sécurité Éthique Républicaines (ASER), Benoît Muracciole, qui a réclamé la suspension des transferts d'armes envers les pays membres de la coalition emmenée par l'Arabie saoudite. La France peut jouer un rôle pour un processus de paix Le 26 mars 2019 marquera la quatrième année depuis le début de l'intervention au Yémen d'une coalition menée par l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis pour soutenir le gouvernement face aux rebelles houthis soutenus par l'Iran. Selon les chiffres officiels, quelque 10 000 personnes, pour la plupart des civils, ont été tuées, et plus de 60 000 blessées depuis cette date, mais des ONG estiment que le nombre de morts est largement supérieur, certaines citant un bilan cinq fois supérieur. Les ONG présentes à la conférence de presse ont également insisté sur le drame humanitaire au Yémen, la pire crise au monde selon l'ONU. "L'aide humanitaire est vitale, mais les ONG sont de plus en plus entravées par des obstacles sécuritaires et administratifs", a dénoncé Fanny Petitbon, de Care France. Elles ont en outre appelé la France à profiter de sa position de présidente du Conseil de sécurité de l'ONU, jusqu’à fin mars, et sa position prochaine de présidente du G7, pour faire pression en faveur d'un processus de paix. Depuis l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu, le 18 décembre, il y a eu des affrontements sporadiques entre rebelles et combattants pro-gouvernement. Début mars, cinq enfants ont été tués dans une attaque selon l'Unicef. Avec AFP
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Yémen : l'Arabie Saoudite et les Emirats arabes unis, belligérants et principaux donateurs - Libération (Wed, 27 Feb 2019)
Des combattants yéménites soutenus par la coalition menée par l'Arabie Saoudite, contre la rébellion houthiste, le 23 avril 2016. Des combattants yéménites soutenus par la coalition menée par l'Arabie Saoudite, contre la rébellion houthiste, le 23 avril 2016. Photo Saleh Al-Obeidi. AFP Alors qu'ils sont les principaux protagonistes de la guerre menée au Yémen, l'Arabie Saoudite et les Emirats arabes unis ont annoncé le déblocage de 1 milliard de dollars d'aide humanitaire pour le Yémen, par l'intermédiaire des agences onusiennes. Conférence des donateurs pour le Yémen, épisode 3. Alors que les ravages des années de guerre pèsent sur le pays, l’ONU lançait mardi, à Genève, un appel aux promesses de dons pour alimenter le flux d’aide humanitaire à destination de ce pays de la péninsule arabique, traversé par un conflit depuis 2015. Sur les 4,2 milliards de dollars (3,7 milliards d’euros) réclamés par l’ONU pour l’année 2019, le bilan de la conférence fait miroiter l’arrivée prochaine de 2,6 milliards de dollars (2,3 milliards d’euros). Et parmi les donateurs les plus généreux figurent aussi les principaux acteurs du conflit yéménite. A lire aussiAu Yémen, une situation humanitaire désespérée Avec une promesse de don à hauteur de 500 millions de dollars chacun (438 millions d’euros), l’Arabie Saoudite – à la tête de la coalition arabe qui affronte la rébellion houthiste – et leurs alliés des Emirats arabes unis écrasent de loin les autres propositions gouvernementales. Leur contribution surpasse même les sommes que les deux pays avaient allouées en 2018, et qui, cumulées, atteignaient déjà 930 millions de dollars (816 millions d’euros). Des donations qui peuvent dérouter alors que, sur le terrain, le Haut Commissariat aux droits de l’homme (HCDH) estime que la coalition est responsable de la mort de deux tiers des civils au Yémen depuis 2015. Bombarder et payer Cette dualité est due à la nature même du conflit qui secoue le pays. Tiraillé entre deux camps, le Yémen voit s’affronter d’une part l’armée gouvernementale, soutenue par la coalition menée par Riyad, et d’autre part les forces de sécurité favorables au mouvement séparatiste houthiste du sud. «Pour les Yéménites qui ne sont pas sous contrôle houthiste, l’Arabie Saoudite dépense effectivement beaucoup, qu’il s’agisse de l’aide humanitaire comme d’autres types d’aides financières, alors qu’elle bombarde le reste du territoire, souligne l’ancien conseiller à l'ambassade de France au Yémen, François Frison-Roche, désormais politologue et chercheur au CNRS. On est dans une dimension qui dépasse le phénomène yéménite. Pour l’Arabie Saoudite, cela relève de sa stratégie de politique étrangère, qui est une politique de lutte hégémonique dans la région», analyse l’ancien conseiller. Et pour asseoir son influence, le royaume de Mohammed ben Salmane espère bien s’assurer bonne presse. En octobre, The Guardian révélait le contenu d’un document interne de l’ONU, dans lequel l’Arabie Saoudite réclamait une publicité favorable en échange de sa contribution au budget 2018 à destination du Yémen. Pour en rester au contenu, les sommes promises par l’Arabie Saoudite et les Emirats arabes unis vont se fondre avec les dotations des autres pays, avant d’alimenter des secteurs tels que la distribution et l’acheminement de vivres, l’aide médicale, ou encore l’eau et les installations sanitaires. Avec le montant des promesses récoltées mardi, l’ONU revendique être en mesure de venir en aide à 21,4 millions de Yéménites au cours de l’année 2019. Néanmoins, «on ne sait toujours pas clairement comment l’argent sera réparti, car cela dépend de la façon dont les donateurs vont réaliser leurs financements», fait remarquer Johann Mooji, directeur du bureau Yémen de l’ONG humanitaire Care. Du côté des organisations humanitaires, la provenance de ces dons génère des refus, à l’instar d’Handicap International, présente à Genève lors de la conférence. «Nous n’acceptons jamais les dons qui émanent de l’Arabie Saoudite ou des Emirats arabes unis. Même lorsque ceux-ci transitent par des agences comme l’ONU, nous nous assurons toujours d’où proviennent les financements avant d’accepter les sommes proposées, affirme Maude Bellon, la directrice du bureau yéménite. C’est contraire à notre éthique, à notre vœu d’impartialité.» Pour Care, pas question non plus de céder à l’appel de l’argent des deux pays du Golfe : «Notre présence dans la partie nord du pays [sous contrôle houthiste, ndlr] serait menacée. Nous ne voulons pas prendre le risque d’un conflit avec les autorités locales», argumente Johann Mooji. Mais pour le directeur du bureau Yémen de l’organisation humanitaire, l’enjeu du financement dépasse le cas de l’Arabie Saoudite et des Emirats arabes unis : «La question se pose également pour l’argent des gouvernements américain, français ou encore anglais, qui livrent tous les trois des armes à l’Arabie Saoudite.» A lire aussiYémen : L’opacité des ventes d’armes françaises aux pays en guerre L’ONG a toutefois fait le choix de recevoir les contributions de ces Etats, mettant en avant la nécessité de pouvoir «sauver autant de personnes que possible d’une situation proche de la famine». De l’argent, à défaut d’une résolution politique définitive du conflit. Anna Mutelet
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«Les Emirats arabes unis et l'Arabie saoudite ont rebattu les cartes dans la Corne de l'Afrique» - L'Opinion (Tue, 19 Mar 2019)
Spécialiste des questions de sécurité et de paix dans la Corne de l’Afrique, le Dr Roukiya Mohamed Osman est l’auteur d’une note d’analyse récente sur « Le jeu dangereux de la reconfiguration géopolitique de la Corne de l’Afrique » pour le groupe de réflexion Thinking Africa. Elle revient notamment sur l’influence grandissante des monarchies du Golfe dans cette région et leurs conséquences. La Corne de l’Afrique est une région qui suscite les convoitises des grandes puissances et des pays du Golfe. Comment l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis y ont-ils rebattu les cartes ? L’Arabie Saoudite et les Emirats arabes unis sont à l’origine de la reconfiguration géopolitique de cette région pour des raisons essentiellement liées à la guerre que ces deux monarchies mènent au Yémen contre les rebelles houthis. Ils ont besoin de bases arrière pour leurs troupes, leurs avions et leurs navires. Les Emirats arabes unis ont ainsi obtenu l’octroi une base militaire en Erythrée et au Somaliland, et l’Arabie saoudite s’apprête à stationner en permanence un contingent de soldats à Djibouti. Dans une région qui ne laisse guère espérer la sécurité et la stabilité nécessaire pour leurs objectifs, Abu Dhabi et Riyad ont parrainé la Acheter l'article : 0,99€ paiement mobile Facturation par votre opérateur mobile Cliquez sur votre opérateur S'abonner à l'Opinion : à partir de 1€ le premier mois accès numérique inclus au Wall Street Journal Je m'abonne
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Huit Libanais inculpés pour "terrorisme" aux Emirats arabes unis - Paris Match (Mon, 25 Mar 2019)
Huit Libanais de confession chiite ont été inculpés pour "terrorisme" aux Emirats arabes unis et n'ont pas eu le droit à l'assistance d'un avocat lors d'un procès "entaché d'irrégularités", a dénoncé lundi Human Rights Watch (HRW). Si les chefs d'accusation n'ont pas été rendus publics, les familles des huit accusés ont indiqué qu'ils avaient été inculpés pour "terrorisme", a rapporté l'ONG de défense des droits humains dans un communiqué. D'après des médias émiratis, ils ont des liens avec le mouvement chiite libanais Hezbollah, à la tête de trois ministères dans le gouvernement libanais et représenté par 13 députés au Parlement mais considéré par les Emirats sunnites comme une organisation terroriste. Les autorités émiraties n'étaient pas joignables dans l'immédiat pour commenter ces informations. Tous les inculpés vivent et travaillent aux Emirats depuis plus de 15 ans, et sept d'entre eux sont employés par la compagnie aérienne Emirates de Dubaï, a rapporté l'ONG. Selon leurs familles, aucun d'entre eux n'a d'appartenance politique connue et leurs aveux ont été fait sous la contrainte. "Utiliser à maintes reprises le spectre du terrorisme pour justifier l'absence totale de respect de l'Etat de droit" Détenus entre décembre 2017 et février 2018, les huit Libanais ont ensuite été placés en détention pendant un an avant l'ouverture de leur procès le 13 février, selon HRW. Ils ont été maintenus à l'isolement pour une durée prolongée, n'ont pas eu le droit à un avocat ni de recevoir des visites de leurs familles, ont indiqué ces proches à HRW. "Les Emirats ont utilisé à maintes reprises le spectre du terrorisme pour justifier l'absence totale de respect de l'Etat de droit", a dénoncé Sarah Leah Whitson, directrice pour le Moyen Orient et l'Afrique du Nord à HRW. "En ne respectant pas les droits des accusés à un procès équitable, les autorités émiraties indiquent qu'elles ont déjà décidé de l'issue" du procès, a-t-elle ajouté. Le 13 février, le quotidien anglophone Gulf News avait rapporté qu'un tribunal d'Abou Dhabi avait mis en examen 11 "Arabes", dont trois par contumace, pour "la mise en place d'une cellule terroriste et la préparation d'attaques aux Emirats arabes unis sur les ordres du Hezbollah libanais". Ils ont communiqué avec le mouvement chiite en faveur de l'Iran, rival régional de l'Arabie saoudite sunnite et de ses alliés, en tête desquels les Emirats, avait ajouté le journal. Toute reproduction interdite
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Uber confirme le rachat de Careem, son rival au Moyen-Orient, pour 3,1 milliards de dollars - Transport - Logistique - L'Usine Nouvelle (Mon, 25 Mar 2019)
Mardi 27 mars, Uber a annoncé le rachat de Careem, son concurrent au Moyen-Orient pour un montant de 3,1 milliards de dollars (2,7 milliards d’euros). Le spécialiste américain des transports souhaite régler 1,4 milliard de dollars en liquide et 1,7 milliard de dollars en titres convertibles en actions Uber. L'acquisition devrait être finalisée début 2020 selon l'entreprise. Careem revendique 30 millions d'utilisateurs La nouvelle marque d'Uber poursuivra ses activités sous le nom de Careem. Elle restera dirigée par les fondateurs de Careem. Basé à Dubaï (Émirats arabes unis), Careem revendique 1 million de chauffeurs et 30 millions d’utilisateurs à travers 90 villes et 15 pays. Outre la mobilité, elle dispose également d'activités dans la livraison et le paiement. Selon Uber, ses principaux marchés sont situés en Égypte, en Jordanie, au Pakistan, en Arabie saoudite et aux Émirats arabes unis. En 2016, sa valeur était estimée à 1 milliard de dollars à la suite d’une levée de fonds, faisant d’elle l’une des start-up les mieux valorisées au Moyen-Orient. L'IPO d'Uber attendue en avril Cette acquisition intervient juste avant l’entrée en Bourse d’Uber. Prévue en avril, l’IPO pourrait valoriser l’entreprise américaine jusqu’à 120 milliards de dollars selon Bloomberg. L’introduction en Bourse du géant technologique californien est en tout cas attendue comme l’une des plus importantes de Wall Street.    
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Annexion du Golan par Israël: l'Arabie saoudite "condamne" la position américaine - Le Point (Tue, 26 Mar 2019)
L'Arabie saoudite a fermement condamné la décision de Donald Trump de reconnaître la souveraineté d'Israël sur la partie annexée du plateau du Golan, y voyant une violation du droit international. Le président des Etats-Unis a signé lundi un décret dans ce sens. L'Arabie saoudite "exprime son rejet ferme et condamne la déclaration de l'administration américaine reconnaissant la souveraineté d'Israël sur le plateau du Golan syrien occupé", a rapporté lundi l'agence de presse officielle SPA. Le Golan demeure "une terre arabe syrienne occupée" et le reconnaître comme israélien est une "violation de la charte des Nations unies et de la résolution internationale", a-t-elle ajouté. "Il y aura des effets négatifs sur le processus de paix au Moyen-Orient, ainsi que sur la sécurité et la stabilité dans la région", indique-t-on encore. Israël a conquis une grande partie du Golan syrien (1.200 km2) lors de la guerre des Six Jours en 1967, avant de l'annexer en 1981. Cette annexion n'a jamais été reconnue par la communauté internationale. 26/03/2019 08:09:22 -          Ryad (AFP) -          © 2019 AFP
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Sommet de la Ligue arabe à Tunis: le retour de la Syrie est-il à l’ordre du jour? - Sputnik France (Sun, 24 Mar 2019)
Ligue arabe © Photo. Mohamed El-Shahed Le sujet du retour de la Syrie en tant que membre de la Ligue arabe ne sera pas traité de manière officielle lors du sommet du 31 mars à Tunis, a fait savoir le porte-parole de l’organisation panarabe, cité par les médias. La question du retour de la Syrie au sein de la Ligue arabe ne sera pas évoquée lors du sommet de Tunis, le 31 mars, a déclaré dimanche lors d'une conférence de presse, Mahmoud Afifi, porte-parole de l'organisation panarabe. «Jusqu'à présent, la question du retour de la Syrie n'est pas à l'ordre du jour», a-t-il précisé. Et d'ajouter que les discussions autour de la crise syrienne figurent parmi les sujets à aborder dans le cadre du sommet, mais d'une manière non officielle. La Syrie a été suspendue de la Ligue des États arabe en novembre 2011 en raison des affrontements des forces gouvernementales avec l'opposition armée. Plusieurs pays arabes avaient alors rappelé leurs ambassadeurs en poste à Damas. Les autorités syriennes avaient ensuite annoncé qu'elles rejetaient la décision des chefs des diplomaties arabes et avaient qualifié leur suspension d'illégale. Pour rappel, la Syrie est l'un des pays fondateurs de la Ligue. Ces derniers mois la question du retour de la Syrie au sein de la Ligue est régulièrement soulevée. Ainsi, fin décembre, la chaîne libanaise Al Mayadeen avait fait savoir que l'Arabie saoudite, considérée comme le principal adversaire des autorités syriennes dans le monde arabe, ne s'y opposait pas. En janvier 2019, le ministre russe des Affaires étrangères a rappelé à son homologue tunisien que Moscou souhaitait que son pays soutienne la Syrie lors du prochain sommet de la Ligue arabe. Khemais Jhinaoui a alors formulé le souhait que le prochain sommet de la Ligue arabe le permette.  Néanmoins, plusieurs États ont déjà rouvert leurs ambassades à Damas, dont les Émirats arabes unis et Bahreïn. Le 22 janvier, la Jordanie avait aussi annoncé avoir décidé de nommer un chargé d'affaires dans la capitale syrienne.
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La Syrie et les pays arabes dénoncent la position de Trump sur le Golan - The Times of Israël (Sun, 24 Mar 2019)
La Syrie et les pays arabes ont condamné vendredi la déclaration du président américain Donald Trump en faveur d’une reconnaissance de la souveraineté d’Israël sur le du plateau du Golan. Israël a conquis en 1967 une grande partie du Golan et a commencé à appliquer la loi israélienne en 1981. L’annonce de M. Trump a été interprétée comme un coup de pouce au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à l’approche des élections législatives du 9 avril. « Après 52 ans, il est temps pour les États-Unis de reconnaître pleinement la souveraineté d’Israël sur le plateau du Golan, qui a une importance stratégique pour l’État d’Israël et la stabilité régionale », a tweeté M. Trump, en rupture avec la position de Washington depuis des décennies. Recevez gratuitement notre édition quotidienne par mail pour ne rien manquer du meilleur de l’info Inscription gratuite ! « La position américaine sur la partie occupée du Golan syrien reflète clairement le mépris des États-Unis pour les règles internationales et leur violation flagrante du droit international », a déclaré une source aux Affaires étrangères syriennes citée par l’agence Sana.  Pour Damas, ces déclarations « confirment une nouvelle fois le parti pris aveugle des États-Unis en faveur de l’occupation sioniste » mais « ne changeront rien au fait que le Golan est et restera arabe et syrien ». Dans une lettre envoyée au secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, le ministère syrien des Affaires étrangères l’a appelé à réitérer le rejet par l’ONU des revendications israéliennes sur le Golan, selon Sana. Antonio Guterres, secrétaire général de l’ONU, prononce un discours lors de la 54e Conférence de Munich sur la sécurité, le 16 février 2018, à Munich, en Allemagne (Crédit : AFP / Thomas Kienzle) Le déclenchement en 2011 de la guerre en Syrie, voisine d’Israël, a attisé les tensions sur le Golan : les tirs d’obus depuis la Syrie étaient fréquents ces dernières années et Israël ripostait à chaque fois. Israël a accusé le Hezbollah libanais d’établir secrètement dans la partie non occupée du Golan un réseau terroriste du mouvement chiite allié de l’Iran, autre ennemi de l’État hébreu. En janvier 2015, un raid israélien ciblant le Hezbollah a tué des soldats iraniens sur le Golan. Au Caire, la Ligue arabe a jugé que la position de Washington était « dépourvue de toute valeur légale ». La Syrie a été suspendue par la Ligue arabe en 2011, mais plusieurs États arabes ont exprimé récemment leur soutien à la normalisation des relations avec le président Bachar al-Assad. Pour l’Egypte, proche de l’administration Trump, « le Golan syrien est un territoire arabe occupé » et son annexion est « nulle et non avenue » au regard du droit international.  L’institution de l’islam sunnite Al-Azhar, basée au Caire, a condamné les propos de M. Trump « au sujet de la prétendue souveraineté sioniste sur le plateau du Golan syrien occupé », sur son compte Twitter. « Tous choqués » Le Conseil de coopération du Golfe (regroupant l’Arabie saoudite, Bahreïn, les Emirats arabes unis, Oman, le Qatar et le Koweït) a affirmé que les propos de M. Trump ne changeaient « pas la réalité qui est que le plateau du Golan arabe est une terre syrienne qu’Israël a occupée par la force militaire en juin 1967 ». Frontalière de la Syrie et d’Israël, la Jordanie a réaffirmé que le Golan était « un territoire syrien occupé au regard des lois internationales ».  Une « paix globale et durable requiert le retrait d’Israël de toutes les terres arabes occupées, dont le Golan syrien fait partie intégrante », a indiqué le ministre jordanien des Affaires étrangères Aymane al-Safadi, cité par l’agence Petra.   Le ministre des Affaires étrangères jordanien Ayman al-Safadi lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères au Caire pour discuter des agitations autour de la mosquée Al-Aqsa de Jérusalem le 27 juillet 2017 (Crédit : AFP PHOTO / KHALED DESOUKI) Hormis les pays arabes, les alliés russe et iranien de la Syrie ainsi que la Turquie ont également réagi. Bien qu’hostile à M. Assad, le président turc Recep Tayyip Erdogan a estimé que la déclaration de M. Trump mettait la région « au bord d’une nouvelle crise ». Pour le Kremlin, « de tels appels peuvent déstabiliser considérablement la situation (…) au Proche-Orient ».  « Nous sommes tous choqués par @realDonaldTrump qui continue d’essayer de donner ce qui ne lui appartient pas à (l’État) raciste d’Israël : d’abord Al-Qods (nom arabe de Jérusalem, ndlr), maintenant le Golan », a tweeté le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif. 
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