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Les États-Unis aux yeux de la Chine : un rival à détrôner... et un partenaire - France Culture (dim., 24 janv. 2021)
Le regard de l'autre | C’est la relation bilatérale la plus importante au monde. De son évolution dépendent presque tous les équilibres mondiaux, la guerre, la paix. Comment la Chine va-t-elle aborder sa relation avec les États-Unis maintenant que Joe Biden s'est installé à Washington ? [embedded content] C'est plus de deux semaines après que la plupart des grands dirigeants ont félicité le démocrate Joe Biden pour sa victoire que le président chinois a fait de même, dans un télégramme cité le 25 novembre dernier par les médias d'État à Pékin. Les deux pays "doivent éviter tout conflit ou affrontement et s'en tenir au respect mutuel dans un esprit de coopération gagnant-gagnant" afin de promouvoir la "noble cause" de la paix et le développement, a souligné Xi Jinping dans son télégramme. "Le développement de relations américano-chinoises saines et stables est dans l'intérêt fondamental des deux peuples", a fait valoir celui qui est aussi secrétaire général du Parti communiste chinois. Pendant les quatre années de l’administration Trump, la relation entre les deux pays s’est tendue, sur fond d’affrontement commercial. Mais cette évolution n’est pas uniquement liée à Donald Trump. Elle est structurelle. La Chine voit les États-Unis à la fois comme un rival et comme un partenaire, elle les regarde avec un peu d’envie et de fascination, mais elle veut aussi traiter d’égal et égal et commence à manifester de la condescendance. C’est un jeu dangereux. Analyse en cinq points clés : géographie, Histoire, économie, droit, et psychologie et sociologie. À LIRE AUSSI La géographie Par la taille, la Chine joue dans la même cour que les États-Unis : une superficie quasi similaire (un peu moins de 10 millions de km2) et une position géographique qui met les deux pays face à face, avec l'océan Pacifique pour frontière. Les deux pays sont même assez proches : moins de 3 000 kms séparent la côte chinoise des territoires américains de Guam et des Marianne du Nord. Mais la Chine se voit aussi plus grande et mieux placée que son rival. Plus grande évidemment par la population : 1 milliard 400 millions d’habitants, 4 fois la population des États-Unis, ¼ de la population mondiale. Et mieux placée géostratégiquement : au centre du nouveau Monde, au cœur de cette Asie à forte croissance économique que la Chine regarde comme sa zone naturelle d’influence. Et plus proche géographiquement du Moyen-Orient, du Proche-Orient, de toute l’Afrique de l’Est, plus proche en effet que ne le sont les États-Unis. Une frontière commune : le Pacifique Une frontière commune : le Pacifique• Crédits : Chadi Romanos - Radio France À LIRE AUSSI L'Histoire Sur ce plan, la Chine se voit supérieure aux États-Unis, de par sa culture et son histoire millénaires. Sous la dynastie Han, à peu près à l’époque de Jésus-Christ, la Chine est l'État le plus puissant du monde : elle s’étend de la Corée, au Nord, au Vietnam, au Sud, jusqu'à l’Asie centrale, l’actuel Kirghizstan, à l’Ouest. C’est alors qu’est lancé le commerce de la route de la Soie. L’empire chinois va durer des siècles, et imposer sa culture, notamment pendant la période manchoue au XVIIIe siècle. Au XIXe et plus encore au début du XXe siècle, la Chine s’affaiblit sous les coups de boutoir de l’Occident (notamment les Britanniques et les Français). À RÉÉCOUTER Réécouter Chine : la marche de l'Empire (1/4) : Sur les routes de la soie écouter (58 min)58 min La Chine veut aujourd’hui retrouver cette puissance perdue avec un désir de revanche sur les humiliations subies à cette époque, en particulier lors des guerres de l’opium. Le retour de la puissance, aujourd’hui, est donc un juste retour à l’ordre des choses. Et une revanche contre la "semi colonisation" imposée par l’Occident au XIXe siècle. A l’inverse, les États-Unis sont perçus par la Chine comme une puissance récente. Et c’est vrai, au regard de l’Histoire, ils ne dominent que depuis la deuxième moitié du XXe siècle. Ils ont d’abord été des alliés, pendant la Seconde Guerre mondiale, puis des rivaux, via les guerres par procuration de Corée et du Vietnam. Et depuis les relations ont des hauts - la reconnaissance officielle de la Chine par Washington en 1979 - et des bas, comme la guerre commerciale sous Trump. Mais le point essentiel est donc bien que, vu de Chine, l’Histoire avec un grand H est faite bien davantage de domination chinoise qu’américaine. Le président chinois Xi Jinping observant l'arrivée de Donald Trump pour la photo du G20 de Buenos Aires, en novembre 2018. Le président chinois Xi Jinping observant l'arrivée de Donald Trump pour la photo du G20 de Buenos Aires, en novembre 2018. • Crédits : Pool For Yomiuri / Yomiuri / The Yomiuri Shimbun - AFP À RÉÉCOUTER Réécouter Chine/États-Unis : vers la guerre, vraiment ? écouter (6 min)6 min L’économie C’est le paramètre central de la relation, une relation complexe : la Chine voit les États-Unis comme un rival qu’elle veut supplanter, et aussi comme un partenaire toujours indispensable pour avancer notamment sur les nouvelles technologies et le numérique. Économiquement, la Chine et les États-Unis sont interdépendants : ils se tiennent l’un l’autre par la barbichette. Ce sont d’abord les deux pays les plus riches de la planète, les deux premiers PIB. Mais la Chine rattrape progressivement les États-Unis et pourrait les doubler avant 2030.  À RÉÉCOUTER Réécouter Chine : la fin du rêve ? (2/4) : La mondialisation à l'heure de Pékin écouter (59 min)59 min A première vue, la relation est déséquilibrée au profit de la Chine.  La balance commerciale d’abord : la Chine exporte 4 fois plus vers les États-Unis qu’elle n’importe des États-Unis. Et le phénomène s’est encore accentué avec la pandémie de Covid qui a mis à l’arrêt la machine économique américaine. Et puis, les investisseurs chinois sont, et de loin, les premiers créanciers de l’économie américaine : Washington vit à crédit, un crédit chinois. On parle là de milliers de milliards de dollars… C’est gigantesque. Mais dans l’autre sens, la Chine, qui elle aussi est endettée, a également besoin des États-Unis. Des accords de partenariat : près de 20 000 co-entreprises. Et surtout des débouchés commerciaux : ce sont les exportations vers les États-Unis, de technologie, de textiles, qui font tourner la machine économique chinoise et donc nourrissent les habitants du pays le plus peuplé du monde. Les deux pays sont donc interdépendants. Toute la stratégie chinoise désormais, est de limiter progressivement cette dépendance aux États-Unis. En développant sa consommation intérieure. En initiant son projet de "Nouvelles routes de la Soie" vers le Moyen-Orient, l’Europe, l’Afrique. Et en signant de nouveaux partenariats commerciaux, comme ces dernières semaines, avec l’Europe et avec ses voisins de la zone Asie Pacifique. La Chine espère ainsi détrôner son rival. À RÉÉCOUTER Réécouter USA-Chine : quel « monde d’après » ? écouter (18 min)18 min Il y a deux grandes catégories de contentieux entre les deux pays. Le premier découle de que l’on vient d’évoquer : c’est la bataille commerciale. En 2018, Washington a imposé toute une série de taxes sur les produits chinois, pour un montant équivalent à plusieurs centaines de milliards de dollars. La Chine a rétorqué en faisant à peu près la même chose. La bataille s’est intensifiée sur la téléphonie et le numérique, la 5G, les cartes mémoires, Huawei, Tik Tok, accusés par Washington d’être des outils potentiels d’espionnage pour le pouvoir chinois. Les choses ont fini par se calmer avec un accord commercial, par lequel la Chine s’engage à acheter davantage de produits américains. Mais la mise en œuvre de l’accord a bien du mal à s’opérer.  Le deuxième contentieux est relatif à Taïwan et plus globalement à la situation en mer de Chine méridionale. Depuis 1949, l’île de Taïwan est de facto indépendante, même si la Chine continentale voit Taïwan comme une partie de son territoire. Et les États-Unis sont un fidèle allié de Taïwan. L’un des derniers gestes de l’administration Trump a d’ailleurs été de lever toute restriction sur les contacts entre officiels américains et taïwanais. Vu de Pékin, cela ressemble à un bras d’honneur, "une voie dangereuse". La Chine ne cesse d’ailleurs de s’étendre militairement dans toute la zone située au sud de Taïwan, en créant de nouvelles bases, par exemple autour des iles Spratleys. Pour Washington, il y un vrai sujet juridique : la liberté de navigation est menacée dans la région. La tension militaire y est croissante : c’est par excellence la région du monde où le président chinois Xi Jinping montre ses muscles aux États-Unis. À RÉÉCOUTER Réécouter La libre et démocratique Taïwan, point de cristallisation de l'inéluctable conflit sino-américain ? écouter (5 min)5 min Psychologie et sociologie Une anecdote révèle bien le sentiment qui anime aujourd’hui les Chinois. En 2018, une photo montre une séance de négociations commerciales entre les deux pays.  A première vue, l’image est banale : une grande table tout en longueur, une délégation de chaque côté, tout le monde a ses dossiers et sa bouteille d’eau sur la table. Mais quand on regarde plus attentivement, un fait marquant saute aux yeux : à gauche, les Chinois, moyenne d’âge à vue de nez 40 ans, à droite, les Américains, moyenne d’âge à vue de nez, 70 ans ! Et du coup, sur Weibo, le principal réseau social chinois, cette photo est devenue un symbole : la Chine c’est l’avenir et la modernité, et elle est en train de supplanter les Américains, ringards et dépassés… Vu de Chine, le "modèle américain" est en déclin. Il sera bientôt dépassé.  Et la conviction du président Xi Jinping est que "son modèle" (croissance économique et autoritarisme politique) est meilleur. Plus efficace. Bien sûr, les résultats obtenus dans la lutte contre l’épidémie de Covid apportent de l’eau à ce raisonnement : 4 600 morts en Chine (même si le bilan réel est sans doute plus élevé), près de 400 000 aux États-Unis.  Peu importe que le virus soit venu de Wuhan : le régime balaie toute responsabilité. Pékin se sent d’autant plus fort que la Chine progresse désormais y compris dans des domaines emblématiques de la puissance de Washington : la conquête spatiale, l’intelligence artificielle, le numérique. Et le pouvoir chinois n’a aucune intention de rendre des comptes aux États-Unis sur les questions de démocratie ou de liberté, sur Hong Kong ou les Ouighours, a fortiori après ce qui s’est passé au Capitole de Washington. À RÉÉCOUTER Réécouter Asie : les nouveaux hommes forts (1/4) : Xi Jinping ou le nouveau Grand Timonier écouter (58 min)58 min Difficile de prédire la suite. L’équipe de Joe Biden, qui connaît bien la Chine, pour s’y être rendu dès 1979, ne sera pas nécessairement plus facile en affaire que l’équipe Trump. En tous cas cette rivalité va rester structurante, elle se joue sur tous les plans : économique, technologique, géostratégique, idéologique. La volonté de puissance du pouvoir chinois saute aux yeux et c’est donc tout l’équilibre mondial qui est en jeu : nous sommes tous concernés. Avec la collaboration d'Éric Chaverou et de Chadi Romanos À RÉÉCOUTER Réécouter Comment le Coronavirus a changé le monde (1/5) : La puissance chinoise renforcée ? écouter (16 min)16 min À RÉÉCOUTER Réécouter Covid-19 : comment Xi Jinping a tenté de reprendre la main écouter (4 min)4 min
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Aurélie Jean – États-Unis : la science est de retour ! - Le Point (Sun, 24 Jan 2021)
À peine installé à la Maison-Blanche, le président Joe Biden annonce trois mesures fédérales orientées et motivées par la science. Le retour des États-Unis dans l'accord de Paris sur le climat, le port du masque imposé dans tous les bâtiments fédéraux, et l'obligation de distanciation sociale. Dans ce paradoxe souvent incompréhensible, force est de reconnaître que les États-Unis sont à la fois l'un des pays au monde les plus touchés par le Covid avec près de 25 millions de cas, et le pays à l'origine d'un vaccin contre ce même virus. Le dénigrement de la science, l'ignorance de certaines élites et le rejet des scientifiques ont affaibli ce pays et sa crédibilité sur la scène internationale. Mais la nouvelle administration compte bien réparer cette injustice, car, avec elle, la science est de retour ! Le changement climatique, la pandémie de Covid ou encore la crédulité massive alimentée par un certain radicalisme des croyances font de la science l'élément fondamental, pour ne pas dire critique, de cette sortie de crise. Le nouveau président américain l'a bien compris. Dans son nouveau cabinet, il s'entoure de nombreux scientifiques, médecins, ingénieurs et chercheurs à la réputation mondiale et à la capacité de penser et d'agir concrètement dans un pragmatisme nécessaire à la gouvernance d'une nation. Biden veut réconcilier l'Amérique avec les sciences, et cela passera par une place d'honneur au sein même de la nouvelle administration. Dans cette idée et pour la première fois de l'histoire des États-Unis, il élève le bureau scientifique et son directeur, le professeur Éric Lander du MIT, au cabinet présidentiel. Un geste symbolique et pratique puissant, ainsi qu'un message fort aux dirigeants politiques du monde entier. À LIRE AUSSIAvec qui Joe Biden va diriger les États-Unis La science n'est pas une bouée de secours Diriger un pays avec un éclairage scientifique permanent permet d'éviter certaines erreurs de jugement et la constitution dans l'urgence de comités scientifiques a fortiori moins efficaces dans une dynamique d'extinction de feu. La science s'inscrit aussi dans un temps long, la voir comme un extincteur ou une bouée de secours est une erreur. Elle doit au contraire intégrer la gouvernance d'une nation. On se souvient du président Barack Obama qui avait nommé Megan Smith, ingénieure de formation, « Chief Technical Officer » du gouvernement américain. On aimerait voir plus souvent un scientifique ou un ingénieur à la direction technique de notre pays. Les mathématiques, la physique, la génétique, la mécanique, la médecine ou encore les sciences sociales ont aujourd'hui une place d'honneur dans l'esprit des gens par ce nouveau cabinet. La science reprend progressivement sa place, celle d'éclairer l'humanité pour faire avancer notre civilisation… en « triomphant sur l'ignorance », pour reprendre les mots de Louis Pasteur.
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Mexique : 19 corps calcinés retrouvés près de la frontière avec les États-Unis - Sud Ouest (Sun, 24 Jan 2021)
Au moins 19 corps calcinés ont été découverts samedi dans le nord du Mexique, dans une zone frontalière des États-Unis qui est régulièrement le théâtre d’affrontements entre cartels de la drogue. Affrontements entre cartels réguliers La police a découvert sur une route de campagne "deux véhicules calcinés, ainsi que des restes humains", près de Camargo, a indiqué le parquet de l’Etat de Tamaulipas (Nord). Deux cadavres se trouvaient sur les sièges avant de l’un des véhicules – une fourgonnette – deux autres à l’extérieur et 15 à l’arrière. Selon les premiers éléments de l’enquête, les victimes ont été tuées par des armes à feu, puis leurs corps ont été incendiés. Aucune douille n’ayant été trouvée sur place, le parquet n’exclut pas que les victimes aient pu être tuées dans un autre endroit. Des autopsies sont en cours mais l’identification des victimes est compliquée par l’état des corps, a expliqué une source du parquet qui a souhaité garder l’anonymat.  La rédaction vous conseille Camargo, 15 000 habitants, est frontalière du Texas et proche de l’Etat mexicain du Nuevo León. Le parquet a indiqué s’être mis en relation avec les autorités du Nuevo León pour mener l’enquête. La ville est également voisine de Miguel Aleman (20 000 habitants) jouxtant la ville américaine de Roma (Texas). En janvier 2019, 24 cadavres, dont 15 calcinés, avaient été retrouvés à Miguel Aleman, après des affrontements entre groupes criminels. La région est régulièrement le théâtre d’affrontements entre le cartel du Nord-Ouest, qui contrôle une partie du Nuevo León, et celui du Golfe, qui depuis des décennies sévit à Tamaulipas. Le Mexique a enregistré 34 523 assassinats en 2020, en léger recul par rapport à 2019 (34 608) qui marquait un record depuis que le gouvernement a commencé à les recenser en 1997, selon des chiffres officiels. Plus petites cellules de cartels La violence n’a cessé de croître dans le pays depuis fin 2006, date à laquelle la lutte contre le trafic de drogue est devenue l’affaire de l’armée, avec plus de 300 000 assassinats depuis cette date. Ces violences sont souvent liées au crime organisé, en particulier aux cartels de la drogue qui se disputent les routes vers les États-Unis. Le président de gauche Andres Manuel Lopez Obrador, au pouvoir depuis décembre 2018, a créé une Garde nationale pour lutter notamment contre le trafic de drogue. Les analystes estiment que la lutte antidrogue est l’un des principaux défis pour le Mexique dans ses relations avec le nouveau président américain Joe Biden, alors que la stratégie mexicaine de militarisation est un échec patent. La vaste assistance sécuritaire américaine dont bénéficie le pays depuis 2008 dans le cadre d’un programme de coopération militaire baptisé "Initiative Merida" n’y a rien changé. Les experts estiment notamment que la mobilisation de l’armée a abouti à fragmenter les cartels en cellules plus petites. Après l’arrestation en octobre à Los Angeles de l’ex-ministre mexicain de la Défense, Salvador Cienfuegos, pour trafic de drogue présumé, le président mexicain a fait voter une réforme levant l’immunité des membres d’agences étrangères. Le général Cienfuegos avait été renvoyé au Mexique où il a été incarcéré en novembre avant une décision mi-janvier du parquet de ne pas lancer de poursuites. Le Mexique avait alors publié le dossier transmis par les autorités américaines, les accusant d’avoir fabriqué des preuves contre l’ancien ministre, une accusation rejetée par les États-Unis.
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États-Unis : une "grande convergence de vues" entre Macron et Biden sur la Covid et le climat - RTL.fr (Mon, 25 Jan 2021)
Ce dimanche 24 janvier, Emmanuel Macron a échangé par téléphone avec le président Joe Biden, un premier entretien depuis l'entrée en fonction du démocrate élu le 3 novembre dernier. D'après l'Élysée, le dialogue entre les deux chefs d'État s'est caractérisé par une "grande convergence de vues", notamment sur la lutte contre l'épidémie de coronavirus "dans le cadre de l'OMS" et les enjeux climatiques alors que les États-Unis ont réintégré l'Accord de Paris.  Les dirigeants estiment qu'il est essentiel de se coordonner sur les "défis communs comme le changement climatique, la Covid-19 et le rétablissement de l'économie mondiale", explique la Maison-Blanche dans un communiqué. Ils ont par ailleurs acté "leur volonté d'agir ensemble pour la paix au Proche et Moyen-Orient, en particulier sur le dossier nucléaire iranien", selon la présidence française. Une convergence "pour travailler ensemble" sur plusieurs priorités "partagées en politique étrangère", notamment "sur la Chine, le Moyen-Orient, la Russie et le Sahel". Cette "conversation amicale et de travail" a permis à Joe Biden d'affirmer à Emmanuel Macron "son désir de renforcer les liens bilatéraux" avec la France, "notre allié le plus ancien", indique Washington, et "la relation transatlantique" par "le biais de l'Otan et le partenariat des États-Unis avec l'Union européenne".  À l'issue de leur entretien, Emmanuel Macron et Joe Biden "sont convenus de rester en contact très étroit dans les prochaines semaines", a indiqué l'Élysée. Toutefois, en raison de la pandémie de coronavirus, aucune rencontre physique n'est pour le moment prévue entre les deux dirigeants. La rédaction vous recommande Lire la suite
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Peine de mort aux États-Unis : quel sera le choix de Joe Biden ? - Journal La Croix (Sun, 24 Jan 2021)
Trente-cinq élus démocrates ont demandé à Joe Biden de commuer les peines de 49 prisonniers, condamnés à morts par la justice fédérale. « En exerçant votre pouvoir de clémence, écrivent les élus démocrates, dans une lettre adressée, vendredi 22 janvier, au président, vous pouvez vous assurer qu’il ne restera plus personne à tuer dans le couloir de la mort. » Un tel geste, ajoutent-ils, serait « une action sans précédent - mais nécessaire - pour renverser les injustices systémiques et restaurer la position morale de l’Amérique. » Deux élus Afro-Américaines à la Chambre des représentants, Ayanna Pressley, représentante du Massachusetts et Cori Bush, représentante du Missouri, sont à l’origine de cette missive. Ayanna Pressley a toujours été opposée à la peine capitale. En juillet 2019, peu de temps après la levée du moratoire, cette élue démocrate de Boston avait proposé une loi visant à « interdire l’imposition de la peine de mort pour toute violation de la loi fédérale et à d’autres fins ». « La peine de mort n’a pas sa place dans une société juste », disait-elle. Record d’exécutions pendant le mandat de Trump Cette lettre intervient quelques jours après l’exécution, samedi 16 janvier, de Dustin Higgs, 48 ​​ans, le dernier de 13 condamnés à mort exécutés depuis la levée par Donald Trump, en juillet 2020, d’un moratoire vieux de dix-sept ans sur les exécutions fédérales. Avant de passer le flambeau à Joe Biden, partisan affiché de l’abolition de la peine de mort, le 45e président des États-Unis entendait mener à leur terme le plus possible d’exécutions fédérales. Donald Trump a même dérogé à une tradition, vieille de cent trente ans, consistant à stopper les exécutions durant la transition entre deux présidents, une précipitation dénoncée publiquement par les juges libéraux de la Cour suprême Sonia Sotomayor et Stephen Breyer. « Pour replacer cela dans un contexte historique, affirmait Sonia Sotomayor, vendredi 15 janvier, le gouvernement fédéral aura exécuté plus de trois fois plus de personnes au cours des six derniers mois qu’au cours des six décennies précédentes. » → LES FAITS. États-Unis : première exécution fédérale d’une femme en 70 ans Sur les 49 condamnés à mort en attente de l’application de leur peine, on compte 21 Blancs, 20 Afro-Américains, sept Latinos et un Asiatique-Américain, selon l’Institut américain Death Penalty Information Center. Parmi eux, figure Dzhokhar Tsarnaev, reconnu coupable d’avoir posé des bombes sur le parcours du marathon de Boston en avril 2013, un attentat qui avait fait trois morts et 264 blessés. Sa condamnation à mort a été annulée l’année dernière, une décision qui a fait l’objet d’un recours devant la Cour suprême. Si la plupart des décisions de peine capitale sont prises au niveau des États, des exécutions peuvent être décidées au niveau fédéral, pour un certain nombre de crimes (meurtre au premier degré, génocide, crimes de guerre, etc.), y compris dans les États ayant aboli la peine de mort. Joe Biden, partisan de l’abolition Au cours de la campagne électorale pour l’élection présidentielle, Joe Biden a exprimé son désir de voir abolir la peine de mort, au niveau de l’État fédéral comme des États fédérés. Pour l’heure, la Maison-Blanche n’a pas révélé quelle serait sa décision : simple retour au moratoire sur les exécutions ou commutation de peine. « Le président, comme vous le savez, a déclaré son opposition à la peine de mort dans le passé », a affirmé, vendredi 22 janvier, la porte-parole de la Maison-Blanche Jen Psaki. « Cela reste son point de vue. Je n’ai rien de plus à vous dire en termes d’actions ou de mécanismes futurs. »
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États-Unis : chez les partisans d’extrême droite de Donald Trump, la colère ne retombe pas - Sud Ouest (Sun, 24 Jan 2021)
L’extrême droite américaine est en colère. En colère contre Joe Biden, contre Donald Trump, contre la figure mystérieuse "Q", et contre elle-même. Sur internet, les publications et les forums où se rejoignent les extrémistes regorgent de déception et de dissensions depuis l’échec de l’insurrection du 6 janvier au Capitole à Washington, et depuis l’investiture de Joe Biden comme président des Etats-Unis. Les adeptes de QAnon, un mouvement conspirationniste avec son oracle "Q", sont principalement en proie au désarroi, leurs prédictions millénaristes de chaos avec l’arrivée au pouvoir du démocrate ne s’étant pas – pour le moment – réalisées. Les groupes ultranationalistes, de suprémacistes blancs et autres néo-nazis, ont été poussés encore plus vers la clandestinité avec les arrestations de leurs membres ayant pris part à l’insurrection au Capitole. "Dynamique" toujours forte Selon des experts sur les mouvements extrémistes et le terrorisme intérieur, la fin de la présidence Trump a représenté un revers pour ces groupes. Mais ils affirment également que ces derniers sont loin de disparaître, et sont d’une certaine manière encore plus enclins au passage à la violence. Les groupes les plus radicaux se tournent vers le vaste bassin de recrutement que représentent les adeptes déçus de QAnon, soutiennent également les experts. La rédaction vous conseille "Les discours demeurent houleux (…). Les gens ne se font pas bien à l’idée de (la présidence) Biden", précise Michael Edison Hayden, du groupe de recherche sur l’extrémisme Southern Poverty Law Center. Loin d’être épuisées, "l’énergie et la dynamique de l’extrême droite sont plus fortes qu’à n’importe quel moment de l’histoire récente", souligne aussi Colin P. Clarke de The Soufan Group, un groupe de recherche en sécurité et renseignement. Unis dans la colère La fin de la présidence Trump et la mise au ban des extrémistes sur les réseaux sociaux comme Facebook et Twitter n’ont fait qu’attiser les passions. Le bannissement des réseaux sociaux lui-même "est devenu un grief unificateur" pour les groupes disparates d’extrême droite, indique Michael Edison Hayden. Beaucoup ont migré vers le peu de plateformes qui demeurent accueillantes, principalement Telegram, où quelques pages QAnon et du groupe ultranationaliste Proud Boys comptent des centaines de milliers d’abonnés. "L’infrastructure existe toujours" pour que l’extrême droite s’organise, dit Michael Edison Hayden. Le mouvement QAnon a commencé à émerger à la fin 2017 avec les publications cryptiques d’un énigmatique utilisateur nommé "Q" sur le site internet 8kun. Personne n’avait idée de l’identité de Q, mais ses publications ont mobilisé les partisans de Donald Trump derrière la notion persistante selon laquelle un complot se trame contre le président républicain, fomenté par les démocrates et un "Etat profond". À la suite de la défaite du désormais ex-président, ils ont représenté une part importante de la dynamique du mouvement "Stop the Steal" affirmant que Joe Biden avait volé l’élection grâce à une fraude électorale d’envergure. Beaucoup sont aujourd’hui furieux que Donald Trump ait décidé de ne pas défendre expressément les quelque 120 manifestants arrêtés et les centaines d’autres qui font l’objet d’une enquête pour l’attaque du 6 janvier sur le Capitole. Et l’extrême droite s’est désormais résolue à son départ et s’est rassemblée sans lui, indique Michael Edison Hayden. "Coup dur" Les adeptes de QAnon ont cependant reçu un second coup de massue. Mercredi, Ron Watkins, dont le père contrôle le site 8kun, et que beaucoup identifient comme Q, ou du moins comme un initié sur l’identité de ce dernier, a annoncé qu’il quittait le mouvement et effacé l’intégralité des archives QAnon de 8kun. "Nous avons tout donné. Maintenant nous devons garder la tête haute, et retourner à nos vies du mieux que nous pouvons", a-t-il déclaré sur Telegram. "Ça a représenté un énorme coup dur pour le mouvement", souligne Karim Zidan, un enquêteur pour le projet de veille sur l’extrême droite Right Wing Watch. Mais pour Karim Zidan, le mouvement a déjà prouvé qu’il pouvait survivre sans Q. Les "influenceurs" liés à QAnon, et leurs dizaines de milliers d’abonnés, ainsi que les personnalités publiques qui ont mené la campagne "Stop the Steal" de Donald Trump, sont en train d’inspirer le mouvement à continuer. L’avocat Lin Wood, par exemple, a accumulé plus de 592 000 abonnés en seulement une semaine après avoir migré vers Telegram, indique Karim Zidan. Pour Colin P. Clarke, les groupes violents d’extrême droite n’ont besoin de recruter qu’une faible proportion d’adeptes de mouvements comme QAnon pour construire des réseaux capables de violence destructrice. Le chercheur compare le niveau de colère à celui existant au début des années 1990, lorsque plusieurs actes de terrorisme intérieur ont été perpétrés par des extrémistes anti-gouvernementaux, comme l’attentat à la bombe d’Oklahoma City qui avait fait 165 morts en 1995.
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