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Afrique CHAN 2020: tout sur le tirage au sort des éliminatoires 30 Jan 2019 Steven LAVON - Africa Top Sports (mer., 30 janv. 2019)
La CAF (Confédération africaine de football) a effectué mercredi le tirage au sort des éliminatoires du CHAN (Championnat d’Afrique des nations) 2020. Ces qualifications se dérouleront par zones. Dans la zone Nord, confrontations entre l’Algérie et le Maroc puis la Tunisie et la Libye. Les deux vainqueurs à l’issue des matchs en aller et retour se qualifieront pour l’Ethiopie. Dans la zone UFOA A, deux tours serviront à dégager les 2 qualifiés. La Guinée exempte du 1er tour affrontera le vainqueur de Sénégal – Libéria. Le second ticket se décidera entre Guinée Bissau – Mali / Cap vert – Mauritanie. L’UFOA B s’offre 3 tickets pour ce CHAN 2020. Le Togo et le Bénin s’affronteront au 1er tour avant de défier le Nigeria pour l’un des billets. Niger-Côte d’Ivoire et Burkina Faso – Ghana pour les deux autres billets. Au Centre est, 2 tickets qui se décideront entre Tanzanie-Soudan / Kenya – Burundi et Sud Soudan – Ouganda / Somali – Rwanda. Dans la zone Centre, la RD Congo jouera le vainqueur du 1er tour entre la Centrafrique et le Tchad. Puis les 2 autres tickets se disputeront entre Sao Tome – Cameroun et Guinée équatoriale – Congo. Il faudra 3 tours de qualifications pour les 3 billets dans la zone Australe. Les dates des différents tours n’ont pas encore été communiquées. Tout le tirage Zone Nord Algérie – Maroc Tunisie – Libye Ouest A 1er tour Guinée Bissau – Mali Cap Vert – Mauritanie Libéria – Sénégal 2è tour Cap Vert – Mauritanie / Guinée Bissau – Mali Libéria – Sénégal / Guinée Ouest B 1er tour Togo – Bénin 2è tour Togo – Bénin vs Nigeria Niger – Côte d’Ivoire Ghana – Burkina Faso Centre 1er tour Centrafrique – Tchad 2è tour Centrafrique – Tchad vs RD Congo Sao Tome – Cameroun Guinée équatoriale – Congo Centre Est 1er tour Tanzanie – Soudan Kenya – Burundi Sud Soudan – Ouganda Somalie – Rwanda 2è tour Kenya – Burundi vs Tanzanie – Soudan Somalie – Rwanda vs Sud Soudan – Ouganda Sud 1er tour Botswana – Seychelles ESwatini – Malawi 2è tour Botswana – Seychelles vs Zambie ESwatini – Malawi vs Angola Comores – Namibie Madagascar – Mozambique Lesotho – Afrique du Sud Ile Maurice – Zimbabwe 3è tour ESwatini -Malawi vs Angola / Botswana – Seychelles vs Zambie Madagascar – Mozambique vs Comores – Namibie Ile Maurice – Zimbabwe vs Lesotho – Afrique du sud
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São Tomé-et-Príncipe – Patrice Trovoada : « À l'ADI, nous avons péché par excès de confiance - Jeune Afrique (Mon, 19 Nov 2018)
Sortie renforcée des législatives, l’opposition menace de confisquer le poste de chef de gouvernement à l’Action démocratique indépendante, au pouvoir depuis 2014. Au pied du Pico Cão Grande, la vie politique n’est pas un long fleuve tranquille. Depuis son indépendance en 1975, São Tomé-et-Príncipe a souvent été secoué par les crises. La dernière, en cours, a déjà fait une victime : le Premier ministre sortant, Patrice Trovoada, dont le mandat de quatre ans arrive à son terme le 19 novembre et qui, malgré la victoire de son parti aux dernières élections législatives, ne cherchera pas à être reconduit. Le 7 octobre, l’Action démocratique indépendante (ADI) a certes obtenu une majorité relative avec 25 sièges sur 55, mais l’opposition est revigorée : le Mouvement de libération de São Tomé-et-Príncipe (MLSTP) en a remporté 23 et réclame les clés du pouvoir, arguant d’une alliance avec une coalition qui, elle, en a gagné cinq. Il a tenté de faire intervenir le président, Evaristo Carvalho (qui joue essentiellement un rôle d’arbitre), mais en vain pour l’instant. « Un homme de consensus » à trouver « Cette alliance ne s’est pas formée avant les élections, objecte Patrice Trovoada. Il lui est donc impossible, selon la Constitution, de gouverner. L’ADI a gagné. C’est à elle de présenter un Premier ministre. » Rencontré à Paris le 6 novembre, Trovoada reconnaît néanmoins que ses adversaires « pourront créer une coalition parlementaire [l’Assemblée sera installée le 22 novembre] et, s’ils s’entendent, bloquer l’action du nouveau gouvernement ». Cette situation pourrait conduire à un épisode vécu deux fois déjà par Patrice Trovoada, en 2008 et en 2012 : une motion de censure contre le prochain Premier ministre et l’organisation d’élections anticipées. Comment l’ADI en est-elle arrivée là ? « Peut-être avons-nous péché par excès de confiance. Nous pensions que notre bilan suffirait. » L’ADI a moins communiqué que ses adversaires, il en convient aujourd’hui. La crise couvait d’ailleurs depuis plusieurs mois. En juin, un coup d’État a été déjoué. Ce projet devait conduire à l’assassinat du Premier ministre. Depuis, Patrice Trovoada a créé une commission au sein de l’ADI pour consulter davantage la société civile, l’Église et l’opposition. Il confie aussi vouloir « trouver, au sein du parti, un homme de consensus pour conduire le prochain gouvernement ». >>> À LIRE – Coup d’État à São Tomé-et-Prìncipe : les dessous de l’opération « Àguia » Discours « populistes » Il défend pourtant son bilan qui est, selon lui, salué par la plupart des organisations internationales. São Tomé est passé du statut de « pays à faible revenu » à celui de « pays à revenu intermédiaire », selon la Banque mondiale, et le revenu par habitant s’est hissé de 1 763 dollars à 2 068 dollars, selon le FMI. « L’opposition a rétorqué qu’elle ne croyait pas les indices internationaux. C’est tout de même étrange, dans un État extrêmement dépendant de l’aide extérieure ! » En revanche, l’inflation – de 6 % en moyenne ces quatre dernières années – a provoqué l’augmentation du coût de la vie. La hausse de la fiscalité ainsi que le manque d’accès à l’eau et à l’électricité ont été pointés du doigt. Ces réformes, Patrice Trovoada les assume, y compris celle – très controversée – de la justice. Les attaques de l’opposition ? Des discours « populistes » : « Nous avons tenu nos promesses et amorcé la transformation du pays. Nous devions continuer et aller plus loin, dans la formation des Santoméens, dans les privatisations et la responsabilisation des agents publics. Certains ont eu peur et ont été flattés par les promesses du MLSTP. » Vincent Fournier/JA Nous demandons aux Chinois que 70 % de la main-d’œuvre soit locale. Pour l’instant, ils tiennent leur engagement, mais nous manquons de main-d’œuvre bon marché Sa rupture avec Taïwan et son rapprochement avec Pékin, en 2015, ont permis de lancer de vastes projets, financés par des dons chinois. C’est le cas d’un futur port de pêche et de l’agrandissement de l’aéroport. Mais la plupart de ces investissements ont peu d’impacts sur l’emploi. « Nous demandons aux Chinois que 70 % de la main-d’œuvre soit locale. Pour l’instant, ils tiennent leur engagement, mais cela ne sera peut-être pas le cas demain car nous manquons de main-d’œuvre bon marché. Le temps politique n’est pas le temps économique. Un hôtel se construit en deux ans, mais la formation peut prendre le double. » La période d’incertitude qui s’ouvre, avec une Assemblée potentiellement aux mains de l’opposition, risque de ralentir certains projets. Si Patrice Trovoada reste confiant quant au lancement des travaux de l’aéroport en 2019, ceux du port pourraient être retardés. À l’en croire, l’arrivée de compagnies pétrolières ne sera pas remise en question : BP et Total (accompagnée de l’angolaise Sonangol) viennent de signer des contrats d’exploration. Et les discussions avec Shell en sont déjà à un stade avancé. >>> À LIRE – São Tomé-et-Prìncipe : le changement, c’est tout le temps Terrain glissant Le développement du secteur pétrolier n’était pourtant pas sa priorité. En 2015, Patrice Trovoada confiait à Jeune Afrique que les premiers retours d’exploration étaient « assez modestes » : « Cela arrivera un jour, quand les techniques d’exploration en eau profonde se seront améliorées. Mais est-ce vraiment dans notre intérêt ? Préserver notre environnement et le mettre en valeur est plus pérenne. » Mais les importants revenus que pourrait générer ce secteur ne peuvent être ignorés, alors que le chef du gouvernement jugeait en 2016 qu’un budget de 250 millions de dollars par an suffirait à faire vivre correctement les Santoméens. Arrivera-t-il à rester longtemps loin de la scène politique ? Rien n’est moins sûr Les nombreux soubresauts politiques que connaît l’archipel le font s’interroger : la République parlementaire est-elle adaptée ? Ne faudrait-il pas revoir la Constitution et passer à un régime présidentiel ? Deux mandats de quatre ans sont-ils suffisants ? « Certaines réformes ne peuvent aboutir dans ce laps de temps. Soit il y a un large consensus pour qu’il y ait une continuité, soit vous trouvez une alchimie pour diriger plus longtemps. » Le terrain est glissant. La « continuité » est un argument commode pour confisquer le pouvoir… « Elle ne doit pas servir à justifier une absence de démocratie », rassure-t-il. Arrivera-t-il à rester longtemps loin de la scène politique ? Rien n’est moins sûr. Des Espagnols dans le coup L’enquête sur le projet de coup d’État déjoué en juin est terminée. Elle a mis au jour l’implication de mercenaires espagnols. Trois d’entre eux ont été interpellés sur le territoire santoméen. « Des personnalités situées à un niveau sensible de notre État sont également concernées, y compris au sein de la garde présidentielle, de la police et de l’opposition, explique Patrice Trovoada. À l’analyse des communications, il y a tout lieu de penser que certains mercenaires avaient des contacts avec des membres des institutions de l’État espagnol. » São Tomé-et-Príncipe a obtenu l’aide judiciaire du Portugal (sur la base d’un accord de coopération existant) et a fait une demande similaire à l’Espagne, qui n’a toujours pas répondu favorablement. « Les recherches autour des communications ont été fructueuses. Pour le financement, c’est une autre paire de manches, raison pour laquelle nous avons demandé l’aide de Madrid. »
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Côte d'Ivoire Qui sont les Libanais de Côte d'Ivoire - Jeune Afrique (Thu, 27 Dec 2018)
[embedded content] L’importante communauté libanaise installée en Côte d’Ivoire, parfois depuis des générations, possède les plus grosses entreprises du pays et pèse 8% du PIB national. Un reportage de Réussite, une émission coproduite par Canal+ et Galaxie Africa (groupe Jeune Afrique), diffusée tous les premiers samedi du mois sur Canal+ en Afrique et A+ en France.
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Attaques terroristes : le Niger décrète l'état d'urgence près de la frontière avec le Burkina Faso - Jeune Afrique (Sat, 01 Dec 2018)
Des soldats nigériens lors d'un exercice de libération d'otages, en mars 2015. © Jerome Delay/AP/SIPA Le Niger a décrété vendredi 30 novembre l'état d'urgence dans trois départements du sud-ouest, voisins du Burkina et souvent victimes d'attaques meurtrières «de groupes terroristes», selon un communiqué du gouvernement. « Le conseil des ministres a examiné et adopté le projet de décret portant proclamation de l’état d’urgence dans les départements de Say, de Torodi et de Téra dans la région de Tillabéri », précise le texte lu à la télévision d’État. Le Conseil des Ministres s’est réuni ce jour, vendredi 30 novembre 2018, dans la salle habituelle des délibérations, sous la présidence de Son Excellence, Monsieur @IssoufouMhm , Président de la République, Président du Conseil des Ministres: https://t.co/oHARvB8tAq pic.twitter.com/oDVCq5kV6a — Présidence du Niger (@PresidenceNiger) November 30, 2018 Cette région du sud-ouest nigérien est proche de l’Est du Burkina Faso, théâtre d’attaques jihadistes depuis plusieurs mois. Mi-novembre, deux gendarmes ont été tués et un autre blessé lors de l’attaque par des jihadistes présumés d’un poste de gendarmerie à Makalondi (dans le département de Torodi), à une centaine de kilomètres au sud-ouest de Niamey. Un prêtre italien qui vivait depuis onze ans au Niger y avait notamment été enlevé le 17 septembre par des hommes armés venus sur des motos à son domicile. Fin octobre, l’armée a été massivement déployée dans cette zone pour chasser des jihadistes qui tentaient de s’y implanter. Les pouvoirs des forces de sécurités renforcés Les trois départements nigériens où l’état d’urgence a été décrété « font l’objet d’attaques organisées, perpétrées par des groupes terroristes, mettant en péril l’ordre public et la sécurité des personnes et des biens », a justifié le gouvernement. « Il est nécessaire et urgent » de prendre cette « mesure pour faire face à la situation », assure le communiqué. L’état d’urgence accordera notamment des pouvoirs supplémentaires aux forces de sécurité sur les théâtres des opérations, dont celui d’ordonner des perquisitions à domicile de jour et de nuit, a expliqué une source sécuritaire. La mesure est en vigueur depuis mars 2017 dans cinq autres départements de Tillabéri, en raison d’incursions meurtrières attribuées à des groupes jihadistes maliens. En 2015, Niamey avait déjà décrété l’état d’urgence dans la région de Diffa (sud-est), victime d’incursions meurtrières du groupe islamiste Boko Haram établi dans le nord-est du Nigeria. Malgré des frontières considérées comme poreuses, le Niger apparaît comme l’un des pays les plus stables dans une zone en proie aux troubles. À lire aussi Mini-sommet à N'Djamena pour coordonner la lutte contre Boko Haram Niger : l'appel des élus de Diffa après l'enlèvement de 15 femmes par Boko Haram Niger-Burkina : des patrouilles anti-bandits déployées sur la zone frontalière Déjà 250 000 inscrits ! NEWSLETTER Recevez chaque jour par email, les actus Jeune Afrique à ne pas manquer ! Recevoir des informations de Jeune Afrique Recevez les offres des partenaires de Jeune Afrique Sur le même sujet Burkina Faso Burkina : face à la crise sécuritaire, Roch Marc Christian Kaboré réorganise l'armée Burkina Faso : deux civils tués dans une « attaque terroriste » contre une gendarmerie G5 Sahel : Alpha Barry promet « la pleine opérationnalisation » de la force conjointe en 2019 Politique Maroc - Espagne : les liaisons pragmatiques entre Mohammed VI et Felipe VI Tunisie-France : l’agenda parisien de Youssef Chahed Une très lourde facture présentée à l'État gabonais, l'auteur d'une vidéo de massacres au Cameroun en appelle aux ONG... Boko Haram Nigeria : Boko Haram, affaibli par les troupes de Buhari, « a gagné en qualité tactique » Cameroun : trois personnes tuées dans une attaque présumée de Boko Haram Nigeria : des bases militaires attaquées par Boko Haram dans le nord-est Contenu sponsorisé par Taboola
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CAN 2019 : Maroc, Algérie et Mali qualifiés, le Burkina et la RDC en difficulté - Jeune Afrique (Mon, 19 Nov 2018)
Le capitaine de l'équipe de foot du Mali, Yacouba Sylla (au centre), face au guinéen Kevin Constant, lors de la CAN 2015. (Archive) © Themba Hadebe/AP/SIPA La 5e journée des éliminatoires aura permis à plusieurs sélections de se qualifier pour la CAN 2019 : Algérie, Maroc, Ouganda, Guinée, Côte d’Ivoire, Mauritanie, Mali et Nigeria n’auront pas à attendre le mois de mars pour valider leur présence au Cameroun (15 juin-13 juillet). Mais d’autres, comme la RDC ou le Gabon, sont en danger. • Ils y sont Après le Cameroun (qualifié d’office), le Sénégal, Madagascar, la Tunisie et l’Égypte, huit nouvelles équipes ont validé leur qualification pour la phase finale. L’Algérie, en s’imposant au Togo (4-1), avec notamment un doublé de Mahrez, a fait oublier son faux-pas survenu au Bénin le 16 octobre dernier (0-1). L’Afrique du Nord sera donc au complet au Cameroun l’été prochain : le Maroc, qui a disposé du Cameroun (2-0), a profité de la défaite du Malawi aux Comores (1-2) pour s’épargner un match décisif à Blantyre au mois de mars prochain. Et la Mauritanie, en s’imposant à Nouakchott face au Botswana (2-1) a décroché sa première qualification pour une phase finale. Ça passe également pour le Nigeria, grâce au match nul obtenu en Afrique du Sud (1-1), pour l’Ouganda (1-0 face au Cap Vert), le Mali (1-0 au Gabon) et pour le duo Guinée–Côte d’Ivoire, après le score de parité (1-1) entre les deux sélections à Conakry. >>> À LIRE – CAN 2019 : Lomé, Conakry, Libreville, Nouakchott… Les enjeux de la 5e journée des éliminatoires • Ils y sont presque Après Madagascar et la Mauritanie, le Burundi pourrait être un des novices lors de la prochaine phase finale. Les Hirondelles, large vainqueur face au Soudan du Sud (5-2), grâce à un quadruplé d’Abdul Razak, n’auront besoin que d’un point face au Gabon à Bujumbura en mars prochain pour devancer les Panthères. Dans le groupe F, c’est très bien parti également pour le Kenya et le Ghana, lequel s’est imposé en Éthiopie (2-0). La CAF communiquera prochainement sur la situation de cette poule, puisque le Sierra Leone, suspendu par la FIFA, compte trois matches de retard. La Guinée-Bissau est en position de force, après son nul en Namibie (0-0), et un point face au Mozambique à domicile lui suffira. Le Bénin et le Zimbabwe n’auront aussi besoin que d’un nul respectivement à Cotonou contre le Togo et à Harare face au Congo pour passer. L’Angola, en cas de succès au Botswana, sera également qualifié. Un nul pourrait faire son affaire si le Burkina Faso ne parvient pas à battre la Mauritanie. >>> À LIRE – CAN 2019 : les affiches de la discorde envahissent les villes camerounaises • Ça se complique La situation du Gabon et du Togo, qui étaient présents lors de la CAN 2017, est complexe. Les Gabonais devront s’imposer au Burundi et les Togolais au Bénin. La RDC, qui a rapporté un point de Brazzaville (1-1), s’est fait devancer par le surprenant Liberia, vainqueur du Zimbabwe (1-0) à Monrovia. Les Léopards devront donc battre obligatoirement battre les compatriotes de George Weah au stade des Martyrs pour assurer leur présence au Cameroun. Le Congo, qui se déplacera au Zimbabwe, est aux portes de l’élimination. Le Burkina Faso, troisième en 2017, n’aura d’autre choix que de s’imposer face à des Mauritaniens déjà qualifiés et miser sur une défaite ou un nul de l’Angola au Botswana. Pour l’Afrique du Sud, une qualification pour la phase finale passe par un match nul face à la Libye, sur terrain neutre. Enfin, dans le groupe L, où l’Ouganda a déjà validé son billet, les trois autres équipes peuvent se qualifier : tout se jouera lors des matches Cap Vert-Lesotho et Tanzanie-Ouganda. Et il faudra sortir la calculette… Déjà 250 000 inscrits ! NEWSLETTER Recevez chaque jour par email, les actus Jeune Afrique à ne pas manquer ! Recevoir des informations de Jeune Afrique Recevez les offres des partenaires de Jeune Afrique Sur le même sujet Panafricain [Tribune] Entre États et opérateurs télécoms, un terrain à déminer Franc CFA : les modalités pour une sortie bientôt étudiées à Bamako Financements : en 2018, record battu pour la BEI en Afrique Football Football : cinq choses à savoir sur Mbaye Diagne, le meilleur buteur d’Europe Gabon : sans salaire et sans contrat depuis des mois, le sélectionneur des Panthères pourrait jeter l’éponge Le partenariat entre la Ligue sénégalaise de football et le diffuseur chinois StarTimes a déjà du plomb dans l'aile CAN 2019 CAN 2019 : « L’Égypte sera prête », affirme la CAF La Côte d’Ivoire accepte d’organiser la CAN 2023 Égypte : la CAN 2019 reportée d’une semaine en raison du ramadan Contenu sponsorisé par Taboola
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Retrait controversé de la CAN au Cameroun et à la Côte d'Ivoire : Ahmad Ahmad s'explique et « assume tout - Jeune Afrique (Thu, 06 Dec 2018)
Ahmad Ahmad, le patron malgache de la CAF, lors d'une visite à Marrakech, au Maroc, en mars 2017. © Mosa'ab Elshamy/AP/SIPA Une semaine après l'annonce par la CAF du retrait de la CAN 2019 au Cameroun et de la CAN 2021 à la Côte d’Ivoire, Ahmad Ahmad, le président de l'instance continentale, explique à Jeune Afrique les raisons de ce choix qui plonge le football africain dans la crise. CAN 2019 : le grand cafouillage Voir tout sommaire CAN 2019 : le grand cafouillage Stades, ambiance, climat... à quoi faut-il s’attendre pour la CAN 2019 en Égypte ? Après le désistement du Maroc, qui de l'Égypte ou de l'Afrique du Sud organisera la CAN 2019 ? Depuis que la Confédération africaine de football (CAF) a annoncé, le 30 novembre dernier, que la CAN 2019 n’aurait pas lieu au Cameroun, le football africain attend de connaître le pays qui sera chargé d’accueillir le tournoi en juin prochain. Le Maroc est déjà dans les starting-blocks, et croit beaucoup à ses chances. >>> À LIRE – Après le retrait de son organisation au Cameroun, la CAN 2019 ira-t-elle au Maroc ? Mais si la question de la Coupe d’Afrique des nations 2019 n’est pas encore tranchée, Ahmad Ahmad a affiché sa volonté de voir le Cameroun organiser la CAN 2021, s’attirant les foudres des Ivoiriens qui devaient accueillir l’événement. La volonté de la CAF de modifier l’agenda des prochaines CAN est loin de rencontrer l’unanimité. De retour au Caire après un détour par l’Érythrée, Ahmad Ahmad, le président de la CAF, s’est longuement entretenu avec Jeune Afrique pour évoquer ces sujets brûlants. Jeune Afrique : Commençons par ce qui a conduit à la première décision, celle de retirer l’organisation de la CAN 2019 au Cameroun… Ahmad Ahmad : (Il coupe) Je vais vous faire une confidence. Je suis le seul membre du comité exécutif (Comex) à ne pas avoir donné mon avis, après la lecture du rapport des différentes missions d’inspection effectuées au Cameroun et le visionnage d’une vidéo très explicite sur la réalité du terrain. Nous sommes fin 2018, et tout n’est pas fini. On ne pouvait plus se permettre d’attendre Il y a eu un tour de table. Chacun s’est exprimé. J’ai écouté tout le monde. Et, je le répète, tous les membres du Comex étaient unanimes : le Cameroun n’est pas prêt pour organiser dans les meilleures conditions la CAN 2019. >>> À LIRE – CAN 2019 : comment la CAF a retiré à l’unanimité l’organisation au Cameroun Il y avait la question sécuritaire, mais ce qui a décidé la CAF à prendre cette décision, c’était avant tout les questions liées aux différentes infrastructures. Les retards étaient donc si importants ? Cela dépendait des sites. Certains sont prêts à 50 %, d’autres à 60 % ou 70 %. La CAN 2019 avait été attribuée au Cameroun en 2014. Nous sommes fin 2018, et tout n’est pas fini. On ne pouvait plus se permettre d’attendre. Le Cameroun sera prêt, mais pas pour 2019 Le Cameroun sera prêt, mais pas pour 2019. J’ai d’ailleurs reçu des messages de Camerounais qui m’ont dit que la CAF avait pris la bonne décision, et que le Cameroun devait assumer. Que fallait-il faire ? Accepter que la CAN 2019 s’y déroule, avec des retards sur différents chantiers – car le tournoi n’est pas seulement une affaire de stades et de terrains d’entraînement – , ou bien accueillir les joueurs, qui sont tout de même les premiers acteurs, dans des conditions qui ne sont pas optimales ? Il faut être sérieux ! Cette décision n’a pas été facile à prendre, car le Cameroun a réalisé des efforts importants, investi beaucoup d’argent, mais on l’assume totalement. Aujourd’hui, l’urgence est de désigner un pays qui accueillera le tournoi en juin et juillet prochains. Ce sera fait avant la fin de l’année, après l’examen des candidatures. Il est question d’un possible recours du Cameroun devant le Tribunal arbitral du sport (TAS)… Oui, j’ai entendu cela… Je ne sais pas. Je ne prête pas trop attention aux bavardages et aux rumeurs… J’ai adressé à Paul Biya un courrier, dans lequel la CAF l’assure qu’elle aidera son pays afin qu’il soit prêt pour 2021 Vous avez contacté très rapidement Paul Biya, le chef de l’État camerounais, pour lui annoncer le verdict… Oui. C’est normal. J’ai contacté son directeur de cabinet, puis j’ai adressé à Paul Biya un courrier, dans lequel la CAF l’assure qu’elle aidera son pays afin qu’il soit prêt pour 2021, à condition bien sûr que le Cameroun soit disposé à accueillir la CAN. >>> À LIRE – Ahmad Ahmad : « On ne peut plus organiser de CAN là où les infrastructures sont insuffisantes » Avez-vous obtenu une réponse ? Pas officielle, mais il y a des contacts. Quand j’ai rencontré Paul Biya à Yaoundé, début octobre, j’avais vraiment compris qu’il tenait à ce que la CAN ait lieu au Cameroun, car son peuple est passionné par le football. Nous proposons donc au Cameroun de prendre le temps de finir de se préparer. Moi, je suis convaincu qu’en 2021, ce pays pourra accueillir la CAN dans d’excellentes conditions. Les Ivoiriens ne semblent guère ouverts à un bouleversement du calendrier. « Affirmer de façon péremptoire et unilatérale que nous ne sommes pas prêts à accueillir la CAN 2021 est choquant et discourtois », a même souligné Claude Paulin Danho, le ministre ivoirien des Sports, dans une interview à Jeune Afrique… Là-aussi, il faut regarder les choses en face : à l’heure où je vous parle, la Côte d’Ivoire n’a quasiment pas avancé. Il y a eu une première mission d’inspection sur place, qui a confirmé la situation. Il y a des stades à construire ou à rénover, des terrains d’entraînement – 18 – mais aujourd’hui, où en est-on vraiment ? Même chose pour l’hôtellerie. Le cahier des charges est formel : il faut un nombre de chambres suffisant pour accueillir les équipes, les officiels, les partenaires économiques, etc, dans des hôtels quatre ou cinq étoiles. Et moi, je ne veux pas que l’on reçoive les joueurs dans de mauvaises conditions, qu’il s’agisse des infrastructures sportives, hôtelières ou autres ! Le ministre ivoirien des Sports aurait peut-être dû expliquer où en est vraiment le pays dans l’avancée des travaux, avec des preuves et des arguments Nous n’avons pas envie de nous retrouver fin 2020 dans la même situation qu’aujourd’hui, en constatant que le pays n’est pas prêt. Il faut que la CAF puisse être certaine bien à l’avance que la CAN pourra se tenir dans les meilleures conditions. Le ministre ivoirien des Sports aurait peut-être dû expliquer où en est vraiment le pays dans l’avancée des travaux, avec des preuves et des arguments, avant de communiquer sur la volonté de la CAF de changer le calendrier. Vous attendez-vous à ce que la Côte d’Ivoire conteste cette décision devant la justice ? Ils feront ce qu’ils veulent. Nous assumerons. Mais de mon côté, je suis en contact avec le président Ouattara. L’organisation d’une CAN, c’est avant tout l’affaire de l’État. À Accra, j’avais invité des présidents de fédérations africaines à l’occasion de la CAN féminine. Augustin Sidy Diallo, le président de la Fédération ivoirienne de football (FIF), était là. Il s’est juste contenté de me saluer au petit-déjeuner. Moi, j’aurais aimé qu’il vienne me parler du football en Côte d’Ivoire, de la CAN… La Guinée, qui devait organiser la CAN 2023, devrait donc, si le nouveau calendrier souhaité par la CAF est adopté, accueillir la compétition en 2025… Pour l’instant, je ne parle pas de la Guinée. On le fera en temps voulu. La CAN se jouera à 24 dès 2019, au lieu de 16 jusqu’à présent, ce qui rend le cahier des charges encore plus exigeant que par le passé. Et peu de pays semblent en capacité de l’honorer… Je ne suis pas parfait. Mais je préfère dire les choses. J’assume tout Il y a des pays qui disposent de grosses infrastructures : le Maroc, l’Afrique du Sud, l’Égypte… Et le Cameroun, bientôt. Il ne faut pas oublier qu’une CAN, ce n’est pas que des stades. Un pays qui l’organise réalise des investissements dans d’autres domaines, dont il profitera dans le temps. Je pense que nous aurons à terme des CAN organisées par deux ou trois pays. On parle d’Union africaine, de panafricanisme. Ce sont juste des slogans ou une réalité ? À l’avenir, on pourrait parfaitement imaginer des co-organisations. La Coupe du monde 2026 se jouera bien dans trois pays (États-Unis, Mexique et Canada) ! Comprenez-vous que certains vous reprochent de ne pas être assez diplomate dans votre communication, au premier rang desquels les Ivoiriens… Peut-être… Je ne suis pas parfait. Mais je préfère dire les choses. J’assume tout. Ce que je veux, c’est que le football africain fonctionne bien, qu’il soit bien organisé. La CAN, c’est la compétition phare de l’Afrique. C’est un événement pour tout le continent, mais qui est également très suivi ailleurs.  Et elle doit se dérouler dans les meilleures conditions possibles. Sur cette question, je suis très clair ! À lire aussi Retrait de la CAN 2021 à la Côte d’Ivoire : « C’est inacceptable de jeter ainsi l’opprobre sur nous » CAN 2019 : comment la CAF a retiré à l'unanimité l'organisation au Cameroun Après le retrait de son organisation au Cameroun, la CAN 2019 ira-t-elle au Maroc ? Lire les autres articles du dossier Voir tout sommaire «CAN 2019 : le grand cafouillage» Stades, ambiance, climat... à quoi faut-il s’attendre pour la CAN 2019 en Égypte ? Après le désistement du Maroc, qui de l'Égypte ou de l'Afrique du Sud organisera la CAN 2019 ? [Tribune] Le foot africain doit tout à ses joueurs… et rien à ses dirigeants Retrait de la CAN au Cameroun : enquête sur un double fiasco CAN 2019 : invoquant le règlement de la CAF, les Comores réclament la disqualification du Cameroun CAN 2019 : l'appel à candidatures officiellement lancé pour remplacer le Cameroun CAN 2019 : retour sur la vraie-fausse candidature du Congo-Brazzaville CAN 2019 : comment la CAF a retiré à l'unanimité l'organisation au Cameroun CAN : le Cameroun « d'accord » pour organiser l'édition 2021 Après le retrait de son organisation au Cameroun, la CAN 2019 ira-t-elle au Maroc ? CAN 2019 : le Cameroun, plus qualifié d'office, jouera sa place le 22 mars face aux Comores Football : la CAN 2019 officiellement retirée au Cameroun par la CAF Football : le Cameroun n’est pas prêt à accueillir la CAN 2019, selon la commission d’organisation de la CAF CAN 2019 : le Cameroun dans l’attente de la décision de la CAF Sur le même sujet Côte d'Ivoire Côte d'ivoire : Ouattara défend le franc CFA, « une monnaie solide » Côte d’Ivoire : Guillaume Soro réaffirme ses ambitions mais reste vague sur la présidentielle Faillite de Saf Cacao : le gendarme ivoirien de la filière dénonce la gestion de ses prédécesseurs Football Football : cinq choses à savoir sur Mbaye Diagne, le meilleur buteur d’Europe Gabon : sans salaire et sans contrat depuis des mois, le sélectionneur des Panthères pourrait jeter l’éponge Le partenariat entre la Ligue sénégalaise de football et le diffuseur chinois StarTimes a déjà du plomb dans l'aile Ahmad Ahmad Côte d’Ivoire : comment Ahmad Ahmad a obtenu l’accord d’Alassane Ouattara pour la CAN 2023 CAN 2025 : la Guinée rejette la proposition sénégalaise de co-organisation Joueur africain de l’année : Mohamed Salah élu pour la 2e année consécutive CAN 2019 CAN 2019 : « L’Égypte sera prête », affirme la CAF La Côte d’Ivoire accepte d’organiser la CAN 2023 Égypte : la CAN 2019 reportée d’une semaine en raison du ramadan Contenu sponsorisé par Taboola
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Coup d'État à São Tomé-et-Prìncipe : les dessous de l'opération « Àguia - Jeune Afrique (Tue, 26 Jun 2018)
Patrice Trovoada, Premier ministre de Sao Tomé-et-Principe, en septembre 2012 à la tribune de l'ONU. © REUTERS/Keith Bedford Une tentative de coup d'État armé contre le Premier ministre de l'archipel a été déjouée le 21 juin. Un sergent et un ancien ministre ont été arrêtés. Une opération qui intervient trois mois avant les prochaines élections législatives. Deux militaires et un ancien ministre : ce combo comptait, à lui seul, renverser le pouvoir à São Tomé-et-Prìncipe. Ce sont en tout cas les premières conclusions de l’enquête ouverte après l’arrestation, dans la nuit du 20 au 21 juin, de deux Santoméens suspectés d’avoir fomenté un coup d’État contre le Premier ministre Patrice Trovoada. Mais les comploteurs présumés ne sont pas allés au bout de leur projet : ils ont été arrêtés avant même de passer à l’action. L’un est un sergent de l’armée, Ajax Managem. Le second militaire qui aurait dû participer à l’opération n’a toujours pas été identifié. Le troisième larron est un ancien ministre, Gaudencio Costa, suspecté d’être l’un des commanditaires. Ce député, membre du bureau politique du MLSTP / PSD, principal parti d’opposition, a finalement été relâché le 22 juin et assigné à résidence jusqu’à son procès. Managem a, lui, été placé en détention dans une prison militaire de l’île. C’est l’enregistrement d’une conversation entre ces deux personnalités qui a permis aux enquêteurs d’en savoir un peu plus sur leurs intentions présumées. >>> A LIRE – Présidentielle à São Tomé-et-Príncipe : la fin d’une histoire sans fin Retour en arrière. Mi-avril, des mouvements d’argent et des réunions inhabituelles attirent l’attention des services de renseignement locaux, qui décident de placer sous surveillance Ajax Managem et Gaudencio Costa. Un enregistrement de dix minutes d’une conversation est récupéré. Les enquêteurs comprennent alors qu’une pièce en deux actes est en train de s’écrire. Acte 1 : décapiter « Àguia » Acte 1 : supprimer le principal obstacle à la victoire du MLSTP / PSD lors des prochaines législatives, prévues en octobre prochain. Et cet obstacle n’est autre que le Premier ministre Patrice Trovoada, leader de l’Action démocratique indépendante (ADI), au pouvoir depuis 2014 et qui briguera un second mandat de quatre ans à l’issue des législatives. Tu seras un héros national, tu auras libéré le peuple d’un dictateur et tu seras promu à de hautes responsabilités D’après les enquêteurs, Gaudencio Costa est missionné pour convaincre des militaires de participer à l’opération. C’est ainsi qu’Ajax Managem est approché. « Tu seras un héros national, tu auras libéré le peuple d’un dictateur et tu seras promu à de hautes responsabilités », insiste Costa. Ambitions, honneurs… Il n’en fallait pas davantage pour retourner le gradé. Les protagonistes optent pour une option radicale : « Il faut mettre une balle dans la tête de l’aigle [« Àguia » en portugais, le nom de code pour désigner Trovoada, ndlr] », estime l’un d’eux. Un sniper serait ainsi chargé de la besogne, tandis qu’un autre homme armé devait faire diversion. Une première date est programmée : le 9 juin. Finalement, l’opération est repoussée au 21 juin, lors de la parade militaire prévue à l’occasion de la visite du Premier ministre portugais Antonio Costa. « Il sera immobile, ce sera bien plus simple pour viser », estiment, en substance, les conspirateurs. Acte 2 : opération manipulation Acte 2 : ne pas revendiquer l’attaque. Selon une source santoméenne, Costa insiste sur le fait qu’il faudra, une fois le forfait accompli, condamner fermement cet assassinat, et même organiser des manifestations pour écarter la piste d’un coup d’État et orienter les autorités vers un règlement de compte ou l’œuvre d’un déséquilibré. La suite de la pièce aurait dû être celle-ci : manipulée, la population se serait révoltée et le pays se serait enfoncé dans une grave crise politique. C’est à ce moment que le MLSTP / PSD avait imaginé récupérer le pouvoir. Heureusement pour les Santoméens et le Premier ministre, l’épilogue n’aura pas lieu. Mais l’affaire est loin d’être réglée. D’abord parce que tous les acteurs n’ont pas encore été identifiés. Qui était de mèche avec Gaudencio Costa ? Si son parti s’est officiellement désolidarisé de cette opération, son porte-parole, Américo Barros, a néanmoins demandé à ce que la présomption d’innocence soit respectée. « Le parti est actuellement divisé, il y a certainement des personnes en son sein qui ont au minimum laissé faire, sinon aidé », estime-t-on à São Tomé. Nous avons déjà identifié deux Français bien connus dans le milieu du mercenariat en Afrique centrale Autre interrogation : qui est l’autre militaire entendu sur l’enregistrement ? Et y a-t-il d’autres hommes en uniforme impliqués dans l’opération « Àguia » ? À ce jour, aucune réponse à ces questions. Un mystérieux « conseiller français » Mais, plus troublant encore, l’évocation dans l’enregistrement d’un « conseiller français » qui aurait donné des instructions. Qui est-il ? « Nos enquêteurs travaillent main dans la main avec Interpol, explique Patrice Trovoada à Jeune Afrique. Nous avons déjà identifié deux Français bien connus dans le milieu du mercenariat en Afrique centrale, qui sont venus plusieurs fois à São Tomé. Mais nous n’avons aucune certitude car nous n’avons plus aucune trace d’eux dans le pays depuis deux ans. Sont-ils revenus clandestinement depuis ? Nous n’en avons aucune idée, mais l’enquête devrait le déterminer. Et nous demanderons bien sûr l’aide de la France pour y voir plus clair. » La visite du Premier ministre portugais, António Costa, qui devait se rendre à São Tomé le 21 juin, a été repoussée, « d’un commun accord », à fin juillet. Cet épisode a par ailleurs ravivé de douloureux souvenirs. En effet, cette ancienne colonie portugaise de seulement 300 000 âmes a déjà connu plusieurs coups d’État ou tentatives de putsch depuis son indépendance, en 1975. En août 1995, le président de la République Miguel Trovoada (le père de Patrice) avait ainsi été arrêté par des militaires putschistes. Il avait été relâché quelques jours plus tard et les militaires à l’origine de la tentative de putsch, graciés. Une autre tentative, en juillet 2003, avait été menée contre la Première ministre María Das Neves. À lire aussi São Tomé-et-Príncipe officialise ses noces avec Pékin Sur le même sujet São Tomé-et-Príncipe São Tomé-et-Príncipe - Patrice Trovoada : « À l'ADI, nous avons péché par excès de confiance » São Tomé-et-Principe : à couteaux tirés, trois mois avant les législatives Carte : combien coûtent les passeports en Afrique ? Politique [Tribune] Présidentielle au Sénégal : quand Abdoulaye Wade joue avec le feu Syrie : les jours de l'organisation État islamique sont comptés, selon un commandant syrien Côte d'Ivoire : naissance d'un parti politique pro-Soro en vue de la présidentielle de 2020 Contenu sponsorisé par Taboola
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Burkina : « Des amis en Côte d'Ivoire » ont financé « nos actions politiques », affirme Léonce Koné - Jeune Afrique (Sat, 20 Oct 2018)
Des militaires burkinabè près de l'entrée de l'hôtel Libya, où des discussions sur le coup d'État ont eu lieu dimanche 20 septembre 2015 à Ouagadougou, au Burkina Faso. © Theo Renaut/AP/SIPA Mis en cause pour son implication présumée dans le coup d’État manqué de septembre 2015, Léonce Koné, l’un des poids lourds du CDP, l’ancien parti au pouvoir, a affirmé à la barre que de l’argent « collecté auprès d'amis en Côte d'Ivoire et dans la sous-région » lui avait seulement été remis pour soutenir les « actions politiques » de son parti. En septembre 2015, Léonce Koné, deuxième vice-président du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP, l’ex-parti au pouvoir) avait implicitement apporté son soutien  aux putschistes. Mercredi 17 octobre, trois ans plus tard, celui qui a dirigé le directoire du CDP au lendemain de la chute de Blaise Compaoré, en octobre 2014, a comparu – libre – à la barre du tribunal militaire devant lequel se déroule le procès des auteurs présumés de la tentative de déstabilisation de la Transition. L’ancien banquier doit y répondre des charges de « complicité d’attentat à la sûreté de l’État » et de « coups et blessures volontaires ». « Une initiative des jeunes soldats » « Nous avons approuvé le changement de régime car la Transition était arrivée à des dérives en nous empêchant de participer aux élections », a-t-il d’abord déclaré. Mais l’intéressé a nié, en revanche, toute responsabilité dans le déclenchement du putsch : « Rien dans ce dossier ne m’ébranle », a-t-il affirmé. >>> À LIRE – Burkina : au procès du putsch manqué de 2015, « Rambo » reconnaît les faits Au fil de son témoignage, la version livrée par Léonce Koné tranche avec celle défendue par les sous-officiers du RSP, l’ex-garde prétorienne de Blaise Compaoré. Là où ces derniers affirment avoir agi sur instructions du général Gilbert Diendéré, lui affirme au contraire que l’ancien chef d’état-major de Blaise Compaoré n’a pas été à l’origine du putsch. « Le général [Diendéré] nous a dit qu’il s’agissait d’une initiative des jeunes soldats pour provoquer un changement de régime et qu’il les a relayés en prenant la direction [du mouvement] », assure Léonce Koné devant ses juges. À la même barre, en juillet dernier, l’adjudant Jean-Florent Non avait, lui, directement mis en cause le général Diendéré, affirmant qu’il les avait « instruits de faire le coup d’État ». La thèse du financement ivoirien Léonce Koné est également revenu sur la question des 50 millions de FCFA que la justice militaire l’accuse d’avoir reçu des mains du général putschiste pour organiser des actions de soutien à ce qu’il qualifie de « changement de régime ». Une somme qui, à en croire Léonce Koné, lui aurait été en partie versée – ainsi qu’à l’ancien ministre René Émile Kaboré, en fuite – par des « amis ivoiriens ». « C’est le fruit d’une collecte de fonds auprès de ces amis pour soutenir nos actions politiques », s’est il justifié. « Vingt millions étaient pour le parti majoritaire, le CDP. Cinq millions étaient destinés à l’alliance des partis politiques et le reste, 25 millions, était réservés pour des besoins ultérieurs », a-t-il encore affirmé à l’audience. >>> À LIRE – L’État ivoirien a-t-il apporté son aide aux putschistes burkinabè ? Face à l’accusation, qui assure que le général Diendéré aurait lui-même reçu ces subsides du général Vagondo Diomandé, le chef d’état-major particulier du président ivoirien Alassane Ouattara, Léonce Koné reste sur sa position. « Cette somme a été collectée auprès d’amis en Côte d’Ivoire et dans la sous-région », martèle-t-il. Et de préciser que, sur ces 50 millions, 15 millions de FCFA sont issus de ses propres économies. Ce financement, selon lui, n’aurait aucun rapport avec la tentative de coup de force. « Les 50 millions mobilisés n’ont rien à voir avec le coup d’État », insiste-t-il. L’audition des 84 accusés, qui comparaissent l’un après l’autre depuis juin devant le tribunal militaire – délocalisé dans la salle des banquets de Ouaga 2000, quartier chic de la capitale -, touche désormais à sa fin. La comparution des généraux Gilbert Diendéré et Djibrill Bassolé, considérés par l’accusation comme les principaux instigateurs du coup d’État, qui a fait 14 morts et 251 blessés, devraient se tenir dans les prochains jours. Erratum Cet article, publié le 18 octobre 2018 et initialement intitulé « Burkina : le putsch manqué a été financé par “des amis en Côte d’Ivoire”, affirme Léonce Koné », comportait des approximations et inexactitudes que nous avons, depuis, rectifiées. Nous nous en excusons auprès de nos lecteurs et de M. Léonce Koné, qui nous a adressé la mise au point suivante : « Il était indiqué en substance dans votre article que, à l’occasion de ma déposition devant la chambre de première instance du tribunal militaire de Ouagadougou, en qualité d’accusé pour complicité d’attentat à la sûreté de l’État, j’aurais déclaré que « de l’argent collecté auprès d’amis en Côte d’Ivoire et dans la sous-région a été envoyé aux putschistes ». Je déments formellement cette affirmation, qui ne correspond à aucune de mes déclarations. Si j’ai reconnu avoir reçu, en même temps que mon allié politique René Emile Kaboré, une somme d’argent collectée auprès de nos amis respectifs résidant en Côte d’Ivoire et dans la sous-région, j’ai clairement indiqué que ce concours, provenant de sources exclusivement privées, était destiné à financer les activités des partis membres de notre regroupement, la Coalition pour la République, à un mois des élections législatives au Burkina. J’ai récusé que ce financement ait été affecté à l’exécution du putsch ou à un quelconque soutien politique en faveur de cette opération. Même s’il ne fait aucun mystère qu’à l’occasion de cette crise, nos partis ont clairement pris position pour une révision profonde de l’organisation de la transition politique au Burkina, dans le cadre d’un dialogue inclusif, sous l’égide de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao). Ce qui correspond à l’exercice normal de la liberté d’opinion dans une démocratie. Je n’ai pas besoin d’attirer votre attention sur le fait que la publication d’informations fausses, non vérifiées, concernant un procès qui est en cours est de nature, non seulement à induire vos lecteurs en erreur mais aussi à me causer de graves préjudices. » À lire aussi Putsch manqué au Burkina : le chef des opérations affirme avoir agi sur « instruction indirecte » de Diendéré Burkina : au procès du putsch manqué de 2015, "Rambo" reconnaît les faits Putsch manqué au Burkina : "Diendéré était au courant", déclare un adjudant du RSP à la barre Déjà 250 000 inscrits ! NEWSLETTER Recevez chaque jour par email, les actus Jeune Afrique à ne pas manquer ! 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Burkina Faso : un cadre canadien d'une compagnie minière enlevé - Jeune Afrique (Thu, 17 Jan 2019)
Une unité de l'armée burkinabè lors de l'attaque de l'état-major, à Ouagadougou, le 2 mars 2018. © Ludivine Laniepce/AP/SIPA Un Canadien, cadre d'une compagnie minière, a été enlevé mardi soir par des hommes armés dans l'est du Burkina Faso dans la province de Yagha. Lors d’un raid, « un expatrié canadien a été enlevé dans la soirée du mardi 15 janvier, aux environs de 19h45, sur le site de Tiabangou, dans la commune de Mansila », a déclaré mercredi à l’AFP le ministre burkinabè de la Sécurité, Clément Sawadogo, confirmant des informations d’autres sources. Selon une source minière, le responsable kidnappé est le vice-président de la société canadienne Progress Minerals, Kirk Woodman, géologue et responsable de l’exploration minière au Burkina Faso et en Côte d’Ivoire. « Les agents qui travaillaient ont été assaillis par une dizaine d’hommes en armes qui ont regroupé le personnel. Ils ont fouillé le camp de base et enlevé certains matériels. Ils ont amené avec eux cet expatrié, arrivé au Burkina le 10 janvier », a détaillé le ministre. Progress Minerals « procédait à des explorations » sur un site aurifère, a-t-il précisé. Tiabongou est situé dans la province de Yagha, près des frontières du Mali et du Niger, dans une région en proie à des attaques jihadistes récurrentes. Réactions canadiennes L’annonce de cet enlèvement avait été faite plus tôt dans la journée par un haut responsable canadien, s’exprimant sous le couvert de l’anonymat. « Nous sommes en contact avec les autorités du Burkina Faso, qui sont très impliquées, ainsi que les agences canadiennes concernées, dans cette situation difficile », a assuré la ministre canadienne des Affaires étrangères, Chrystia Freeland. « Nous avons confiance et foi dans les autorités canadiennes pour ramener notre mari et père en toute sécurité à la maison. Nous avons l’espoir d’une résolution rapide de l’affaire », a déclaré la famille Woodman dans un communiqué transmis aux médias canadiens. Le Canada dispose de 250 militaires et de huit hélicoptères déployés dans le nord du Mali voisin, dans le cadre de la mission des Nations unies dans ce pays (Minusma). Le directeur général de Progress Minerals, Adam Spencer, s’est refusé à tout commentaire. Multiples enlèvements Une Canadienne et un Italien sont également portés disparus depuis un mois au Burkina Faso. Selon les médias canadiens, Edith Blais, 34 ans, originaire de Sherbrooke, à 160 kilomètres à l’est de Montréal, n’a pas donné de nouvelles depuis le 15 décembre. La jeune femme et son compagnon, Lucas Tacchetto, 30 ans, originaire de Venise, étaient partis, par la route, d’Europe vers l’Afrique de l’Ouest, selon les médias locaux. « Tout est mis en oeuvre pour rechercher cet expatrié et les deux autres expatriés, un couple canado-italien, disparus il y a quelques jours dans notre pays. Notre dispositif sécuritaire est en alerte pour rechercher et retrouver ces hommes qui se sont dirigés selon les informations vers la frontière nigérienne » après l’attaque de Tiabangou, a déclaré le ministre burkinabè de la Sécurité. >>> À LIRE – Pour le FMI, les chocs sécuritaires au Burkina Faso rendent cruciale l’accélération des réformes Les prises d’otages se multiplient dans le pays, confronté depuis 2015 à des attaques jihadistes de plus en plus fréquentes et meurtrières. En septembre 2018, un Indien et un Sud-Africain travaillant également dans le secteur minier ont été enlevés sur la mine d’or d’Inata au Nord-Ouest. En janvier 2016, un couple australien, le Docteur Kenneth Elliot et son épouse Jocelyn, qui dirigeaient une clinique depuis de nombreuses années, avaient été enlevés à Djibo. Jocelyn Elliot avait été libérée après un an de captivité, mais son époux demeure captif. Un Roumain, Iulian Ghergut, qui travaillait pour l’énorme mine de manganèse de Tambao (nord), est toujours détenu par des jihadistes depuis son enlèvement en avril 2015. À lire aussi Burkina Faso : une marche pour réclamer « vérité et justice » après les violences ethniques Burkina : le remaniement à la tête de l'armée, une nouvelle étape dans la lutte antiterroriste ? Déjà 250 000 inscrits ! NEWSLETTER Recevez chaque jour par email, les actus Jeune Afrique à ne pas manquer ! Recevoir des informations de Jeune Afrique Recevez les offres des partenaires de Jeune Afrique Sur le même sujet Burkina Faso Burkina Faso : un prêtre espagnol et quatre douaniers tués dans une attaque jihadiste Burkina : un médecin militaire tué par l'explosion d'un cadavre piégé Burkina : face à la crise sécuritaire, Roch Marc Christian Kaboré réorganise l'armée Sécurité Syrie : les jours de l'organisation État islamique sont comptés, selon un commandant syrien Mali : la Coordination des mouvements de l’Azawad impose des nouvelles règles aux habitants de Kidal Burkina Faso : un prêtre espagnol et quatre douaniers tués dans une attaque jihadiste Contenu sponsorisé par Taboola
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Entre le Nigeria et le Bénin, un nouveau poste-frontière sur la route de l'enfer - Jeune Afrique (Sun, 28 Oct 2018)
Des personnes se rendent au nouveau poste-frontière entre le Nigeria et le Bénin, à Seme-Kraké, le 23 octobre 2018. © PIUS UTOMI EKPEI / AFP Entre les voyageurs et commerçants obligés de négocier avec des fonctionnaires corrompus, les colporteurs en tous genres et les motos-taxis se bousculant pour passer de l'autre côté, la frontière entre le Bénin et le sud-ouest du Nigeria est connue pour être un cauchemar. Mais l’inauguration d’un point de passage flambant neuf sur la route cabossée reliant les deux pays pourrait permettre de faciliter la circulation des biens et des personnes au sein de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (Cédéao). Le président Muhammadu Buhari a fait le voyage en hélicoptère mardi pour couper le ruban du poste-frontière de Seme-Kraké en compagnie de son homologue béninois, Patrice Talon. Le site de 17 hectares, construit pour quelque 18,3 millions d’euros, est équipé de scanners ultra-modernes pour détecter les marchandises illicites. Et les agents de la douane et de l’immigration ont désormais de vrais bureaux, alors qu’ils s’entassaient jusque-là dans des cabanes de fortune ou des conteneurs aménagés. Selon le président de la Commission de la Cédéao, Jean-Claude Kassi-Brou, le nouveau poste va non seulement booster le commerce mais aussi contribuer à lutter contre les fraudes, les trafics et la corruption en tous genres. L’Union européenne (UE) finance la Cédéao à hauteur de 64 millions d’euros pour créer sept infrastructures similaires sur le trajet allant du Nigeria à la Côte d’Ivoire, entre le Ghana et le Burkina Faso, et entre la Guinée et le Mali. « Une meilleure circulation des personnes, des biens et des services (…) se traduit par la création d’emplois, de possibilités de développement et d’opportunités », explique à l’AFP Ketil Karlsen, ambassadeur de l’UE au Nigeria et à la Cédéao. Contrebande À première vue, l’idée de favoriser le commerce formel semble relever du bon sens, en particulier à Seme-Kraké, l’un des passages frontaliers les plus fréquentés d’Afrique. Environ 70 pour cent des échanges sous-régionaux transitent par l’axe routier s’étendant sur 900 km le long de la côte atlantique, de Lagos à Abidjan. Le Nigeria – comme le Bénin, dont l’économie dépend grandement de son voisin anglophone – a en outre bien besoin de stimuler une croissance économique en berne, avec environ 87 millions d’habitants vivant dans une pauvreté extrême sur 190 millions. Pour l’économiste nigérian Nonso Obikili, le poste de Seme-Kraké devra démontrer qu’effectuer des formalités administratives au passage d’une frontière terrestre peut s’avérer aussi efficace qu’à l’entrée d’un port maritime. Certains observateurs s’interrogent toutefois sur l’utilité d’un tel investissement dans l’espace Cédéao, où prévaut depuis longtemps la libre circulation entre les 15 pays, et où les voyageurs privilégient souvent les itinéraires informels. Une étude de l’Institut national des statistiques (Insae) de 2011 au Bénin a recensé 171 points de passages frontaliers avec le Nigeria, le Burkina Faso et le Niger voisins. Ainsi les véhicules d’occasion, le carburant et les produits agroalimentaires, objets d’un intense commerce illicite, transitent généralement par la brousse pour échapper aux restrictions d’importations et aux tarifs douaniers exorbitants mis en place par un Nigeria très protectionniste. Les motos chargées de sacs de riz asiatique et les voitures aux suspensions arrière dangereusement affaissées sont courantes sur les routes des zones frontalières. « En termes de contrebande, je ne pense pas que cela fasse de grande différence », estime Nonso Obikili. « Les trafiquants n’utilisent pas vraiment la frontière au niveau de Seme, qui est très surveillée ». Route de la « disgrâce » À l’approche des élections générales prévues début 2019, le gouvernement nigérian ne cesse de vanter les grand travaux d’infrastructure (routes, rails, aéroports) achevés ces trois dernières années. Les 70 km séparant la frontière béninoise de Lagos n’en font pas partie, et, avec les innombrables nids-de-poule éparpillés sur cet axe surnommé « la disgrâce internationale », il faut plus d’une demi-journée pour arriver à destination. Camions, voitures et motos serpentent à une vitesse d’escargot pour éviter les trous remplis de boue, mais aussi les décharges d’ordures ménagères et les débris de construction abandonnés au milieu de la voie. Le ministre des Affaires étrangères Geoffrey Onyeama, qui s’est rendu à l’inauguration du poste-frontière en voiture, a affirmé devant la presse que l’état de la route était « totalement inacceptable ». « Vous ne pouvez pas parler de libre circulation des personnes et des biens sans l’infrastructure préalable nécessaire pour la faciliter », a-t-il déclaré. Ce n’est peut-être pas une coïncidence si les ministres ont approuvé mercredi le déblocage de 63 milliards de naira (153 millions d’euros) pour réhabiliter la route. Mais le financement n’est pas synonyme de garantie au Nigeria, où la corruption gangrène bien souvent les travaux d’infrastructure, avec des projets lancés par un politicien qui ne sont pas toujours poursuivis par ses successeurs. À lire aussi Commerce : quand le Nigeria s'enrhume, le Bénin éternue Déjà 250 000 inscrits ! NEWSLETTER Recevez chaque jour par email, les actus Jeune Afrique à ne pas manquer ! 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