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Burkina Faso – Alpha Barry : « Nos relations avec la Côte d'Ivoire ne peuvent être quelconques » - Jeune Afrique (jeu., 11 mai 2017)
Après s’être employé à restaurer la confiance des partenaires, le chef de la diplomatie burkinabè, Alpha Barry, continue de les mobiliser autour des défis sécuritaires, démocratiques et économiques que doit relever le pays. dans ce dossier Burkina Faso : l'art du rebond Il fut un familier du Guinéen Sékouba Konaté, puis a conseillé son successeur, Alpha Condé, dont il est proche, comme il l’est des présidents togolais et nigérien Faure Gnassingbé et Mahamadou Issoufou… Le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération et des Burkinabè de l’extérieur est un homme de réseaux. Avant de s’engager en politique, Alpha Barry, 47 ans, a fait carrière dans les médias. Diplômé en journalisme et en sociologie de l’université de Ouagadougou, il a intégré l’équipe de la radio privée Horizon FM, puis celle du Journal du soir (1994-2000). Correspondant de Radio France internationale à Ouagadougou de 1997 à 2012, il a collaboré avec plusieurs rédactions panafricaines ou internationales (dont Jeune Afrique, France 24 et Reuters Télévision) et, en 2008, a fondé Radio Oméga, devenue l’une des stations burkinabè les plus suivies pour la qualité de leur information et leur couverture de l’actualité en temps réel. Il officiait depuis 2011 comme conseiller spécial du président guinéen lorsqu’il a été appelé par le président Roch Kaboré pour prendre la tête de la diplomatie, le 12 janvier 2016. Entre les attentats terroristes perpétrés trois jours plus tard à Ouagadougou et la quasi-crise diplomatique avec le voisin ivoirien due aux mandats d’arrêt lancés contre Guillaume Soro et l’ex-président Blaise Compaoré, les dossiers brûlants ne manquaient pas. Jeune Afrique : Quel bilan dressez-vous de votre première année d’exercice ? Alpha Barry : Il est positif, car le Burkina est de retour sur la scène internationale. Dès l’installation du gouvernement, nous avons travaillé à la relance économique, ce qui passait par la remobilisation de certains partenaires occidentaux, arabes et asiatiques : partout où des projets étaient à l’arrêt, nous nous sommes attelés à les redémarrer, en expliquant aux uns et aux autres que le Burkina était un pays auquel ils pouvaient faire confiance. Ce travail a permis de relancer des projets routiers, la construction d’hôpitaux, les forages, etc. Il a aussi abouti au succès de la Conférence de Paris, en décembre 2016, avec des promesses de financement de 28 milliards d’euros expriméespar les bailleurs traditionnels et le secteur privé international. En outre, à la fin de la transition politique, le Burkina a été salué comme un modèle pour son insurrection populaire et pour la résistance de son peuple à la tentative de coup d’État du général Diendéré. Nous avons expliqué à nos partenaires que ce modèle démocratique a besoin de soutiens pour prospérer. Aujourd’hui, le danger est à nos portes, il est même chez nous. Nous devons nous concentrer sur nous-mêmes et sur la sécurisation de notre territoire pour y faire face Enfin, la sécurité a été l’un des piliers de notre action diplomatique. Nous avons défendu l’idée d’un renforcement de la Mission des Nations unies au Mali [Minusma] et, surtout, du retour du bataillon de la mission de maintien de la paix au Darfour pour renforcer notre dispositif sécuritaire. Nous avons aussi œuvré avec l’ONU pour le redéploiement de nos troupes à l’intérieur du Mali et le repositionnement du G5 Sahel auprès de la communauté internationale. Le Burkina de Blaise Compaoré s’illustrait par ses médiations. Comment le pays se positionne-t-il aujourd’hui ? Le contexte a bien changé. Avant, le danger se situait ailleurs, dans d’autres pays où il fallait se rendre pour mener des médiations. Aujourd’hui, le danger est à nos portes, il est même chez nous. Nous devons nous concentrer sur nous-mêmes et sur la sécurisation de notre territoire pour y faire face. Comment avez-vous contribué à apaiser les rapports qui s’étaient extrêmement tendus avec la Côte d’Ivoire pendant la transition ? Le réchauffement a été avant tout une volonté de nos deux chefs d’État. Juste après l’installation du gouvernement, fin janvier 2016, ils se sont rencontrés au sommet de l’Union africaine, à Addis-Abeba, et ont décidé de privilégier la diplomatie. Avec le mandat d’arrêt qui venait d’être émis par la justice burkinabè contre le président de l’Assemblée nationale ivoirienne, Guillaume Soro, et l’attaque de la poudrière de Yimdi [en banlieue de Ouaga, le 22 janvier 2016] par des soldats de l’ex-Régiment de sécurité présidentielle [RSP] réfugiés en Côte d’Ivoire, il est évident que les tensions étaient perceptibles. L’axe Abidjan-Ouaga est comparable au couple Paris-Berlin en Europe Les deux présidents ont choisi le dialogue, car l’interpénétration est telle entre nos pays qu’il ne pouvait en être autrement. D’autant que Roch Marc Christian Kaboré et Alassane Ouattara entretiennent des rapports privilégiés, qui ont facilité l’apaisement – entre eux, ils s’appellent « neveu » et « tonton » pour plaisanter, parce que le père du président Kaboré était un collègue d’Alassane Ouattara à la Banque centrale [Banque centrale des États d’Afrique de l’Ouest, BCEAO, dont Charles Bila Kaboré a été vice-gouverneur de 1975 à 1982, avant de passer le relais à Alassane Ouattara]. Je pense que, de toute façon, le Burkina Faso, qui compte 4 millions de ressortissants en Côte d’Ivoire, ne peut entretenir avec elle une relation quelconque, et vice-versa. L’axe Abidjan-Ouaga est comparable au couple Paris-Berlin en Europe. L’affaire des écoutes présumées impliquant Guillaume Soro et Djibrill Bassolé dans le putsch raté de mi-septembre 2015 est-elle définitivement close ? Cette affaire relève de la justice. Nous n’en avons géré que les conséquences politiques et diplomatiques, mais n’interférons pas dans le dossier lui-même, au nom la séparation des pouvoirs. Nous avons toujours expliqué que ce mandat n’est pas une volonté du gouvernement contre les autorités ivoiriennes, mais la décision d’un juge. Et nous avons été plutôt bien compris par nos frères ivoiriens sur ce point. Cela a dépassionné le débat. Le Burkina considère-t-il toujours la présence de l’ex-président Blaise Compaoré au bord de la lagune Ébrié comme une source de menace ? Écoutez… [Silence]. Nous n’avons pas l’intention de nous mêler des affaires de la Côte d’Ivoire. Le fait que Blaise Compaoré y soit réfugié ne nous empêche pas d’avoir d’excellentes relations avec ce pays frère. Nos amis ivoiriens nous ont donné des assurances. Nous nous en tenons à cela. Ces derniers mois, le pays est confronté aux attaques répétées de groupes terroristes dans le Nord. Comment y répondre ? Le gouvernement organise la riposte, et les forces de défense se préparent activement pour mener cette guerre asymétrique. Petit à petit, avec les troupes du Mali et du Niger, notre armée met en place la force multinationale de sécurisation des frontières dans la zone du Liptako-Gourma. Cette force composée de 2 000 hommes et placée sous commandement nigérien va mener des opérations conjointes aux frontières des trois pays, à l’image de celles qui sont organisées autour du lac Tchad. Et nous appelons la communauté internationale à coopérer, et à soutenir le G5 Sahel en matière de logistique, d’équipements, de moyens de renseignements et de surveillance. Lire les autres articles du dossier «Burkina Faso : l'art du rebond»
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Burkina – Côte d'Ivoire : à Abidjan, Blaise Compaoré et son épouse coulent des jours tranquilles - Jeune Afrique (ven., 28 avril 2017)
Dans leur patrie d’adoption, Blaise Compaoré et son épouse, Chantal, ont élu domicile dans une villa cossue de Cocody-Ambassades, un quartier chic d’Abidjan. Dotée d’un vaste jardin et d’une piscine moderne, cette agréable villa – qui jouxte celle d’Henri Konan Bédié – a été mise gracieusement à la disposition du couple par Hamed Bakayoko, le ministre de l’Intérieur. Selon ses proches, Blaise Compaoré reste « serein » malgré l’approche du procès qui lui est intenté par la justice burkinabè, poursuivant son exil doré comme si de rien n’était, entre dîners, sport quotidien, lecture d’essais politiques et week-ends dans la station balnéaire huppée d’Assinie. Des visiteurs réguliers De nombreux responsables politiques ivoiriens lui rendent régulièrement visite, comme le Premier ministre, Amadou Gon Coulibaly, le président de l’Assemblée nationale, Guillaume Soro, le député et ancien ministre Alain Lobognon, et bien sûr Hamed Bakayoko. Ses partisans burkinabè y défilent également, comme, tout récemment, une délégation de la Coalition pour la démocratie et la réconciliation nationale (Coder), composée de partis de l’ancienne majorité. Inquiet de la montée du terrorisme « Nous avons uniquement parlé de l’importance du processus de réconciliation nationale, et pas une seule minute de ce dossier judiciaire », assure l’un des participants. Et selon un autre confident de Compaoré, celui-ci serait par ailleurs « très inquiet » face à la montée du terrorisme au Burkina Faso. À lire aussi
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Bolloré et sa filiale Socfin à nouveau contestés pour leurs activités dans l'hévéa et le palmier à huile africains - Jeune Afrique (ven., 02 juin 2017)
En marge des assemblées générales ordinaire et extraordinaire du groupe Bolloré, jeudi 1er juin, ses actionnaires ont été accueillis par des manifestants pointant les conséquences néfastes de la participation du groupe français au capital de la Société financière des caoutchoucs. Celle-ci exploite des palmiers à huile et de l'hévéa en Afrique. Une coalition d’ONG françaises et sept associations de ressortissants africains (camerounais, ivoiriens, libériens, congolais) ont signifié jeudi 1er juin leur désaccord avec les participations du groupe Bolloré dans l’hévéa et le palmier à huile africains, via la Société financière des caoutchoucs (Socfin), un groupe belgo-luxembourgeois dont Bolloré détient 38,7 % des parts. Attac, ReAct, Grain, la Confédération Paysanne, Greenpeace, les Amis de la Terre, Survie et l’Unef avaient organisé un comité d’accueil jeudi matin au siège du groupe à Puteaux (en banlieue parisienne), « avec des poissons pourris et d’autres symboles de rivières pollués, de terres accaparés et de droits bafoués pour les communautés locales ». Des allégations récurrentes, que le groupe Bolloré réfute systématiquement, n’hésitant pas à brandir la menace judiciaire dès qu’un journaliste fouille d’un peu trop près du côté de ses plantations. Un conflit ouvert depuis plusieurs années « Cela fait maintenant plusieurs années que les communautés villageoises riveraines des plantations de la Socfin, au Cameroun, en Côte d’Ivoire, au Liberia, en Sierra Leone, subissent des abus des plantations de palmiers, d’hévéas de la Socfin, que cela soit des problèmes de rivières polluées, des problèmes d’espace vital pas respecté autour des villages, des problèmes d’accès aux centres de santé, ou aux écoles », a expliqué à l’AFP Adrien Roux, porte-parole de l’ONG française ReAct. Présents à l’assemblée générale du groupe, une dizaine de militants, actionnaires symboliques, ont distribué un contre-rapport aux autres actionnaires, « pour montrer la réalité de ce qui se passe sur le terrain ». Parmi les militants, Marielle Benchehboune a interpellé Vincent Bolloré, lui réclamant une rencontre internationale avec des représentants des communautés pour « définir un cadre de dialogue » et conclure un accord global qui mette fin à « toutes les formes de répression dans les différents pays ». Vincent Bolloré aurait, toujours selon elle, accepté le principe d’une pareille rencontre qui pourrait avoir lieu en présence de plusieurs ONG à Paris en juin. Ce n’est pas la première fois que le patron du groupe est interpellé de la sorte. Vincent Bolloré a même été pris à partie, en 2013, par des paysans africains venus à Puteaux pour lui présenter leurs doléances. Le PDG avait alors promis de se saisir personnellement du problème et de faire pression sur la Socfin pour qu’elle revoie ses pratiques. Sans qu’aucune amélioration notable ait pu être constatée jusqu’à présent sur le terrain par les ONG. 50 000 hectares d’hévéas et 80 000 hectares de palmiers à huile La veille de l’assemblée générale du groupe Bolloré, mercredi 31 mai, pour la troisième année consécutive, des citoyens et des militants de diverses associations belges, françaises et luxembourgeoises avaient mené une action publique lors de l’Assemblée générale des actionnaires du groupe Socfin au Luxembourg. La Socfin exploite 50 000 hectares d’hévéas et 80 000 hectares de palmiers à huile au Cameroun, en Côte d’Ivoire, au Ghana, au Liberia, au Nigeria, en RDC, à Sao Tomé-et-Principe et en Sierra Leone. À lire aussi
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Côte d'Ivoire : le gouvernement annonce un accord avec les mutins - Jeune Afrique (lun., 15 mai 2017)
Après une nouvelle journée de crise en Côte d'Ivoire, le gouvernement a annoncé qu'un accord de sortie de crise avait été trouvé avec les mutins. L’annonce a été faite à la télévision nationale, en début de soirée ce lundi 15 mai, par le ministre ivoirien de la Défense, Alain-Richard Donwahi. « A l’issue des échanges, un accord a été trouvé sur les modalités de sortie de crise » avec les soldats mutins, a-t-il déclaré, sans donner pour autant plus de détails sur le contenu de l’entente. « Par conséquent, nous appelons l’ensemble des soldats à libérer les corridors (entrées de villes), à retourner dans les casernes et à veiller à la quiétude des populations », a poursuivi le ministre. Sera-t-il entendu ? Difficile à dire. La précédente annonce d’un « accord » actant le « renoncement (des mutins) à toute revendication d’ordre financier » faite par le sergent Fofana, présenté comme l’un de leurs porte-paroles lors d’une cérémonie enregistrée au palais présidentiel et retransmise jeudi 11 mai à la télévision nationale, avait ravivé la colère des soldats concernés. Après l’annonce, des nombreux tirs étaient audibles dans la soirée dans plusieurs villes, dont Abidjan. « Ce n’était pas des tirs de joie », a précisé un mutin. « On ne reconnaît pas l’accord. Est-qu’on fait des baptêmes sans le baptisé ? Aucun représentant de Bouaké n’était présent lundi à leur « accord ». D’après ce qu’on sait, c’était une réunion de hauts gradés », a déclaré un mutin à l’AFP sous couvert d’anonymat. Abidjan et Bouaké les plus touchées « La solution pour sortir de la crise ? L’argent, rien que l’argent ! », expliquait à Jeune Afrique un des mutins joint par téléphone ce lundi 15 mai, alors que la tension franchissait un nouveau cap en Côte d’Ivoire et que les troubles touchaient de nombreuses villes du pays. À Korhogo (Nord), Bondoukou (Est), Man (Ouest), San Pedro (Sud), des tirs sporadiques ont été entendus mais c’est surtout Abidjan, la capitale économique, et Bouaké, la deuxième ville du pays, qui ont été les plus touchées. À Abidjan, les troubles se sont concentrés autour d’Akouedo, où se trouve le plus important camp du pays, et du camp Gallieni, situé au Plateau, centre économique et politique. De nombreux axes alentours ont été barrés par les mutins. Bouaké, épicentre de la contestation, était quant à elle toujours aux mains des mutins, qui se livraient à des vols et des rackets. Deux villes au ralenti Les deux villes ont tourné au ralenti. La plupart des banques sont restées fermées, de nombreuses entreprises et institutions internationales ont demandé à leurs employés de rester chez eux, les établissements scolaires français sont restés fermés et le seront également ce mardi. Dès lundi matin, l’ambassade française a mis en garde les ressortissants contre tout déplacement dans les quartiers touchés à Abidjan, dont le camp de Gallieni situé dans le quartier des affaires du Plateau, la base navale et le camp d’Akouédo où les mutins ont érigé un barrage lundi matin. Les conséquences économique de cette nouvelle mutinerie se font déjà sentir pour de nombreux ivoiriens qui n’ont pu travailler, suscitant l’exaspération chez plusieurs commerçants que Jeune Afrique a pu joindre. Revendications financières Les mutins ne décolèrent pas depuis l’annonce de leur « renoncement à toute revendication d’ordre financier » faite par le sergent Fofana, censé être un de leurs portes-paroles, le 11 mai. Ces anciens rebelles qui ont soutenu Alassane Ouattara lors de la crise électorale de 2010-2011 avant d’intégrer l’armée réclament le paiement des primes promises par le gouvernement après les mutineries de janvier qui ont secoué le pays. Les revendications s’élèvent à 12 millions de francs CFA de primes (18 000 euros). Avant l’annonce du ministre Donwahi, les négociations étaient en cours depuis la fin d’après-midi pour trouver une issue à la crise. Échec de la rencontre de dimanche La rencontre de dimanche 14 mai entre des représentants des mutins et une délégation de l’état-major, menée les anciens comzones Issiaka Ouattara (dit Wattao), Chérif Ousmane, Koné Zakaria, et Hervé Touré (alias Vetcho) − respectivement commandant de la garde républicaine, chefs du premier bataillon de commandos et de parachutistes (1er BCP) et de l’unité de commandement et de soutien (UCS) et commandant du 3e bataillon de d’infanterie de Bouaké − s’était soldée par un échec. Ce nouveau mouvement des anciens rebelles ivoiriens a éclaté quelques heures seulement après la mise en garde du chef d’état-major. Dans un communiqué, diffusé dimanche 14 mai, le général Sékou Touré avait averti les mutins, dénonçant leurs « actes contraires à l’éthique militaire ». « Ces actes d’une extrême gravité sont contraires à la mission de protection assignée aux forces armées. En conséquence une opération militaire est en cours pour rétablir l’ordre », avait-il fait savoir. Un coup de bluff ? À lire aussi
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