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En Corée du Sud, la troisième vague de Covid-19 frappe une population lasse - Courrier International (mer., 25 nov. 2020)
Le 24 novembre 2020, un couple observe Séoul alors qu’une troisième vague de Covid-19 atteint la Corée du Sud.  PHOTO / ED JONES / AFP Pour la troisième fois, le virus repart à l’assaut des Sud-Coréens, dont le moral est entamé par la durée de la crise. Les mesures restrictives ont été renforcées afin de juguler l’épidémie dans un pays jusqu’ici relativement épargné.  “La troisième vague est là. La situation est très sérieuse”, a déclaré le 22 novembre dernier Park Neung-hoo, ministre de la Santé sud-coréen, alors que le nombre de cas de contamination dans le pays a franchi la barre des 300 par jour le 18 novembre. En l’espace de cinq jours, les autorités sanitaires ont augmenté à deux reprises le “niveau de distanciation physique” dans l’agglomération de Séoul,  où le virus est particulièrement actif. Le niveau 2, entré en vigueur le 24 novembre,  prévoit le renforcement de l’obligation de porter un masque et la réduction des activités des établissements à risque. Si tous les commerces restent ouverts, à part les bars et les boîtes de nuit, beaucoup le seront avec plus de restrictions quant aux horaires et au nombre de personnes accueillies. Le quotidien Hankyoreh rapporte l’explication du Premier ministre Chung Sye-kyun : “Je sais [...]
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Un gymnaste nord-coréen est passé au Sud en sautant par-dessus une clôture de 3 mètres - CNEWS (Wed, 25 Nov 2020)
Il a réussi à franchir l'une des frontières les mieux protégées du monde. Un gymnaste nord-coréen est passé en Corée du Sud, au début du mois, en sautant par-dessus une clôture de 3 mètres de haut, le tout sans déclencher d'alarme. Il a tout de même été arrêté après 14 heures de fuite. Cette information avait été donnée dès sa capture, le 4 novembre dernier, mais les détails de son incroyable évasion sont sortis dans les médias seulement ces derniers jours. Les officiels sud-coréens ont été tellement surpris de l'exploit du jeune gymnaste d'une vingtaine d'années qu'ils lui ont demandé, après son arrestation, de refaire deux fois devant eux le saut qu'il a réalisé, affirme le correspondant à Séoul de la BBC. Son expérience de gymnaste et son poids léger ont pu l'aider à s'échapper, selon les autorités sud-coréennes, rapporte The Korea Herald. Selon le journal Chosun Ilbo, les responsables militaires le suspectent d'avoir escaladé un poteau métallique de la clôture barbelée pour pouvoir ensuite sauter plus facilement de l'autre côté. L'armée sud-coréenne a déclaré que la clôture semblait enfoncée après son passage, mais n'avait pas été coupée. Une enquête a été ouverte pour comprendre pourquoi les capteurs présents sur les barbelés n'avaient pas fait sonner d'alarme. Le jeune Nord-Coréen, qui se présente comme un civil cherchant à faire défection, a été repéré une fois en Corée du Sud par les appareils de surveillance des garde-frontières sud-coréens. Des défections par la frontière intercoréenne rarissimes Plus de 30.000 Nord-Coréens ont fui vers le Sud depuis la fin de la guerre de Corée (1950-1953), selon des chiffres officiels de Séoul. Mais les défections à travers la zone démilitarisée (DMZ), étroite bande de terre de 4 km de large séparant les deux Corée et truffée de clôtures barbelées, de champs de mines et de postes de garde, sont rarissimes. L'immense majorité des fugitifs nord-coréens préfèrent traverser la frontière avec la Chine, beaucoup plus poreuse, avant de gagner la Corée du Sud via un pays tiers. La dernière évasion en date via la DMZ remontait à novembre 2017, par un militaire nord-coréen grièvement blessé par balles en franchissant la frontière. Il y avait eu quatre défections de soldats du Nord par la DMZ cette année-là. Retrouvez toute l'actualité internationale ICI
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Timide réforme du service militaire en Corée du Sud - Journal La Croix (Thu, 19 Nov 2020)
« Depuis tout petit, je vois des membres de ma famille aller en prison », soupire Seong-guk Kim, un témoin de Jéhovah de 28 ans. Depuis 1950, 20 000 d’entre eux ont été emprisonnés pour avoir refusé d’accomplir leur service militaire (90 % du nombre total des objecteurs de conscience en Corée du Sud). Comme pour ses aînés, son interprétation de la Bible lui interdit de porter une arme. Après une longue bataille devant les tribunaux depuis 2013 pour obtenir une dérogation, une disposition gouvernementale est entrée en vigueur le mois dernier et propose une alternative au service militaire aux objecteurs de conscience : être employé dans une prison pendant trois ans avec obligation d’y résider. Cette alternative au service militaire reste une punition « Je m’étais préparé à être emprisonné, donc pour moi cette alternative est déjà un soulagement », se réjouit Seong-Guk. Il n’en reste pas moins qu’il le ressent comme une autre forme de punition car ce « travail d’intérêt général » durera deux fois plus longtemps que le service militaire, et qu’en dépit de quelques permissions de sortie, il vivra quand même dans une prison. Il sait aussi que comme pour ses proches condamnés auparavant, une fois libéré de ses obligations, il lui sera compliqué de réintégrer la société. « J’ai commencé ce combat à 22 ans, je sortirai de prison à 32 ans, c’est difficile de se projeter dans l’avenir ». Il n’aura pas de casier judiciaire à sa sortie, mais il ne sera pas pour autant considéré comme un citoyen « normal ». Pour de nombreuses associations humanitaires, ce service alternatif reste une punition car les objecteurs de conscience resteront discriminés à vie aux yeux de la société. Il n’en reste pas moins que c’est un changement majeur dans un pays encore officiellement en guerre contre la Corée du Nord. Taux de natalité en chute libre Difficile pour les partisans du maintien de la conscription de rester sourds aux nombreuses voix qui réclament un changement. Jeon Yong Gi, jeune député du Parti démocrate est porteur d’un projet de loi qui autoriserait le report du service militaire pour les stars de K-Pop (la pop coréenne) afin que leur carrière ne soit pas affectée. Ces dérogations existent déjà pour certains sportifs médaillés olympiques ou les musiciens classiques, tous ceux qui ont contribué au prestige international du pays. « Le système militaire coréen doit être réformé, la population diminue, il y aura moins de jeunes qui feront l’armée. » juge-t-il. La Corée du sud a un taux de fécondité de 0,92 enfant par femme, le plus bas au monde, et le nombre de conscrits va progressivement s’effondrer. D’ici deux ans, le nombre de jeunes effectuant leur service passera de plus de 600 000 à 500 000 hommes. Cependant, beaucoup restent en faveur d’une conscription, en raison de la menace que représente la Corée du Nord, située seulement à quelques dizaines de kilomètres de Séoul. « Si une guerre entre les deux Corée est inimaginable à l’heure actuelle, on ne peut pas être certain qu’elle n’éclate pas dans 15 ou 20 ans. On doit être prêt », assène Chun in-Bum, ancien général des forces spéciales sud-coréennes.
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En Corée du Sud, les stars de K-Pop obtiennent un sursis au service militaire - Le Monde (Sat, 21 Nov 2020)
Les fans du groupe K-pop sud-coréen BTS visitent un magasin éphémère BTS à Séoul le 19 novembre, avant le lancement du nouvel album du super groupe cette semaine. Les fans du groupe K-pop sud-coréen BTS visitent un magasin éphémère BTS à Séoul le 19 novembre, avant le lancement du nouvel album du super groupe cette semaine. JUNG YEON-JE / AFP BTS n’a pas seulement le pouvoir de mobiliser des foules aux quatre coins du monde. Le célèbre boys band sud-coréen a obtenu le passage, vendredi 20 novembre, par la commission parlementaire chargée des questions de défense, d’un amendement accordant à l’ensemble des stars masculines de la K-Pop un report d’incorporation pour le service militaire car elles contribuent à la renommée et à la bonne image du pays dans le monde. Ce droit, qui devrait être adopté, sauf surprise, par l’Assemblée nationale, bénéficie déjà aux médaillés olympiques et aux musiciens classiques. Grâce à cet « amendement BTS », les sept membres du groupe effectueront leurs vingt et un mois de service obligatoire à 30 ans, contre 28 en temps normal. Une décision bienvenue pour Big Hit Entertainment (BHE), l’agence de BTS, qui vient de réussir son entrée en Bourse et redoutait une baisse d’activité de son groupe le plus rentable. « Les sept membres de BTS sont nés entre 1992 et 1997 », rappelait alors BHE. Son membre le plus âgé, Kim Seok-jin, alias Jin, fête son 28e anniversaire en décembre. La question reste sensible dans le pays La question agite la Corée du Sud depuis plusieurs mois, certains défendant une exemption pure et simple. « Tout le monde n’a pas besoin de prendre un fusil pour servir son pays », expliquait en octobre le député du Parti démocrate au pouvoir, Noh Woong-rae, en référence à l’impact économique du succès planétaire de BTS et de la K-Pop en général, fer de lance de la diplomatie d’influence de Séoul. La question reste pourtant sensible dans un pays toujours juridiquement en conflit ouvert avec son voisin du nord, les combats de la guerre de Corée (1950-1953) n’étant suspendus que par un armistice. Selon un sondage d’octobre, 48 % des Sud-Coréens estimaient que les membres de BTS ne devaient pas être exemptés. Tout en se disant fan du groupe, Kim Jong-cheol, chef du très conservateur Parti de la justice, s’opposait à tout traitement spécial. En bons citoyens, les membres du groupe ont toujours exprimé leur souhait de répondre à la convocation sous les drapeaux. « Je crois que le service militaire est un devoir. Je suis prêt à servir à tout moment, déclarait Jin en février. En tant que Sud-Coréen, c’est naturel. »
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En Corée du Sud, le long combat des objecteurs de conscience pour éviter le service militaire - Franceinfo (Wed, 25 Nov 2020)
Des conscrits se présentent à la caserne de Nonsan, en Corée du Sud, le 19 octobre 2020. Des conscrits se présentent à la caserne de Nonsan, en Corée du Sud, le 19 octobre 2020. (JUNG YEON-JE / AFP) Seong-guk Kim, 28 ans, nous accueille dans son appartement familial situé dans un quartier résidentiel de Séoul. Le jeune homme se bat depuis 2013 pour ne pas effectuer son service militaire, obligatoire pour tous les Sud-Coréens valides qui doivent servir durant 18 mois avant l'âge de 30 ans, sous peine de prison. "Depuis tout petit, je vois des membres de ma famille aller en prison, et ça m’a choqué. Je suis un serviteur de Jéhovah, et la raison pour laquelle je ne peux pas faire le service militaire se trouve dans la bible." Selon leur interprétation de l’évangile, il est interdit aux Témoins de Jéhovah de porter une arme. Depuis 1950, 20 000 Témoins de Jéhovah se sont retrouvés derrière les barreaux en Corée du Sud pour avoir refusé le service militaire. Lundi prochain, Seong-guk partira lui aussi pour une prison, mais en tant qu’administrateur pénitentiaire. Les règles s'assouplissent en effet pour les 650 000 jeunes hommes qui entrent chaque année dans les rangs de l’armée. Et surtout pour les objecteurs de conscience, pour lesquels est mis en place un service militaire alternatif. Les premiers jeunes Coréens concernés seront administrateurs d'établissements pénitentiaires et recevront la même solde que les autres conscrits. C’est une réforme qui est critiquée car ce service alternatif est bien plus long que pour ceux qui servent sous les drapeaux. Les objecteurs de conscience iront travailler pour trois longues années, contre seulement 18 mois pour ceux qui acceptent le service militaire. Auparavant, ceux qui étaient emprisonnés pour avoir refusé de porter les armes avaient un casier judiciaire qui empêchait leur intégration, ce qui n’est plus le cas. Mais ce n’est pas sûr que ce nouveau service résolve le problème, Seong-guk Kim. "Cela fait sept ans que j’essaie de refuser ce service militaire, quand j’en aurai fini avec cette histoire, j’aurai 32 ans, c’est un peu triste. Maintenant, c’est dur d’imaginer ce que je ferais après, c’est trop lointain. J’espère que dans l’avenir il y aura un autre type de conscription…" Certains sont partisans de l’abandon de la conscription en faveur d’une armée de métier. Go Myong-hyun, spécialiste de la sécurité de la péninsule coréenne à l’ASEAN Institute de Séoul, n’est pas aussi catégorique. Il considère que les évolutions technologiques peuvent pousser le pays vers un changement de doctrine. "Soit nous aurons une annihilation totale des deux pays avec les armes nucléaires, soit une guerre très limitée conduite par des professionnels. La société coréenne est toujours favorable à un service militaire, donc je pense qu’il va perdurer, mais je dirais que maintenant, la conscription est surtout symbolique." Un symbole chancelant, car la Corée du sud a l’un des taux de natalité les plus bas au monde. Et les conséquences se feront bientôt sentir, d’ici deux il y aura 100 000 jeunes de moins à pouvoir effectuer le service militaire. A lire aussi Sujets associés
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Covid-19 : une troisième vague pointe-t-elle son nez en Corée du Sud et au Japon ? - Libération (Mon, 23 Nov 2020)
Dans les rues de Séoul, lundi. Dans les rues de Séoul, lundi. Photo Kim Hong-Ji. Reuters Les deux pays, présentés comme des modèles dans la lutte contre la pandémie, ont chacun leur stratégie face à la recrudescence des contaminations au nouveau coronavirus. Nouvelle sonnette d’alarme. Depuis cinq jours d’affilée, le Japon recense plus de 2 000 nouvelles infections quotidiennes au Covid-19. Ce dimanche, le pays, qui compte 126 millions d’habitants, vient de dépasser les 2 000 décès liés à la pandémie, annonce le quotidien Asahi Shimbun. A titre de comparaison, avec moitié moins d’habitants, la France compte plus de 48 000 morts. Cette récente augmentation des contaminations inquiète le gouvernement japonais. Le Premier ministre, Yoshihide Suga, au pouvoir depuis septembre, a déclaré jeudi que son pays était en «alerte maximale». Il réfléchit actuellement avec les gouverneurs des préfectures nippones sur les nouvelles mesures sanitaires à adopter, comme la limitation des spectateurs aux événements sportifs ou culturels. À lire aussi Au Japon, le masque à l’école primaire ne fait pas débat Pour l’instant, les bars et les discothèques restent ouverts. Sans prendre de mesure contraignante, le Premier ministre a rappelé que le port du masque était l’une des meilleures barrières contre la transmission du virus. Il a même recommandé de le porter lors des discussions à table. Appel au civisme Samedi, Suga a également annoncé suspendre en partie son programme «Go to Travel», lancé en juillet pour favoriser le tourisme intérieur. Ainsi, il ne sera plus possible de prendre de nouvelles réservations pour les destinations où l’épidémie de Covid-19 est en augmentation. Tokyo Governor Yuriko Koike speaks at a news conference on city's response to the coronavirus disease (COVID-19) outbreak, in Tokyo, Japan, November 19, 2020. REUTERS/Issei Kato L’Association médicale japonaise et la gouverneure de Tokyo, Yuriko Koike, avaient précédemment dénoncé ce programme, l’accusant de diffuser les nouvelles infections. La réduction de la campagne Go to Travel, est une pilule difficile à avaler pour le Premier ministre, selon The Japan News, qui l’avait placé au cœur de son plan de relance économique. à lire aussi Tokyo se prépare à accueillir des JO «avec corona» Alors que le «modèle japonais» repose plutôt sur l’incitation à respecter les mesures barrières plutôt que leur imposition suivie de sanction, la Corée du Sud mise davantage sur une échelle claire de restrictions. Point commun dans les deux pays, présentés comme des exemples dans la lutte contre le Covid-19, les mesures sont prises au niveau local, en fonction de la situation épidémique. Ainsi, le gouvernement de la région de Séoul a interdit les manifestations de plus de dix personnes jusqu’à la fin de l’année, rapporte le Korea Times. Une décision prise alors que la métropole a rapporté 109 nouvelles contaminations sur les 271 comptées au niveau national, dimanche. C’est la première fois depuis six jours que ce chiffre passe en dessous de 300, probablement à cause de la baisse des tests le week-end. Examen d’entrée à l’université La métropole de Séoul passe ainsi au niveau 2 sur 5 de l’échelle des restrictions sanitaires, à partir de ce mardi. Ce nouveau palier s’accompagne d’un chapelet de nouvelles mesures. Ainsi, les discothèques vont devoir fermer leurs portes et les restaurants ne pourront servir à table que jusqu’à 21 heures. Au-delà, les clients pourront uniquement acheter des plats à emporter. Les établissements publics tout comme les stades devront limiter drastiquement leur capacité d’accueil, qui passera à 30% pour les premiers et à 10% pour les seconds. Idem dans les écoles, où seulement un tiers des enfants pourra être accueilli, de la maternelle au collège, et jusqu’à deux tiers dans les lycées. À lire aussiCoronavirus : à Taiwan et en Corée du Sud, la population «suivie à la trace» Les autorités sud-coréennes ont décidé de ces restrictions à l’approche de l’examen national d’entrée à l’université, qui se tiendra le 3 décembre. Le média Chosun Ilbo explique que le ministre de la Santé a incité la population à respecter les nouvelles mesures afin que cette évaluation puisse se dérouler dans les meilleures conditions. Après la première vague du printemps et la seconde du mois d’août, le Premier ministre coréen, Chung Sye-kyun, a une nouvelle fois mis en garde ses concitoyens, craignant une crise plus grave que les précédentes. Eva Moysan
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Corée du Sud : les blogueurs venus du Nord - Paris Match (Wed, 11 Nov 2020)
Ils sont jeunes, branchés : ces influenceurs ont fui la misère et le régime dictatorial de Kim Jong-un. De l’autre côté de la frontière, ils ont vaincu le racisme et sont devenus les stars des réseaux sociaux. Une génération d’exilés qui s’impose, armée par les épreuves. Les larges artères de Jongno, plantées d’immenses tours de verre et de métal, aspirent des nuées de passants pressés. Le quartier, centre historique et politique de Séoul, grouille comme à son habitude. Parmi une foule d’employés en costume, Jun Heo, en jean-baskets, se fraie un passage à vélo, se gare et rejoint son bureau au septième étage. De l’immeuble, la vue plongeante sur la mégapole donne le vertige. Sourire dents blanches et teint impeccable, Jun, 30 ans, a tout du jeune présentateur vedette. Depuis quelques mois, tous les dimanches soir, il coanime une émission sur Yonhap News TV consacrée à la Corée du Nord. Un pays qu’il connaît bien puisqu’il l’a fui dès 2005. Il est un des très rares Nord-Coréens qui intervient sur les antennes du Sud. " Je suis nord-coréen, voulez-vous me prendre dans vos bras ? " Mais c’est d’abord sur YouTube que le jeune homme s’est fait connaître. Depuis deux ans, il y poste ses vidéos d’« expériences sociales » : dans les rues de Séoul, un bandeau sur les yeux et les bras en croix, il a posé une pancarte à côté de lui qui dit : « Je suis nord-coréen, voulez-vous me prendre dans vos bras ? » Vues plusieurs millions de fois, les réactions des Sud-Coréens, qui, interloqués, craintifs, amusés ou émus, l’étreignent ou s’éloignent, font le buzz et le convainquent de l’intérêt de sa démarche. « Je souhaitais lutter contre les préjugés et aider les gens à nous comprendre », explique Jun. Car même si Pyongyang ne se trouve qu’à 200 kilomètres de Séoul et que les deux Corées partagent la même langue (avec des accents et des usages différents), la vie de leurs voisins reste un mystère pour les Sud-Coréens. Trente-quatre mille transfuges vivent pourtant au Sud, accueillis et aidés par le gouvernement de Séoul, qui leur donne le statut de citoyens après leur défection. Renvoyé en Corée du Nord, Jun a passé trois mois dans un camp de concentration Pour lever le voile, Jun livre l’histoire de sa fuite sur les réseaux. Issu d’une famille fidèle au Parti, avec un grand-père général, il n’a pas connu la misère. Mais lorsque sa mère, qui a perdu la foi dans le régime, divorce et s’enfuit en 2004 en laissant sa famille, il est livré à lui-même. L’année suivante, sa mère paye un passeur pour que Jun la rejoigne en Chine. « J’avais 14 ans et je ne pensais pas à fuir. Je pensais que la Corée du Nord était le meilleur pays au monde, c’est ce que nous répétait l’unique chaîne de télé. Le Sud était décrit comme un enfer », explique-t-il. Arrivé à Pékin, ce qu’il découvre, c’est un « paradis » : « Quel choc : il y avait des voitures partout, des centaines de chaînes de télé et de la nourriture. C’est ce qui m’a le plus marqué. Alors que mes amis mouraient de faim, ici les Chinois donnaient du porc et du riz à leurs chiens, c’était fou. » Mais à peine une semaine après avoir goûté à cette nouvelle liberté, il est arrêté par la police chinoise, qui le renvoie en Corée du Nord. Il sera emprisonné dans un camp de concentration pendant trois mois. « C’est la période la plus terrible de ma vie, se souvient-il. C’est inhumain. Les prisonniers sont désignés par des numéros, battus, les femmes sont violées. » Ces camps sont réservés aux transfuges qui ont été renvoyés ou arrêtés dans leur fuite ; 80 % sont des femmes, et des abus sexuels y ont lieu quotidiennement. Jun, lui, a « seulement » reçu des coups de pied. A la sortie du camp, il est assigné à domicile. « Je ne pouvais pas retourner au lycée car les transfuges sont considérés comme des traîtres, des animaux. Je n’avais plus d’avenir : j’aurais voulu être soldat, comme mon grand-père, mais ma seule option était la ferme ou l’usine. Pour survivre, avec mes amis, nous volions du métal dans les usines et le revendions sur les marchés. » Les images de Pékin tournent alors dans sa tête. « Je commençais à détester mon pays, j’ai compris que notre leader nous mentait. Je n’avais plus d’autre choix que fuir à nouveau. » Alors, en 2008, à 17 ans, il repasse à nouveau la frontière chinoise. Cette fois pour de bon. Jun Heo, devenu présentateur vedette, se voit volontiers en politique, afin de balayer les clichés et les peurs. Jun Heo, devenu présentateur vedette, se voit volontiers en politique, afin de balayer les clichés et les peurs. © Anthony Micallef Il lui faudra deux ans pour rejoindre Séoul. Mais il ne pourra pas retrouver sa mère immédiatement : il doit suivre le parcours réservé à tous les Nord-Coréens. Pendant trois mois, il subit les interrogatoires des services secrets de Séoul, qui le questionnent sur sa vie, sa fuite, sa famille. Des tests éprouvants psychologiquement pour vérifier que le réfugié ne cache pas un espion, la grande hantise du Sud. Le pays est encore officiellement en guerre contre son voisin, un armistice n’ayant jamais été signé. Avec le feu vert des services secrets, Jun rejoint alors Hanawon. Ce centre secret, aux allures de campus entouré de barbelés et situé à une heure de Séoul, est une école de rattrapage à la société capitaliste. Pour éviter le choc culturel, on y apprend à se servir d’un ordinateur, à écrire un e-mail, à utiliser un Smartphone, à retirer de l’argent à la banque. On y réapprend l’histoire et l’économie. Jun, jeune et ayant déjà passé deux ans à Pékin, n’a pas eu de mal à s’adapter : « Le gouvernement sud-coréen nous aide beaucoup. J’ai pu avoir une maison, de l’argent, une bourse pour étudier. » Brillant élève, il a intégré l’université nationale de Séoul, la meilleure fac du pays, en sciences politiques. " Les étudiants ne m'intégraient pas, avaient peur que je sois un espion " Mais les réactions et les préjugés de ses camarades l’ont aussi poussé à s’exprimer sur les réseaux. « Même ces étudiants éduqués ne m’intégraient pas dans leurs groupes, ils avaient peur que je sois un espion. » Quand ils lui posent des questions, les mêmes clichés reviennent : « On me parle du régime, de Kim Jong-un, de la présence d’armes nucléaires… mais je n’en ai absolument aucune idée, je réponds en disant que si j’apprends quelque chose, je leur dirai plus tard », ironise-t-il. « Les jeunes Sud-Coréens ont souvent plus de préjugés que leurs parents, qui essaient de comprendre nos souffrances. Le régime nord-coréen est fou, mais pas ses habitants, nous ne sommes pas mauvais », soupire-t-il. La tête sur les épaules, Jun se voit déjà en politique – les réfugiés nord-coréens s’y comptent sur les doigts d’une main : « Nous sommes soixante-dix ans après la guerre, si la réunification arrivait, je voudrais pouvoir défendre les Nord-Coréens. » Mais, comme pour le rappeler à la réalité, un peu plus loin ce jour-là, une foule manifeste contre la politique de pacification du président Moon Jae-in et rappelle que près de 50 % de la population reste soit hostile, soit indifférente à une hypothétique réunification. Nara Kang s'est spécialisée dans l'explication des différences culturelles entre le Nord et le Sud Dans le même building – un studio d’enregistrement aux murs de fausse brique –, Nara Kang, poupée frêle de 23 ans, répète son texte pour sa pastille YouTube. Effets visuels rajoutés et émotions exagérées, l’émission reprend les codes du réseau. Sur sa chaîne, Nara s’est spécialisée dans l’explication des différences culturelles entre le Nord et le Sud : aujourd’hui, alors que l’hiver s’installe, elle discute mode et doudounes. Si elles sont au top au Sud, le sont-elles aussi au Nord ? Les différences dans la fabrication du kimchi, plat national coréen, seront son second sujet. Si aujourd’hui elle a des propos légers, elle revient pourtant de loin. A 17 ans, elle a failli mourir en traversant le fleuve Yalu, qui sépare la Corée du Nord de la Chine. « Je ne savais pas nager et un passeur me tenait la main, je l’ai lâché quand on a entendu des coups de fusil derrière nous, j’ai commencé à me noyer mais il m’a rattrapée. » Au bout du périple, elle a découvert un Sud qu’elle imaginait à travers les séries « téléchargées sur des clés USB, achetées au marché noir au prix de 6 kilos de riz ». Aujourd'hui "totalement sud-coréenne", elle avoue envisager la chirurgie esthétique Nara se rêvait en héroïne de séries romantiques, aujourd’hui, elle est une célébrité du Net, avec des centaines de milliers d’abonnés qui la reconnaissent dans la rue et dévorent ses contenus sur la mode, la beauté... et la Corée du Nord. « Je suis un canal de communication avec les Sud-Coréens. Ils sont étonnés par mon histoire et me posent beaucoup de questions. Les plus incongrues parfois, comme : “Est-ce que les Nord-Coréens tombent amoureux ?” » rigole-t-elle, avant de répondre : « Bien sûr, même si, au Nord, les couples ne peuvent se tenir la main dans la rue. » Aujourd’hui « totalement sud-coréenne », elle avoue même envisager la chirurgie esthétique, qui n’est pas un tabou à Séoul mais reste impensable à Pyongyang, où « le seul modèle de beauté accepté c’est Ri Sol-ju, la femme de Kim Jong-un ». Dans son rêve, la prochaine étape, c’est le cinéma. Elle a une petite expérience, mais veut poursuivre des études de comédie. « Pour décrocher plus de rôles, j’essaie de gommer mon accent. J’ai déjà joué une Sud-Coréenne et cela est une grande fierté », sourit-elle. L’entreprise qui produit ses émissions tout comme celles de Jun est l’agence de presse Yonhap et son institut d’unification des médias, un service créé en 2018 pour traiter de l’actualité du pays le plus fermé au monde. Dans le bureau, on surveille les radios, télévisions et sites nord-coréens et l’on s’appuie sur le témoignage des transfuges. Son directeur, Il-Yong Chung, justifie d’avoir fait appel à ces jeunes youtubeurs : « Ils sont une nouvelle génération, sociables et sympathiques. Ils créent une proximité avec le public et portent un message de réconciliation. » Informer sur le Nord reste complexe à cause de la loi de sécurité nationale Si Jun ou Nara sont un vent de nouveauté, la télévision sud-coréenne met en avant les transfuges depuis 2011 dans une émission populaire, « Maintenant, je viens à ta rencontre ». Chaque dimanche soir, des réfugiés y témoignent de leur parcours, mais le show, qui fait la part belle aux jolies filles et aux témoignages chocs sans recul, est jugé racoleur par Il-Yong Chung. Les récits dramatiques donnent une image sombre des réfugiés ; alors ces youtubeurs qui ressemblent aux jeunes Sud-Coréens du même âge font bouger les lignes : « Les commentaires des spectateurs sont positifs. Quelque chose a changé », se félicite le journaliste, même s’il admet que les préjugés restent présents : « Il y a beaucoup de fausses informations et les Sud-Coréens s’imaginent le Nord comme une prison ou un enfer, et ses habitants comme des démons. » Mais informer sur le Nord reste complexe à cause de la loi de sécurité nationale. « La Corée du Nord est notre ennemi et si un journaliste en parle de façon positive, il peut être condamné. On surveille toujours ce qu’on dit, cette loi est un frein à la liberté de la presse », admet Il-Yong Chung. " Avec mes tatouages et mes piercings, personne ne voulait croire que je venais du Nord " Loin de l’info, un des réseaux stars du Net coréen est AfreecaTV, un site où les BJ (broadcasting jockeys) diffusent leur vie quotidienne en direct et discutent avec leurs fans. Bras tatoués, coupe de star de K-pop et petit chien dans les bras, Lee Pyong, 26 ans, y est devenu une célébrité. Depuis 2016, il y raconte sa vie de réfugié de Corée du Nord. Arrivé à Seoul à l’âge de 11 ans, il s’est vite adapté. « En quelques mois, j’ai appris à me servir d’un ordinateur, j’ai changé mon accent, mon style vestimentaire. » Quand il débute sur le réseau, c’est son look qui étonne. « Avec mes tatouages et mes piercings, personne ne voulait croire que je venais du Nord. Les spectateurs voulaient tout savoir : ma vie au Nord, ma fuite et mon installation au Sud. » La proximité que permet ce réseau fait qu’il laisse la webcam tourner jusqu’à dix heures par jour à ses débuts. Une télé-réalité, en quelque sorte. Il répond scrupuleusement à toutes les questions : « J’ai réalisé que les Sud-Coréens n’avaient pas de connaissance du Nord et étaient très curieux. » Lee Pyong, 26 ans, s'est adapté rapidement au système capitaliste. Il gagne aujourd'hui sa vie grâce aux pourboires virtuels de ses fans. Lee Pyong, 26 ans, s'est adapté rapidement au système capitaliste. Il gagne aujourd'hui sa vie grâce aux pourboires virtuels de ses fans. © Anthony Micallef Aujourd’hui, Afreeca lui permet de gagner sa vie, grâce aux pourboires virtuels que lui offrent ses fans. Les plus fidèles lui ont donné plus de 8 000 euros. « Je suis devenu un démon capitaliste », plaisante-t-il. Un de ses tatouages représente une fleur : « Cela signifie que je ne veux plus souffrir. » Il explique : « Beaucoup de préjugés viennent de l’ignorance. On traite les transfuges de “rouges”, d’espions, on pense qu’ils gaspillent l’impôt, ne vont pas à l’armée, rentrent plus facilement à l’université ou profitent des aides. L’adaptation est difficile, mais je pense que nous ne devons pas vivre cachés. Je me suis fait harceler, mais je suis fier et je n’ai pas peur de dire d’où je viens, car ma fuite, j’aurais pu la payer de ma vie. » Tous ne réussissent pas à s'adapter à l'individualisme libéral sud-coréen. Isolés, une mère et son fils, sont morts de faim dans leur appartement. Tous ne réussissent pas à s'adapter à l'individualisme libéral sud-coréen. Isolés, une mère et son fils, sont morts de faim dans leur appartement. © Anthony Micallef Les difficultés d’intégration qu’il évoque, l’actualité récente les a rappelées cruellement. En juillet 2019, les corps d’Han Sung-ok, une réfugiée de 42 ans, et de son fils de 6 ans ont été retrouvés dans leur appartement de Séoul. Ils étaient morts de faim depuis deux mois. Isolée, elle n’avait pas assez d’argent pour se nourrir et vraisemblablement personne vers qui se tourner. Ces décès, bien qu’exceptionnels, ont choqué la communauté des transfuges. Des manifestations ont eu lieu et une tente a été érigée sur la place Gwanghwamun, au centre de Séoul, pour leur rendre hommage. Ici se relaient les transfuges qui veulent aussi faire entendre leurs souffrances. Lire aussi.Quand la Corée du Sud kidnappe les filles du Nord Kyung-Bae Ju, la cinquantaine, pasteur, est parmi eux. Lui qui a fui le Nord en 2008 manifeste pour la première fois. « Ce n’est pas habituel pour les réfugiés nord-coréens, qui ont beaucoup de gratitude envers le gouvernement, mais nous avons été choqués et nous sommes en colère, car l’intégration est un échec. » L’histoire de cette femme trouve écho chez lui : « Quand je suis arrivé, j’avais gagné la liberté, mais je n’arrivais pas à manger, car toute ma famille se trouvait au Nord et je ne savais pas comment ils vivaient, j’étais impuissant. Avec la tristesse et la solitude, je me suis mis à boire. Même mes voisins ne savaient pas si j’étais en vie. Seul l’espoir de faire venir ma famille me tenait. » Lire aussi.Corée du Nord : les photos interdites En tant que pasteur, il rencontre des familles qui vivent difficilement le changement de système. « Trouver son identité en Corée du Sud est difficile. Au Nord, on est occupés à survivre et on n’a pas le temps de penser à la maladie ni à la dépression ; au Sud, les souffrances resurgissent. Au Nord, on est très passifs, on est constamment sous la surveillance du régime, mais au Sud, si on ne s’exprime pas, on est marginalisés, il faut être actif et susciter l’intérêt des autres. » Un passage au capitalisme que les jeunes youtubeurs n’ont eu aucun mal à franchir, mais qui reste compliqué pour beaucoup. Toute reproduction interdite
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Corée du Sud : l'armée dit avoir arrêté un Nord-Coréen qui a franchi la frontière - franceinfo (Wed, 04 Nov 2020)
Rares sont ceux qui se risquent à traverser la zone démilitarisée (DMZ) qui divise la péninsule coréenne, l'un des endroits les plus fortifiés de la planète. L'armée sud-coréenne a annoncé, mercredi 4 novembre, qu'elle avait arrêté un Nord-Coréen qui avait franchi la frontière entre les deux pays. Des recherches seront conduites "en coopération avec les services concernés", afin notamment de savoir si cet homme cherchait à faire défection au Sud, a précisé l'armée.  Plus de 30 000 Nord-Coréens ont fui vers le Sud depuis la fin de la guerre de Corée (1950-1953), selon des chiffres officiels de Séoul. Mais les défections à travers la DMZ sont rarissimes. Et pour cause, cette zone est truffée de clôtures de barbelés et de champs de mines et une importante présence militaire des deux Corées y est déployée. L'immense majorité des Nord-Coréens préfèrent traverser la frontière avec la Chine, beaucoup plus poreuse, avant de gagner la Corée du Sud via un pays tiers.  L'an dernier, un soldat nord-coréen avait traversé une rivière située dans la DMZ. En novembre 2017, un autre soldat du Nord avait réussi à franchir la ligne de démarcation dans le village frontalier de Panmunjom, sous une pluie de balles tirées par des militaires de Pyongyang.
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Corée du Sud: une émission offre une seconde chance aux stars déchues de la K-pop - ladepeche.fr (Wed, 25 Nov 2020)
(AFP) - Après des années de sacrifice, Ryu Sera a connu le succès au sein du groupe de K-pop Nine Muses mais elle est vite retombée dans l'oubli. Aujourd'hui, une émission sud-coréenne lui offre une seconde chance et l'occasion de panser ses plaies. Six ans après avoir quitté le groupe, elle ne décolère pas contre un système extrêmement compétitif qui sacrifie tout un tas de jeunes pleins d'espoirs. "L'industrie de la K-pop fonctionne comme une usine qui produit en masse", explique Rya Sera, 33 ans. Après avoir déferlé sur l'Asie, la culture K-pop a conquis la planète. En août, le "boys band" BTS est devenu le premier groupe 100% sud-coréen à arriver en tête du classement de référence des ventes d'album aux Etats-Unis. Ce phénomène génère des milliards de dollars de revenus pour la douzième économie mondiale et chaque année une multitude de jeunes se lancent, dans l'espoir d'obtenir une part du gâteau. Ryu Sera avait 22 ans lors de son audition par Star Empire, une société de production de Séoul. Elle était en compétition avec 40 à 50 autres candidates pour faire partie du groupe de filles Nine Muses. "C'était sans fin, avec des épreuves chaque semaine, et les moins bien classées, en danse, en chant et sur le plan physique étaient renvoyées", raconte-t-elle à l'AFP. Au départ, mal classée en chant et en danse, elle s'entraîne "comme une droguée" et finit par décrocher un an plus tard le Graal en devenant la chanteuse principale du groupe. Mais la pression demeure et son aspect physique est étroitement surveillé. "Les managers disaient des choses comme +pourquoi es-tu si grosse?+", se souvient celle qui ne peut s'imaginer qu'"ils étaient conscients que leurs mots me blessaient". Mais elle se plie à leurs exigences: "Quand ils m'ont dit de me couper les cheveux, je l'ai fait... On avait le sentiment que nous devions leur être reconnaissants de nous avoir permis d'accéder à la notoriété". - "Des produits interchangeables" - Au bout de quatre ans, elle exige que les membres du groupe puissent prendre part aux réunions, décider des vêtements portés et qu'aucune fille ne soit remplacée. Ses producteurs ne lui pas proposent pas de nouveau contrat. "Il y a tellement de monde qui aspire à faire partie du système" qu'ils "nous considèrent parfois comme des produits interchangeables", souligne-t-elle. Un représentant de Star Empire se défend, affirmant que sa société et Ryu Sera n'ont "pas été capables de s'accorder sur les termes du nouveau contrat". Afin de se lancer dans une carrière solo, elle emprunte de l'argent, mais sans le soutien de gros producteurs, l'expérience tourne court. Elle se retrouve criblée de dettes et tombe dans une profonde dépression. Elle a alors "l'impression de n'avoir rien réalisé et d'être oubliée". La société sud-coréenne est ultra-compétitive et compte un des taux de suicide les plus élevés du monde. Ainsi, des stars de la K-pop Goo Hara, et Sulli ont mis fin à leurs jours après avoir été victimes de harcèlement en ligne tout comme Kim Jong-Hyun, un chanteur de boys band. Ryu Sera reconnaît avoir également songé à commettre l'irréparable. Les adolescents continuent pourtant à se bousculer à la porte des producteurs dans l'espoir de devenir des stars mais personne ne se préoccupe de ceux qui ne font pas le poids ou sont vite remplacés par des concurrents plus jeunes, déplore la trentenaire. "Dans l'industrie de la K-pop, on ne prend pas la santé mentale au sérieux "alors quand on est malade, on se sent honteux". Plus de dix ans après avoir passé l'audition de Star Empire, Ryu Sera participe à "Miss Back", un nouveau programmé télévisé destiné à offrir une seconde chance aux anciennes vedettes de la K-pop ou à celles qui n'ont pas réussi percer. Cette émission, un savant mélange de documentaires et variétés, offre une seconde vie à celles qui ont échoué ou sont vite tombées dans l'oubli. Sur les 200 candidates à ce programme, seules huit ont été sélectionnées et aucune ne sera éliminée à la fin. Chaque semaine, elles interprètent la même chanson, et seule la gagnante sortira un single. C'est surtout l'occasion pour ces stars déchues ou en devenir de raconter et partager les souffrances endurées pendant des années. "Cela ressemble à un thérapie pour des soldats blessées", selon la trentenaire.
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Lutte contre le Covid-19 : Chine, Corée du Sud, Norvège… ce qui marche ailleurs - Le Parisien (Thu, 12 Nov 2020)
Nous aurions pu aussi évoquer Taïwan, le Viêt Nam ou encore le Japon, mais la liste des pays qui ont su jusqu'à présent contrôler l'épidémie de Covid-19 n'aurait pas été beaucoup plus longue. Avant l'intervention du Premier ministre Jean Castex, qui donne une conférence de presse ce jeudi 12 novembre, quinze jours après le début du reconfinement, pour faire le point sur la stratégie française face à la crise sanitaire, zoom sur quatre pays qui ont su adopter un ensemble de mesures contre la pandémie a priori efficaces. La Chine, épaulée par son industrie ultra-performante En gare de Shanghai, le 10 novembre. /REUTERS/Aly Song En gare de Shanghai, le 10 novembre. /REUTERS/Aly Song   Les images d'une soirée techno géante sans masques à Wuhan ont fait le tour du monde en août. La ville où les premiers cas de Covid-19 ont été recensés faisait la fête à l'été et semble, pour l'heure, comme l'ensemble de la Chine, débarrassée du nouveau coronavirus. Même si les chiffres officiels sont sujets à caution, les analystes s'accordent pour déclarer que le virus ne remplit plus les hôpitaux de l'Empire du Milieu. « La situation est désormais inversée », s'amuse Quentin Pignard, installé à Shanghai depuis des années. « Il y a un mois dans le train, on a demandé à mon épouse chinoise d'où je venais. Quand les passagers ont appris que j'étais Français, j'ai vu la panique dans leurs yeux! » Comment les autorités chinoises ont-elles réussi à enrayer l'épidémie ? « Ils ont été très réactifs dans l'application du triptyque tester, tracer, isoler », répond Antoine Bondaz, chercheur à la Fondation pour la recherche stratégique, spécialiste de la région. « Pékin essaie désormais de faire croire au monde que son système politique autoritaire est le seul efficace. Mais la Chine a surtout bénéficié de son immense capacité industrielle pour produire des tests en grande quantité », analyse-t-il. En Corée du Sud, l'expérience des coronavirus Dans un parc de Hanam, le 13 octobre./REUTERS/Kim Hong-Ji Dans un parc de Hanam, le 13 octobre./REUTERS/Kim Hong-Ji   Sur plus de 51 millions d'habitants, seulement 487 Sud-Coréens sont décédés du Covid-19, contre quasiment mille fois plus en France. « J'ai testé presque toutes les mesures coréennes anti-Covid ! », témoigne Anaëlle Péron, étudiante française à Séoul. Il faut dire qu'en août, elle a débarqué à l'aéroport d'Inchon… avec de la fièvre. Elle a donc « bénéficié » d'un premier test PCR et d'une nuit à l'hôtel avant de repartir pour l'aéroport où un « taxi Covid » l'a conduite à son lieu de quatorzaine obligatoire. Dans son « goshiwon », sorte de mini-studio typique, les règles d'isolement étaient drastiques : aucune sortie, même pour faire ses courses, tout devait être livré. Autre volet de cette gestion très stricte : la surveillance. Les mouvements des résidents peuvent ainsi être épiés via les nouvelles technologies et les contrevenants sévèrement sanctionnés. « En fait, après la crise du Sras et même le Mers (NDLR : les précédents coronavirus à l'origine d'épidémies), la Corée du Sud, un Etat de droit s'il en est, avait déjà préparé son arsenal législatif pour ces situations exceptionnelles », pointe Antoine Bondaz. Des tests rapides étaient également disponibles dès janvier. Le masque doit, lui, être porté partout, tout le temps. Et pas de cours à plus de vingt à l'université. Lutte contre le Covid-19 : Chine, Corée du Sud, Norvège… ce qui marche ailleurs En Nouvelle-Zélande, l'adhésion de tout un pays La Première ministre néo-zélandaise Jacinda Ardern, le 6 novembre à Wellington./AFP/Dave Lintott La Première ministre néo-zélandaise Jacinda Ardern, le 6 novembre à Wellington./AFP/Dave Lintott   Début août, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), félicitait déjà la Nouvelle-Zélande, présentée comme un « modèle mondial » pour sa réponse à la pandémie. Depuis, cet archipel de 5 millions d'habitants continue d'afficher des résultats enviables dans la lutte contre la propagation du coronavirus : 25 décès pour 1988 cas. Newsletter - L'essentiel de l'actu Chaque matin, l'actualité vue par Le Parisien Je M'inscris Fermeture des frontières dès le 28 février (avant même le premier cas sur son territoire), confinement national de 26 jours, puis restrictions de circulation, application pour tracer les porteurs du virus… Fin mars, le gouvernement de Jacinda Ardern monte en puissance sur le traçage, le dépistage et le placement en quarantaine. Après huit semaines d'enseignement à domicile, les élèves peuvent retrouver le chemin de l'école. Autre facteur déterminant, « un taux élevé d'adhésion du public, dans un pays sujet aux tremblements de terre et dans lequel la population et les systèmes de gestion des secours sont sensibilisés aux catastrophes », relèvent des épidémiologistes dans la revue Lancet Public Health de novembre. La Norvège a anticipé A Nesodden, en Norvège, le 20 avril./VIA REUTERS A Nesodden, en Norvège, le 20 avril./VIA REUTERS   La Norvège, avec 285 décès pour 5,7 millions d'habitants, a comme avantage une faible densité de population qui aide à limiter les interactions sociales, source bien connue de contaminations. Mais ce n'est pas la seule raison de sa maîtrise de l'épidémie. Dès le 13 mars, les bars, restaurants, musées et attractions touristiques ont fermé, soit 16 jours seulement après l'annonce d'un premier cas! Grâce à une population très respectueuse des recommandations, le confinement a pu être basé surtout sur le volontariat. La Norvège a même été l'un des premiers pays européens à rouvrir les crèches et les écoles progressivement dès le 20 avril. Bien que l'épidémie reste sous contrôle, le gouvernement continue de prendre les devants et recommande désormais de limiter ses contacts à dix personnes par semaine.
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