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Acculée, la Corée du Nord fait exploser un bureau de liaison avec le Sud - Le Monde (mar., 16 juin 2020)
Des visiteurs regardent vers la Corée du Nord depuis le Pavillon Imjingak de Paju (Corée du Sud), près de la frontière, le 15 juin 2020. Des visiteurs regardent vers la Corée du Nord depuis le Pavillon Imjingak de Paju (Corée du Sud), près de la frontière, le 15 juin 2020. Ahn Young-joon/AP En détruisant le bureau de liaison avec la Corée du Sud, le régime de Pyongyang renoue avec une tactique qui lui est familière : acculé, il monte au créneau. Selon le ministère de l’unification sud-coréen, la Corée du Nord a fait sauter le bâtiment situé à Kaesong, mardi 16 juin dans l’après-midi, après avoir affirmé le matin même travailler à un « plan d’action » pour réoccuper des zones qui étaient démilitarisées. Une semaine plus tôt, elle avait déjà fermé les canaux de communication avec le Sud, après avoir mis en demeure Séoul de faire cesser l’envoi par des transfuges nord-coréens de ballons de tracts de propagande par-delà la zone qui les sépare. Ces mesures sont un signal : la phase de détente des deux dernières années est terminée, et s’annonce une escalade calibrée dans les provocations. Pyongyang a aussi sonné le glas des efforts diplomatiques avec Washington, son ministre des affaires étrangères, Ri Son-gwon, déclarant vendredi 12 juin : « L’espoir d’améliorer les relations avec les Etats-Unis s’est transformé en désespoir. » La succession de phases de tension et de détente dans la péninsule n’est certes pas nouvelle. Avec, cette fois, une différence, dont les protagonistes, à commencer par les Etats-Unis et leurs alliés, doivent tenir compte : la République populaire démocratique de Corée (RPDC) dispose désormais d’une force de dissuasion qu’elle n’avait pas, dans le passé. Une puissance de feu reconnue par les Etats-Unis, dont le président Donald Trump a rencontré à trois reprises le dirigeant Kim Jong-un. Aucun de ses prédécesseurs en exercice n’avait été jusque-là : reconnaître de fait le dirigeant d’un « Etat voyou » comme un interlocuteur digne de rencontrer le président de la première puissance du monde. Mince prétexte Mais depuis l’échec du dernier sommet, à Hanoï en février 2019, la Corée du Nord est « sortie des radars » de Washington. Les sanctions onusiennes, renforcées à la suite de la forte tension de 2017, restent en place. Certes largement contournées par une contrebande avec la complaisance de la Chine, ces dernières, couplées au confinement de la RPDC pour éviter la contagion par le Covid-19, n’en pèsent pas moins lourdement sur l’économie même si un progressif retour à la « normale » est notable à la frontière sino-nord-coréenne, estime le chercheur Théo Clément, dans NK News. Il vous reste 61.44% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
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Comment la Corée du Nord prépare sa riposte contre le Sud - Le Point (Mon, 22 Jun 2020)
VIDÉO. L'agence de presse nord-coréenne KCNA a indiqué que les préparations pour une grande distribution de tracts sur la Corée du Sud « sont presque achevées ». La Corée du Nord s'apprête à riposter. Ce lundi 22 juin, l'agence de presse nord-coréenne KCNA a fait savoir que le pays préparait activement des millions de tracts qu'elle s'apprête à larguer sur la Corée du Sud. Il s'agit pour le pays de répliquer après l'envoi de tracts hostiles sur son propre territoire. Les tracts seront envoyés sur la Corée du Sud à l'aide de milliers de ballons, a précisé l'agence. Pyongyang avait annoncé samedi que la Corée du Nord commençait à préparer une grande campagne de tracts hostiles à Séoul, après avoir plusieurs fois protesté avec véhémence contre l'envoi de tracts hostiles depuis le territoire sud-coréen. Ce sont des transfuges nord-coréens passés au Sud qui envoient régulièrement de tels tracts, dans lesquels ils attaquent le leader nord-coréen Kim Jong-un et dénoncent les violations des droits de l'homme et les programmes nucléaires de Pyongyang. Ces messages anti-Nord sont habituellement fixés à des ballons ou contenus dans des bouteilles. La Corée du Nord s'apprête à répliquer massivement, a indiqué lundi KCNA. « Les préparations pour la plus grande distribution de tracts jamais effectuée contre l'ennemi sont presque achevées », a déclaré l'agence officielle. « Les entreprises de publication et d'impression à tous les niveaux dans la capitale ont produit 12 millions de tracts en tous genres qui reflètent la colère et la haine du peuple », selon KCNA. « 3 000 ballons de divers types préparés » Plus de « 3 000 ballons de divers types capables de disperser des tracts loin dans la profondeur du territoire de la Corée du Nord ont été préparés », a indiqué KCNA, qui mentionne aussi d'autres moyens de diffusion non précisés. « Le moment de la punition s'approche », avertit l'agence nord-coréenne. Les relations intercoréennes sont gelées depuis des mois, après l'échec en 2019 d'un sommet à Hanoï entre M. Kim et le président des États-Unis Donald Trump. Cet échec avait été provoqué par le désaccord entre les deux parties sur les concessions que devrait faire la Corée du Nord pour obtenir un allègement des lourdes sanctions internationales qui pèsent sur elle en raison de ses programmes nucléaires et balistiques prohibés par l'ONU. Lire aussi ONU : Corée du Nord et du Sud accusées d'avoir violé l'armistice Le président sud-coréen Moon Jae-in avait joué un rôle de médiation pour l'établissement d'un dialogue entre Pyongyang et Washington. Mais la Corée du Nord lui reproche à présent de ne pas avoir persuadé les Américains d'assouplir les sanctions. La Corée du Nord vient d'exprimer son mécontentement de manière spectaculaire en détruisant à l'explosif mardi le bureau de liaison intercoréen qui avait été édifié du côté nord-coréen de la frontière, symbole de la détente sans précédent qui était alors intervenue entre les deux pays. Pyongyang a aussi menacé de renforcer son dispositif militaire le long de la frontière.
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La Corée du Nord coupe les canaux de communication avec son voisin du Sud - Le Monde (Tue, 09 Jun 2020)
La Corée du Nord compte couper mardi 9 juin ses canaux de communication, notamment militaires, avec l’« ennemi » sud-coréen, a annoncé l’agence de presse d’Etat nord-coréenne KCNA, après que des militants ont menacé d’envoyer des tracts anti-Pyongyang dans le pays communiste. Pyongyang « va complètement couper la liaison entre les autorités du Nord et du Sud », ainsi que d’autres canaux de communication, notamment entre les forces armées des deux Etats ou entre les partis politiques au pouvoir à Séoul et à Pyongyang, a détaillé KCNA. Cette interruption est programmée pour 12 heures, heure locale, mardi, a-t-elle ajouté. Cet événement survient au moment où les relations entre les deux voisins se trouvent dans l’impasse malgré trois sommets en 2018 entre le dirigeant nord-coréen, Kim Jong-un, et le président sud-coréen, Moon Jae-in. La Corée du Nord a menacé la semaine dernière de fermer le bureau de liaison avec la Corée du Sud et de prendre des mesures supplémentaires pour faire « souffrir » Séoul. Kim Yo-jong, influente sœur de Kim Jong-un, a également menacé de rendre caduc l’accord militaire entre les deux pays, à moins que Séoul n’empêche les militants d’envoyer les tracts anti-Pyongyang. Cet accord a été signé en septembre 2018 lors de la visite de Moon Jae-in à Pyongyang. Il est destiné à apaiser les tensions à leur frontière commune, mais ses dispositions n’ont pas vraiment été mises en œuvre à ce stade. « Ils ne font qu’alimenter notre consternation » Des dissidents nord-coréens et d’autres militants ont pour habitude depuis de longues années de lâcher vers le Nord des ballons chargés de tracts dénonçant le bilan du régime communiste en matière de droits humains ainsi que ses ambitions nucléaires. KCNA a estimé que les autorités sud-coréennes étaient de connivence avec « les actions hostiles » menées contre la Corée du Nord, « ce qui a eu pour conséquence de mener les relations intercoréennes à la catastrophe ». « Nous sommes parvenus à la conclusion qu’il n’était nullement nécessaire de s’asseoir en face à face avec les autorités sud-coréennes et qu’il n’y avait pas matière à discuter avec elles, car elles n’ont fait qu’alimenter notre consternation », écrit l’agence. La Corée du Nord a mis un terme à la plupart de ses contacts avec le Sud après l’échec du sommet entre MM. Kim et Trump en février 2019 à Hanoï (Vietnam), qui a laissé les tractations sur le nucléaire nord-coréen au point mort. C’était leur second sommet, après celui de Singapour, en juin 2018. Pyongyang, qui dispose de l’arme nucléaire, est visé par de nombreuses sanctions prises au fil des ans par le Conseil de sécurité des Nations unies à cause de ses programmes d’armement interdits. Les opérations du bureau de liaison sont déjà suspendues à cause de la pandémie due au nouveau coronavirus. Et Pyongyang a réalisé plusieurs essais d’armements ces derniers mois. Le Monde avec AFP
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Corée du Nord et Corée du Sud ne se parlent plus - Franceinfo (Wed, 10 Jun 2020)
"A partir de midi mardi 9 juin, nous coupons la ligne de liaison avec les autorités du Sud", a annoncé mardi la présentatrice de la télévision publique de Corée du Nord. A l’origine officiellement de cette nouvelle brouille entre voisins, des ballons volants remplis de prospectus acrimonieux lancé depuis la Corée du Sud. Mais depuis plusieurs mois, ce sont les relations entre les deux pays qui sont dans l’impasse. Pékin préoccupé "Je veux échanger mon stylo contre les armes", crie une étudiante nord-coréenne lors d’une manifestation. Les Etats-Unis exhortent la Corée du Nord à reprendre le chemin de la diplomatie. La Chine s’inquiète aussi de cette nouvelle poussée de fièvre. Kim Jong-un n’est pas réapparu depuis la fin mai. Au cours d’une réunion avec des chefs militaires, le leader nord-coréen aurait évoqué les capacités nucléaires de son pays. Le JT Les autres sujets du JT A lire aussi Sujets associés
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Dans les musées de Corée du Nord et du Sud, deux lectures différentes d'une même guerre - Le Figaro (Fri, 26 Jun 2020)
Un même conflit, mais deux récits... Soixante-dix ans après le début de la Guerre de Corée, les musées de Pyongyang et Séoul proposent des lectures radicalement différentes des hostilités qui gravèrent dans le marbre la division de la péninsule. À lire aussi : Serge Bromberger : la guerre de Corée décryptée par l'envoyé spécial du Figaro (1951) À Pyongyang, une gigantesque statue d'un soldat nord-coréen brandissant un drapeau trône à l'extérieur du Musée de la guerre victorieuse. À proximité, une énorme pierre commémorative présente un message du fondateur du régime Kim Il Sung -le grand-père du leader actuel Kim Jong Un- qui assure que «les réalisations historiques (des forces nord-coréennes) rayonneront pendant 10.000 générations». À Séoul, les murs du Mémorial de guerre de Corée sont couverts de plaques métalliques présentant les noms des 190.000 militaires sud-coréens et soldats de la coalition de l'ONU déployés par Washington et «morts en défendant la République de Corée». Point commun entre les deux musées, les statues monumentales qui figurent militaires et civils engagés dans la lutte. La Guerre de Corée débuta le 25 juin 1950 quand l'armée du Nord franchit le 38ème parallèle, le long duquel Moscou et Washington avaient divisé la péninsule au terme de la Seconde Guerre mondiale, qui signait aussi la fin de la colonisation japonaise. «Repli stratégique» Le Nord soutient aujourd'hui encore qu'il fut attaqué par les Américains et leurs «marionnettes» du Sud. Après deux jours de «bombardements préliminaires», relate Choe Un Jong, guide du musée de Pyongyang et capitaine de l'armée, «les ennemis pénétrèrent d’un à deux kilomètres à l'intérieur de notre pays. Notre Armée populaire de Corée contrecarra l'attaque surprise de l'ennemi et engagea immédiatement la contre-offensive». Les historiens ont cependant trouvé dans les archives soviétiques de multiples documents montrant que Kim Il Sung demanda à Staline la permission d'envahir le Sud, et d'autres détaillants les préparatifs de l'opération. Le conservateur du musée de Séoul, Go Hanbin, balaie lui aussi le récit nord-coréen. «Personne à part le Nord ne défend cette thèse», dit-il. «La guerre résulta de leur ambition d'unifier la péninsule sous le régime communiste.» Les forces nord-coréennes prirent Séoul en trois jours et progressèrent rapidement face à une armée sud-coréenne sous-équipée. Cette avancée prit fin à la faveur notamment de la Bataille d'Incheon en septembre, qui permit au Sud et aux forces de l'ONU emmenée par les États-Unis de reprendre l'ascendant, de prendre Pyongyang en octobre et de progresser quasiment jusqu’à la frontière chinoise. Le Nord qualifie cette phase de «repli stratégique temporaire». «Mon sang se glace» La Chine communiste de Mao Tse-Toung envoie alors des millions de personnes, appelées «Volontaires du peuple» plutôt que soldats, pour prêter main-forte aux Nord-Coréens. Séoul est à nouveau reprise, et le sera une fois de plus par le Sud avant que le conflit, particulièrement brutal, ne s'enlise au niveau de l'actuelle Zone démilitarisée (DMZ), pas loin du 38ème parallèle. Au musée de Pyongyang, deux salles sont consacrées à la contribution chinoise, qui ne fut «pas décisive», assure cependant le guide Choe. L'armistice qui mit fin en 1953 à des hostilités qui firent des millions de morts est présenté comme la défaite des États-Unis. Médecin militaire pendant la guerre, Jon Gu Kang devint par la suite la première femme générale du Nord et rencontra cinq fois Kim Il Sung. Elle avait 88 ans au moment de son interview par l'AFP, en 2017 au musée de Pyongyang. «Les États-Unis sont nos ennemis jurés depuis un siècle et mon sang se glace rien que de penser à eux, disait-elle. Nous ne pouvons vivre sous le même ciel.» Élément clé de l'identité nationale du Nord, la Guerre de Corée est aussi constitutive de la légitimité du régime. L'histoire officielle raconte en effet que Kim Il Sung a battu deux des plus grandes puissances impérialistes au monde, le Japon puis les États-Unis, en quelques années pour défendre l'indépendance coréenne. «Désastre sanglant inutile» Il est donc, selon les experts, capital pour Pyongyang de se poser en victime d'une agression. «Si vous admettez que vous n'avez pas été attaqué, que vous vouliez libérer le Sud mais que vous avez échoué, vous reconnaissez ce que la guerre a réellement été: un désastre sanglant inutile, estime Andrei Lankov, du Korea Risk Group. Mais en disant que vous avez été attaqué et que vous avez tenu votre position, vous n'êtes plus un aventurier malchanceux qui crée le désordre, mais le héros qui a vaincu l'agression étrangère.» La guerre s'inscrit dans «le mythe fondateur» de la Corée du Nord, selon lui. Et aujourd'hui, elle justifie encore son programme nucléaire par la permanence de cette menace américaine. Les positions sont plus équivoques au Sud, un pays qui se définit pour ce qu'il est devenu, à savoir un état démocratique technologiquement très avancé, et la douzième économie au monde. «Les Sud-Coréens voient pour la plupart la Guerre de Corée comme un événement historique parmi d'autres», explique M. Go. Le conservateur reconnaît même qu'avec le temps, les visiteurs critiquent de plus en plus son musée pour sa «perspective étriquée» sur les victoires sud-coréennes.
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En Corée du Sud, le ministre de l'unification démissionne après des menaces de Pyongyang - Le Monde (Fri, 19 Jun 2020)
Kim Yeon-chul quitte son poste sans avoir eu une seule rencontre avec les Nord-Coréens. Kim Yeon-chul quitte son poste sans avoir eu une seule rencontre avec les Nord-Coréens. Kim Seung-doo / AP Le président sud-coréen Moon Jae-in a accepté, vendredi 19 juin, la démission de Kim Yeon-chul, le ministre de l’unification sud-coréen, dans un contexte de regain de tensions avec Pyongyang. C’est lui qui était responsable des questions relatives à la Corée du Nord. M. Kim avait présenté sa démission mercredi, au lendemain de la destruction par la Corée du Nord du bureau de liaison entre les deux pays situé sur son territoire, entendant ainsi « assumer ses responsabilités » dans la dégradation des relations intercoréennes. Depuis début juin, Pyongyang a multiplié les propos virulents à l’encontre de son voisin, notamment contre les transfuges nord-coréens qui, depuis le Sud, envoient au Nord des tracts de propagande par-delà la zone démilitarisée. Selon des experts, Pyongyang cherche à provoquer une crise pour mettre la pression sur Séoul afin d’obtenir des concessions. La Corée du Nord a détruit mardi ce bureau de liaison qui était un des symboles de la détente sur la péninsule. Le lendemain, elle menaçait de renforcer sa présence militaire le long de la zone démilitarisée. Fiasco du sommet entre Kim Jong-un et Donald Trump Les relations Nord-Sud n’ont cessé de se dégrader dans la foulée du fiasco du deuxième sommet entre le président américain Donald Trump et le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un, en février 2019 à Hanoï. Cette rencontre avait été écourtée car les deux parties étaient incapables de se mettre d’accord sur ce que Pyongyang devait céder en échange d’un début de levée des sanctions. Kim Yeon-chul, un universitaire très engagé et confident de longue date de M. Moon, avait été nommé à ce ministère en mars 2019, soit quelques semaines après la rencontre de Hanoï. Il quitte son poste sans avoir eu une seule rencontre avec les Nord-Coréens. La guerre de Corée (1950-1953) s’est terminée sur un armistice, et non par un accord de paix, ce qui signifie que les deux voisins sont encore, techniquement, en état de guerre. Le Monde avec AFP et AP
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En Corée du Sud, un groupe religieux controversé promet un don de plasma contre le Covid-19 - Journal La Croix (Sat, 04 Jul 2020)
Dans un communiqué envoyé fin juin à la presse, l’organisation évangélique sud-coréenne Shincheonji Église de Jésus a annoncé que 4 000 de ses membres - guéris de la maladie - se tenaient prêts à donner 500 millilitres de leur sang pour aider à la recherche d’un remède contre le Covid-19. Souvent assimilée à une secte, l’organisation suscite toutefois d’importantes controverses dans le pays. → À LIRE. En Corée du Sud, la campagne massive de dépistage porte ses fruits « À la suite de cette crise pandémique (…), l’élément marquant demeure la solidarité nationale et internationale suscitée par cette épreuve. De nombreux héros se sont fait connaître. Et ce vent de solidarité a soufflé bien au-delà de nos frontières », souligne ainsi le document, avant de revenir sur l’ambition de ce don massif : « Les autorités sanitaires coréennes expliquent que la thérapie par plasma peut entraîner une réduction de la mortalité, en particulier chez les patients sévères, en l’absence d’autres traitements tels que les vaccins ». Propagation du virus Particulièrement frappée par la pandémie, l’organisation - qui compterait près de 210 000 membres officiellement déclarés - s’était retrouvée, ces derniers mois, au centre de polémiques : nombre d’habitants, et d’élus, l’ont accusée - dans le sillage de la tenue d’un de ses grands rassemblements à Daegu (sud) - d’être responsable de la propagation du Covid-19 dans le pays. Selon le Centre coréen de contrôle et de prévention des maladies (KCDC), au moins 5 213 des 12 484 cas d’infections enregistrés sur le territoire auraient en effet été liées à Shincheonji, et 189 des 282 décès officiellement recensés se sont produits à Daegu. Certains gouvernements locaux ont porté plainte contre l’Église de Shincheonji, en arguant notamment qu’elle n’avait pas fourni de liste complète de ses installations aux autorités. Début mars, la municipalité de Daegu avait également intenté une action en justice contre douze dirigeants du groupe - parmi lesquels son fondateur, Lee Man-hee - en leur réclamant 100 milliards de wons (73,53 millions d’euros) de dommages et intérêts. Elle les accusait notamment d’homicides et d’infractions aux lois sur le contrôle des maladies infectieuses. Pour le chef de l’État, Moon Jae-in, l’épidémie était encore entrée dans une « phase totalement différente depuis l’infection de masse de Shincheonji. » « Touristes chinois » Dans son communiqué, l’organisation réfute ces accusations : « En début d’année, la propagation rapide du virus en Corée a fait de nombreuses victimes parmi les fidèles de l’Église de Shincheonji à Daegu. Le danger d’une contamination massive était prévisible en raison du grand nombre de touristes chinois qui avaient visité Daegu, avant même la contamination de fidèles de l’Église Shincheonji », assure-t-elle ainsi. Elle cite encore notamment une récente déclaration de Kang-Lip Kim, vice-président de la santé et du bien-être social, établissant qu’il n’y aurait « aucune preuve que Shincheonji ait fourni une liste falsifiée ou incomplète [de ses installations et de ses fidèles, NDLR] ». Un chargé de communication de Shincheonji a déclaré, de son côté, que l’Église « coopérerait pleinement avec les enquêtes des agences gouvernementales ». « Nous avons fait tout notre possible, mais nous n’avons pas pu empêcher la propagation du virus », s’était défendu, dimanche 1er mars, Lee Man-hee, en présentant ses excuses à genoux. Rassemblements en uniforme, culture du secret - sous couvert de la « protection de ses membres des persécutions » -, sacralisation de la figure de Lee Man-hee… Dans la presse, le mouvement, fondé en 1984, est régulièrement épinglé pour certaines de ses pratiques, assimilées à des dérives sectaires.
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Corée : être du Nord, mais vivre au Sud | La Corée du Nord - ICI.Radio-Canada.ca (Fri, 26 Jun 2020)
Mme Eun-jung répond aux questions de notre correspondante Anyck Béraud. Kang Eun-jung est arrivée en Corée du Sud en 2008. Elle a fui la Corée du Nord en rejoignant la Chine après avoir franchi le fleuve Tumen, frontière entre les deux pays. Photo : Radio-Canada / Anyck Béraud Tout quitter pour fuir la misère et la dictature, emprunter des routes à haut risque et devenir un paria aux yeux de la mère patrie en cas de réussite. C’est la voie choisie par des dizaines de milliers de Nord-Coréens depuis la guerre de Corée, dont on souligne le 70e anniversaire. Rencontre avec deux transfuges qui ont choisi la Corée du Sud dans l’espoir d’une vie meilleure. Kang Eun-jung est une boule d’énergie. Ses mains tourbillonnent pour mimer ses propos, quand elle explique avec émerveillement qu’elle possède une auto, qu’elle a de beaux bijoux, qu’elle peut boire un café, ou encore qu’elle peut porter une jupe courte sans avoir à craindre les autorités sud-coréennes. La jeune trentenaire souligne que c’était le contraire en Corée du Nord. La police de la jeunesse nous attendait au détour, pour couper les cheveux trop longs ou taillader les vêtements trop courts, assure-t-elle. Son visage se durcit pour résumer son pays natal en un seul mot : l'enfer. Elle précise : En Corée du Nord, j’avais toujours faim, et j’étais constamment surveillée. Elle évoque les longues heures de travail pour un salaire de misère. Kang Eun-jung parle avec l’aisance que confère l’habitude de s’exprimer devant public. Elle était au cœur de la propagande du régime de Kim Jong-un, en tant que chanteuse d’une troupe artistique, comme celles qui ont participé à la vaste opération charme de la Corée du Nord aux Jeux olympiques de Pyeongchang en 2018. Abondance et liberté En Corée du Sud, la transfuge est devenue pigiste pour divers médias. Sur son site YouTube, elle raconte à quoi la vie ressemble ici : la liberté, l’abondance. On la voit par exemple déambuler dans un marché en s’extasiant de voir les étals regorger de produits frais. Une vie dont la jeune femme dit avoir eu un aperçu en visionnant des téléromans et des films sud-coréens acheminés illégalement en Corée du Nord. Loin de l’étiquette de pauvreté extrême accolée par le régime à son voisin du Sud. À l’école, on nous montrait des images d’enfants affamés, en train de mendier. Et de femmes obligées de se prostituer, ajoute-t-elle. Kang Eun-jung reconnaît que tout n’était pas rose, loin de là, quand elle est arrivée en 2008. Elle s’est sentie seule. Elle a cumulé les petits boulots. Et elle n’arrivait pas toujours à se faire comprendre, parce qu'ici, explique-t-elle, la langue coréenne est parsemée de mots anglais, alors qu’au Nord, c’est plutôt des mots japonais. Elle ajoute qu’elle en était souvent frustrée, au point de pleurer. Économiser pour faire venir les proches ou pour leur envoyer de l’argent Au sommet d'une montagne, un soldat monte la garde à un poste de la zone démilitarisée, qui sépare les Corées du Nord et du Sud. Un soldat nord-coréen monte la garde près de son poste à l’intérieur du territoire de la Corée du Nord, dans la zone démilitarisée. Cette photo a été prise près de Paju, en Corée du Sud. Photo : Reuters / KIM HONG-JI Au fil des ans, la jeune femme dit qu’elle a pu réaliser l’objectif de bien des transfuges : mettre suffisamment d’argent de côté pour faire venir des proches. Car bien souvent, il faut recourir à des intermédiaires – des courtiers –, ou encore soudoyer des gardiens ou des officiels pour espérer sortir clandestinement de la Corée du Nord. Il y a un peu plus de 30 000 transfuges nord-coréens en Corée du Sud. La plupart sont arrivés au cours des deux dernières décennies, selon le ministère de l’Unification. Au Database Center for North Korean Human Rights (NKDB), à Séoul, on note que le flot des arrivées s'est considérablement réduit depuis six mois en raison des restrictions de mouvements en ces temps de COVID-19. Teodora Gyupchanova, la directrice des communications internationales, précise que de nombreuses personnes se retrouvent ainsi coincées en Chine ou dans un camp de réfugiés en Thaïlande. Ces deux pays servent habituellement d’étape pour rejoindre la Corée du Sud. Discrimination Le taux de chômage des transfuges est plus élevé que la moyenne sud-coréenne. Il y a encore de la discrimination et des préjudices à l’égard des transfuges en provenance de la Corée du Nord. Plusieurs organisations essaient de mettre en place des programmes afin de lutter contre ce traitement inéquitable et afin de faciliter l’intégration de ces transfuges dans la société sud-coréenne. Teodora Gyupchnova, directrice des communications internationales, Center for North Korean Human Rights Quand il est arrivé en 2008, Park Yoo-sung tentait de cacher son identité nord-coréenne pour éviter qu’on le traite différemment. Il précise qu’à l’époque, ça posait un problème pour trouver un logement, entre autres. Depuis, il s’assume pleinement. Nous le rencontrons à Séoul dans une station qui enregistre des émissions à destination de la Corée du Nord. De la musique pop américaine résonne en régie.  Park Yoo-sung répond aux questions de la correspondante Anyck Béraud. Réalisateur et cinéaste à la pige, Park Yoo-sung est arrivé en Corée du Sud en 2008. Photo : Radio-Canada / Anyck Béraud Le jeune homme est très décontracté. Il assure s’être fait une carapace. Par exemple, quand une personne à la même table que lui demande à voix haute pourquoi un Nord-Coréen ne finit pas son assiette. Avant, ce genre de commentaires me blessait, avoue-t-il. Park Yoo-sung croit s’être bien adapté à la société sud-coréenne. Même s’il s’ennuie de ses amis restés en Corée du Nord. Quand il a fui avec sa mère pour rejoindre son père déjà en Chine, il est parti sans photos, sans souvenirs, l’esprit tout occupé à la sécurité du périple de six mois qui les a fait transiter par la Thaïlande. Ses parents, il le reconnaît, ont eu plus de difficultés à s’adapter à la mentalité et aux exigences professionnelles du Sud, où le système d’éducation et de formation est plus exigeant. Ils ont changé d’emploi des dizaines de fois, avant de revenir à ce qu’ils faisaient en Corée du Nord, dans les aciéries et dans les pêcheries. Il croit qu’ils sont finalement heureux. Tout comme lui. Park Yoo-sung nourrit toutefois une certaine crainte que les sautes d’humeur de Pyongyang à l’égard de Séoul n’aient des répercussions sur les transfuges comme lui. Il est déjà arrivé qu’il ait moins de contrats, lorsqu’il y a des tensions entre les deux pays, comme ces jours-ci. Soixante-dix ans après le début de la guerre de Corée, pas tout à fait terminée, entre les frères ennemis. Avec la collaboration de Grace Moon Carte du monde avec des points où il y a des cas confirmés et probables de coronavirus Coronavirus Le président américain Donald Trump, entouré d'Enrique Pena Nieto et de Justin Trudeau qui se serrent la main. Gérald Fillion Gérald Fillion Il y a 21 heures Plusieurs personnes réunies dans la rue, portant des masques, des pages blanches et des parapluies. Il y a 3 heures Asie Des arbres dans un parc. Il y a 7 heures Conditions météorologiques Un ouvrier s'occupe de plants de tomates. Il y a 7 heures Politique provinciale
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La Corée du Sud envisage d'interdire l'envoi de ballons de tracts au Nord - Le Monde (Fri, 05 Jun 2020)
Lors d’un lâcher de ballons porteurs de messages hostiles à la Corée du Nord, en 2010 à Hwacheon, en Corée du Sud. Lors d’un lâcher de ballons porteurs de messages hostiles à la Corée du Nord, en 2010 à Hwacheon, en Corée du Sud. Ahn Young-joon / AP L’embarras domine en Corée du Sud après l’annonce, jeudi 4 juin, d’un projet de loi visant à interdire l’envoi vers la Corée du Nord de ballons portant des messages hostiles au régime de Pyongyang. « Le gouvernement réfléchit à des mesures pour empêcher les initiatives provoquant des tensions près de la frontière », a tenté d’expliquer le porte-parole du ministère de l’unification, Yoh Sang-key, sans donner de détails. « Ce projet est inimaginable dans un pays libre et démocratique. C’est une mesure de suppression des droits humains et d’atteinte à la liberté d’expression du même niveau qu’en Corée du Nord », a réagi Park Sang-hak. Réfugié nord-coréen engagé dans l’envoi de ces ballons, il a par ailleurs qualifié le gouvernement du président progressiste, Moon Jae-in, de « gauchiste et pro Corée du Nord » et promis de « manifester en envoyant plus de messages vers le Nord pour dire la vérité du régime ». L’annonce du projet suit la publication, le même jour par le quotidien nord-coréen Rodong Sinmun, d’une vive injonction signée par Kim Yo-jong, l’influente sœur du dirigeant nord-coréen, Kim Jong-un. Mme Kim demande à Séoul s’il est « prêt à assumer les conséquences de la mauvaise conduite des chiens bâtards ressemblant à des ordures qui n’ont aucun scrupule à nous calomnier tout en dénonçant le “problème nucléaire” ». Faire de la zone démilitarisée une « zone de paix » Kim Yo-jong ajoute que de nouveaux envois pourraient inciter Pyongyang à prendre ses distances avec la déclaration de Panmunjom d’avril 2018. Rédigée au terme du sommet intercoréen entre Kim Jong-un et Moon Jae-in, elle prévoit la cessation des « actes hostiles », y compris l’envoi de prospectus le long de la zone démilitarisée (DMZ) séparant les deux Corées, et de faire de cette zone une « zone de paix ». Mme Kim réagissait à l’expédition le 31 mai, par l’organisation des Combattants pour une Corée du Nord libre, dirigée par des transfuges nord-coréens, de 500 000 pamphlets critiquant les activités nucléaires du Nord, de livres, d’argent et de cartes mémoire. Le 30 avril, un envoi annonçait l’élection de deux transfuges, dont l’ancien diplomate Thae Yong-ho, aux législatives du 15 avril. Les expéditions de ballons sont une pratique datant de la guerre de Corée (1950-1953). Elles faisaient partie de l’arsenal de la « guerre psychologique » entre les deux frères ennemis, avec la diffusion de messages par haut-parleur et de programmes radiophoniques. Au Sud, ces expéditions sont gérées pas des organisations de réfugiés du Nord et des mouvements évangéliques, qui ont pu bénéficier de l’appui des services secrets du Sud, voire de l’Agence centrale de renseignement (CIA) américaine. Il vous reste 41.48% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
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