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La Corée du Nord tire de nouveaux projectiles en mer du Japon - BFMTV.COM (dim., 29 mars 2020)
Pyongyang a réalisé ce dimanche, pour la quatrième fois en mars, des tirs de projectiles, vraisemblablement des missiles balistiques, au moment où toute l'attention de la communauté internationale se focalise sur la lutte contre le Covid-19. Ces essais interviennent sur fond d'impasse diplomatique totale entre la Corée du Nord et les États-Unis sur le dossier nucléaire, et au moment où Washington vient de proposer une aide à Pyongyang pour combattre le nouveau coronavirus. Les tirs de dimanche ont été réalisés dans le secteur de la ville portuaire de Wonsan, sur la côte est, et en direction de la mer du Japon, ou mer de l'Est selon l'appellation coréenne. "Une telle action militaire de la Corée du Nord est extrêmement inappropriée au moment où le monde entier a des difficultés en raison de la pandémie du Covid-19", a observé l'état-major interarmes sud-coréen dans un communiqué, en précisant que les projectiles semblaient être des missiles balistiques. Un homme regarde un écran de télévision diffusant des images du dirigeant nord-coréen Kim Jong Un, le 29 mars 2020 dans une gare de Séoul, en Corée du Sud Jung Yeon-je, AFP - Un homme regarde un écran de télévision diffusant des images du dirigeant nord-coréen Kim Jong Un, le 29 mars 2020 dans une gare de Séoul, en Corée du Sud Aucun commentaire de la Corée du Nord Le ministère japonais de la Défense a aussi dit qu'ils ressemblaient à "des missiles balistiques" et précisé qu'ils n'étaient pas tombés dans les eaux japonaises ni dans la zone économique maritime exclusive du Japon. La Corée du Nord, pays doté de la bombe atomique, n'a fait aucun commentaire sur ces lancements. Elle avait affirmé que les trois séries de tirs réalisés en mars en direction de la mer du Japon étaient tous des essais d'engins d'"artillerie de longue portée". La semaine dernière, elle avait dit avoir testé une nouvelle "arme tactique guidée", là où Séoul avait vu deux missiles balistiques de courte portée. La Corée du Nord est sous le coup de multiples sanctions du Conseil de sécurité des Nations unies pour l'obliger à renoncer à ses programmes nucléaire et balistique interdits. Une lettre de Donald Trump Au lendemain des tirs de la semaine dernière, les médias du Nord avaient annoncé que le dirigeant Kim Jong Un avait reçu une lettre du président américain Donald Trump détaillant un projet visant à améliorer les relations bilatérales. Ce que des responsables de la Maison Blanche avaient confirmé. La presse nord-coréenne citait notamment la soeur et conseillère de Kim Jong Un, Kim Yo Jong, qui avertissait que la bonne relation personnelle entre ce dernier et Donald Trump ne serait pas suffisante pour relancer les relations. Dans la lettre, Donald Trump "a expliqué son plan pour propulser les relations entre la République démocratique populaire de Corée et les Etats-Unis et fait part de son intention de prêter assistance dans la lutte contre les épidémies", manifestement une allusion au Covid-19, d'après un communiqué diffusé par KCNA. Pas de coronavirus en Corée du Nord? La Corée du Nord est un des rares pays au monde à ne pas avoir annoncé de cas de contamination sur son sol, même si au Sud, beaucoup sont persuadés que le Nord est touché. De nombreux experts estiment que la pandémie qui a déjà tué plus de 30.000 personnes dans le monde pourrait s'avérer catastrophique au Nord, vu la faiblesse de son système de santé. Le lancement de dimanche visait à montrer que le pays continue de fonctionner normalement, en dépit de la pandémie qui affecte le monde, a estimé Kim Dong-yub, chercheur à l'Institut pour les études sur l'Extrême-Orient, basé à Séoul. Des négociations au point mort La Corée du Nord multiplie depuis novembre les essais d'armement en l'absence de progrès dans les négociations par lesquelles les Etats-Unis espèrent lui faire abandonner son programme nucléaire. Ces discussions sont au point mort depuis le fiasco du deuxième sommet entre Donald Trump et Kim Jong Un, en février 2019 à Hanoï, et ce en dépit d'une rencontre très symbolique entre les deux hommes en juin dans la Zone démilitarisée qui divise la péninsule. Selon les analystes, Pyongyang affine peu à peu ses capacités militaires, malgré les sanctions et les condamnations.
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Coronavirus : «Aucune personne n'a été infectée dans notre pays», assure la Corée du Nord - Le Parisien (Thu, 02 Apr 2020)
La pandémie de Covid-19 ne passe pas par la Corée du Nord, tout du moins officiellement. Le régime dictatorial de Kim Jong-un réaffirme ce jeudi qu'aucun cas du nouveau coronavirus n'est présent sur son territoire. Tel est le discours tenu par un haut responsable de la Santé à Pyongyang, la capitale, malgré les doutes émis par plusieurs pays. Pauvre et isolée diplomatiquement, entourée de la Chine et de la Corée du Sud, deux pays très touchés par le virus, la Corée du Nord a rigoureusement fermé l'ensemble de ses frontières dès fin janvier et pris des mesures drastiques de confinement. Pak Myong Su, directeur du département anti-épidémie au sein du Centre national de lutte contre les épidémies, a insisté sur les efforts ayant permis d'obtenir un tel succès. «Jusqu'à présent, aucune personne n'a été infectée par le nouveau coronavirus dans notre pays», a-t-il affirmé mardi. «Nous avons pris des mesures préventives et scientifiques telles que des inspections et le placement en quarantaine de toutes les personnes entrant dans notre pays, une désinfection complète de toutes les marchandises ainsi que la fermeture des frontières et la fin des liaisons maritimes et aériennes.» Un pays vulnérable Seuls quelques rares pays dans le monde, souvent des îles isolées ou des pays ravagés par la guerre, n'ont fait état d'aucun cas de malades du Covid-19. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a estimé mercredi que le cap du million de cas confirmés à travers la planète serait franchi dans les prochains jours. La Chine et la Corée du Sud ont été très touchées par le Covid-19 qui a déjà fait plus de 45 000 morts dans le monde. Selon des spécialistes, la Corée du Nord est particulièrement vulnérable au virus en raison d'un système médical défaillant. Des personnes ayant fait défection ont accusé Pyongyang de dissimuler une épidémie. Le mois dernier, le commandant des forces américaines en Corée du Sud, Robert Abrams, s'est dit «quasi-certain» que le Nord comptait des cas confirmés de maladie Covid-19. Le président américain, Donald Trump, a également affirmé qu'«il se passait quelque chose» en Corée du Nord et offert l'aide de son pays, dans une lettre au leader Kim Jong Un. La Corée du Nord, sous le coup de multiples sanctions du Conseil de sécurité des Nations unies pour l'obliger à renoncer à ses programmes nucléaire et balistique interdits, a recherché de l'aide pour lutter contre le virus. L'ONU (Organisation des Nations unies) a accepté que son Fonds pour l'Enfance (Unicef) ou des organisations comme Médecins sans frontières (MSF) envoient des kits de diagnostic, des masques, des équipements de protection et des désinfectants. L'autorisation officielle de ces envois, malgré les strictes sanctions visant la Corée du Nord, laissent penser que le pays est en fait touché par le Covid-19.
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Coronavirus : "La Corée du Sud était préparée", selon Juliette Morillot - Franceinfo (Fri, 03 Apr 2020)
Quelles sont les qualités de la Corée du Sud qui lui servent dans cette épidémie ? "Ses principales qualités sont d'abord la rapidité et la réactivité, elle a dès le 20 janvier pris des meures extrêmement importantes et décidé de tester. Elle était préparée à ça car elle se souvenait d'une gestion calamiteuse de l'épidémie de 2015. Elle a appris de cela et elle était prête. Hasard extraordinaire, le 17 décembre dernier, elle a fait une répétition générale avec un cas venu de Chine. Elle était prête à réagir. Et [il y a] le sens de responsabilité civique aussi ou le 'nous' est plus important que le 'je' (…) Le côté haute technologie aussi. Les Coréens proposent toujours des choses un peu extraordinaires. On agit vite, on est efficaces et on est ordonnés", décrit la spécialiste de la Corée. Le nombre de décès est bas. Y'a-t-il des doutes à avoir sur la communication des données ? "La Corée est une démocratie et la transparence est une des grandes qualités du gouvernement coréen on peut leur faire confiance. On est à 164 décès en Corée du sud, alors qu'elle a flambé au début du mois de février. Mais on teste, après on trie et enfin on place en quarantaine les malades", met en avant Juliette Morillot. Le JT Les autres sujets du JT A lire aussi Sujets associés
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VIDEO. Tests de dépistage du Coronavirus : la Corée du Sud serait prête à répondre à la moitié de la demand... - Franceinfo (Fri, 03 Apr 2020)
Dans la banlieue sud de Séoul, les journalistes d'"Envoyé spécial" ont rendu visite à une petite société qui voit actuellement exploser la demande internationale pour ses produits. C'est l'une des sept en Corée du Sud dont les tests sont homologués pour le dépistage du coronavirus. Pour détecter la présence du Covid-19, le kit produit dans les laboratoires de SD Biosensor utilise sept réactifs différents. Basé sur des techniques d'amplification moléculaire, ce type de test s'appelle "PCR" (pour "polymerase chain reaction", en français "amplification en chaîne par polymérase"). Il amplifie donc l'ADN du virus et son résultat est disponible en quelques heures. Ce labo coréen pourrait produire 500 000 tests PCR par semaine Si la France manque de ce type de tests, la Corée du Sud les produit à grande échelle. Ce pays de 51 millions d'habitants, qui fait figure de modèle dans sa gestion de la pandémie de coronavirus, a dépisté plus de 400 000 personnes en l'espace de deux mois. Le gouvernement coréen a en effet opté très tôt pour une politique de dépistage de masse : dès la fin janvier 2020, à peine le quatrième cas positif détecté, une souche du virus a été envoyée aux laboratoires du pays. Deux semaines plus tard, les autorités de santé approuvaient le premier test – une procédure qui prend au moins un an en temps normal. Ainsi, le kit de dépistage de SD Biosensor, mis au point fin janvier, a été envoyé aux hôpitaux dès février, explique le chef du laboratoire.  Depuis, la société a recruté du personnel pour pouvoir produire jusqu'à 500 000 tests par semaine. "Avec les autres fabricants de Corée, nous serons capables de fournir au moins la moitié de la demande internationale actuelle", pense son directeur. Extrait de "Corée du Sud, le bon exemple ?", un reportage à voir dans la "Soirée 2 l'info : Coronavirus : l'état d'urgence" que proposent "Envoyé spécial" et "Complément d'enquête" le 2 avril 2020. Tous les replays des magazines d'info de France Télévisions sont disponibles sur le site et l'application mobile de Franceinfo, rubrique "Magazines". A lire aussi Sujets associés
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VIDEO. Corée du Sud, le bon exemple ? - Franceinfo (Thu, 02 Apr 2020)
Le monde entier se calfeutre, plongé dans la stupeur, face au coronavirus, un ennemi insaisissable et mal connu. Mais partout, une incroyable mobilisation se met en place pour sauver des vies et les Etats cherchent la parade. La Corée du Sud a mis en place une stratégie qui semble porter ses fruits. Serait-elle en train de vaincre le Covid-19 ? Après les épidémies de 2003 et 2015, le pays s’était déjà préparé.   Vidéosurveillance, traçage par GPS, tests à grande échelle… En janvier 2020, quand la Chine a été frappée, Séoul a appliqué un plan mûrement réfléchi et très discipliné : masques contingentés pour tout le monde, application sur smartphone pour suivre l’état de santé des individus, traçage par GPS, vidéosurveillance et croisement de fichiers des malades et de leur entourage, tests à grande échelle (300 000 en un mois et demi). Résultat : une courbe stable des infections, une économie qui fonctionne, des commerces ouverts et des Coréens encore libres de leurs mouvements. Un reportage de Sébastien Legay, Yann Kerloc’h, Sojeong Lee, Adrian Jaouen, Xavier Puypéroux, Donatien Lemaître avec Bangumi et Panda Média diffusé dans la Soirée 2 l'info, "Coronavirus : l'état d'urgence" le 2 avril 2020.   Tous les replays des magazines d'info de France Télévisions sont disponibles sur le site et l'application mobile de Franceinfo, rubrique "Magazines". A lire aussi Sujets associés
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Avec le coronavirus, la Corée du Sud se découvre malade de ses sectes - Le Monde (Wed, 01 Apr 2020)
Le père d’une adepte de l’église Shincheonji de Jésus tient des pancartes « Chassons Shincheonji » lors d’un rassemblement à Séoul, le 12 mars. Le père d’une adepte de l’église Shincheonji de Jésus tient des pancartes « Chassons Shincheonji » lors d’un rassemblement à Séoul, le 12 mars. JUNG YEON-JE / AFP LETTRE DE TOKYO La Corée du Sud est à bien des égards exemplaire dans son action pour avoir contenu l’épidémie de coronavirus. Mais elle s’est aussi découverte à cette occasion atteinte d’un autre mal : la nébuleuse des sectes religieuses dont le fonctionnement opaque, le prosélytisme agressif et le poids politique pèsent sur le fonctionnement de sa démocratie. Un des foyers de l’épidémie, qui a fait de la Corée du Sud le pays plus touché en Asie après la Chine, a été la secte évangélique Shincheonji (« nouveau monde ») de Jésus, réticente à collaborer avec les autorités sanitaires pour « se protéger des persécutions ». Son chef, Lee Man-hee (89 ans) a reconnu des « erreurs » mais a nié avoir dissuadé les fidèles de suivre les consignes sanitaires. Sans le vouloir, ceux-ci ont diffusé le virus : près de la moitié des 10 000 cas confirmés de contaminés l’ont été par des membres de la secte. L’affaire a provoqué une levée de boucliers dans l’opinion, et le gouvernement vient d’engager des poursuites judiciaires à l’encontre de communautés protestantes ne respectant pas les directives de distanciation sociale. La Corée du Sud n’est pas le seul pays où les sectes religieuses ont proliféré. Dans son cas, on compte plus d’une centaine de « messies » autoproclamés à la tête de mouvements dont certains mobilisent des dizaines, voire des centaines de milliers de fidèles. Shincheongji, l’une des plus prosélytes, en revendique ainsi 245 000 et la secte Moon (Eglise de l’unification) 2 millions. Forte dévotion La presse locale se fait régulièrement l’écho de scandales auxquels sont mêlées des sectes : en 2018, Lee Jaerock, gourou de l’Eglise de Manmin (12 000 membres), a été condamné pour viol ; un an plus tard, Shin Ok-ju, prophétesse de la secte de la Voie de la grâce, l’était également pour détention et torture de 400 fidèles. Le plus haut niveau de l’Etat n’est pas épargné : Choi Soon-sil, confidente de l’ancienne présidente Park Geun-hye (toutes deux arrêtées en 2018 et condamnées à de lourdes peines de prison pour détournement de fonds publics), était la fille de l’un de ces « prophètes » qui eut, dit-on, un grand ascendant sur la future chef de l’Etat lorsqu’elle était jeune. La question des sectes se pose en Corée du Sud en des termes à la fois religieux, sociaux et politiques. Une louable tolérance en matière religieuse conjuguée à une forte dévotion (près de la moitié de la population se dit croyante) a contribué à leur prolifération. Aux protestantisme (20 %), bouddhisme (15 %) et catholicisme (10 %) s’ajoutent de petites religions autochtones et des croyances venues de la nuit des temps comme le chamanisme, encore très populaire.
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Coronavirus : à Taiwan et en Corée du Sud, la population «suivie à la trace» - Libération (Fri, 03 Apr 2020)
A Taichung, au centre de Taiwan, en janvier 2016. A Taichung, au centre de Taiwan, en janvier 2016. Photo Damir Sagolj. Reuters Dans les deux pays asiatiques, les opérateurs utilisent les données de localisation pour circonscrire l’épidémie. Une politique populaire, malgré les risques pour la vie privée. Ce jour-là, c’était une traque à grande échelle. Le 31 janvier, 2 600 croisiéristes du paquebot Diamond Princess - qui sera bientôt placé en quarantaine à Yokohama au Japon - débarquent à Keelung, dans le nord de Taïwan, pour une excursion. Informées depuis décembre de l’apparition de curieux symptômes de fièvre et de pneumonie sur des vols en provenance de Wuhan, les autorités taïwanaises sont sur le qui-vive. Elles ne souhaitent pas revivre une nouvelle épidémie meurtrière, comme celle du Sras en 2002-2003. Elles lancent alors une opération de récupération de données pour circonscrire l’épidémie. En s’appuyant sur la loi sur le contrôle des maladies contagieuses, le Centre de contrôle des maladies (CDC) somme les opérateurs téléphoniques de collecter des centaines de signaux via les émetteurs et les antennes-relais. Ça tombe bien : depuis le 26 janvier, Chunghwa Telecom travaille à la mise au point d’une «plateforme électronique de prévention des épidémies» pour un meilleur suivi de la localisation des téléphones portables, via la triangulation et un système de «barrière électronique». «Nous avons utilisé des algorithmes pour différencier les personnes connectées à chaque antenne-relais et avons passé au crible différentes identités pour isoler les clients du Diamond Princess, explique Li Cheng-wei, directeur du département Big Data de Chunghwa Telecom, au site CommonWealth . Nous avons ensuite trouvé les empreintes numériques des numéros de téléphone en itinérance (roaming).» «L’opérateur a établi une liste de dix lieux touristiques qu’ils avaient fréquentés, puis a diffusé une alerte à sept millions de personnes qui ont pu croiser la route de ces touristes potentiellement infectés. C’est du jamais-vu», juge T.H. Schee, entrepreneur et consultant en politique technologique à Taipei. «Evolution moche» Les cinq opérateurs du pays ont également utilisé cette plateforme pour le suivi de la mise en quarantaine des patients infectés par le Covid-19, des personnes en contact avec des malades et des gens arrivant de l’étranger, répertoriés par les CDC, les services de la santé et des affaires civiles. Si une personne isolée quitte son domicile et ne répond pas à un appel, une alarme se déclenche aussitôt sur la plateforme. L’opérateur envoie un message d’avertissement à l’intéressé, ainsi qu’à la police et aux administrations locales. «Ce sont tout de même près de 53 000 personnes qui sont suivies à la trace, reprend T.H. Schee. Il y a aussi un risque avec les données collectées qui peuvent être conservées indéfiniment, notamment pour des motifs de recherche. Je crains une évolution moche, avec des technologies plus intrusives, plus de GPS et des gouvernements avec de plus en plus de pouvoir.» Taipei envisage de recourir à l’intelligence artificielle à partir de mai. Le gouvernement, soutenu par plus de 90 % de la population, assure que les lois sur le contrôle des maladies transmissibles et celle sur le Covid-19 fixent un cadre pour la prévention de l’épidémie. Sans que la plateforme «porte atteinte à la vie privée des personnes», promet-il. Procédure d’exception En Corée du Sud, l’autre grande démocratie de la région, ces inquiétudes restent également très minoritaires. «Ce n’est pas un pouvoir tyrannique et orwellien qui placerait sa population sous la coupe d’une boîte noire pour tout contrôler, rappelle l’avocat Philippe Li, du cabinet Kim & Chang à Séoul. Ce sont les citoyens qui ont exigé, après l’épidémie du Mers [Syndrome respiratoire du Moyen-Orient] en 2015, une plus grande intervention des autorités et plus de transparence.» Un état-major de crise, piloté par le Centre coréen de contrôle et de prévention des maladies (KCDC), supervise la collecte des données. Comme à Taiwan, les Sud-Coréens ont mis en place un système de triangulation pour localiser des personnes infectées ou à risque, avec applications, alertes et cartes mises à jour en temps réel, pour suivre les quarantaines. «Il n’y a pas de fonction GPS, de système d’écoute des flux de production, ni d’agrégation automatique de données, détaille une source diplomatique occidentale. La mise en place, le 26 mars, d’un outil d’échange industrialisé des données par VPN [réseau privé virtuel] et d’un centre de calcul inspiré du concept de "ville intelligente" ne change pas la structure du dispositif.» Séoul s’est doté d’un solide arsenal législatif. L’article 76-2 de la loi sur le contrôle et la prévention des maladies infectieuses dote le ministère de la Santé de pouvoirs étendus en cas d’épidémie. Il peut collecter des données sur des patients déjà confirmés ou potentiels auprès des administrations et des opérateurs. «Cette procédure d’exception déroge au principe de la nécessité du consentement individuel inscrit dans la loi sud-coréenne», précise le diplomate. Selon les textes, la transmission et l’utilisation d’«informations pertinentes» doit se faire dans la «stricte poursuite du but d’endiguement de l’épidémie». Mais il y a du flou. Comme le souligne le chercheur Brian J. Kim, de la faculté de droit de Yale, «il n’existe pas de critères juridiques pour identifier les patients "potentiels" ou les "personnes craignant d’être infectées : la seule exigence de la loi est que chaque personne sous surveillance soit informée et que les données soient finalement détruites». Car le législateur a sanctuarisé un «droit de savoir» pour les citoyens. «La logique de la transparence est devenue une forte demande sociale. La Corée est le contre-exemple de la Chine», poursuit le diplomate. Mais ce «droit de savoir» est parfois si précis que des données anonymisées ont toutefois permis l’identification de personnes contaminées. On appellera ça le paradoxe coréen. Arnaud Vaulerin
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VIDEO. Coronavirus : en Corée du Sud, une carte sur téléphone portable géolocalise les personnes contaminées - Franceinfo (Fri, 03 Apr 2020)
"En période de pandémie, je me suis dit que ce serait important de savoir si je suis passé à un endroit dangereux, ou si je n'ai aucune raison de m'inquiéter. Donc ce service me permet de visualiser quel patient est passé, et quand, près du lieu où je me trouve, grâce à la géolocalisation." Lee Dong-Hoon, un élève ingénieur de 25 ans, a réalisé cette carte numérique de la contamination. On y voit quelques points rouges. Ils signalent les cas positifs passés à proximité de l'endroit où se trouve l'utilisateur au cours des dernières vingt-quatre heures. Pour les points verts, pas d'inquiétude : le passage de la personne porteuse du virus a eu lieu dans les quatre à neuf derniers jours – et les lieux suspects sont désinfectés dans les trois jours. Avec cette carte, chaque citoyen coréen est informé en temps réel, sur son téléphone portable, de la propagation du virus. Tous les nouveaux cas positifs sont signalés, avec l'historique de leurs déplacements. Les utilisateurs peuvent ainsi savoir quels sont les lieux à éviter.  Des pays européens intéressés  Depuis que Lee Dong-Hoon a répondu à l'appel des autorités de santé, trois pays européens l'ont contacté pour lui demander de reproduire sa modélisation. Son pays, la Corée du Sud, est en pointe dans la lutte contre l'épidémie de coronavirus. Avec des initiatives innovantes, mais aussi des outils controversés, comme le traçage de la population par GPS ou la vidéosurveillance. Les Coréens ont d'ailleurs protesté, car lors de son lancement, la carte communiquait certaines données personnelles qui pouvaient permettre d'identifier les personnes porteuses du virus. Lee Dong-Hoon, lui, ne voit pas d'inconvénient à fournir ces informations pour lutter contre l'épidémie. Néanmoins, les renseignements accessibles avec cette carte sont désormais filtrés. Extrait de "Corée du Sud, le bon exemple ?", un reportage à voir dans la "Soirée 2 l'info : Coronavirus : l'état d'urgence" que proposent "Envoyé spécial" et "Complément d'enquête" le 2 avril 2020. Tous les replays des magazines d'info de France Télévisions sont disponibles sur le site et l'application mobile de Franceinfo, rubrique "Magazines". A lire aussi Sujets associés
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La Corée du Sud distribue 3,65 millions de masques aux travailleurs les plus exposés - RFI (Fri, 03 Apr 2020)
Publié le : 03/04/2020 - 13:46Modifié le : 03/04/2020 - 17:08 La Corée du Sud a annoncé qu’elle allait distribuer des millions de masques aux travailleurs les plus exposés au coronavirus, ainsi qu’aux travailleurs étrangers sur son territoire. Depuis le début de l’épidémie, la grande majorité des Sud-Coréens portent un masque dès qu’ils sortent de chez eux. Une habitude très ancrée en Asie et qui semble avoir joué un rôle dans la propagation plus lente de l’épidémie. Publicité Lire la suite Avec notre correspondant à Séoul, 3,65 millions de masques seront distribués par le ministère du Travail aux chauffeurs de taxi, livreurs et conducteurs de bus d’ici le 8 mai. Les centaines de milliers de travailleurs étrangers qui n’ont pas accès au système national de rationnement de 2 masques par semaine en bénéficieront aussi. Beaucoup de ces travailleurs sont employés par les secteurs de l’industrie et de la distribution. Les employés de centres d’appels téléphoniques bénéficieront aussi de la mesure. Ceux-ci travaillent dans des bureaux très rapprochés et parlent toute la journée, ce qui favorise la propagation du virus. Mi-mars, un foyer d’infection s’est déclaré dans un centre d’appels de Séoul, obligeant les autorités à tester les centaines de résidents et d’employés de l’immeuble. Le masque permet de protéger les autres Depuis le début de la crise, la grande majorité des Sud-Coréens portent un masque – parfois en tissu, faute de mieux - dès qu’ils mettent le pied dehors. Une pratique aussi observée à Hong Kong, à Taïwan ou au Japon, et qui semble expliquer en partie la propagation plus lente de la maladie dans ces pays. Le virus peut en effet se transmettre par les postillons. C’est pourquoi un masque, même s’il n’est pas un masque chirurgical, constitue une première barrière. Il permet surtout de protéger les autres. Les porteurs sains du virus, qui ne présentent pas de symptômes, peuvent être contagieux sans le savoir. En dépit d’un pic de contaminations début mars, la Corée du Sud semble réussir à maîtriser l’épidémie et n’a pas imposé un confinement total de la population.
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