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VIDEO. Russie : Vladimir Poutine restera-t-il président jusqu'en 2036 ? - Franceinfo (sam., 04 juil. 2020)
Il est l'homme fort de la Russie depuis 1999, et pourrait le rester pendant encore une quinzaine d'années. Le président russe Vladimir Poutine vient d'obtenir, à l'issue d'un référendum controversé, un large soutien populaire concernant sa réforme de la Constitution du pays. Grâce à une série d'amendements, le chef de l'Etat contourne la limite légal de deux mandats présidentiels, et sera autorisé à se représenter aux élections de 2024 et de 2030. Mais l'actuel locataire du Kremlin va-t-il rester au pouvoir jusqu'à l'âge de 83 ans ? "Vladimir Poutine veut vraiment se laisser toute la marge de manœuvre nécessaire", analyse Michel Eltchaninoff, rédacteur en chef de Philosophie Magazine et auteur du livre Dans la tête de Vladimir Poutine. "Il va avoir du mal à quitter le pouvoir parce qu'il ne veut pas être rattrapé par la justice", ajoute-t-il, évoquant les forts soupçons de corruption et de détournement d'argent qui pèsent sur le président russe et ses hommes. D'autres raisons pourraient pousser le leader à briguer de nouveaux mandats. "Il a toujours dit, depuis le milieu des années 2000, qu'il voulait marquer l'histoire et que, contrairement aux dirigeants occidentaux, lui voulait du temps", souligne Michel Eltchaninoff. Une préférence pour le temps long qui permettrait à Vladimir Poutine de mener à bien sa nouvelle mission : réhabiliter l'histoire de son pays. "Depuis quelques mois, il se lance dans une nouvelle offensive historique et mémorielle, détaille Michel Eltchaninoff, pour tenter cette fois, non plus de conquérir des territoires, mais de réécrire l'histoire du XXe siècle, et donc l'histoire du XXIe siècle." A ce titre, Vladimir Poutine affectionne tout particulièrement le Jour de la victoire, tel qu'il est nommé en Russie, qui commémore "la victoire de l'Union soviétique sur l'Allemagne nazie" en 1945. C'est donc la question du passé qui pourrait définir l'avenir du président russe, d'après Michel Eltchaninoff. "Vladimir Poutine est en train d'ouvrir une nouvelle séquence de son règne sur la Russie, estime le philosophe, en essayant de réviser la perspective historique que nous avons sur les décennies qui précèdent." A lire aussi Sujets associés
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Référendum en Russie : Washington « préoccupé », l'UE demande une enquête - Le Monde (Thu, 02 Jul 2020)
Vladimir Poutine, le 2 juillet 2020, à Moscou, en Russie. Vladimir Poutine, le 2 juillet 2020, à Moscou, en Russie. Alexei Druzhinin / AP Le président russe, Vladimir Poutine, a remercié, jeudi 2 juillet, ses compatriotes d’avoir validé largement une réforme l’autorisant à rester au pouvoir jusqu’en 2036 – un scrutin critiqué en Occident et qualifié de « mensonge » par l’opposition. Dans une allocation télévisée, il a adressé « un grand merci » aux Russes pour leur « soutien et [leur] confiance ». Il a assuré que la réforme offrira une « stabilité intérieure et du temps pour renforcer le pays et toutes ses institutions ». Plus tôt, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, s’est félicité d’un « référendum triomphal de confiance envers le président Poutine » et d’un « niveau de participation et de soutien extrêmement élevé ». Selon les résultats finaux, publiés jeudi par la Commission électorale, le vote d’approbation d’un bloc de révisions constitutionnelles s’est conclu par une victoire du « oui » à 77,92 %. L’un des amendements donne à Vladimir Poutine l’option d’effectuer deux mandats supplémentaires à l’issue de l’actuel, en 2024. Il aura ainsi la possibilité de rester au Kremlin jusqu’en 2036, l’année de ses 84 ans. La révision introduit aussi dans la Constitution des principes conservateurs chers au président – foi en Dieu, mariage réservé aux hétérosexuels, enseignement patriotique –, ainsi que des garanties sociales, comme l’indexation des retraites. M. Poutine fait par ailleurs entrer dans la loi fondamentale le principe de la suprématie de la Constitution sur le droit international. « Enorme mensonge » EVGENIA NOVOZHENINA / REUTERS Autant de mesures destinées selon lui à assurer la souveraineté et les traditions russes. Pour ses détracteurs, il s’agit d’inscrire ses principes politiques dans la loi fondamentale afin de faire perdurer son système. S’il n’y a jamais eu de doutes quant à son issue – la réforme ayant été approuvée par le législateur en début d’année, et le nouveau texte de la Constitution, déjà mis en vente dans des librairies – les critiques du Kremlin ont dénoncé un vote entaché de fraudes. Le pouvoir a multiplié les ruses, selon bien des observateurs, pour s’assurer un succès retentissant et une participation électorale forte, en proposant, par exemple, une loterie avec des cadeaux pour les participants, des bons d’achat, ou encore en organisant des bureaux de vote en pleine rue, dans lesquels la surveillance des urnes était anecdotique. L’opposant Alexeï Navalny a qualifié le vote d’« énorme mensonge », appelant ses partisans à se mobiliser pour les prochaines élections régionales, en septembre. Dénonçant une atteinte « sans précédent » à la souveraineté du peuple russe, l’ONG Golos, spécialisée dans l’observation des élections, a reçu plus de 2 100 signalements sur de possibles violations, notamment des cas de fonctionnaires contraints de se rendre aux urnes. « Pressions » Face à ces accusations, la porte-parole du département d’Etat américain, Morgan Ortagus, s’est dite « préoccupée », évoquant des informations sur « une coercition d’électeurs, des pressions sur les opposants aux amendements et des restrictions imposées aux observateurs indépendants du vote ». De son côté, Peter Stano, le porte-parole du chef de la diplomatie de l’Union européenne, a enjoint Moscou à enquêter sur les irrégularités signalées. L’Union européenne déplore l’absence de campagne, « ce qui a privé les électeurs de l’accès à une information équilibrée et à un débat approprié pour apporter des changements aussi importants », a souligné M. Stano. Le premier ministre indien, Narendra Modi, proche du président russe, a lui « chaleureusement félicité » jeudi Vladimir Poutine. La présidente de la Commission électorale centrale, Ella Pamfilova, a, pour sa part, jugé qu’il « n’y a aucun doute sur le fait que le vote est valide et légitime », selon l’agence russe Ria Novosti. Le vote, prévu à l’origine pour avril, avait été repoussé à cause de la pandémie de Covid-19. Pour éviter une trop forte affluence dans les bureaux de vote, il s’est déroulé sur une semaine, jusqu’à mercredi. Le district autonome de Nénétsie, dans l’Arctique, est la seule région de Russie où le « non » l’a emporté, avec 55,25 % des voix, selon le décompte officiel. Ce territoire isolé et peu habité, connu pour ses éleveurs de rennes, pourrait être rattaché prochainement à la région d’Arkhangelsk, ce qui a suscité un mouvement d’opposition local. Le Monde avec AFP
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Russie : six ans de prison requis contre une journaliste accusée de "justifier le terrorisme" - Euronews (Sat, 04 Jul 2020)
Le parquet russe a requis vendredi six ans de prison contre une journaliste accusée de "justification du terrorisme" à cause d'une chronique, un procès qui a suscité l'indignation des organisations de défense des droits humains. Leur rassemblement aura tourné court. En Russie, des manifestants venus devant le quartier général du FSB soutenir une journaliste poursuivie par la justice ont été évacués peu après le début du rassemblement par les forces de l'ordre. En tout, 16 personnes ont été interpellées, dont des journalistes. Tous étaient venu dénoncer le procès à l'encontre d'une de leurs consœurs, accusée de "justification du terrorisme". Un procès qui a suscité l'indignation des organisations de défense des droits humains. Svetlana Prokopieva, basée à Pskov (nord-ouest) et qui travaille pour le service russe du média américain Radio Free Europe/Radio Liberty, se voit reprocher un article sur un attentat qui avait visé le siège d'une antenne régionale des services de sécurité (FSB) en 2018. Un adolescent se revendiquant anarchiste s'était fait exploser dans le bâtiment du FSB à Arkhanguelsk (nord-ouest), blessant trois membres des services de sécurité. Quelques jours plus tard, Mme Prokopieva avait lu à l'antenne locale de la radio Echo de Moscou une chronique où elle liait cet attentat-suicide au climat politique instauré dans le pays par Vladimir Poutine et dénonçait la toute puissance des services de sécurité. "La société va se dégrader, et les répressions se renforceront jusqu'à ce que les gens commencent à exprimer leur colère. Je ne sais pas jusqu'où cela peut aller. Nous avons l'exemple de la Corée du Nord. Je doute que quiconque veuille avoir la même chose ici", explique ce manifestant. Le parquet russe a requis vendredi six ans de prison contre la journaliste. Le verdict doit être connu lundi alors que plusieurs ONG de défense des droits de l'Homme et les médias russes indépendants ont dénoncé ces poursuites.
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Coronavirus: La Russie a franchi le cap des 10.000 morts - Challenges (Sat, 04 Jul 2020)
Par Reuters le 04.07.2020 à 12h38 CORONAVIRUS: LA RUSSIE A FRANCHI LE CAP DES 10.000 MORTS Des adolescents pratiquent la boxe à Tioukalinsk, en Russie. Avec 168 décès supplémentaires au cours des dernières 24 heures, le bilan de l'épidémie de coronavirus en Russie a franchi samedi le cap des 10.000 morts, annoncent les autorités. /Photo prise le 3 juillet 2020/REUTERS/Alexey Malgavko Alexey Malgavko MOSCOU (Reuters) - Avec 168 décès supplémentaires au cours des dernières 24 heures, le bilan de l'épidémie de coronavirus en Russie a franchi samedi le cap des 10.000 morts, annoncent les autorités. Le pays recense désormais 10.027 décès attribués au SARS-CoV-2. La Russie a parallèlement enregistré 6.632 cas supplémentaires, pour un total de 674.515 contaminations depuis le début de l'épidémie. (Gleb Stolyarov; version française Henri-Pierre André) Commenter Commenter
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En Russie, un référendum pour permettre à Poutine de rester 12 ans de plus au pouvoir - Les Échos (Thu, 25 Jun 2020)
Publié le 25 juin 2020 à 14h11Mis à jour le 1 juil. 2020 à 9h12 Depuis hier, et pendant une semaine, les Russes votent pour la réforme de la Constitution que Vladimir Poutine a menée au pas de charge en six mois. Le chef du Kremlin avait promis un « changement significatif » dans son discours à la Nation du 15 janvier . « Parce que la Russie est mûre », avait-il insisté, feignant d'envisager un régime plus parlementaire. Le toilettage institutionnel est en fait un revirement sur l'une des promesses maintes fois répétées par Vladimir Poutine : ne pas changer la Constitution pour se maintenir au pouvoir. Il pourra remettre ses compteurs présidentiels à zéro et, au terme de son mandat en 2024, après un quart de siècle au pouvoir, rempiler jusqu'en 2036. Thématiques sociétales et conservatrices Cet amendement clé ne figure pourtant sur aucune des nombreuses affiches du « oui » dans les rues de Moscou. Sûres de la victoire, les autorités se concentrent sur les autres changements venus s'ajouter au fil des consultations depuis janvier. Les thématiques sont avant tout sociétales et conservatrices. La photo d'un enfant embrassant sa grand-mère rappelle que l'indexation des retraites fait son entrée dans la Constitution. Celle d'une famille modèle symbolise la sauvegarde des valeurs traditionnelles grâce aux amendements faisant référence à Dieu et limitant le mariage aux hétérosexuels. Pêle-mêle, la Constitution, une fois réformée, garantira le respect des animaux et interdira la double nationalité aux fonctionnaires. Illustrée par une photo de Crimée - péninsule récupérée à l'Ukraine par la Russie en 2014 -, la promesse de ne céder aucune frontière sera désormais gravée dans la loi fondamentale. Amendements patriotiques et conservateurs « Ces amendements ne sont que les plats d'accompagnement pour faire passer le plat principal, la possibilité donnée à Vladimir Poutine de rester au pouvoir. Le Kremlin savait qu'il ne gagnerait pas le vote sur cet amendement… », reconnaît sans ambages une source proche du Kremlin. Pour lui, il n'y a pas de doute : ce changement, décidé bien avant le discours présidentiel du 15 janvier, est le seul motif de cette réforme ; les amendements axés sur les valeurs patriotiques et conservatrices doivent garantir son succès dans les urnes. Vladimir Poutine, qui dit ne pas avoir encore décidé s'il se représenterait en 2024, s'est d'ores et déjà dit confiant qu'une « majorité absolue » de Russes soutiendrait la réforme car « nos citoyens partagent et soutiennent ces positions ». Les Russes ont désormais jusqu'au 1er juillet pour voter, soit dans leur bureau de vote, soit par Internet. Des mesures prises pour éviter de trop fortes affluences alors que la Russie peine à sortir du coronavirus. Elle connaît une régression de la pandémie mais compte encore plus de 7.000 nouvelles infections quotidiennes. Dépassant les 600.000 au total , elle se classe derrière Etats-Unis et Brésil. « Malgré les risques sanitaires, le Kremlin a tenu à organiser cette mise en scène sans vraie campagne électorale. La réforme ne soulève pas l'enthousiasme. Mais les électeurs fidèles à Poutine le resteront, d'autant plus que beaucoup sont obligés d'aller voter, notamment chez les travailleurs du service public », prévient le politologue Fyodor Krasheninnikov. VIDEO. Comment Vladimir Poutine a organisé son maintien au pouvoir jusqu'en 2036 Risque de faible taux de participation Malgré les multiples initiatives des autorités, et notamment la distribution de cadeaux, le taux de participation pourrait être peu élevé et le plébiscite moins soutenu que prévu. « Dans certaines grandes villes comme Moscou et Ekaterinbourg, où la société civile fourmille de foyers d'opposition, et plusieurs régions d'Extrême-Orient et de Sibérie, qui se sentent oubliées et ont déjà voté contre le pouvoir en place, la marge de succès du 'oui' pourrait se révéler faible », explique la politologue Ekaterina Schulmann.
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Renaud Girard: «Une fenêtre d'opportunité avec la Russie» - Le Figaro (Mon, 29 Jun 2020)
Le dialogue franco-russe «de confiance et de sécurité», comme le qualifie l’Élysée, a été relancé le 26 juin 2020 par un sommet en visioconférence entre Vladimir Poutine et Emmanuel Macron. Ce dialogue avait été initié par le président français lorsqu’il avait invité son homologue russe à Brégançon, le 19 août 2019. Le chef de l’État a décidé de se rendre en Russie à la fin du mois d’août. Comment bien préparer ce sommet, avec un président russe destiné à rester au pouvoir au moins une décennie de plus? L’objectif français est de mettre un terme à la triple faille de la sécurité européenne que constituent le conflit larvé dans l’est de l’Ukraine, les sanctions et contre-sanctions entre l’UE (Union européenne) et Moscou, la guerre hybride numérique menée par les services russes contre les infrastructures et sur les réseaux sociaux des pays européens. À lire aussi : L’infructueux «reset» de Macron avec Moscou À la fin de l’été et à l’automne 2020, une fenêtre d’opportunité s’ouvrira pour une amélioration des relations entre l’UE et la Russie. En effet, Cet article est réservé aux abonnés. Il vous reste 79% à découvrir. Abonnez-vous : 1€ pendant 2 mois Annulable à tout moment Saisissez votre email Déja abonné ? Connectez-vous
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Eurozapping : Daech mis en échec en Italie ; victoire de Poutine en Russie - Franceinfo (Thu, 02 Jul 2020)
Saisie de record d'amphétamines en Italie. 14 tonnes, soit 84 millions de comprimés qui devaient inonder le marché européen, ont été trouvées dans le port de Salerne, près de Naples. Cette drogue, fabriquée en Syrie par le groupe État islamique, est utilisée massivement dans ses rangs. La drogue aurait pu rapporter aux jihadistes plus de deux milliards d'euros. Un référendum sans surprise en Russie. Malgré l'épidémie de coronavirus, les Russes ont adopté à 73% la réforme constitutionnelle de Vladimir Poutine, chef d'État défenseur de la patrie, de la religion et du mariage hétérosexuel. Il pourrait diriger le pays jusqu'en 2036. En Turquie, la basilique Sainte-Sophie pourrait redevenir une mosquée. Ce joyau de l'art byzantin construit à Istanbul à l'entrée du détroit du Bosphore au VIe siècle. Cette basilique a été convertie en mosquée au XVe siècle. En 1934, Atatürk l'a transformée en musée. Une grossière erreur selon Erdogan, qui a demandé au Conseil d'État d'abroger cette loi. Il veut y commémorer sa victoire sur le putsch raté du 15 juillet 2016. Le JT Les autres sujets du JT A lire aussi Sujets associés
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En Russie, des feux géants ravagent de nouveau la région arctique - Reporterre (Sat, 04 Jul 2020)
Moscou (Russie), correspondance Après les records de chaleur enregistrés fin juin en Arctique, la Sibérie et l’Extrême-Orient russe font désormais face à de terribles incendies. Au 2 juillet, près de 3 millions d’hectares étaient en feu en Russie, selon les informations du système de surveillance à distance de l’Agence fédérale des forêts. Les incendies sont principalement concentrés en Yakoutie, en Tchoukotka, dans la région de Magadan, au nord de la région du Kamtchatka et dans la région de Krasnoïarsk. Six districts de régions ont décrété des états d’urgence en raison de ces incendies. Selon Greenpeace Russie, la superficie totale couverte par les feux de forêt s’élève déjà à plus de 8 millions d’hectares sur les six premiers mois de l’année 2020. L’ONG écologiste craint une situation à venir similaire à celle de 2019 et appelle le gouvernement à réagir. L’an dernier, plus de 15 millions d’hectares avaient brûlé en Russie, un record depuis que les statistiques de l’Agence fédérale des forêts existent. « Les autorités n’ont tiré aucune leçon de 2019. Cette catastrophe dans les forêts de Sibérie et d’Extrême-Orient a une grande probabilité de se reproduire », alerte Greenpeace mettant en cause, notamment, la législation forestière russe qui permet aux autorités régionales de définir des zones dites de « contrôle » où elles peuvent décider de ne pas agir si le feu ne constitue pas une menace pour les habitants et si les coûts estimés des opérations de lutte contre les incendies dépassent ceux des dommages. L’ONG demande l’implication des autorités fédérales dans la détermination de ces zones de contrôles et une multiplication par trois des moyens fédéraux dédiés à la lutte contre les incendies. « Les températures anormalement élevées à la surface peuvent avoir rendu le sol et la végétation plus secs et plus exposés au feu » S’il est encore trop tôt pour prédire l’ampleur des incendies que connaîtra l’année 2020, le service européen de surveillance de l’atmosphère Copernicus constate que « les feux de forêt à travers la Sibérie orientale ont augmenté en nombre et en intensité depuis mi-juin d’une manière très similaire à la même période de l’année dernière ». La vague de chaleur survenue en Arctique au mois de juin, avec des températures de l’ordre de 12 °C à 14 °C supérieurs aux normales saisonnières — dont un record à 38 °C observé le 20 juin dans la ville arctique de Verkhoïansk — sont parmi les facteurs favorisant la propagation des incendies. « Nous utilisons des observations satellitaires d’incendies actifs. Il est difficile de déterminer l’origine exacte des incendies sans information du sol mais les températures anormalement élevées à la surface peuvent avoir rendu le sol et la végétation plus secs et plus exposés au feu », confirme à Reporterre Mark Parrington, expert au service de surveillance de l’atmosphère Copernicus. « Les années précédentes, l’activité des incendies en Sibérie correspondait à des zones de faibles précipitations et de faible humidité du sol », précise-t-il. « Les quantités de CO2 que dégagent les incendies sont énormes » Évolution depuis 2003 des émissions de carbone par les feux de forêt au mois de juin au nord du cercle arctique (en millions de tonnes)(source : Copernicus). Premier effet direct de ces incendies : la qualité de l’air. « Ces feux de forêt émettent beaucoup de polluants atmosphériques nocifs pour la santé à proximité de leur localisation bien sûr, mais qui peuvent aussi potentiellement être transportés à des milliers de kilomètres en fonction des vents », indique Mark Parrington. L’an dernier, les fumées toxiques provoquées par les incendies en Sibérie avaient atteint plusieurs grandes villes comme Krasnoïarsk, Novossibirsk ou Tomsk plongées dans le brouillard pendant plusieurs semaines. Ces feux de grande ampleur ont également un effet accélérateur sur le changement climatique : à la fois ils éliminent des « capteurs » de dioxyde de carbone en détruisant des forêts et des écosystèmes mais libèrent eux-mêmes du CO2. « Les quantités de CO2 que dégagent les incendies sont énormes », précise Sonia Seneviratne, climatologue à l’École polytechnique fédérale de Zurich. « Pour avoir un ordre d’idée, les feux très importants qui ont eu lieu en Australie en janvier et février 2020 ont généré des émissions de gaz à effet de serre équivalentes au total des émissions annuelles du pays. » Autre effet néfaste sur le climat : les cendres des incendies qui se déposent dans les régions polaires. Le sol devient sombre. Il ne réfléchit plus le rayonnement solaire mais au contraire l’absorbe. Ce qui entraîne un réchauffement additionnel. Dans une étude publiée dans la revue Nature Geoscience, Sonia Seneviratne montre également que le phénomène de sécheresse ne touche pas seulement des latitudes moyennes, mais également des hautes latitudes, incluant des régions de Russie où ont lieu actuellement ces incendies. La multiplication des phénomènes extrêmes comme les incendies ou les anomalies de températures dans ces régions rappelle qu’« il faut absolument changer de cap », estime Sonia Seneviratne. « Comme l’indique le Giec [Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat] dans son rapport, pour limiter le réchauffement climatique à 1,5 °C d’ici 2100, il nous faut diminuer de moitié nos émissions de gaz à effet de serre d’ici 10 ans ». Selon des estimations récentes, le réchauffement climatique serait près de trois fois plus rapide en Arctique que dans le reste du monde. Une problématique de taille pour la Russie, dont un quart du territoire se situe au nord du cercle arctique. Photo :
. chapô : Forêt sibérienne en feu, début juin 2020. © Greenpeace Russie
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Russie. Une parodie de justice : le témoin de Jéhovah danois qui devait être libéré risque d'être maintenu en détention - Amnesty International (Thu, 02 Jul 2020)
Nous avons reçu le 2 juillet des informations signalant que Dennis Christensen, prisonnier d'opinion et témoin de Jéhovah danois, a été placé en confinement punitif dans une colonie pénitentiaire russe pour une violation mineure du règlement carcéral qu’il aurait commise. Réagissant aux informations incitant à douter de la libération prochaine de Dennis Christensen, Natalia Priloutskaïa, chargée de recherche sur la Russie à Amnesty International, a déclaré : « Les autorités russes ont de toute évidence une dent contre Dennis Christensen, qui est emprisonné uniquement parce qu’il a exercé pacifiquement son droit à la liberté de religion. Alors que la justice a entamé il y a plusieurs jours une procédure de libération anticipée, les services du procureur font tout leur possible pour qu’il reste derrière les barreaux. Cela est très inquiétant pour les nombreux autres témoins de Jéhovah qui sont persécutés en Russie.   « Le cas de Dennis Christensen est emblématique. Il est le premier témoin de Jéhovah à avoir été poursuivi au pénal et emprisonné, et le premier à recouvrer la liberté. Mais il est de plus en plus patent que l’État russe ne va en aucune circonstance lâcher l’affaire, et que la tolérance et le pluralisme religieux demeurent des notions inconcevables pour les autorités russes. Le cas de Dennis Christensen est emblématique. Il est le premier témoin de Jéhovah à avoir été poursuivi au pénal et emprisonné, et le premier à recouvrer la liberté. Natalia Priloutskaïa, chargée de recherche sur la Russie à Amnesty International « Dennis Christensen et tous les témoins de Jéhovah persécutés parce qu’ils exercent leur droit à la liberté de religion sont des prisonniers d’opinion, qui doivent donc être libérés immédiatement et sans condition. La Russie doit se conformer à ses obligations internationales et cesser de persécuter des gens uniquement parce qu’ils pratiquent leur religion. » Complément d’information Dennis Christensen, un ressortissant danois vivant en Russie, a été arrêté en 2017 et poursuivi en justice pour avoir pacifiquement exercé son droit à la liberté de religion. En février 2019, Dennis Christensen a été condamné à six ans de détention dans une colonie pénitentiaire pour avoir « géré les activités d’une organisation extrémiste ». Le 24 juin 2020, le tribunal de district de Lgov, dans l’oblast de Koursk, dans le centre de la Russie, a décidé de commuer le solde de la peine d’emprisonnement de Dennis Christensen en une amende d’un montant de 400 000 roubles (5 700 USD). Cependant, le 25 juin, le parquet a contre toute attente fait appel de cette décision alors même que pendant l’audience le représentant des services du procureur avait fini par se ranger aux arguments de la défense. Le lendemain, Dennis Christensen a été placé en confinement punitif dans la colonie pénitentiaire n° 3 à Lgov parce qu’il aurait violé le règlement carcéral, notamment en ne portant pas la veste spéciale des détenus et en se trouvant à la cantine au mauvais moment. Le parquet risque d’exploiter cela pour demander l’annulation de la décision de libération de Dennis Christensen. Pour obtenir de plus amples informations, veuillez contacter :Alexander Artemiev, responsable médias pour l’Europe de l'Est et l’Asie centrale à Amnesty International Portable : +7 917 559 5972 Courriel : alexander.artemyev@amnesty.org
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Russie: l'arrestation d'un ex-flic révèle une grogne policière - Le Figaro (Fri, 03 Jul 2020)
Un matin de mai, une unité des forces spéciales lance l'assaut contre un appartement de Moscou. Leur cible: un ex-flic devenu dénonciateur populaire et dérangeant des dérives au sein de la police russe. Pendant cinq heures, les enquêteurs passent au peigne fin le logement de Vladimir Vorontsov, un ancien du département de lutte contre «l'extrémisme», qui vise tout autant islamisme et opposition. «Notre fille pense que des bandits sont venus et ont emmené papa», raconte à l'AFP son épouse Alexandra Vorontsova, évoquant l'opération commando et une perquisition jusque dans les jouets et les sous-vêtements de l'enfant de quatre ans. Vladimir Vorontsov est le créateur du groupe en ligne Police Ombudsman, un ensemble de médias sociaux reliés entre eux pour dénoncer les abus commis dans la police, vite devenu populaire et suivi par un demi-million d'abonnés. À lire aussi : Russie: l'ONU appelle à enquêter sur l'usage excessif de la force par la police Parmi ses croisades, la révélation d'actes de corruption et de violences policières, de pressions sur les agents pour atteindre des quotas et faire des heures supplémentaires, de cas de suicide aussi, sujet sensible pour lequel aucune statistique officielle n'est rendue publique. Son arrestation et celle de son collaborateur Igor Khoudiakov a provoqué un rare tollé au sein de la police russe, dont les 750.000 membres constituent un pilier du système dirigé depuis 20 ans par Vladimir Poutine. Ce baraqué aux yeux bleus de 35 ans, qui a quitté la police en 2017 après 13 ans de service, a été arrêté pour extorsion et depuis également été accusé de distribution et production de matériel pornographique. Ses partisans évoquent des dossiers montés de toutes pièces pour mettre fin à son activité de «médiateur de la police». Chose exceptionnelle en Russie, pour la première fois, des policiers sont allés jusqu'à publiquement critiquer les autorités, éreintant au passage le fonctionnement et les méthodes de leur corps. Sur les réseaux, des dizaines de membres et ex-membres des forces de l'ordre ont appelé à la libération de Vorontsov, certains y postant leur photo à visage découvert, d'autres publiant des images anonymes de leur képi ou de pancartes de protestation. En dépit des possibles répercussions. «Nous sommes Vorontsov» «Si nous ne défendons pas Vorontsov maintenant, les choses ne feront qu'empirer», affirme l'ancien inspecteur Guéorgui Zaria, 36 ans. Lui est allé manifester en solitaire, seul acte de protestation publique permis sans autorisation préalable, devant le siège de la police de Moscou pour réclamer la démission de son chef. L'action lui a valu deux heures de détention. Guéorgui Zaria a démissionné fin 2018, invoquant la pénibilité des horaires, un trop maigre salaire et de fréquentes violations de ses droits sociaux. Encore en service, il dénonçait déjà le système des quotas de PV et d'arrestations à respecter, «le fléau du ministère de l'Intérieur», dit-il. Aujourd'hui, il se plaint de ne pas avoir reçu l'aide au logement à laquelle il estime avoir droit après 12 ans dans la police. Il a déposé plainte, avec l'aide de Vorontsov. Sur VKontakte, le «Facebook russe», son collègue Mikhaïl Tsapline a posté une photo de lui en uniforme accompagnée du slogan «Je suis/Nous sommes Vorontsov. Je n'ai pas peur». Avant de claquer la porte après 20 ans dans la police de Gous-Khroustalny (250 km à l'est de Moscou). «Je ne peux pas porter plus longtemps l'uniforme», dit cet homme de 39 ans choqué par l'envoi d'une unité spéciale, le «Grom» (Tonnerre), pour arrêter Vladimir Vorontsov, qui n'est «ni un terroriste ni un extrémiste ni un meurtrier ni un pédophile». «Je n'aime pas ce qui se passe. Le système s'effondre de l'intérieur», dit-il évoquant la profonde corruption parmi les hauts gradés, selon lui. Un autre, enquêteur dans une grande ville, explique à l'AFP qu'il ne fait pas bon afficher son soutien à Vorontsov face à la hiérarchie. Depuis qu'ils ont posté leur photo, lui et un collègue font l'objet d'une enquête interne, raconte-t-il sous couvert d'anonymat. Il craint maintenant d'être licencié. «Avez-vous déjà vu la police manifester? Non. Sommes-nous pour autant satisfaits de tout? Non», lâche-t-il. Il dénonce notamment des «ordres criminels» de disperser les manifestations d'opposants, accusant les autorités de monter la police contre les citoyens. Mikhaïl Pachkine, patron du syndicat de la police de Moscou considéré comme proche des autorités, accuse Vladimir Vorontsov d'avoir cherché à gagner «beaucoup d'argent» sous couvert d'aide aux policiers. Mais sur le fond, alors que les policiers évoquent aussi la nécessité souvent d'acheter leur uniforme, les heures supplémentaires non payées ou les renvois injustifiés, il reconnaît que «les employés du ministère de l'Intérieur sont très mal traités et considérés comme des esclaves par de nombreux supérieurs». Le ministère de l'Intérieur n'a pas donné suite aux demandes d'informations et de commentaires de l'AFP. Soutenu par l'opposant Alexeï Navalny En dénonçant des abus et en apportant une aide juridique pour porter plainte, Vorontsov a entraîné la démission de hauts gradés et s'est fait de solides ennemis aux niveaux les plus élevés du ministère, affirment ses partisans. Dans une affaire médiatisée, le chef de la police de la région de Novossibirsk (Sibérie), Iouri Sterlikov, a ainsi dû démissionner en avril après la publication par Police Ombudsman d'un enregistrement où une gradée ordonnait à ses agents de multiplier les amendes pour violations du confinement dû au coronavirus dans le seul but d'atteindre un quota artificiel. Son réseau a aussi permis à certains policiers d'exprimer des idées anti-Kremlin, souligne un ancien responsable sous couvert d'anonymat, affirmant qu'«il y en a beaucoup». En s'attaquant à l'une des structures de forces (armée, police, services spéciaux), Vorontsov s'en est pris à la verticale du pouvoir de Vladimir Poutine, un ancien du KGB et de son successeur le FSB, qui pourrait rester au pouvoir jusqu'en 2036 à la suite d'un référendum constitutionnel organisé cette semaine. À lire aussi : Poutine remporte un pari électoral gagné d'avance Or «il est essentiel que les autorités conservent la loyauté des forces de l'ordre» pour mater les opposants et conserver le pouvoir, affirme Sergueï Davidis, de l'organisation de défense des droits humains Memorial, une ONG régulièrement dans le collimateur des autorités. Mais cette campagne de soutien à Vorontsov pourrait être le signal d'un changement dans «la conscience publique», alors que des sondages indiquent une chute du taux de popularité du président à un moment où la crise économique liée à l'épidémie de coronavirus frappe le pays, poursuit M. Davidis. Il a d'ailleurs reçu des soutiens au-delà des forces de police, parmi des opposants politiques. Comme celui d'Ilia Azar, journaliste et militant en vue de l'opposition moscovite qui a passé dix jours en prison après avoir manifesté devant le QG de la police de Moscou. Certains affirment que sa renommée lui est montée à la tête mais même parmi ses opposants on reconnait l'importance de son travail. L'équipe d'Alexeï Navalny, bête noire du régime, a exhorté les policiers à soutenir l'ancien flic de l'unité anti-extrémisme, accusée de harceler les militants anti-Kremlin. «Cet homme était de votre côté», leur a déclaré dans une vidéo une proche de l'opposant Lioubov Sobol. Vorontsov était entré en contact ces derniers mois avec des militants d'opposition, en particulier l'équipe d'Alexeï Navalny, régulièrement cible de perquisitions musclées. Si l'ampleur de la mobilisation est incomparable, son cas fait écho à celui du journaliste Ivan Golounov, arrêté pour des charges montées en lien avec la drogue et libéré après une campagne de manifestations l'an passé. Mais jeudi 2 juillet, lors d'une audience, la détention de Vorontsov a été prolongée d'un mois, jusqu'au 6 août, a indiqué à l'AFP son avocat Sergueï Badamchine. Pour Alexandra Vorontsova, son mari s'attendait à des pressions mais pas à se retrouver jeté en prison. «Il comprend maintenant qu'ils peuvent venir prendre qui ils veulent», dit-elle. Mais «il est prêt à se battre.»
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